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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Noctuelle jaune pâle des dunes (Copablepharon grandis) au Canada

Facteurs limitatifs et menaces

Les éléments suivants sont considérés comme des facteurs limitatifs et des menaces pour le C. grandis au Canada.

Perte d’habitat : Même si elle est moins subite que le déclin des dunes actives, la perte d’habitat de dunes semi-exposées (Hugenholtz et Wolfe, 2005; Wolfe et Thorpe, 2005) risque de se poursuivre au cours des prochaines décennies.

Pâturage par le bétail : Le pâturage par le bétail est considéré comme une menace potentielle pour le C. grandis. Il peut contribuer au maintien des habitats sableux à couvert clairsemé (figures 6 et figure8). Le piétinement par le bétail peut toutefois entraîner le compactage des sols et l’écrasement d’œufs, de chenilles ou de chrysalides, et le pâturage, la destruction des plantes hôtes.

Figure 8. Effets du pâturage par le bétail sur un habitat de dunes. Les effets du piétinement par le bétail sont bien visibles du côté droit de la clôture. On notera les sentiers tracés par le bétail, la réduction de la couverture végétale et la superficie nettement plus grande des zones de sable dénudées. À gauche de la clôture, la dune est plus stable, et la végétation y est plus haute. Photo prise dans le secteur Straw Road, dans les Great Sand Hills (Saskatchewan) Photo : N.A. Page (2005).

Figure 8. Effets du pâturage par le bétail sur un habitat de dunes

 

Isolement et effondrement des populations : Les populations canadiennes de C. grandis pourraient être menacées d’effondrement démographique du fait de leur isolement. Selon la théorie écologique, le risque qu’une sous-population disparaisse d’un îlot d’habitat est inversement proportionnel au nombre de sous-populations qui l’entourent (Hanski, 1982). Cette diminution du risque est due à l’immigration externe d’individus entre îlots d’habitat favorable, qui prévient l’effondrement définitif d’un groupe de sous-populations. La conversion du paysage entre les îlots d’habitat favorable pourrait accroître le risque de disparition. Même s’il est difficile d’en évaluer l’ampleur en l’absence de données sur la structure des populations du C. grandis, l’effondrement démographique est considéré comme une menace potentielle pour l’espèce.

Aménagement et développement d’infrastructure : Les activités d’aménagement et de développement, comme la construction de routes et d’infrastructures pétrolières et l’excavation de mares-abreuvoirs pour le bétail, entraînent la perte directe de prairies sableuses sèches, de milieux sableux et de badlands et sont de ce fait considérées comme une menace pour le C. grandis. Certains types de perturbations anthropiques peuvent toutefois favoriser la création de milieux favorables à l’espèce.

Activités récréatives : Lorsqu’elles sont pratiquées de façon intensive, les activités récréatives comme l’équitation, la conduite de VTT ou de véhicules hors route, la promenade ou la randonnée terrestre peuvent causer une perte de végétation et la perturbation des sols dans certains milieux occupés par le C. grandis. La population établie dans les dunes Spirit, dans le parc provincial Spruce Woods, pourrait être affectée par ces activités. Les activités récréatives sont considérées comme une menace potentielle pour le C. grandis au Canada.

Les effets de la récolte de spécimens à des fins de recherche sur les populations C. grandis sont jugés négligeables.

Préoccupations relatives à la conservation d’espèces similaires

Toutes les espèces de Copablepharon présentes au Canada se rencontrent dans des habitats de dunes, lesquels sont considérés comme rares au Canada. Le C. grandis Strecker et le C. viridisparsa Dod partagent des habitats similaires dans les Prairies canadiennes, et leur statut fait actuellement l’objet d’une évaluation par le COSEPAC (COSEWIC, 2007a). Il convient de signaler que parmi les papillons nocturnes, le C. viridisparsa spp. hopfingeri Franclemont est le seul taxon reconnu comme disparu de l’ouest du Canada (Lafontaine et Troubridge, 1998). Anciennement, cette sous-espèce se rencontrait dans un petit site à sol sableux, à Brilliant (Colombie-Britannique) (près de Castelgar). Le C. fuscum (noctuelle de l’abronie) est le seul représentant canadien du genre Copablepharon à l’ouest des monts Cascade. Très rare dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique (de 3 à 5 populations), il a été désigné « espèce en voie de disparition » par le COSEPAC en 2004. Cette espèce est probablement plus vulnérable que le C. grandis aux changements qui touchent son habitat, car elle n’a qu’une seule plante hôte.