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L’ours blanc (Ursus maritimus)

Taille et tendances des populations

On estime que la population mondiale atteint entre 22 000 et 27 000 individus, dont au moins 15 000 se trouvent au Canada (Groupe de spécialistes de l’ours blanc de l’UICN, 1998; tableau 1). Les ours blancs ne sont pas répartis régulièrement dans tout l’Arctique, pas plus qu’ils ne comprennent une seule population cosmopolite nomade, mais on les retrouve plutôt dans quelque 19 sous‑populations relativement distinctes, dont 14, parmi les sous‑populations actuellement reconnues, se trouvent à la fois uniquement au Canada ou partagées avec l’Alaska (États‑Unis) ou le Groenland (figure 1). Étant donné que plusieurs sous‑populations sont partagées à l’échelle internationale, que les chiffres des différentes sous‑populations d’ours blancs au sein du Canada fluctuent et que chacune est gérée indépendamment, nous ne pouvons pas penser valablement à une « population canadienne ». Par conséquent, le tableau 1 résume nos estimations actuelles des effectifs d’ours blancs dans chaque sous‑population, présente les données sur les prises et fournit une détermination du statut avec réserve. Le statut attribué suit les résumés de nos connaissances actuelles de la situation des populations d’ours blancs dans tout le Canada, telles que mentionnées dans le résumé de 1997 de la situation mondiale des ours blancs, achevé par le Groupe de spécialistes de l’ours blanc de la CSE/UICN (Groupe de spécialistes de l’ours blanc de l’UICN, 1998).

 

Ouest de la baie d’Hudson (WH)

La répartition, l’abondance et les limites de cette population ont fait l’objet de programmes de recherche depuis la fin des années 1960 (Stirling et al., 1977; Derocher et Stirling, 1995a; Lunn et al., 1997; Taylor et Lee, 1995) (figure 1). Plus de 80 p. 100 de la population adulte est marquée, et il existe de vastes relevés découlant des études de marquage‑recapture et du retour des étiquettes des ours tués par des chasseurs inuits. Cette population semble géographiquement distincte pendant la saison des eaux libres, même si elle se mélange avec les ours blancs du Sud de la baie d’Hudson et du bassin Foxe sur la glace de mer de la baie d’Hudson durant l’hiver et le printemps (Stirling et al., 1977; Derocher et Stirling, 1990; Stirling et Derocher, 1993; Taylor et Lee, 1995). La taille de cette population a été estimée à 1 200 individus à l’automne 1995 (Lunn et al., 1997) et on croit que la capture actuelle est viable. Le ratio par sexe de la capture, deux mâles pour une femelle, a modifié la composition de la population qui atteint 58 p. 100 de femelles et 42 p. 100 de mâles (Derocher et al., 1997).

 

Sud de la baie d’Hudson (SH) 

Les limites de cette population reposent sur les déplacements observés des ours étiquetés et sur des études télémétriques (Jonkel et al., 1976; Kolenosky et al., 1992; Kolenosky et Prevett, 1983; Stirling et Derocher, 1993; Taylor et Lee, 1995) (figure 1). L’estimation de la taille de la population provient d’une étude triennale de marquage‑recapture (de 1984 à 1986), effectuée principalement le long de la côte de l’Ontario (Kolenosky et al., 1992). Cette étude a également documenté la fidélité saisonnière des ours à l’égard de la côte ontarienne pendant la saison libre de glace et un certain mélange avec les populations de l’Ouest de la baie d’Hudson et du bassin Foxe en hiver et au printemps lorsque la baie est gelée. L’estimation calculée de 763 individus a été augmentée à 1 000 par le CTOB (Comité technique de l’ours blanc) parce qu’une partie des zones côtières est et ouest n’était pas incluse dans le secteur échantillonné. En outre, le secteur situé à l’intérieur de la côte a peut‑être été sous‑échantillonné en raison de la difficulté de localiser les ours blancs dans la forêt boréale. Par conséquent, certaines catégories d’ours, en particulier les femelles gravides et les femelles avec des oursons, ont pu être sous‑représentées dans l’échantillon. L’estimation de 1 000 individus est jugée conservatrice et la capture totale par les Territoires du Nord-Ouest, l’Ontario et le Québec semble viable. Des pourparlers sont en cours entre ces trois secteurs de compétence au sujet de la cogestion et de la recherche concertée.

 

Tableau 1.   Situation des populations canadiennes d’ours blancs (janvier 1997)
Popu-
lation
%
prises
de
feme-
lles
Nom-
bre
Prises
annue-
lles
viables
Prises
annue-
lles
moye-
nnes
Inquié-
tudes
enviro-
nne-
mentales
Situa-
tion1
Qualité
de
l’esti-
mation
Degré
de
distor-
sion
Époque
de
l’esti-
mation
Données
Prises /
Captures
Ouest de
 la baie
d’Hudson
3112005444AucuneSaBonneAucuneActuelleBonnes
(>15 ans)
Sud de la
baie
Hudson
3510004345AucuneSaAcceptableModéréeAncienneAcceptables
(5-10 ans)
Bassin
Foxe
38230091118AucuneSaBonneAucuneActuelleBonnes
 (>15 ans)
Détroit de
Lancaster
2517007781AucuneSaAcceptableAucuneActuelleBonnes
(>15 ans)
Baie de
Baffin
35220094122AucuneD?bAcceptableAucuneActuelleAcceptables
(>15 ans)
Baie
Norwegian
3010044AucuneSaAcceptableAucuneActuelleBonnes
 (>15 ans)
Bassin
Kane
3720086AucuneSAcceptableAucuneActuelleAcceptables
(>15 ans)
Reine-
Élisabeth
--(200?)9?0PossiblesS?bAucune------
Détroit
de Davis
3614005857AucuneS?bAcceptableModéréeDésuèteBonnes
(>15 ans)
Golfe de
Boothia
429003237AucuneSaMauvaiseModéréeDésuèteBonnes
 (>15 ans)
Détroit  de
M’Clintock
337003225AucuneSaMauvaiseModéréeDésuèteBonnes
(>15 ans)
Détroit du
Vicomte
de Melville
023040AucuneABonneAucuneActuelleBonnes
(>15 ans)
Nord de la
mer de
Beaufort
4312004229AucuneSBonneAucuneRécenteBonnes
(>15 ans)
Sud de la
mer de
Beaufort
3618007556AucuneSBonneModéréeRécenteBonnes
 (>15 ans)

1S = stable; D = diminution; A = augmentation; ? = tendance incertaine

a   La population est gérée avec un système de contingents souples en vertu duquel une surexploitation au cours d’une année donnée entraîne une réduction pleinement compensatoire du contingent de l’année suivante.

b   Voir texte, Taille et tendances des populations, à des fins de discussion.

 

Bassin Foxe (FB) 

D’après 12 années d’études de marquage‑recapture, un nombre limité de repérage d’ourses munies de colliers émetteurs traditionnels et de repérage par satellite d’ourses dans l’Ouest de la baie d’Hudson, la population du bassin Foxe semble se manifester dans le bassin Foxe, dans le Nord de la baie d’Hudson et à l’extrémité occidentale du détroit d’Hudson (Taylor et Lee, 1995) (figure 1). Pendant la saison libre de glace, les ours blancs étaient concentrés sur l’île de Southampton et le long de la côte de la baie Wager. Toutefois, des nombres importants d’ours ont également été rencontrés sur les îles et dans les régions côtières dans tout le secteur du bassin Foxe. Une estimation de la population par marquage‑recapture de 2 300 individus repose sur un marquage biologique à la tétracycline achevé en 1996 (M.K. Taylor, données inédites). L’effort de marquage a été réalisé pendant la saison libre de glace et réparti dans tout le secteur. On estime que les contingents antérieurs de prises ont réduit la population d’environ 3 200 individus au début des années 1970 à environ 2 300 individus (15 p. 100 de CV) en 1996. Le contingent de prises dans les Territoires du Nord-Ouest, pour ce secteur, a maintenant été révisé à des niveaux qui permettront un lent rétablissement de cette situation, pourvu que les prises n’augmentent pas au Québec. Des pourparlers de cogestion sont en cours avec le Québec.

 

Détroit de Lancaster (LS) 

La zone centrale et occidentale du secteur occupé par la population d’ours blancs du détroit de Lancaster (figure 1) est caractérisée par une forte productivité biologique et par des densités élevées de phoques annelés et d’ours blancs (Schweinsburg et al., 1982; Stirling et al., 1984; Kingsley et al., 1985; Welch et al., 1992). Le tiers occidental de cette région (à l’est du détroit du Vicomte de Melville) est dominé par une glace pluriannuelle dense et une productivité biologique apparemment lente, comme le montrent les faibles densités de phoques annelés (Kingsley et al., 1985). Au printemps et en été, les densités d’ours blancs dans le tiers occidental de la zone occupée par la population du détroit de Lancaster sont faibles mais, à mesure que progresse la débâcle à partir de l’est, les ours blancs se déplacent vers l’ouest pour estiver sur la glace pluriannuelle. Des renseignements récents concernant les déplacements d’ourses adultes surveillées par des colliers émetteurs reliés par satellite et les données de marquage‑recapture des dernières années ont démontré que cette population est distincte des populations adjacentes de la baie de Baffin et de la baie Norwegian (Stirling et al., 1984; M.K. Taylor, données inédites). Une nouvelle estimation des effectifs et du statut de la population seront disponibles à l’automne 1997, lorsque les résultats de la saison finale sur le terrain (printemps 1997) auront été compilés et déclarés. L’estimation actuelle de 1 700 individus repose sur une analyse préliminaire des données à la fois historiques et actuelles de marquage‑recapture. L’estimation préliminaire se compare favorablement à une estimation antérieure de 1 675 individus qui englobait la baie Norwegian (Stirling et al., 1984) et était jugée conservatrice. Les contingents de prises pour 1996 et 1997 ont été réduits à des niveaux viables en fonction de l’estimation préliminaire de la population.

 

Baie de Baffin (BB) 

En se fondant sur les déplacements d’ourses adultes munies de colliers émetteurs reliés par satellite et sur les recaptures d’animaux étiquetés, la population de la baie de Baffin est délimitée par la polynie des eaux du Nord au nord, le Groenland à l’est et l’île de Baffin à l’ouest (Taylor et Lee, 1995; M.K. Taylor, données inédites) (figure 1). Une limite méridionale distincte au cap Dyer, sur l’île de Baffin, ressort de toute évidence des déplacements des ours étiquetés (Stirling et al., 1980) et des données récentes sur les déplacements provenant des ours blancs surveillés par télémétrie via satellite (M.K. Taylor, données inédites). Lors de l’étude initiale (de 1984 à 1989) effectuée au Canada (R.E. Schweinsburg et L.J. Lee, données inédites), les échantillons de marquage et de recapture ont été recueillis en avril et en mai, lorsque la plupart des ours sont au large de la baie de Baffin. La première estimation estivale (de 300 à 600 individus) a été fondée sur les données de marquage‑recapture recueillies lorsque l’effort de prise a été limité à la glace de rive et à la zone de dislocation au large du Nord‑Est de l’île de Baffin. Les estimations préliminaires de l’échantillonnage de marquage‑recapture effectué pendant la saison automnale d’eaux libres (de 1993 à 1995) suggèrent une population de 2 200 individus (M.K. Taylor, données inédites). D’après les deux analyses, il ressort clairement que l’on est en présence d’un échantillonnage faussé lorsqu’une partie des ours se trouvent sur la banquise au large et ne sont pas disponibles pour les équipes de capture. La seconde étude (1993‑en cours) a été effectuée en septembre et octobre, lorsque tous les ours blancs de cette population sont disponibles pour un échantillonnage dans leur secteur de retraite sur les îles Bylot et de Baffin pendant la période d’eaux libres. Les résultats de la deuxième année d’échantillonnage par marquage‑recapture en 1995 ont été compromis par une sortie automnale inattendue de glace pluriannuelle du détroit de Lancaster, du détroit Jones, et du bassin polaire, ce qui fait qu’un nombre inconnu d’ours blancs de l’île de Baffin sont demeurés sur la banquise au large, où ils n’étaient pas disponibles pour l’échantillonnage. Par conséquent, l’estimation préliminaire de 2 200 individus, reposant sur les données de 1993 à 1995, est jugée conservatrice (M.K. Taylor, données inédites). Le travail de terrain pour l’évaluation de la population de la baie de Baffin par marquage‑recapture a été achevé à l’automne de 1997. Cette population est partagée avec le Groenland, qui ne limite pas le nombre d’ours blancs capturés. D’après l’estimation préliminaire de la population et les renseignements plus récents sur les captures, il semble que la population est peut‑être surexploitée. Il faudrait de meilleures données sur les effectifs et sur les prises au Groenland pour clarifier la situation de cette population. Des pourparlers de cogestion entre le Groenland et le Canada ont été amorcés en février 1997.

 

Baie Norwegian (NW)

La population de la baie Norwegian est délimitée par une glace pluriannuelle dense à l’ouest, des îles au nord, à l’est et à l’ouest, et des polynies (Stirling, 1980; 1997) au sud (figure 1). D’après les données recueillies pendant des études de marquage‑recapture, et d’après le repérage par satellite de femelles adultes, il semble que la majorité des ours blancs de cette population sont concentrés le long des crevasses et des crêtes de marée côtières, le long des limites nord, est et sud, et associés à une population de phoques barbus située dans la région du détroit de Belcher juste au sud de l’île Cornwall (M.K. Taylor, données inédites). La prépondérance d’une glace pluriannuelle dense dans la majorité des secteurs du centre et de l’ouest entraîne de faibles densités de phoques annelés (Kingsley et al.1985) et par conséquent de faibles densités d’ours polaires. D’après des données préliminaires tirées de recherches en cours, l’estimation actuelle de cette population est de 100 individus (M.K. Taylor, données inédites). Le contingent de prises pour cette population a été réduit à quatre (trois mâles et une femelle) en 1996 et semble soutenable.

 

Bassin Kane (KB)

D’après les déplacements de femelles adultes munies de colliers émetteurs reliés par satellite et les recaptures d’animaux étiquetés, les limites de la population du bassin Kane sont la polynie des eaux du Nord, au sud, et le Groenland et l’île Ellesmere à l’ouest, au nord et à l’est (M.K. Taylor, données inédites) (figure 1). Avant 1997, cette population était essentiellement inexploitée en territoire canadien parce qu’elle se trouve loin de la localité canadienne la plus proche (Grise Fiord) et que les conditions pour s’y rendre sont généralement difficiles. Cependant, cette population a été exploitée par des chasseurs de Grise Fiord en 1997 et continue de l’être sur le côté groenlandais du bassin Kane. Au cours des certaines années, les chasseurs du Groenland ont capturé des ours blancs également dans l’ouest du bassin Kane et du détroit de Smith. Les chercheurs ont rencontré très peu d’ours blancs le long de la côte du Groenland de 1995 à 1997, peut‑être à cause de la chasse intense qui s’y déroulait. D’après des données préliminaires tirées de recherches en cours (voir le résumé portant sur le détroit de Lancaster), l’estimation de la population à 200 individus supporterait des prises cumulatives totales de huit individus par an, à raison de deux mâles pour une femelle (M.K. Taylor, données inédites). La meilleure estimation actuelle des captures au Groenland est de six individus par an, ce qui est soutenable. Le contingent canadien pour cette population est de 5 individus et, si les Inuits du Canada et du Groenland devaient chasser dans cette région, comme ils l’ont fait en 1997, on assisterait à une surexploitation et à un épuisement de la population. Bien que l’habitat semble convenir aux ours blancs sur les rives groenlandaise et canadienne du bassin Kane, leur densité sur la rive groenlandaise (chassée) était nettement inférieure à celle de la rive canadienne (non chassée); cela suggère que cette population a peut‑être été plus nombreuse au cours des années passées et pourrait faire l’objet d’une stratégie de gestion pour assurer sa croissance. Des pourparlers de cogestion entre le Groenland et le Canada ont été amorcés en février 1997 et se poursuivent.

 

Reine-Élisabeth (QE) 

La population de l’archipel de la Reine-Élisabeth ou du « bassin polaire » est une population géographique fourre‑tout qui tient compte du reste du Nord‑Est de l’archipel canadien (figure 1). Les ours blancs y sont présents à faibles densités mais des dénombrements systématiques n’y ont pas été effectués. Le secteur est caractérisé par une glace pluriannuelle dense, à l’exception d’un réseau récurrent de chenaux dans les glaces qui s’écoule parallèlement à la côte nord des îles de la Reine-Élisabeth, à partir du nord‑est de la mer de Beaufort jusqu’au nord du Groenland. Quelque 200 ours blancs résident peut‑être dans cette région et on sait que d’autres se déplacent dans le secteur ou l’occupent durant une partie de l’année. Cette population n’est pas chassée, à l’exception d’une mort occasionnelle par abattage de défense. Étant donné les effectifs peu nombreux et le faible taux de reproduction probable, même un petit nombre de prises accidentelles pourrait provoquer l’épuisement de la population si les visites deviennent plus courantes dans cette région éloignée.

 

Détroit de Davis (DS)

D’après les déplacements effectués par les animaux étiquetés et, plus récemment, par les femelles adultes munies de colliers émetteurs reliés par satellite, on a déterminé que cette population est présente dans la mer du Labrador, dans l’Est du détroit d’Hudson, dans le détroit de Davis au sud du cap Dyer et dans une partie encore indéterminée du Sud‑Ouest du Groenland (Stirling et Kiliaan, 1980; Stirling et al., 1980 et données inédites; Taylor et Lee, 1995; M.K. Taylor données inédites) (figure 1). L’estimation initiale de la population de 900 individus (Stirling et al., 1980) a été fondée sur une correction subjective du calcul initial de 726 individus effectué par marquage et recapture, que l’on pensait trop faible en raison de biais possibles dans l’échantillonnage. En 1993, cette estimation a été portée à, 1 400 individus par le CTOB pour tenir compte du fait que le biais au niveau de l’échantillonnage, provoqué par l’incapacité des chercheurs d’examiner ce vaste secteur de banquise du large, était supérieur aux prévisions antérieures, afin de tenir compte de renseignements scientifiques supplémentaires (I. Stirling et M.K. Taylor, données inédites) et pour inclure des connaissances traditionnelles qui laissent entendre que la population a augmenté au cours des 20 dernières années. La principale justification pour cet ajustement est l’observation que les prises annuelles ont été soutenues durant les 20 dernières années, alors que des observations non quantitatives continuent toutes à suggérer que la population a augmenté, et qu’il n’existe pas de données pour laisser supposer que la population a subi des répercussions négatives par suite des prises en cours. L’estimation de la population de, 1 400 individus a été choisie parce que c’est le nombre minimum d’animaux nécessaire pour soutenir les prises observées. La clarification de la situation de cette population exigera un dénombrement effectué pendant la saison d’eaux libres ainsi que des renseignements plus fiables sur les prises en provenance du Groenland. Au Canada, cette population est chassée par les Inuits des Territoires du Nord-Ouest, du Québec et du Labrador. Des pourparlers de cogestion entre le Groenland et le Canada ont été amorcés en février 1997.

 

Golfe de Boothia (GB)

Les limitess de la population reposent à la fois sur les déplacements d’ours marqués, sur les déplacements de femelles adultes munies de colliers émetteurs reliés par satellite dans les régions voisines et sur des interprétations faites par des chasseurs inuits locaux à propos de l’influence des conditions locales sur les déplacements des ours blancs dans la région (Stirling et al., 1978; Taylor et Lee, 1995; M.K. Taylor, données inédites) (figure 1). Une estimation initiale de la population de 333 individus découlait des données recueillies à l’intérieur des limites proposées pour la population du golfe de Boothia, dans le cadre d’une étude effectuée sur un secteur plus vaste du Centre de l’Arctique (Furnell et Schweinsburg, 1984). Même si les données démographiques sont limitées dans cette région, les chasseurs locaux rapportent que les effectifs sont demeurés constants ou en hausse. Le CTOB a accepté une augmentation de l’estimation démographique de 333 à 900 individus, sur une base intérimaire en attendant l’achèvement des études de repérage par satellite et de marquage‑recapture, en reconnaissant que les parties centre et est du secteur n’avaient pas été échantillonnées au cours de l’étude antérieure et en se fondant sur les croyances des chasseurs inuits locaux à propos de la forte abondance d’ours blancs dans la région. La situation de la population a été mentionnée comme étant stable (Tableau 1), mais cette désignation devrait être considérée comme incertaine et provisoire. Une étude télémétrique par satellite des déplacements et un dénombrement de la population par marquage‑recapture sont prévus durant la période de 1998 à 2001.

 

Détroit de M'Clintock (MC)

Les limites actuelles de la population sont fondées sur la récupération d’ours marqués et sur les déplacements de femelles adultes munies de colliers émetteurs reliés par satellite dans les régions voisines (Taylor et Lee, 1995) (figure 1). Ces limites semblent être une conséquence de la présence de grosses îles à l’est et à l’ouest, du continent au sud et de la glace pluriannuelle dense dans le détroit du Vicomte de Melville au nord. Une étude de la population par marquage‑recapture, d’une durée de six ans, a couvert la majeure partie de cette région au milieu des années 1970 (Furnell et Schweinsburg, 1984). Par la suite, une estimation de 900 individus a été tirée des données recueillies à l’intérieur des limites proposées pour la population du détroit de M’Clintock, dans le cadre d’une étude effectuée sur une zone plus vaste du Centre de l’Arctique (Furnell et Schweinsburg, 1984). Plus récemment, des chasseurs locaux ont laissé entendre que 900 individus pourraient être un chiffre trop élevé, si bien que le CTOB a accepté une recommandation de réduire l’estimation à 700 individus. En vertu d’un contrat de gestion local, signé entre les collectivités inuites qui partagent cette population, le contingent de prises pour cette région a été révisé à des niveaux qui permettront à la population de croître lentement si l’estimation de 700 individus est conservatrice. Une étude télémétrique par satellite des déplacements et un dénombrement de la population marquée et recapturée sont prévus durant la période de 1998 à 2001. 

 

Détroit du Vicomte de Melville (VM) 

Une étude quinquennale des déplacements et de la taille de la population, à l’aide de la télémétrie et du marquage‑recapture, a été achevée en 1992 (Messier et al., 1992, 1994; M.K. Taylor, données inédites). Les limites de la population étaient fondées sur les déplacements observés de femelles munies de colliers émetteurs reliés par satellite et sur les déplacements d’ours marqués entrant et sortant de la zone étudiée. L’estimation de la population de 230 individus est précise avec un CV de 14 p. 100 (M.K. Taylor, données inédites). Étant donné que cette population occupe une aire géographique si vaste, on pensait qu’elle était plus abondante et productive à l’époque où les contingents initiaux ont été attribués au milieu des années 1970. Toutefois, ce secteur est caractérisé par une glace pluriannuelle dense et de faibles densités de phoques annelés (Kingsley et al., 1985), et la productivité et la densité des ours blancs étaient inférieures aux attentes initiales. Par conséquent, les contingents ont été réduits et il a été convenu d’appliquer un moratoire quinquennal sur la chasse. En 2000, les prises reprendront avec un contingent annuel de quatre mâles.

 

Nord de la mer de Beaufort (NB)

Des études des déplacements et des estimations de la population d’ours blancs dans l’est de la mer de Beaufort ont été effectuées périodiquement à l’aide de la télémétrie et du marquage‑recapture depuis le début des années 1970 (Stirling et al., 1975, 1988; DeMaster et al., 1980; Lunn et al., 1995). Par conséquent, nous avons réalisé qu’il y avait des populations distinctes dans le nord et le sud des secteurs de la mer de Beaufort, et pas une seule population comme on le soupçonnait au départ (Stirling et al., 1988; Taylor et Lee, 1995; Amstrup, 1995; Bethke et al., 1996) (figure 1). La densité des ours blancs, calculée en utilisant la glace pluriannuelle du secteur le plus septentrional, était inférieure par rapport à la région située plus au sud. On pense que l’estimation de la population de 1 200 individus (Stirling et al., 1988) est impartiale et les prises actuelles semblent se situer dans des limites soutenables. 

 

Sud de la mer de Beaufort (SB)

La population du sud de la mer de Beaufort est partagée entre le Canada et l’Alaska (Amstrup et al., 1986; Stirling et al., 1988; Taylor et Lee, 1995) (figure 1). Des études visant à estimer la taille de la population par marquage‑recapture et par des analyses des déplacements à l’aide de données tirées des animaux étiquetés et de ceux qui sont munis de colliers émetteurs (traditionnels et reliés par satellite) ont été effectuées de façon semi-continue depuis la fin des années 1960 en Alaska et depuis le début des années 1970 au Canada. Les limites est et nord de cette population ont été déterminées à partir des déplacements d’ours étiquetés et de relevés télémétriques (Stirling et al., 1988; Amstrup, 1995). La limite ouest, partagée avec la population de la péninsule de Chukchi, est moins nette en ce moment (Garner et al., 1994). On croit que l’estimation de la population de 1 800 individus est fiable, mais ce chiffre est imprécis en raison de l’échantillonnage inégal en Alaska et au Canada au cours de différentes années, ce qui donne lieu à une capture non aléatoire. Un accord de gestion a été élaboré pour cette région par les Inupiats (Alaska) et les Inuvialuits (Canada) qui capturent cette population (Nageak et al., 1994). Les prises actuelles semblent se situer dans des limites soutenables et les chasseurs locaux estiment que la population augmente lentement.