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L’ours blanc (Ursus maritimus)

Habitat

La répartition des ours blancs est influencée principalement par le type et la répartition de la glace de mer et par la densité et la répartition des phoques. Depuis le gel à l’automne jusqu’à la débâcle au printemps, les ours blancs qui vivent dans l’archipel arctique canadien et dans d’autres secteurs situés au‑dessus du plateau continental sont dispersés sur la glace annuelle le long de la côte, dans les chenaux interinsulaires et en particulier dans les eaux de glace active associées à des chenaux côtiers et à un mélange de glace annuelle et pluriannuelle (Stirling et al., 1993). Dans les secteurs en pleine mer, comme la mer de Beaufort ou la baie de Baffin, les ours blancs sont largement dispersés dans les secteurs de glace annuelle et de mélange de glace annuelle et pluriannuelle (Garner et al., 1994; Bethke et al., 1996; M.K. Taylor, données inédites). En général, les ours blancs sont moins abondants dans les vastes zones de glace pluriannuelle et dans le voisinage immédiat de grandes polynies avec des populations hivernantes de morses, probablement parce que la densité des phoques y est inférieure (Stirling et al., 1982; Kingsley et al., 1985).

Les ours blancs chassent à l’année longue. Leurs techniques de chasse et leurs taux de succès varient d’une saison à l’autre et selon les régions (Stirling, 1974; Stirling et Latour, 1978; Furnell et Oolooyuk, 1980). Des études nutritionnelles révèlent que la majorité de la ration calorique annuelle d’un ours blanc est ingérée au printemps et au début de l’été, après la naissance et le sevrage des jeunes phoques annelés. Les habitats les plus utilisés par les ours blancs durant leurs chasses printanières aux phoques sont les glaces de rive stables avec des congères profondes le long des crêtes de pression, qui conviennent pour les tanières de mise bas et les trous d’air des phoques annelés, la limite de dislocation des glaces où les chenaux sont larges (> 1 km) et les régions de glaces mouvantes où la couverture de glace est de sept‑huitièmes ou davantage (Stirling et al., 1993). Après la dislocation de la glace annuelle à la fin du printemps ou au début de l’été, la réussite de chasse est réduite et les ours blancs cherchent des refuges côtiers à la fin de l’été et en automne lorsque les eaux sont libres.

On peut trouver des ours près de la côte ou à plus de 200 km au large, selon la répartition de la glace appropriée pour la chasse aux phoques. La préférence des ours pour ces habitats est influencée par la répartition et l’accessibilité de leur principale espèce de proies, les phoques annelés, et à un degré moindre les phoques barbus (Stirling et Archibald, 1977; Smith, 1980). Les phoques annelés maintiennent leurs trous d’air depuis la prise de la glace à l’automne jusqu’à la débâcle au printemps en grattant ou en frottant continuellement la glace avec les grosses griffes de leurs nageoires antérieures. Ces trous d’air sont situés sur les dernières fissures qui gèleront à l’automne (Smith et Stirling, 1975). Dans les régions où le vent, les courants marins ou les marées provoquent continuellement le fissurage de la glace qui regèle par la suite, les phoques sont apparemment plus accessibles aux ours blancs, dont le taux de succès de chasse est meilleur. Les phoques barbus se concentrent sur les lieux de formation de fissures naturelles et de polynies durant l’hiver, parce qu’il est plus facile d’y maintenir des trous d’air. Dans les petites polynies occupées par des morses, les phoques barbus sont principalement présents dans les zones adjacentes à de la glace plus mince mais, si les morses sont absents ou en petit nombre, les phoques barbus peuvent se trouver sur les pourtours des polynies elles‑mêmes (Cleator et Stirling, 1990). En hiver, les ours sont moins abondants dans les baies ou les fiords profonds couverts d’étendues de glace annuelle plane qui sont consolidées durant l’hiver. Là où la couche de neige est épaisse dans les fiords, de grands nombres de phoques annelés donnent naissance à leurs petits dans des tanières subnivales au printemps (McLaren, 1958). Les ours blancs en général, mais surtout les femelles ayant des oursons nouveau‑nés, se déplacent vers de tels endroits en avril et en mai pour chasser les blanchons (Stirling et al., 1993).

Il semblerait que la plupart des aires de mise base se trouvent sur la terre ferme. Le type de construction de ces tanières varie avec les caractéristiques de l’habitat disponible. La plupart sont construites dans des congères (Harington, 1968), tandis que dans l’Ouest de la baie d’Hudson et de la baie James les ours peuvent creuser des tanières dans de petits bancs de neige le long des rives des lacs ou des cours d’eau (Doutt, 1967; Jonkel et al., 1972; Clark et al., 1997). Il est particulièrement important que les femelles soient fidèles aux aires de mise bas en général, même si ce n’est pas forcément à une tanière en particulier. Les aires de mise bas et les aires d’alimentation printanières sont deux des éléments les plus cruciaux de leur habitat (Harington, 1968; Stirling et al., 1984; Stirling, 1990). Lentfer (1975) a été le premier à suggérer qu’un nombre important d’aires de mise bas des ours blancs, que l’on trouve à l’ouest de la mer de Beaufort au nord de l’Alaska, se situent sur la glace pluriannuelle de la mer de Beaufort. Depuis lors, des études télémétriques effectuées par Amstrup et Gardner (1994) ont confirmé cette hypothèse.