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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le liléopsis de l’Est (Lilaeopsis chinensis) au Canada – Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

Le liléopsis de l’Est semble posséder une assez grande capacité d’adaptation et tolère des perturbations naturelles considérables. L’espèce vit en association avec le Spartina alterniflora et d’autres espèces, mais sa résistance à la compétition interspécifique est peu connue. Il a été démontré en milieu contrôlé que le liléopsis de l’Est pousse bien en milieu arrosé d’eau douce, ce qui donne à penser que son absence des écosystèmes d’eau douce est peut-être attribuable à une capacité de compétition médiocre face aux espèces autres que celles avec lesquelles elle est associée, à une faible capacité intrinsèque de dispersion, à la présence de barrières physiques à la dispersion (Affolter, 1985) ou à des contraintes physiologiques ou reproductives.

La transformation des rivages par l’homme a détruit des parties de l’habitat du liléopsis de l’Est et probablement aussi des colonies de l’espèce (Keddy, 1987). Ainsi, la dépôt de briques dans une localité de l’estuaire de la Tusket a probablement tué des colonies de liléopsis de l’Est et certainement transformé son habitat (vasière transformée en rivage artificiellement rocheux) de manière interdisant toute recolonisation (Keddy, 1987). De même, la construction d’une route dans une autre partie de l’estuaire a probablement causé la destruction de petites étendues de l’habitat de l’espèce (Keddy, 1987).

Selon la U.S. Environmental Protection Agency, le niveau de la mer aurait monté de 15 à 20 cm au cours des 100 dernières années. Le long de la côte atlantique américaine jusqu’aux provinces maritimes canadiennes, le niveau de la mer augmenterait de 1 mm à 4 mm par année (US EPA, 2003). Les facteurs en cause sont multiples et comprennent la fonte des glaciers de montagne et des calottes polaires ainsi que le réchauffement des océans. Tous les facteurs en cause ne sont pas liés aux gaz à effet de serre, mais il semble que le réchauffement climatique de la planète soit l’une des principales causes de l’élévation du niveau de la mer qu’on observe partout dans le monde. On ne peut certes pas prédire les répercussions de ce changement sur les populations de liléopsis de l’Est, mais on peut penser que toute dégradation de la zone intertidale consécutive à l’élévation du niveau de la mer peut menacer la survie à long terme de l’espèce.

Les modifications anthropiques du débit ou de la salinité des eaux sont susceptibles d’avoir un effet néfaste sur le liléopsis de l’Est. L’espèce a toutefois survécu à de tels changements induits par la construction d’un barrage sur la Tusket (Keddy, 1987). Bien que le liléopsis de l’Est semble posséder une grande capacité d’adaptation, il faudra néanmoins planifier les futurs projets de développement des rivages qui risquent de détruire des milieux riverains ou de modifier le débit des eaux ou le mélange des eaux douces et salées, en tenant compte des répercussions possibles sur les populations de l’espèce. Pour l’heure, aucune menace ne pèse sur le liléopsis de l’Est au Canada.