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Partie 2 :  Renseignements au sujet de chaque population de bélugas

Les bélugas de la baie Cumberland

Statut : Espèce menacée

Dernier examen par le COSEPAC : Mai 2004

Biologie

Le béluga, Delphinapterus leucas, est une baleine à dents de taille moyenne qui devient complètement blanche lorsqu’elle parvient à la maturité sexuelle. Les mâles adultes de cette population mesurent en moyenne 369 cm et pèsent entre 450 et 1 000 kg environ, tandis que les femelles adultes mesurent en moyenne 338 cm et pèsent entre 250 et 700 kg environ.

Les femelles parviennent à la maturité sexuelle vers l’âge de 5 ans; les mâles, vers l’âge de 8 ans. La période de pointe de l’accouplement semble être en mai et les baleineaux naissent vers la fin de juillet ou le début d’août après une durée de gestation d’environ 14 mois. Les baleineaux sont allaités pendant un maximum de 2 ans. En moyenne, l’intervalle entre vêlages correspond environ à la naissance d’un baleineau tous les 3 ans, bien que les chasseurs locaux aient signalé la possibilité pour les femelles de mettre bas annuellement.

La durée de vie moyenne varie entre 15 et 30 ans. D’après les chasseurs locaux, les bélugas se nourrissent surtout de morue à la lisière de la banquise au printemps et de divers poissons et invertébrés à l’été. Les études télémétriques satellitaires indiquent que durant l’hiver, les bélugas plongent à des profondeurs de 300 mètres ou plus, sans doute pour se nourrir.

Où retrouve-t-on cette population de baleines?

La population de bélugas de la baie Cumberland semble demeurer toute l’année dans les eaux de la baie Cumberland au large de la partie sud-est de l’île de Baffin du Nunavut. La plupart des baleines passent l’été près de la tête de la baie Cumberland, dans le fiord Clearwater ou à proximité de celui-ci. Durant le reste de l’année, elles se déplacent vers l’ouest, vers le centre ou près de l’embouchure de la baie (voir fig. 1 de l’annexe, p.24).

Combien y a-t-il de baleines?

Avant 1923, on estimait à plus de 5 000 animaux la population de la baie Cumberland, mais ce nombre a considérablement diminué entre les années 1920 et 1930 à cause des importantes captures commerciales. Bien que la pêche commerciale à la baleine ait cessé en 1960, la chasse de subsistance se pratique encore. Des relevés aériens, complétés par les données de plongée de baleines munies de marques télémétriques pour compenser pour les animaux présents sous la surface de l’eau manqués durant les relevés, ont été effectués dans la partie nord de la baie Cumberland entre 1979 et 1999. Le plus récent relevé estimait à 1 940 la population de bélugas. Les données scientifiques de même que les connaissances des Inuits laissent entendre que la population est stable ou augmente depuis la dernière décennie.

Menaces pour la population

Les ours polaires, les orques et l’emprisonnement dans les glaces posent une menace pour les baleines. Un certain nombre d’activités humaines (bruit provenant de bateaux à moteur, changements climatiques, produits toxiques) peuvent également les mettre en péril.

Chasse-t-on ces baleines?

Oui. Il se pratique une chasse de subsistance soigneusement gérée.

Justification de la désignation par le COSEPAC :

Le nombre de bélugas utilisant la baie Cumberland a connu un déclin d’environ 1 500 individus entre les années 1920 et aujourd’hui. La chasse par la Compagnie de la Baie d’Hudson jusque dans les années 1940 et la chasse par les Inuits jusqu’en 1979 semblent être la cause du déclin. La chasse est réglementée depuis les années 1980. Les quotas actuels (41 en 2003) semblent être durables. Des préoccupations concernant le trafic accru de petites embarcations et le bruit des moteurs hors bord qui leur est associé, ainsi que la pêche au flétan noir, un aliment consommé par le béluga, ont été soulevées.

Qu’arrivera-t-il si cette population est ajoutée à la liste de la LEP?

La désignation des bélugas de la baie Cumberland comme une espèce « menacée » et leur ajout à la liste de la LEP donneront lieu à l’élaboration d’un programme de rétablissement1, un document visant à établir un objectif de rétablissement, à déterminer les menaces pour les bélugas et l’habitat essentiel pour eux et à décrire les mesures à prendre pour favoriser l’accroissement de la population.

Le programme appuiera le rétablissement continu de cette population de bélugas. Il recommandera un certain nombre de moyens d’atteindre ce but, y compris l’utilisation de méthodes scientifiques et inuites, pour évaluer et protéger la population et l’habitat tout en maintenant une chasse de subsistance durable pour les Inuits.

À l’avenir, des mesures de rétablissement précises seront élaborées dans un plan d’action.

De plus, il est interdit de tuer un individu d’une espèce menacée ou de lui nuire, ainsi que d’endommager ou détruire sa résidence. Cependant la loi permet des exceptions à ces interdictions dans certaines circonstances.

1 Dans l’optique d’une possible inscription officielle, une équipe de rétablissement a été mise sur pied en septembre 2002 et se compose de représentants del’organisation des chasseurs et trappeurs de Pangnirtung, du Conseil de la faune de Qikiqtaaluk, du Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut, de Nunavut Tunngavik Incorporated et de Pêches et Océans Canada. L’équipe de rétablissement a terminé la rédaction du programme en mars 2004. Celui-ci fait présentement l’objet d’un examen.

Les bélugas de l’est du haut Arctique et de la baie de Baffin

Statut : Espèce préoccupante

Dernier examen par le COSEPAC : Mai 2004

Biologie

Le béluga, Delphinapterus leucas, est une baleine à dents de taille moyenne qui devient complètement blanche lorsqu’elle parvient à la maturité sexuelle. Les mâles adultes de cette population mesurent en moyenne 345 cm et pèsent entre 450 et 1 000 kg environ, tandis que les femelles adultes mesurent en moyenne 321 cm et pèsent entre 250 et 700 kg environ.

Les femelles parviennent à la maturité sexuelle vers l’âge de 5 ans; les mâles, vers l’âge de 8 ans. L’accouplement se produit probablement de la fin de l’hiver au début du printemps, la période de pointe étant la mi-avril. Les baleineaux naissent entre juin et août, la saison de pointe de mise bas s’étendant probablement de la mi-juin jusqu’au début de juillet. En moyenne, l’intervalle entre vêlages correspond environ à la naissance d’un baleineau tous les 3 ans.

La durée de vie moyenne varie entre 15 et 30 ans. Les bélugas ont un régime varié se composant de petits poissons et de crustacés. Dans le haut Arctique, leurs principales sources de nourriture sont la morue et le flétan noir (turbot). Les études télémétriques satellitaires indiquent que les bélugas plongent à des profondeurs de 300 mètres ou plus, sans doute pour se nourrir.

Où retrouve-t-on cette population de baleines?

Cette population de l’est du haut Arctique et de la baie de Baffin estive dans les eaux libres du détroit de Lancaster, du détroit de Barrow, du détroit de Peel et de la baie de Baffin, dans le haut Arctique canadien. À l’automne, ces baleines migrent vers les aires d’hivernage dans la polynie des eaux du Nord, dans la partie nord de la baie de Baffin ou le long de la côte ouest du Groenland jusque dans des régions aussi méridionales que le 66e parallèle (voir fig. 2 de l’annexe, p.25).

Combien y a-t-il de baleines?

Un relevé aérien effectué dans le haut Arctique canadien en août 1996 et corrigé pour inclure les animaux présents sous la surface de l’eau estimait à 21 213 la population de bélugas.

Menaces pour la population

Les ours polaires, les orques et l’emprisonnement dans les glaces posent une menace pour les baleines. Un certain nombre d’activités humaines (bruit provenant de bateaux à moteur, changements climatiques, produits toxiques) peuvent également les mettre en péril. Par exemple, une chasse intensive se pratique au large des eaux à l’ouest du Groenland. 

Chasse-t-on ces baleines?

Cette population de bélugas est chassée par les collectivités dans le nord du Nunavut et l’ouest du Groenland. La chasse canadienne est relativement petite comparativement au nombre capturé par les chasseurs à l’ouest du Groenland.

Justification de la désignation par le COSEPAC :

La population hiverne dans la baie de Baffin et à l’ouest du Groenland et pourrait être composée de deux populations distinctes. Elle est chassée intensivement dans l’ouest du Groenland. Cependant, la plupart des individus de la population hivernent dans la baie de Baffin et le haut Arctique, où ils ne sont pas chassés. Les pressions exercées par la chasse dans les eaux canadiennes sont faibles l’été.

Qu’arrivera-t-il si cette population est ajoutée à la liste de la LEP?

  • L’ajout des bélugas de l’est du haut Arctique comme une espèce préoccupante à la liste de la LEP donnera lieu à l’élaboration d’un plan de gestion, un document visant à promouvoir la conservation d’une espèce ou d’une population vulnérable en établissant des mesures précises de gestion ou de conservation.
  • Le plan de gestion sera élaboré en collaboration avec les partenaires de cogestion et d’autres organismes et particuliers intéressés par cette population. Dans les régions où les bélugas sont récoltés aux fins de subsistance, le plan aidera les organisations de chasseurs et de trappeurs à gérer cette population de bélugas. Dans les régions où on ne chasse pas les bélugas, le plan servira de guide aux activités sans récolte, telles que le tourisme.
  • Le plan de gestion recommandera des mesures de protection de la population de bélugas, notamment :
  • Appuyer et mettre en œuvre les recommandations formulées par la Commission mixte Canada Groenland sur le béluga et le narval pour cette population partagée de bélugas.
  • Évaluer les risques pour la population de bélugas qui découleraient des différents niveaux de chasse dans différents endroits dans les eaux du haut Arctique.
  • Désigner des zones de gestion des bélugas ou des mesures de protection de l’habitat au besoin.
  • Élaborer des directives pour diminuer la perturbation des bélugas causée par les activités sans récolte telles que le tourisme et le transport maritime, au besoin.

Les bélugas de l’ouest de la baie d’Hudson

Statut : Espèce préoccupante

Dernier examen par le COSEPAC : Mai 2004

Biologie

Le béluga, Delphinapterus leucas, est une baleine à dents de taille moyenne qui devient complètement blanche lorsqu’elle parvient à la maturité sexuelle. Les mâles adultes de cette population mesurent en moyenne 333 cm et pèsent entre 450 et 1 000 kg environ, tandis que les femelles adultes mesurent en moyenne 284 cm et pèsent entre 250 et 700 kg environ.

Les femelles parviennent à la maturité sexuelle vers l’âge de 5 ans; les mâles, vers l’âge de 8 ans. L’accouplement se produit probablement de la fin de l’hiver au début du printemps, la période de pointe étant la mi-avril. Les baleineaux naissent entre juin et août, la saison de pointe de mise bas étant entre la fin de juin et la fin de juillet. En moyenne, l’intervalle entre vêlages correspond environ à la naissance d’un baleineau tous les 3 ans.

La durée de vie moyenne varie entre 15 et 30 ans. Les bélugas ont un régime varié se composant de petits poissons et de crustacés. Dans l’ouest de la baie d’Hudson, leurs principales sources de nourriture sont le lançon, le capelan et la crevette.

Où retrouve-t-on cette population de baleines?

Durant l’été, les bélugas se rassemblent dans les estuaires des rivières Churchill, Nelson et Seal. De la mi-juin à la fin de juillet, ils se déplacent de leur aire d’hivernage dans le détroit d’Hudson, le long de la côte est de la baie d’Hudson. Ils passent à l’est de l’île Mansel et à l’ouest des îles Belcher, pour arriver à leurs aires d’été. Durant l’été, certaines baleines commencent à se déplacer vers le nord jusqu’à la baie Repulse. Durant la migration d’automne, certaines baleines reviennent sur leur route de migration du printemps le long de la côte est de la baie d’Hudson; d’autres se déplacent vers le nord puis se dirigent vers l’est, se déplaçant entre l’île Southampton et l’île Coats pour atteindre le détroit d’Hudson (voir fig.3 de l’annexe, p.26).

Combien y a-t-il de baleines?

Des relevés effectués entre 1978 et 1987 estiment à plus de 23 000 la population de bélugas de l’ouest de la baie d’Hudson. Les résultats d’un relevé effectué à l’été 2004 seront disponibles sous peu.

Menaces pour la population

Les ours polaires, les orques et l’emprisonnement dans les glaces posent une menace pour les baleines. Un certain nombre d’activités humaines (p. ex. le bruit et les perturbations découlant du trafic maritime, le changement climatique, les contaminants et les barrages hydroélectriques) peuvent également menacer cette population.

Chasse-t-on ces baleines?

Ces baleines sont chassées aux fins de subsistance par les collectivités situées le long de la rive ouest de la baie d’Hudson, autour des îles Belcher et dans les eaux au large de Nunavik.

Justification de la désignation par le COSEPAC :

La population semble relativement abondante, bien qu’elle n’ait pas fait l’objet de recensements depuis 15 ans et qu’elle pourrait être composée de plus d’une population. La population est l’objet d’une chasse substantielle dans certaines parties de son aire de répartition et elle est possiblement menacée par le transport maritime et les barrages hydroélectriques.

Qu’arrivera-t-il si cette population est ajoutée à la liste de la LEP?

  • L’ajout des bélugas de l’ouest de la baie d’Hudson comme une espèce préoccupante à la liste de la LEP nécessitera l’élaboration d’un plan de gestion, un document visant à promouvoir la conservation d’une espèce ou d’une population vulnérable en établissant des mesures précises de gestion ou de conservation.
  • Le plan de gestion sera élaboré en collaboration avec les partenaires de cogestion et d’autres organismes et particuliers intéressés par cette population. Dans les régions où les bélugas sont récoltés aux fins de subsistance, le plan aidera les organisations de chasseurs et de trappeurs à gérer cette population de bélugas. Dans les régions où on ne chasse pas les bélugas, le plan servira de guide aux activités sans récolte, telles que le tourisme ou l’aménagement hydroélectrique.
  • Le plan de gestion peut recommander des mesures de protection de la population de bélugas, notamment :
  • Trouver des moyens de bien gérer la chasse, comme la collecte de données de chasse.
  • Élaborer des procédures pour répondre aux demandes des chasseurs du Nunavik de récolter les bélugas de la population de l’ouest de la baie d’Hudson.
  • Désigner des zones de gestion des bélugas ou des mesures de protection de l’habitat au besoin.
  • Élaborer des directives pour diminuer la perturbation des bélugas causée par les activités sans récolte telles que le tourisme, le transport maritime et l’aménagement hydroélectrique, au besoin.