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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la tortue luth au Canada

RÉPARTITION

De tous les reptiles, c’est la tortue luth qui a la plus grande aire de répartition. On la trouve en effet dans les eaux tropicales et tempérées des océans Atlantique, Pacifique et Indien, et on l'a même observée au nord jusqu’à 70°15’de latitude nord (Gulliksen, 1990), et au sud jusqu’à environ 27°de latitude sud (Boulon et al., 1988). Dans le Pacifique, les principales plages de nidification sont situées au Mexique, au Costa Rica et à Irian Jaya. Dans l’Atlantique, les plus importantes colonies de nidification se trouvent en Guyane française, au Suriname et au Gabon, en Afrique. L’espèce niche toutefois aussi, mais en plus faible densité, partout dans les Antilles et au Brésil (figure 2). Le site de nidification le plus au nord que l'on connaisse sur la côte atlantique des États-Unis est l’île Blackbeard, en Géorgie (Seyle, 1985). Sur le continent, toutefois, seule la Floride est connue pour abriter une population nicheuse de l’espèce (Calleson et al., 1998).

Figure 2. Répartition mondiale des plages de nidification de la tortue luth (Dermochelys coriacea)

      Figure 2. Répartition mondiale des plages de nidification de la tortue luth (Dermochelys coriacea)

Même si elle ne niche pas au Canada, la tortue luth y vient chaque année. Elle pénètre dans les eaux canadiennes entre juin et novembre, tant au large de l’Atlantique qu’au large du Pacifique (figure 3). Seulement un petit nombre de relevés ont été faits sur la côte Ouest (voir p. ex. Kermode, 1931; MacAskie et Forester, 1962; Carl, 1968). Les tortues rencontrées dans le nord de l’Atlantique étaient autrefois considérées comme hors de leurs limites (voir p. ex. Cook, 1981), mais d’après une recherche récente (James, 2000), il semble qu'elles pénètrent régulièrement dans les eaux tempérées du large, dans l’Est du Canada. On a observé des tortues luths au large des côtes de la Nouvelle-Écosse (voir p. ex. Bleakney, 1965; James, 2000), de Terre-Neuve-et-Labrador (voir p. ex. Goff et Lien, 1988; Threlfall, 1978). Des rapports provenant du Nouveau-Brunswick font état de tortues observées dans la baie de Fundy, le détroit de Northumberland et le golfe du Saint-Laurent. À l’Île-du-Prince-Édouard, un petit nombre de mentions résulte d'échouages côtiers, et les autres proviennent de pêcheurs. On a également signalé des tortues luths dans le golfe du Saint-Laurent dans les eaux du Québec (voir p. ex. D’Amours, 1983; Bossé, 1994). Certains artéfacts culturels de la terre de Baffin laissent croire que l’on rencontre aussi parfois cette tortue dans cette région du nord de l’Atlantique
(Shoop, 1980).

Figure 3. Répartition de la tortue luth dans les eaux canadiennes.

Figure 3. Répartition de la tortue luth dans les eaux canadiennes.

Carte aimablement communiquée par M. Elliott, Environnement Canada, 1999