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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le liléopsis de l’Est (Lilaeopsis chinensis) au Canada – Mise à jour

Habitat

Besoins de l’espèce

Les deux sites de liléopsis de l’Est que Keddy (1987) a observés en Nouvelle-Écosse en 1986 se trouvaient à l’embouchure de deux grandes rivières, dans des estuaires longs et étroits, presque rectangulaires, en retrait de la mer. L’estuaire de la LaHave, que Keddy (1987) n’a pas exploré, répond également à cette description.

Le liléopsis de l’Est est une espèce de la zone intertidale, poussant le plus souvent en association avec le Spartina alterniflora dans la vase, parfois le gravier fin, de rivages à faible pente. L’espèce se rencontre le plus souvent dans les vasières et les intervalles entre de gros rochers.

D’après la niche qu’occupe le liléopsis de l’Est dans la zone intertidale, entre le niveau des plus basses mers et un niveau où, à marée haute, les eaux atteignent plus d’un mètre de profondeur (Keddy, obs. pers., 1987), on pourrait penser que les fluctuations des marées ont une incidence sur la croissance de l’espèce. Affolter (1985) a comparé des sujets soumis à différents régimes de submersion et a observé une différence dans leur croissance, mais non dans leur survie.

L’habitat du liléopsis de l’Est est soumis à des variations spatiales et temporelles de salinité des eaux, mais on ne connaît pas l’incidence de ce paramètre sur l’espèce. Affolter (1985) a constaté que le liléopsis de l’Est pousse et fleurit abondamment sur un substrat mouillé uniquement avec de l’eau douce, ce qui signifie que l’espèce est inféodée aux rivages mais non aux eaux saumâtres. Certains ont pensé que le liléopsis de l’Est est confiné à la zone intertidale en raison d’une capacité de compétition médiocre en présence des espèces de plus grande taille qu’on trouve à l’intérieur des terres. Keddy (obs. pers. en Nouvelle-Écosse, 1987) a observé des populations abondantes et en fleur parmi des peuplements denses de Spartina alterniflora. Le Solidago sempervirens, le Glaux maritima et le Plantago maritima côtoient également le liléopsis de l’Est (Keddy, obs. pers., 1987).

Tendances

On trouve des vasières dans tout le sud de la Nouvelle-Écosse; outre les petites étendues qui ont été comblées avec de la brique et de la pierre pour la construction d’une route le long de l’estuaire de la Tusket, on ne peut pas dire qu’il y a eu perte de milieux propices au liléopsis de l’Est dans son aire canadienne. On pense que la destruction de son habitat au profit du développement a peut-être causé la disparition de l’espèce du Rhode Island et que cette menace plane sur la survie de l’espèce dans d’autres parties de son aire. Cependant, aucune tendance en ce sens n’a été décelée récemment.

Protection et propriété des terrains

En Nouvelle-Écosse, les populations de liléopsis de l’Est sont situées sur des terrains privés, sauf pour une emprise de route à Tusket, qui appartient au gouvernement de la province.