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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le buchnéra d’Amérique au Canada - Mise à jour

Évaluation et statut proposé

Protection actuelle ou autres désignations

La population de buchnéra d’Amérique du parc provincial The Pinery se trouve dans un terrain de camping public à vocation récréative. Dix petites sous-populations ont été relevées et cartographiées. Huit d’entre elles se trouvent aux abords de sites de camping ou de chemins menant à ces sites et sont exposées au piétinement et à la récolte (Brownell, 1997, obs. pers.). Les deux autres se trouvent à l’intérieur d’enclos de protection contre les cerfs, mais elles sont en voie d’être supplantées par des espèces du prochain stade de succession. Le terrain entourant ces enclos est fortement brouté par les cerfs, qui maintiennent ainsi le milieu ouvert. Les enclos, qui renferment la majorité des sujets de la population du parc, sont en voie d’être envahis par le thuya occidental. Il est possible que la population de buchnéra d’Amérique du parc The Pinery ne soit pas assez abondante pour être viable, d’autant plus que son habitat est en train d’être envahi par des plantes ligneuses.

Les autres populations (environ 97 p. 100 des sujets) se trouvent sur des terrains privés ou des terrains occupés. Celle du lotissement Richmond Park se situe sur des terrains privés bordés d’un côté par des chalets et de l’autre, par l’ancien camp militaire Ipperwash.

Le parc provincial Ipperwash, ainsi que les terres de la Couronne et le camp Ipperwash qui le jouxtent sont occupés par la Première nation de Kettle Point depuis 1995. Avant 1995, le camp Ipperwash était utilisé par le ministère de la Défense nationale pour l’entraînement de l’infanterie. Le buchnéra d’Amérique de même que son habitat au sein du camp étaient continuellement perturbés par le passage des camions et des véhicules tout-terrain (Thompson et al., 1994). Ce terrain, d’une superficie de 1 006 ha, appartient actuellement au gouvernement fédéral. Dans les négociations qui ont cours pour le transfert de cette propriété à la Première nation, celle-ci demande un déclassement de niveau 3, ce qui signifie l’enlèvement complet des arbres et l’exploration du sol jusqu’à plusieurs mètres de profondeur afin d’éliminer les éventuels engins non éclatés (Bob Woods, MDN, comm. pers., 1997). Or, ces travaux détruiraient 65 p. 100 de la population ontarienne de buchnéra d’Amérique, ainsi que des sujets de 21 autres espèces végétales rares dans la province.

Le Buchnera americana n’est pas mentionné dans la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Il a été désigné « espèce menacée » à l’échelle nationale par le COSEPAC en 1985.

Aux États-Unis, le Buchnera americana bénéficie d’une protection juridique, puisqu’il est désigné « espèce en voie de disparition » (endangered) en Indiana, en Ohio (Burns et Cusick, 1984) et en Georgie (Géorgia Natural Heritage Program, 1989).


Évaluation du statut et recommandations de l’auteure

En 1985, lorsque le B. americana a été ajouté à la liste des espèces menacées au Canada, 65 p. 100 des sujets se trouvaient au sein de parcs provinciaux ou sur des terrains appartenant au ministère de la Défense nationale. Aujourd’hui, moins de 3 p. 100 des sujets se trouvent sur des terrains gérés par un organisme public, et ils sont menacés par la succession végétale et les activités récréatives.

Vu l’affaiblissement des mesures de protection de l’espèce, la disparition de deux populations et le déclin considérable d’une troisième, on recommande que le statut du buchnéra d’Amérique soit changé de la catégorie « espèce menacée » à la catégorie de risque plus élevé « espèce en voie de disparition ».