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Rapport annuel du COSEPAC 2003

Annexe VII

 

UN SOUS-COMITÉ DES

SPÉCIALISTES DES ARTHROPODES

POUR LE COSEPAC

 

Proposition du COSEPAC au Comité des directeurs canadiens de la faune et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril

Préparée par un groupe de travail du COSEPAC présidé par Gerry Mackie et formé de Sherman Boates, Dick Cannings, Jim Duncan, Theresa Fowler, Henry Lickers et Marco Festa-Bianchet

Introduction

Le mandat du COSEPAC ne compte à l'heure actuelle que deux groupes d'invertébrés : les mollusques et les lépidoptères. Les travaux du Sous comité des spécialistes des mollusques et lépidoptères ont mené à l'évaluation de 32 espèces depuis sa création en 1995.

De nombreux phyla d'invertébrés que l'expertise taxinomique des SSE actuels du COSEPAC ne couvre pas renferment des espèces qui sont peut être en péril. Certains phyla méritent notre attention parce qu'ils sont bien connus et font face à des menaces importantes (p. ex. la dégradation de l'habitat, la prise et l'exploitation); il s'agit des cnidaires (en particulier les coraux), des spongiaires (les éponges), des échinodermes (les étoiles de mer, les oursins, etc.) et des arthropodes (les araignées, les crustacés et les insectes).

Les ressources pouvant être consacrées à l'évaluation des espèces et la possibilité de réaliser ces évaluations sont toutefois limitées pour bon nombre de ces groupes. Les arthropodes sont le phylum logique de choix pour l'élargissement de la couverture taxinomique du COSEPAC parce que plusieurs espèces importantes sur les plans écologique, économique, social, récréatif ou esthétique sont en péril et qu'au Canada l'expertise pouvant appuyer le processus d'évaluation est considérable. Nous proposons par conséquent l'ajout au COSEPAC d'un nouveau SSE pour les arthropodes, et donc d'un vote supplémentaire au Comité. Vu le peu de données dont nous disposons sur la situation de la plupart des espèces d'arthropodes, le nombre d'espèces évaluées au cours des cinq premières années qui suivront la création de ce nouveau SSE sera limité à environ vingt espèces.

Critères de sélection des taxons pour le COSEPAC

1.     Stabilité de la taxinomie et existence de spécimens

Il existe à peu près 4 500 espèces d'arachnides, 400 espèces de crustacés et 30 000 espèces d'insectes au Canada. La plus grande collection d'arachnides au Canada est celle de la Collection nationale canadienne; environ 70 p. 100 de cette collection est organisée au niveau de l'espèce. Le Musée canadien de la nature possède environ 85 000 lots de crustacés, dont l'espèce a été déterminée dans la plupart des cas.

Environ vingt millions de spécimens d'insectes se trouvent dans plus d'une centaine de collections au Canada. Environ 13 millions de ces spécimens font partie de la Collection nationale canadienne, à Ottawa. De plus, une cinquantaine de collections renferment plus de 10 000 spécimens chacune. La plupart des laboratoires d'agriculture et de foresterie et de nombreuses universités et de nombreux musées ont de petites collections, plus ou moins spécialisées, la plupart formées par une personne intéressée (ou quelques unes) dans l'établissement. L'organisation des collections au niveau de l'espèce ou du groupe d'espèces varie beaucoup, en fonction en grande partie de l'existence, ou non, de révisions pour certaines familles faisant partie de la faune de l'Amérique du Nord.

2.     Expertise taxinomique

Il existe une centaine de spécialistes de l'acarologie au Canada, la plupart étant associés à des universités, à des collections ou à des musées fédéraux ou provinciaux. La plupart des experts semblent se trouver surtout dans le Centre et l'Ouest du Canada (en particulier en Colombie Britannique)

Nous possédons moins de renseignements sur le nombre de spécialistes des crustacés au Canada. Nous estimons que de 20 à 30 experts font en ce moment des recherches écologiques et taxinomiques sur divers crustacés. Les membres du COSEPAC sont déjà en communication avec plusieurs d'entre eux. Plus d'un millier d'entomologistes travaillent au Canada, et plusieurs centaines réalisent des recherches. Les activités de recherche sont effectuées dans les services des gouvernements fédéral et provinciaux, dans des universités et, à un degré moindre, par le secteur privé.

3.     Connaissances spécialisées nécessaires pour les coprésidents et les membres du SSE

La plupart des membres du SSE des arthropodes viendront du grand groupe de spécialistes décrit ci dessus.

4.     Connaissances spécialisées nécessaires pour les auteurs de rapports de situation

Les spécialistes qui rédigeront les rapports sur les arachnides seront des étudiants de deuxième et de troisième cycles de spécialistes en taxinomie, les membres du SSE, des techniciens en recherche et des consultants. Le nom de 25 personnes environ se trouve dans la base de données du groupe de travail sur les taxons d'arachnides, la plupart de ces personnes étant dans l'Ouest (Colombie Britannique, Saskatchewan, Alberta, Manitoba) et le Centre du Canada (Ontario et Québec).

De nombreux ministères du gouvernement fédéral emploient des entomologistes, mais le plus grand nombre, et de loin, travaillent pour Agriculture Canada, qui compte 28 stations agricoles régionales et 6 centres de foresterie. Il y a autant d'entomologistes professionnels dans les universités qu'il y en a au gouvernement fédéral. De nombreux départements universitaires de biologie ou de zoologie ont au moins un entomologiste, et un grand nombre travaillent au département d'entomologie de la University of Manitoba et du Collège Macdonald de l'Université McGill, au département de biologie environnementale de la University of Guelph et au département de biologie des universités de Toronto, de l'Alberta et de la Colombie Britannique. Plus de 300 étudiants de deuxième et de troisième cycles, dont environ 130 candidats au doctorat, sont inscrits à l'heure actuelle en entomologie dans les universités canadiennes. Les ministères provinciaux de l'agriculture, de l'environnement, etc., emploient plusieurs douzaines d'entomologistes, et plusieurs autres travaillent dans les musées provinciaux de la Colombie Britannique, de l'Alberta, du Manitoba, de l'Ontario et de la Nouvelle Écosse. Les sociétés d'experts-conseils qui effectuent des études environnementales, les firmes de lutte contre les ravageurs, les sociétés de pesticides et quelques autres organismes privés emploient aussi un petit nombre d'entomologistes.

Arthropodes canadiens (à l'exclusion des lépidoptères) qui sont peut être en péril

Les mesures législatives sur les espèces en péril de la plupart des provinces et des territoires du Canada n'énumèrent pas à l'heure actuelle d'arthropodes autres que les lépidoptères. Cependant, au Manitoba, la situation de trois espèces de cicindélidés est soit considérée comme " préoccupante ", soit à l'étude pour inscription éventuelle sur la liste, tandis qu'au Québec, une liste des espèces candidates possibles est en voie de préparation pour les coléoptères et les écrevisses.

Selon le site Web http://rbcm1.rbcm.gov.bc.ca/end_species/insectax.html, dans le cas des arachnides et des insectes, les taxons suivants sont en péril en Colombie Britannique; il existe vraisemblablement suffisamment de données pour chacun d'entre eux, et ils seront parmi les premiers à faire l'objet d'une recommandation d'évaluation par le COSEPAC :

Arachnides :
Eremobates gladiolus

Insectes :
Coléoptères : Cicindela parowana
Odonates : Argia vivida
Orthoptères : Litaneutria minor
Diptères : Apiocera barri
             Megaphorus willistoni
Hyménoptères : scolie (Campsomeris pilipes)

Crustacés :
Il semble aussi qu'il vaille la peine d'étudier immédiatement deux espèces d'écrevisses, Fallicambarus fodiens et Cambarus diogenes. Dans les deux cas, il s'agit d'écrevisses semi-terrestres et fouisseuses du Sud de l'Ontario.

Étant donné ce que nous savons de la plupart des groupes d'insectes, le classement que nous pourrions effectuer serait fait à partir de données inadéquates et d'une mauvaise connaissance de leur cycle biologique. Il est donc peu probable que ces espèces et ces groupes soient étudiés par le COSEPAC, du moins dans un avenir rapproché. Nous insistons sur le fait que le nouveau SSE des arthropodes évitera de commander des rapports sur des espèces pour lesquelles les données disponibles ne nous permettent pas d'évaluer la situation quant à la conservation.

Le nombre total d'espèces d'arthropodes qu'un nouveau SSE examinera vraisemblablement au cours de ses premières années d'existence sera déterminé par un groupe de travail formé de spécialistes des trois classes (voir " Conclusions et recommandations "). Il est raisonnable d'estimer le nombre au double des espèces qui sont mentionnées ci dessus (c. à d. environ 20) en cinq ans, outre les papillons qui entrent déjà dans le mandat du SSE actuel des mollusques et lépidoptères.

Conclusions et recommandations

Plusieurs espèces d'arthropodes pourraient faire immédiatement l'objet d'un examen, et plusieurs rédacteurs compétents de rapports pourraient soumissionner pour la production de rapports de situation. L'expertise est adéquate aussi pour la formation d'un sous-comité de spécialistes des espèces. Parce que l'information sur la plupart des espèces ne suffit pas pour une évaluation du COSEPAC, il n'est pas nécessaire à l'heure actuelle de créer un sous comité distinct pour les araignées, les crustacés et les insectes.

Nous recommandons la création d'un nouveau SSE, dont le mandat portera sur les arthropodes, y compris les lépidoptères dont s'occupe à l'heure actuelle le SSE des mollusques et lépidoptères. Le mandat de ce SSE se limitera aux mollusques. Il est bon de faire remarquer ici que les travaux du SSE actuel des mollusques et lépidoptères sont effectués par deux sous-groupes complètement indépendants, en raison de la nature très différente des taxons et des problèmes de conservation auxquels ils font face.

La création d'un nouveau SSE et la modification d'un SSE existant amènerait un vote supplémentaire pour le COSEPAC, et deux nouveaux " membres " (c. à d. les deux coprésidents).

Le SSE proposé des arthropodes sera d'abord composé des membres actuels du SSE des lépidoptères, auxquels s'ajouteraient par la suite d'autres membres. Un groupe de travail du COSEPAC serait créé pour élaborer, sous la direction du président du COSEPAC, un plan de travail pour le SSE des arthropodes. Ce groupe de travail décidera de l'expertise nécessaire pour les coprésidents et du nombre de membres du SSE et de leur expertise. Lorsqu'il sera formé, le SSE des arthropodes élaborera un mécanisme d'établissement des priorités fondé sur les risques probables et les renseignements disponibles sur les espèces canadiennes. Ce mécanisme d'établissement des priorités sera examiné par le COSEPAC avant que des rapports de situation soient commandés.