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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la tortue luth au Canada

HABITAT

Les besoins et préférences de la tortue luth en matière d’habitat sont mal connus. On ne sait pratiquement rien de la répartition des nouveau-nés ou des juvéniles. Bien que l’on rencontre régulièrement des tortues luths adultes dans les eaux tempérées, ce n'est que dans les eaux tropicales que l’on observe de petits juvéniles (voir p. ex. Grant, 1994; Sampaio, 1999). Les juvéniles pourraient occuper, de façon caractéristique, un habitat différent de celui des adultes. La tolérance à
l'eau froide observée chez la tortue à maturité résulte en effet en partie de son rapport volume-surface important (Frair et al., 1972; Paladino et al., 1990). Comme cette tolérance est conférée à l'espèce par sa masse corporelle plus grande, il se pourrait que la répartition des tortues de petite taille (c.‑à‑d. les juvéniles) soit limitée aux
eaux tièdes.

La tortue luth adulte est hautement migratrice, et on la considère comme la plus pélagique de toutes les tortues marines. On l'observe toutefois régulièrement le long du plateau continental dans le Nord-Est des États-Unis (Shoop et Kenney, 1992) et au Canada (James, 2000). La tortue luth habite normalement les régions où la productivité des cœlentérés est élevée, le long des fronts océaniques et des gradients verticaux situés aux fronts océaniques (Lutcavage, 1996). Il se pourrait donc que l’habitat de l’espèce soit en grande partie déterminé par la disponibilité des proies, les tortues se déplaçant depuis les eaux du large jusque dans les zones littorales pour exploiter la prolifération saisonnière de méduses.