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L’ours blanc (Ursus maritimus)

Les auteurs

Ian Stirling est chercheur scientifique principal auprès du Service canadien de la faune. Depuis 1971, il étudie l’écologie des ours blancs et les relations entre les ours blancs et les phoques dont ils se nourrissent, la dynamique de la glace de mer et l’écosystème maritime de l’Arctique.

Mitchell K. Taylor a été le biologiste des ours blancs pour le Gouvernement des Territoires du Nord‑Ouest et il l’est actuellement, depuis 1986, pour le Gouvernement du Nunavut.

ADDENDA  2002 au rapport de situation sur l’ours blanc

Les renseignements sur la situation des populations d’ours blancs présentes au Canada et partagées avec le Canada sont mis à jour chaque année au cours de la réunion canadienne fédérale/provinciale du Comité technique de l’ours blanc (CTOB). Le Groupe de spécialistes de l’ours blanc (GSOB) de la Commission de sauvegarde des espèces (CSE) de l’UICN se réunit tous les quatre ou cinq ans et produit également un rapport de situation. En outre, les recherches sont publiées au fur et à mesure de leur achèvement, si bien que même le rapport annuel de situation du CTOB peut être désuet. Le cycle d’examen du COSEPAC est assez long par rapport au rythme auquel peut changer l’information sur la situation des populations d’ours blancs.

La méthode de détermination du statut des populations d’ours blancs fait actuellement l’objet de discussions. Le rapport actuel de situation du CTOB contient des déterminations du statut qui sont produites par deux méthodes différentes et non uniformes. L’ancienne méthode (qui est utilisée dans l’actuel rapport de situation du COSEPAC) est une approche déterministe reposant sur l’indication que les populations d’ours blancs peuvent soutenir des prises annuelles de 1,5 p. 100 de leur effectif total et des prises annuelles de mâles d’environ 3 p. 100 de leur effectif total. Elle n’englobe pas l’incertitude concernant soit l’estimation de la population, soit le taux soutenable estimé des prises. La nouvelle méthode utilise un modèle de simulation Monte Carlo pour incorporer l’incertitude des estimations des populations et de l’indice vital dans une analyse de risque pour n’importe quel niveau de prises. Le nouveau modèle laisse entendre que les anciennes pratiques de gestion, pour certaines populations d’ours blancs, ont comporté un élément de risque supérieur au niveau compris auparavant.

Toutefois, les renseignements nécessaires pour effectuer une analyse des risques reposant entièrement sur des données ne sont pas disponibles pour plusieurs des 14 populations d’ours blancs du Canada qui se trouvent à l’intérieur du territoire canadien ou qui sont partagées avec l’Alaska ou le Groenland. Pour certaines populations, les données existantes sont suspectes à cause de problèmes d’échantillonnage et parce que les données ont été recueillies il y a au moins 15 ans. Les données tirées d’études achevées récemment révèlent que les taux de natalité et de mortalité peuvent varier considérablement entre les populations, et des travaux récents effectués sur les incidences du changement climatique laissent supposer que les indices vitaux pourraient déjà avoir été touchés (Stirling et al., 1999). Les indices vitaux peuvent également varier considérablement à l’intérieur de la même population à des moments différents (p. ex. Stirling, 2002). Les scientifiques qui font des recherches sur les ours blancs au Canada s’efforcent de rapprocher les nouveaux renseignements et les nouvelles méthodologies d’analyse avec les approches passées et les carences en données dans certaines populations en vue de produire un rapport de situation appliquant une seule méthodologie à toutes les populations. Même s’il est possible de mettre à jour les estimations démographiques des populations du détroit du Vicomte de Melville (VM), de la baie Norwegian (NW), du bassin Kane (KB), du détroit de Lancaster (LS), de la baie de Baffin (BB), du détroit de M’Clintock (MC), du golfe de Boothia (GB) et du Sud de la mer de Beaufort (SB), les études semblables qui fournissent les nouvelles estimations démographiques n’appuient pas toutes la mise en application d’un pourcentage global de 1,5 p. 100 chez les femelles et de 3 p. 100 chez les mâles, comme estimations des prises soutenables. Il serait erroné de changer simplement la valeur des estimations démographiques dans le tableau existant.

Les limites des populations d’ours blancs du Canada (figure 1) ont été révisées récemment sur la base de nouvelles analyses des déplacements de plusieurs populations (Taylor et al., 2001). Ces études se poursuivent et on prévoit que les populations restantes seront redéfinies périodiquement au cours des prochaines années, à mesure que les nouveaux résultats seront analysés.

Même si les nouvelles données ne se prêtent pas à une mise à jour rapide et facile du rapport de situation, elles ne sont pas non plus un motif de s’alarmer. Les nouvelles données justifient que quatre populations ont été surexploitées (VM, MC, FB et KB). Des changements de gestion pour permettre un rétablissement ont déjà été amorcés pour les populations FB, VM et MC et des pourparlers sont en cours avec le Groenland à propos d’une cogestion de la population partagée de KB. Les nouveaux renseignements provenant des autres populations (NW, LS, GB, BB et SB) ne laissent pas supposer qu’elles sont en danger immédiat de déclin dû à une surexploitation, au changement climatique ou à la pollution.

Des études des déplacements des ours blancs (Amstrup et al., 2000, Taylor et al., 2001) ont démontré que, même s’il y a quelques mélanges entre les populations, la plupart des ours retournent à leur population d’attache durant la même année, et une analyse cumulative des profils de déplacement des individus peut être utilisée pour définir les limites des populations à des fins de gestion. En outre, des études de la génétique des populations révèlent que la majorité des populations au Canada présentent une différence génétique mesurable qui appuie également le concept de populations géographiques distinctes (Paetkau, 1999). Il n’existe aucune preuve pour étayer la reconnaissance de sous‑espèces d’ours polaires où que ce soit dans l’Arctique. Par conséquent, il semble que même si le statut des ours blancs en tant qu’espèce au Canada pour le COSEPAC peut être accordé comme une valeur unique, il devrait englober la somme des meilleures estimations disponibles pour chaque population, en reconnaissant que la qualité de ces estimations est variable.

Une révision partielle des estimations et des données démographiques ne servirait pas à clarifier le statut des ours blancs parce qu’on ne s’est pas entendu sur une méthodologie uniforme d’évaluation du statut pour les populations canadiennes. La question est à l’ordre du jour de la réunion du CTOB qui se tiendra en février 2003 pour l’aborder. Le rapport de situation du COSEPAC sur l’ours blanc pourrait être révisé au cours des deux à quatre prochaines années. Même si certaines questions et certaines données continuent de changer chaque année, le tableau global a peu de chances de changer rapidement. La désignation actuelle de population « Préoccupante » demeurera exacte et adéquate durant toute cette période.