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Plan de rétablissement du caribou de la Gaspésie (2002-2012)

Addenda

ADOPTION DU PLAN DE RÉTABLISSEMENT

DU CARIBOU DE LA GASPÉSIE

PAR LE MINISTRE DE L’ENVIRONNEMENT DU CANADA

EN VERTU DE L’ARTICLE 44

DE LA LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL

 

 

Cet addenda est ajouté à la version originale du plan de rétablissement pour permettre de rencontrer les exigences de la Loi sur les espèces en péril

 

DÉCLARATION

Le présent programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec les compétences responsables du caribou de la Gaspésie. Environnement Canada a revu le document et l’accepte comme son programme de rétablissementdu caribou de la Gaspésie tel que l’exige la Loi sur les espèces en péril. Ce programme de rétablissement représente également un avis à l’intention des autres compétences et organisations qui pourraient participer au rétablissement de l’espèce.

Les buts, objectifs et approches de rétablissement présentés dans ce programme sont fondés sur les meilleures connaissances existantes et peuvent faire l’objet de modifications découlant de nouveaux résultats et d’objectifs révisés.

Le présent programme de rétablissement constituera la base d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront en détail les mesures de rétablissement précises qui doivent être prises pour appuyer la conservation et le rétablissement de l’espèce. Le ministre de l’Environnement rendra compte des progrès réalisés d’ici cinq ans.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement Canada ou toute autre compétence. Dans l’esprit de l’Accord pour la protection des espèces en péril, le ministre de l’Environnement invite toutes les compétences responsables ainsi que les Canadiennes et les Canadiens à se joindre à Environnement Canada pour appuyer le programme et le mettre en œuvre, pour le bien du caribou de la Gaspésie et de l’ensemble de la société canadienne.

 

ÉVALUATION ENVIRONNEMENTALE STRATÉGIQUE

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée dans le cadre de tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP conformément à la Directive du Cabinet de 1999 sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairées du point de vue de l’environnement.

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des stratégies peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur les espèces ou les habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés ci-dessous.

Les activités de rétablissement incluent des activités de contrôle des prédateurs. Celles-ci visent les populations de coyote et d’ours noir de certains secteurs particuliers, notamment les aires de mise bas des caribous. Considérant les effectifs des populations de ces deux espèces et le caractère limité des activités de contrôle, l’impact de ces activités ne sera pas significatif. Le piégeage des prédateurs est fait selon des normes et sous le contrôle de la province.

Le présent programme de rétablissement favorisera clairement l’environnement en encourageant le rétablissement du caribou de la Gaspésie. La possibilité que le programme produise par inadvertance des effets négatifs sur d’autres espèces a été envisagée. L’EES a permis de conclure que le présent programme sera clairement favorable à l’environnement et n’entraînera pas d’effets négatifs significatifs. Consultez plus particulièrement les sections suivantes du document : biologie de l’espèce,; description de l’ habitat utilisé, facteurs limitatifs potentiels ou avérés, stratégies proposées par l’équipe.

 

RÉSIDENCE 

La LEP définit la résidence comme suit : Gîte -- terrier, nid ou autre aire ou lieu semblable -- occupé ou habituellement occupé par un ou plusieurs individus pendant tout ou partie de leur vie, notamment pendant la reproduction, l’élevage, les haltes migratoires, l’hivernage, l’alimentation ou l’hibernation [Paragraphe 2(1)].

Les descriptions de la résidence ou les raisons pour lesquelles le concept de résidence ne s'applique pas à une espèce donnée sont publiées dans le Registre public de la LEP : https://www.registrelep-sararegistry.gc.ca/sar/assessment/status_f.cfm.

 

PRÉFACE 

Le présent programme de rétablissement proposé du caribou de la Gaspésie a été adopté de la Province de Québec par Environnement Canada, tel qu’autorisé en vertu de l’article 44 de la Loi sur les espèces en péril. Le document sera probablement mis à jour, mais il est suffisamment complet pour guider le rétablissement de l’espèce.

 

1.     DÉSIGNATION DE L’HABITAT ESSENTIEL DU CARIBOU DE LA GASPÉSIE

1.1    L’habitat utilisé par le caribou de la Gaspésie

Autrefois présent dans les provinces maritimes, et quelques états de la Nouvelle-Angleterre, la population de caribous des bois du sud du fleuve Saint-Laurent est aujourd’hui représentée par une seule population soit celle de la Gaspésie (Banfield, 1961; Boileau, 1996, Courtois et al., 2001). Courtois et al. (2001) présentent une analyse des facteurs qui ont causé le déclin historique du niveau de population.

Des études récentes d’utilisation de l’habitat par le caribou de la Gaspésie ont permis de mieux documenter les principaux secteurs utilisés annuellement par cette espèce (Mosnier et al., 2002; C. Turcotte, comm. pers.) et ainsi déterminer le ou les habitats essentiels aux besoins du caribou de la Gaspésie. Des localisations télémétriques ont permis de constater qu’en hiver, il utilise milieux montagneux constitués aux étages inférieurs de sapinières et de pessières matures ou surannées (= 70 ans) alors qu’au printemps, lorsque les conditions d’enneigement deviennent plus clémentes, il utilise les sommets caractérisés par des milieux de toundra alpine (Rivard, 1978; Ouellet et al., 1996; Mosnier et al., 2002). Cette relation étroite avec les forêts surannées et les sommets est typique des populations de caribous montagnards d’Amérique du Nord (Apps et al., 2001; Poole et al., 2000).

Le caribou de la Gaspésie utilise les milieux de toundra alpine et les forêts résineuses du parc national de la Gaspésie – créé en 1937 notamment pour protéger cette espèce génétiquement distincte – et celles des territoires en périphérie qui sont potentiellement exploitables par les industriels forestiers de la région (Mosnier, 2002).

En outre, les études de suivi télémétrique démontrent une répartition annuelle des caribous qui déborde les limites du parc. En effet, environ 17 % des localisations télémétriques des travaux réalisés de 1998 à 2002 se trouvaient à l’extérieur des 802 km2 du parc (Fournier et Turcotte, 2002; Mosnier, 2002), notamment en période de mise bas (Comité de rétablissement du caribou de la Gaspésie, 2004; C. Turcotte, comm. pers.).  Des aires de mise bas ont été identifiées dans deux secteurs à l’extérieur du parc soit à l’ouest du mont Logan et au sud du mont Vallières-de-Saint-Réal (Figure 1). Ces observations confirment que les femelles utilisent divers milieux conifériens en bordure du parc pour mettre bas, localisés pour la plupart à 700 m et plus d’altitude (données non publiées.). Les variations inter-annuelles de la fonte des neiges influenceraient le choix de ces sites de mise bas (Comité de rétablissement du caribou de la Gaspésie, 2004).

Selon les documents historiques disponibles, dans les années 1950, le caribou était beaucoup moins confiné qu'aujourd'hui. Plusieurs des sites utilisés à cette époque ne sont probablement plus occupés à cause des perturbations subies (feux de forêt, construction de chemins, etc.). Il est aussi possible que des obstacles physiques empêchent d'occuper à nouveau certains de ces sites potentiels comme le mont Nicol-Albert (C. Turcotte, comm. pers.).

1.2    Désignation de l’habitat essentiel

La Loi sur les espèces en péril (LEP) définit l’habitat essentiel comme « l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce » (Gouvernement du Canada, 2002).

Compte tenu des objectifs du présent plan de rétablissement d’atteindre 150 caribous en 2007 et 175 caribous en 2012, l’habitat essentiel du caribou de la Gaspésie, présenté à la figure 1, est constitué :

·       de l’habitat légal tel qu’établi par le gouvernement du Québec [A];

·       de la zone de conservation située à l’ouest de l’habitat légal (ouest du mont Logan) [B];

·       de l’aire englobant les localisations télémétriques au sud-ouest de l’habitat légal et à l’est de la zone de conservation du mont Logan [C].

Les lettres A, B et C correspondent à celles servant à localiser l’habitat essentiel sur la figure 1.

1.3    Activités susceptibles de détruire l’habitat essentiel

La construction de routes, l’exploitation forestière ainsi que l’exploration et l’exploitation minières (Rettie et Messier, 1998; Dyer et al., 2001; Kinley et Apps, 2001,) réduisent, à des degrés divers, les superficies de forêts matures recherchées, augmentent la fragmentation (Hanson et al., 1990; Caughley, 1994) et favorisent l’accessibilité pour les prédateurs (Stuart-Smith et al., 1997; Rettie et Messier, 1998). L’altération de l’habitat par la construction de routes et l’exploitation forestière favorise les peuplements forestiers plus jeunes, lesquels sont recherchés par l’orignal et le cerf de Virginie. Aussi, l’augmentation de ces proies alternatives favoriserait l’augmentation de la densité de prédateurs dans ces milieux forestiers en régénération (Bergerud et Ballard, 1988; Poole et al., 2000; J.-P. Ouellet, comm. pers.).

1.4    Mesures particulières mises en place pour protéger l’habitat

Un Plan d’aménagement de l’aire du caribou de la Gaspésie spécifique aux zones forestières en périphérie du parc national de la Gaspésie s’applique à 290 km2 du territoire attenant au parc. Ce plan a été élaboré conjointement le ministère des Ressources naturelles et la Société de la faune et des parcs du Québec dans le but de concilier la protection du caribou avec les apports économiques reliés à la récolte de matière ligneuse (Champagne et al., 1999; Comité de rétablissement du caribou de la Gaspésie, 2004). Les premiers objectifs de ce plan étaient d’assurer :

Objectif 1 :      le rendement soutenu de la biomasse forestière;

Objectif 2 :      la protection des sommets présentant un faciès de toundra;

Objectif 3 :      la protection des corridors de déplacements pour le caribou;

Objectif 4 :      l'instauration de normes particulières d'interventions forestières;

Objectif 5 :      le maintien d'activités forestières dans certaines zones d'aménagement.

D’autres objectifs s’ajouteront à la seconde version du plan d’aménagement, lequel est actuellement en révision (C. Turcotte, comm. pers.). Ces objectifs visent essentiellement à réaliser des travaux forestiers qui se rapprochent de la dynamique naturelle des sapinières du parc de la Gaspésie (Comité de rétablissement du caribou de la Gaspésie, 2004). Parallèlement, des études de suivi d’intervention forestière ont été entreprises dans le but d'évaluer les actions qui favorisent une conservation maximale des milieux utilisés par le caribou (Comité de rétablissement du caribou de la Gaspésie, 2004).

Ce plan d’aménagement comprend des zones de conservation où la protection du territoire est intégrale et à d’autres dites « zone d’aménagement », où les interventions forestières qui sont pratiquées sont adaptées aux besoins du caribou de la Gaspésie. Parmi les zones de conservation,  environ 100 km 2 de territoire compris dans les secteurs du Petit mont Ste-Anne et Vallières-de-Saint-Réal font aussi partie de l’habitat légal tout comme la presque totalité du Parc national de la Gaspésie (voir figure 1). À l’intérieur de ce contour d’habitat légal, des interventions sont alors soumises au règlement provincial sur les habitats fauniques (C-61.1, r.0.1.5; gazette officielle du Québec 2001).

Mentionnons d’ailleurs qu’un projet d’extension des limites de l’habitat légal est actuellement en cours. Celui-ci propose d’ajouter une portion de territoire dans les Vallières-de-Saint-Réal et d’intégrer tout le secteur de conservation du Mont Logan identifié au Plan d’aménagement de l’aire du caribou de la Gaspésie.

1.5    Calendrier des études

Maintien et protection de l’habitat essentiel

Dynamique des forêts récoltées

Le Plan de rétablissement du caribou de la Gaspésie et le Plan d’aménagement de l’aire du caribou de la Gaspésie proposent des modalités nécessaires au maintien de l’habitat essentiel au caribou. À moyen terme, les études de suivi des interventions forestières prévues au plan d’aménagement devraient répondre aux interrogations à savoir si ces interventions se rapprochent adéquatement de la dynamique naturelle des sapinières du parc national de la Gaspésie. En fonction des résultats obtenus, des mesures permettant de mieux se rapprocher de la dynamique naturelle pourraient être nécessaires.

Certaines études ont été réalisées et une autre est actuellement en cours, il est donc envisageable que les analyses géomatiques et les validations de terrain puissent être complétées d’ici 2 ans (fin 2008).

Impact de l’aménagement du territoire sur les populations de prédateurs

Puisqu’une part importante de l’atteinte des objectifs du Plan de rétablissement est le recrutement et la survie des faons, le contrôle des populations de coyotes et des ours noirs est un facteur clé. Des résultats préliminaires indiquent que l’ours noir semble utiliser davantage les jeunes peuplements en régénération issus de coupes forestières mais malheureusement, plusieurs données doivent encore être analysées (J.-P. Ouellet, comm. pers.). Une maîtrise sur l’utilisation de l‘habitat par le coyote a été réalisée, et un doctorat sur l’utilisation de l’habitat par l’ours se terminera prochainement. À la lumière des résultats obtenus, il pourrait y avoir lieu d’envisager :

  • une révision des emplacements des parterres de coupe au sein ou autour de l’habitat essentiel;
  • un suivi des placettes de coupes où il y a présence de petits fruits;
  • des mesures efficaces de contrôle de prédateurs. 

Ces suivis devraient être réalisés annuellement jusqu’en 2011.

Pour appuyer ces activités de suivi, le Comité technique et le Comité élargi du plan d'aménagement de l'aire du caribou de la Gaspésie, composés de représentants du gouvernement provincial (Faune Québec et Forêt Québec) et de représentants universitaires (Université Laval et Université du Québec à Rimouski) ont mentionné, le 25 avril 2006, lors d'une conférence téléphonique, « qu'il faudra mettre en place un programme de suivi pour mesurer les composantes de l'habitat du caribou et de ses prédateurs ». Louis Bélanger (Université Laval) a de plus suggéré de faire les vérifications à même des placettes permanentes à l’intérieur du territoire couvert par le Plan d'aménagement forestier du caribou de la Gaspésie (C. Turcotte, comm. pers.).

Possible expansion de l’aire de répartition du caribou de la Gaspésie

Analyse de sites potentiels de colonisation

La distribution actuelle du caribou de la Gaspésie est probablement reliée au caractère intact des habitats du Parc de conservation de la Gaspésie. Cependant, des documents historiques nous indiquent qu’en plus du Parc, le caribou de la Gaspésie occupait quelques autres secteurs. Aujourd’hui, cette population utilise en majorité le parc national de la Gaspésie et le secteur identifié au Plan d’aménagement de l’aire du caribou de la Gaspésie. Il demeure possible que d’autres secteurs qui sont à proximité de ceux déjà protégés aient aussi un potentiel intéressant. Il serait donc très pertinent de faire une évaluation exhaustive des sites d’intérêt et du degré de protection à accorder pour s’assurer que les conditions soient les plus propices au rétablissement de ce troupeau en difficulté.

L’analyse des sites potentiels de colonisation est une approche théorique en plusieurs étapes. D’abord, l’analyse des photos aériennes, des cartes écoforestières et autres outils d’aide à la décision, permettront de dresser un portrait de sites potentiels. Par la suite, une validation terrain pourra justifier ou non la qualité de ces sites pour le caribou. En fonction du nombre et de la superficie des sites potentiels, les résultats de l’analyse pourraient être connus à l’intérieur d’une échelle de une à deux années (fin 2007 ou 2008).

 

ÉNONCÉS SUR LES PLANS D’ACTION

Un plan d’action afférent au présent programme de rétablissement sera terminé d’ici 2012.