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Insectes : Odonates

Dans le rapport Espèces sauvages 2010, 10 groupes spécifiques d’insectes ont été étudiés, incluant les odonates, dytiques, carabes, coccinelles, bourdons, mouches noires, mouches à cheval, moustiques, certains papillons de nuit, et les papillons. Le Groupe de travail national sur la situation générale a effectué les évaluations de ces espèces et les résultats sont présentés dans les sections spécifiques de chaque groupe d’insectes.

Odonates

Odonata - Ordre d’insectes qui comprend les libellules et les demoiselles. Il s’agit d’insectes carnivores ailés aux couleurs métalliques brillantes qui pondent leurs oeufs dans l’eau et qui se développent en passant par une étape de nymphe (larve) aquatique.

Photo d’une libellule Ophiogomphe de Howe, Ophiogomphus howei
Photo: Ophiogomphe de Howe, Ophiogomphus howei © Denis Doucet

En bref

  • Il existe plus de 6500 espèces d’odonates dans le monde, dont 211 sont présentes au Canada.
  • En excluant les espèces classées comme étant Disparue, Disparue de la région, Indéterminée, Non évaluée, Exotique ou Occasionnelle, la majorité (78%) des odonates au Canada est en sécurité à l’échelle nationale (au niveau du Canada), alors que 11% sont possiblement en péril et 10% sont sensibles à l’échelle nationale. Une espèce d’odonate (1%), le Gomphe des rapides (Gomphus quadricolor), est classée en péril à l’échelle nationale puisqu’elle est en voie de disparition selon une évaluation du COSEPAC.
  • Les odonates sont apparus il y a plus de 300 millions d’années, à peu près en même temps que les premiers reptiles; il s’agit donc de l’ordre d’insectes toujours vivant le plus ancien du monde.
  • L’envergure des ailes de la libellule fossile Meganeura, qui vivait il y a quelque 250 millions d’années, dépassait les 50 cm, ce qui en fait le plus grand odonate connu!
  • Les yeux des libellules peuvent posséder plus de 25 000 lentilles, ce qui leur confère une vision de presque 360 degrés.

Contexte

L’ordre Odonata se divise en trois sous-ordres : les demoiselles ou Zygoptera, les libellules ou Anisoptera et les Anisozygoptera, qui sont représentés par deux espèces vivantes, toutes deux asiatiques. Au total, 211 espèces sont présentes au Canada, y compris 57 espèces de demoiselles et 154 espèces de libellules. Tous les odonates possèdent deux paires d’ailes, un corps long et effilé ainsi que de grands yeux. Les libellules sont généralement plus grandes et plus robustes que les demoiselles, et ont tendance à étendre leurs ailes horizontalement lorsqu’elles sont au repos, alors que les demoiselles les gardent fermées sur leur dos ou partiellement étendues. Les odonates ont besoin d’eau douce pour assurer le succès de leur reproduction et ils sont présents près d’habitats d’eau douce de divers types : petits cours d’eau, tourbières, marais, étangs marécageux, marécages, grands lacs et rivières.

Le cycle vital des odonates compte trois phases : oeuf, larve et adulte. Les oeufs sont pondus dans l’eau douce ou à proximité, éclosent et produisent des larves aquatiques qui respirent grâce à leurs branchies. Les branchies des larves de libellule sont situées dans la chambre rectale, à la fin de l’appareil digestif. Les larves de libellule se déplacent dans l’eau grâce à une propulsion par réaction, en faisant jaillir de l’eau de leurs branchies. Les larves de demoiselle sont plus fines et semblent plus élégantes que les larves de libellule. Elles respirent à l’aide de leurs branchies externes, qui ressemblent à deux plumes s’étendant à partir de l’extrémité de l’abdomen. La grande lèvre inférieure articulée, ou labium, constitue l’une des caractéristiques les plus inhabituelles des larves d’odonate. Le labium sert de grappin; il est projeté à la vitesse de la lumière pour capturer les proies avec des crochets ressemblant à une dague. Grâce à ce dispositif de capture hors du commun, les larves d’odonate sont des prédateurs très fructueux, qui se nourrissent d’une variété d’organismes aquatiques, y compris d’autres insectes et même de petits poissons. Elles sont également la proie d’un éventail étonnant d’animaux, des poissons et écrevisses aux oiseaux tels que les canards.

Selon l’espèce, les larves d’odonate vivent dans l’eau pendant moins de deux mois ou plus de cinq ans. À sa maturité, la larve sort de l’eau, souvent en escaladant une plante émergente. Pendant sa métamorphose spectaculaire, l’exosquelette s’ouvre le long de la tête et du haut du thorax, et la libellule adulte émerge de la peau larvaire. L’adulte se repose ensuite pendant que ses ailes sèchent et s’étendent, et il prend ensuite son premier envol, laissant derrière lui la peau larvaire, ou exuvie. Après avoir émergé, les adultes passent habituellement quelques jours ou semaines à se reposer, à chasser et à engraisser dans des habitats hors des milieux humides avant de retourner près de l’eau pour se reproduire. Pendant cette période, les adultes atteignent leur maturité sexuelle et leur couleur change fréquemment, devenant plus brillante et saisissante.

À l’instar des larves, les odonates adultes sont des prédateurs voraces qui font leur proie d’insectes aériens, tels que les moustiques, les moucherons et même d’autres odonates. Leur succès est attribuable à leur acuité visuelle ainsi qu’à leur vitesse et à leur mobilité dans l’air. Les odonates sont extrêmement bien adaptés au vol et peuvent capturer des proies, manger, se reproduire et pondre leurs oeufs en vol. Il a été signalé que de grandes libellules atteignaient une vitesse supérieure à 50 km/h! L’étape adulte est habituellement la phase la plus courte du cycle vital; elle dure seulement quelques semaines. Aucun odonate adulte canadien n’hiverne, mais au moins deux espèces sont migratrices.

Les odonates se reproduisent dans une grande variété d’habitats aquatiques. Leur répartition dépend de divers facteurs, dont l’acidité et le débit de l’eau, la végétation, le type de substrat, la compétition avec d’autres organismes, la prédation, la perturbation et les niveaux de pollution. Les espèces généralistes, qui sont capables de survivre dans une variété d’habitats, ont tendance à être largement répandues. Les espèces spécialistes, dont les besoins en matière d’habitat sont précis, telles que l’espèce Ophiogomphus howei, qui se retrouve près des cours d’eau clairs et rapides, ont tendance à être plus localisées. Cette caractéristique rend les espèces spécialistes vulnérables aux déclins de population attribuables à la perturbation et à la destruction de l’habitat.

Les odonates constituent un groupe d’insectes fascinants qui, depuis les dernières années, attire de plus en plus l’attention des professionnels et des amateurs, y compris les enfants, tel que le montre le nombre croissant de publications scientifiques et de vulgarisation consacrées aux odonates. Ces espèces au comportement complexe et aux couleurs scintillantes sont très belles et intéressantes à observer. Les noms communs intrigants des odonates présentent également une diversité colorée, par exemple, Caloptéryx à taches apicales (Calopteryx aequabilis), Ophiogomphe bariolé (Ophiogomphus anomalus) et Voluptueuse (Libellula incesta). Comme les odonates sont des prédateurs voraces et qu’ils constituent également des proies importantes pour des poissons et des oiseaux, ils jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes dans lesquels ils vivent. Certaines espèces d’odonates sont sensibles à la qualité de l’eau, ce qui en fait probablement d’importants indicateurs environnementaux.

État des connaissances

Les odonates constituent l’un de nos groupes d’insectes les mieux connus, mais le cycle vital, la répartition et les besoins en matière d’habitat de nombreuses espèces canadiennes d’odonates sont peu compris. Sans ces connaissances élémentaires, il est difficile d’établir des tendances de population et de prévenir le déclin ou la disparition de populations.

Au cours de la dernière décennie, les relevés d’odonates ont permis d’améliorer grandement les connaissances sur leur habitat et leur répartition dans plusieurs provinces et territoires. Par exemple, avant 1995, la Cordulie de Robert (Somatochlora brevicincta) n’était connue que dans quelques tourbières isolées du Québec, mais l’espèce a maintenant été observée au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à Terre-Neuve-et-Labrador et en Colombie-Britannique. Cet élargissement de l’aire de répartition n’est probablement pas récent, mais de nouveaux relevés et une meilleure compréhension de l’écologie de l’espèce ont favorisé la découverte de nouveaux emplacements. De même, un récent relevé mené dans les Territoires du Nord-Ouest a permis d’ajouter cinq espèces d’odonates à la liste territoriale des espèces.

À l’avenir, il sera nécessaire de mener des relevés systématiques, de la surveillance à long terme et des projets de recherche ciblés sur la biologie, le cycle vital, les menaces et d’autres questions pertinentes afin d’améliorer les connaissances sur les odonates canadiens. Ces activités seront particulièrement importantes dans le nord, où les odonates sont peu connus. Des projets bénévoles continus, tels que « Ontario Odonata Survey and Atlas » et le « Manitoba Dragonfly Survey », permettront d’obtenir des données à long terme sur la répartition et la biologie des odonates. Les résultats de la présente évaluation de la situation générale ont aidé le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) à classer les espèces d’odonates par ordre de priorité en vue des évaluations détaillées de la situation, qui porteront sur la situation de certaines espèces actuellement classées possiblement en péril.

Richesse et diversité au Canada

Au Canada, la richesse en odonates est plus élevée dans les provinces de l’est, de la Nouvelle-Écosse à l’Ontario (figure 11), et particulièrement en Ontario, où 172 des 211 espèces canadiennes d’odonates sont présentes, incluant une nouvelle espèce qui s’y reproduit depuis la dernière évaluation. Bien que la richesse en espèces soit moindre dans le Nord canadien comparativement au sud du pays, les abondants milieux humides vierges du Nord offrent une vaste variété d’habitats pour les espèces de cette région, dont la Cordulie de Sahlberg (Somatochlora sahlbergi), qui n’est présent qu’au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest au Canada. Toutes les espèces d’odonates du Canada sont présentes dans d’autres pays.

Pleins feux sur Neurocordulia michaeli

Les scientifiques savent parfaitement que toutes les espèces du monde n’ont pas été découvertes ou nommées, mais en 1993, un biologiste de terrain canadien a permis de retrancher une espèce à cette liste. Dans la rivière Canoose, dans le sud-ouest du Nouveau-Brunswick, Paul-Michael Brunelle a trouvé par hasard une exuvie qu’il a été incapable d’identifier. Les exuvies sont abandonnées par les larves métamorphosées en adulte et elles permettent d’identifier les espèces d’odonates. Malgré la participation de plusieurs spécialistes, il a été impossible d’identifier l’espèce. L’année suivante, des mâles et des femelles adultes d’une espèce inconnue ont été trouvés au même endroit. Le mystère s’épaississait... Enfin, en 1996, on a observé les adultes inconnus émerger des exuvies non identifiées, et il a été confirmé qu’il s’agissait de la même nouvelle espèce : Neurocordulia michaeli. Cette espèce, qui passe facilement inaperçue, ne vole qu’au crépuscule. Elle a par la suite été observée dans le Maine et en Ontario. À l’échelle nationale, Neurocordulia michaeli est maintenant classée en sécurité.

Ce sont de telles possibilités de découvrir de nouvelles espèces qui attirent souvent les passionnés vers l’étude des odonates. Il est fréquent que de nouvelles mentions d’odonates soient signalées dans des comtés et il n’est pas inhabituel que de nouvelles mentions territoriales ou provinciales soient effectuées. Néanmoins, la découverte d’une nouvelle espèce est une sensation que peu de gens ont l’occasion d’éprouver dans leur vie.

Pleins feux sur le Caloptéryx à taches apicales

D’une longueur de plus de 5 cm, le Caloptéryx à taches apicales (Calopteryx aequabilis) est l’une des demoiselles canadiennes les plus grandes et les plus spectaculaires. Cette espèce (classification nationale : en sécurité) est présente dans toutes les provinces et dans les Territoires du Nord-Ouest. Fréquemment observée le long des berges de rivières et de larges ruisseaux, cette demoiselle vole élégamment, à la manière d’un papillon.

La femelle de cette espèce pond ses oeufs dans les tiges de plantes aquatiques submergées, à 30 cm ou plus de la surface de l’eau; pendant la ponte, les femelles peuvent demeurer submergées pendant 30 minutes ou plus! Après l’éclosion, les larves passent au moins deux ans dans l’eau, avant de se métamorphoser en adulte. Les Caloptéryx à taches apicales adultes se distinguent par leur spectaculaire corps vert métallique et leurs larges ailes, dont on dirait que l’extrémité a été trempée dans l’encre noire. Les femelles adultes passent la majeure partie de leur temps à se nourrir dans des habitats hors des milieux humides et ne retournent près de l’eau que pour s’accoupler et pondre leurs oeufs. Cependant, les mâles passent la majeure partie de leur temps à défendre leur territoire le long des berges des rivières et des larges ruisseaux. Lorsqu’une femelle pénètre dans le territoire du mâle, ce dernier commence une danse de parade nuptiale complexe. D’abord, il effectue un vol de parade au dessus d’un éventuel site de ponte de son territoire pendant lequel il affiche les beaux motifs de ses ailes postérieures, ce qui pourrait assurer à la femelle qu’il est un partenaire approprié de son espèce. Ensuite, le mâle papillonne devant la femelle jusqu’à ce qu’elle accepte l’accouplement. Enfin, la femelle pond ses oeufs, et le cycle vital recommence.

Ces demoiselles constituent une excellente espèce d’étude relativement à un éventail de questions comportementales et écologiques étant donné qu’elles sont faciles à observer et à manipuler, que leur aire de répartition est vaste et que leurs modèles de comportement sont complexes. Les Caloptéryx à taches apicales en ont appris beaucoup aux scientifiques sur les déplacements des demoiselles hors des milieux humides, les comportements de parade nuptiale et la reconnaissance de l’espèce pendant la parade. Pour les amateurs comme pour les professionnels, ces magnifiques demoiselles seront toujours fascinantes à observer.

Résultats de l’évaluation de la situation générale

Le rapport Espèces sauvages 2010 marque la seconde évaluation nationale des odonates. Les classifications ont été terminées en novembre 2009 et reflètent les données connues jusqu’à ce moment. À l’échelle nationale, la majorité des 211 odonates canadiens est classée en sécurité (155 espèces, 74%, figure 11 et tableau 15). Vingt espèces sont classées sensibles (9%), 22 espèces sont possiblement en péril (10%) et une espèce, le Gomphe des rapides (Gomphus quadricolor) est classée en péril à l’échelle nationale puisqu’elle est en voie de disparition selon une évaluation du COSEPAC en 2008. Il s’agit de la première année où une espèce d’odonate a été évaluée par le COSEPAC.

À l’échelle nationale, 11 espèces d’odonates sont classées indéterminées (5%), mais cette proportion est beaucoup plus élevée dans certaines provinces et territoires, ce qui reflète le besoin d’augmenter les efforts de relevés. Enfin, deux espèces sont classées occasionnelles (1%).

Figure 11. Résultats des évaluations de la situation générale des espèces d’odonates au Canada dans le rapport Espèces sauvages 2010.
diagramme à bandes (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 11

La figure 11 montre les résultats des évaluations de la situation générale des espèces d’odonates au Canada dans le rapport Espèces sauvages 2010. Le graphique à barres présente les espèces d’odonates disparues, disparues de la région, en péril, possiblement en péril, sensibles, en sécurité, indéterminées, non-évaluées, exotiques et occasionnelles au Canada, dans chaque province et territoire et dans les 4 régions océaniques. Des 211 espèces évaluées au Canada, une était classée en péril, 22 possiblement en péril, 20 sensibles, 155 en sécurité, 11 indéterminées et 2 occasionnelles. Des 40 espèces évaluées au Yukon, 8 étaient classées possiblement en péril, 11 sensibles et 21 en sécurité. Des 41 espèces évaluées dans les Territoires du Nord-Ouest, 3 étaient classées possiblement en péril, une sensibles, 31 en sécurité et 6 indéterminées. Des 5 espèces évaluées au Nunavut, toutes étaient classées indéterminées. Des 87 espèces évaluées en Colombie-Britannique, 9 étaient classées possiblement en péril, 11 sensible, 66 en sécurité et une occasionnelle. Des 70 espèces évaluées en Alberta, 16 étaient classées sensibles, 42 en sécurité, 11 indéterminées et une occasionnelle. Des 78 espèces évaluées en Saskatchewan, une était classée sensible, 56 en sécurité et 21 indéterminées. Des 95 espèces évaluées au Manitoba, 33 étaient classées possiblement en péril, 10 sensibles, 35 en sécurité, 13 indéterminées, une non-évaluée et 3 occasionnelles. Des 172 espèces évaluées en Ontario, une était classée en péril, 30 possiblement en péril, 32 sensibles, 101 en sécurité, 5 indéterminées et 3 occasionnelles. Des 140 espèces évaluées au Québec, 10 étaient classées possiblement en péril, 22 sensibles, 102 en sécurité, 3 indéterminées et 3 occasionnelles. Des 133 espèces évaluées au Nouveau-Brunswick, 7 étaient classées possiblement en péril, 6 sensibles, 100 en sécurité, 17 indéterminées et 3 occasionnelles. Des 123 espèces évaluées en Nouvelle-Écosse, 16 étaient classées possiblement en péril, 10 sensibles, 86 en sécurité, 10 indéterminées et une occasionnelle. Des 71 espèces évaluées à l’Île-du-Prince-Édouard, 22 étaient classées possiblement en péril, 6 sensibles, 36 en sécurité, 6 indéterminées et une occasionnelle. Des 40 espèces évaluées à Terre-Neuve et Labrador, 16 étaient classées en sécurité, 23 indéterminées et une occasionnelle. Aucune espèce n’était présente dans les régions océaniques.

Comparaison avec les rapports Espèces sauvages précédents

En général, l’évaluation de 2010 a résulté en un nombre inférieur d’espèces qui étaient identifiées possiblement en péril ou sensible et un nombre supérieur d’espèces en sécurité (tableau 15). Au total, 25 espèces ont connu un changement dans leur rang au niveau national depuis la dernière évaluation. Parmi ces changements, une espèce a connu un niveau de risque plus élevé, 14 espèces ont eu un niveau de risque moins élevé, six espèces ont été déplacées de la catégorie Indéterminée, trois espèces ont été ajoutées et une espèce a été effacée. Dans la plupart des cas, il ne s’agit pas d’un changement biologique, mais plutôt d’une augmentation de l’effort d’échantillonnage (tableau 16). La précision des évaluations a augmenté avec le plus grand effort d’échantillonnage, donc les espèces qui demeurent dans des catégories ayant un certain niveau de risque sont appelées à être vraiment en péril et requerront davantage d’attention.

Tableau 15. Changements dans le nombre d’espèces d’odonates dans le temps dans chacune des catégories de rangs déterminés par le Groupe de travail national sur la situation générale.
Classification nationaleAnnées des rapports Espèces sauvages 2000Années des rapports Espèces sauvages 2005Années des rapports Espèces sauvages 2010Changement moyen entre les rapportsChangement total depuis le premier rapport
0 Disparue / Disparue de la région-0
(0%)
0
(0%)
-Stable
1 En péril-0
(0%)
1
(1%)
-+1 espèce
2 Possiblement en péril-28
(13%)
22
(10%)
--6 espèce
3 Sensible-27
(13%)
20
(9%)
--7 espèce
4 En sécurité-145
(70%)
155
(74%)
-+10 espèce
5 Indéterminée-7
(3%)
11
(5%)
-+4 espèce
6 Non évaluée-0
(0%)
0
(0%)
-Stable
7 Exotique-0
(0%)
0
(0%)
-Stable
8 Occasionnelle-2
(1%)
2
(1%)
-Stable
Total-209
(100%)
211
(100%)
-+2 espèce

 

Tableau 16. Raisons des changements dans la situation des espèces d’odonates entre la dernière évaluation et le rapport actuel.
Nom scientifiqueNom françaisRang national 2005Rang national 2010Raison du changement
Archilestes grandis-52(I) Amélioration des connaissances sur l’espèce; reproduction confirmée en Ontario.
Agrigomphus villosipes-23(I) Des travaux d’échantillonnage au cours des dernières années ont augmenté le nombre de sites connus où se retrouve l’espèce.
Celithemis eponinaCélithème géante34(I) Des travaux d’échantillonnage au cours des dernières années ont augmenté le nombre de sites connus où se retrouve l’espèce.
Celithemis martha-54(I) Amélioration des connaissances sur l’espèce.
Enallagma anna-35(P) Changement relié à des modifications dans la procédure.
Enallagma minusculum-34(I) Amélioration des connaissances sur l’espèce.
Erythrodiplax bereniceÉrythrodiplax côtier23(I) Amélioration des connaissances sur l’espèce.
Gomphaeschna furcillataAeschne pygmée23(I) Des travaux d’échantillonnage au cours des dernières années ont augmenté le nombre de sites connus où se retrouve l’espèce.
Gomphus abbreviatus-24(I) Un échantillonnage supplémentaire et de nouvelles observations ont été faites pour cette espèce.
Gomphus quadricolorGomphe des rapides21(C) Cette espèce est maintenant considérée en voie de disparition par le COSEPAC.
Ischnura damula-34(I) Considérée en sécurité après un échantillonnage exhaustif.
Ischnura hastata-25(B) Il semble que cette espèce ne se reproduit pas régulièrement en Ontario et est plutôt immigrante.
Lanthus vernalis--5(I) Nouvelle espèce, connue d’une seule localité au Nouveau-Brunswick.
Lestes australis--5(T) Cette unité taxonomique a récemment été élevée au niveau de l’espèce.
Lestes vigilaxLeste matinal34(I) Des travaux d’échantillonnage au cours des dernières années ont augmenté le nombre de sites connus où se retrouve l’espèce.
Neurocordulia michaeli-34(I) Nouvelles observations sur une aire de répartition plus grande.
Neurocordulia obsoleta-25(E) Observation précédente basée sur une mauvaise identification; probablement quand même présente, mais situation inconnue.
Ophiogomphus anomalusOphiogomphe bariolé34(I) Un plus grand effort d’échantillonnage a permis de trouver cette espèce dans plusieurs sites.
Perithemis tenera-34(I) Des travaux d’échantillonnage au cours des dernières années ont augmenté le nombre de sites connus où se retrouve l’espèce.
Somatochlora brevicinctaCordulie de Robert35(P) Changement relié à des modifications dans la procédure.
Somatochlora ensigera-23(I) Classée sensible après un échantillonnage exhaustif.
Somatochlora hineana--2(I) Nouvelle espèce découverte en Ontario et au Canada en 2007.
Somatochlora tenebrosaCordulie ténébreuse34(I) Amélioration des connaissances sur l’espèce.
Sympetrum occidentale-4-(T) Maintenant considérée comme faisant partie de Sympetrum semicinctum.
Williamsonia fletcheriCordulie bistrée34(I) Amélioration des connaissances sur l’espèce; classé en sécurité au Nouveau-Brunswick.

Menace envers les odonates canadiens

In order to successfully complete their life cycle, odonates require both aquatic and terrestrial habitats, and are therefore potentially vulnerable to habitat degradation and destruction both on land and in the water. In aquatic systems, destruction and degradation of wetlands, damming and channelling of rivers and streams, and water pollution can all negatively impact odonate populations. Recreational use of waterways can reduce the abundance and diversity of odonates, since boat wakes can kill individuals during the vulnerable emergence period. Odonates are also vulnerable to ecosystem changes resulting from invasion of exotic espèce. Modifications to land adjacent to aquatic habitat can affect odonates directly, by degrading the upland habitat they use to mature and hunt, and indirectly by affecting water quality.

Conclusion

This general status assessment shows that although almost three-quarters of Canada’s odonates have a Canada rank of Secure, 10% are ranked May Be At Risk. Odonates and insects generally have not received as much attention from biologists and conservationists as well-studied groups, like birds and mammals – but it is increasing, particularly for the odonates. This general status assessment was made possible by the cooperative contributions of both amateur and professional field biologists, and has aided COSEWIC in selecting a number of priority espèce for detailed status assessments. Detailed COSEWIC assessments will consolidate our knowledge of espèce ranked as May Be At Risk, while amateur and professional field biologists across the country will continue to improve our knowledge of the life history and distribution of odonates in Canada. The vast area of Canada where no one has ever looked for odonates makes the discovery of a new espèce a thrilling possibility!

Pour en savoir plus

Cannings, R. 2002. Introducing the dragonflies of British Columbia and the Yukon. Royal British Columbia Museum, Victoria: 96 pp.

Cannings, R. 2004. Resources for the study of Odonata in Canada. Newsletter of the Biological Survey of Canada (Terrestrial Arthropods) 23: (Consulté le 26 février 2010).

Cannings, R. A. et Stuart, K. M. 1977. The dragonflies of British Columbia. British Columbia Provincial Museum Handbook; no. 35. British Columbia Provincial Museum, Victoria: 256 pp.

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Nikula, B. et J. Sones. 2002. Stokes beginners guide to dragonflies and damselflies. Little Brown and Co: 160 pp.

Pilon, J.-G. et Laglace, D. 1998. Les odonates du Québec. Entomofaune du Québec Inc. Chicoutimi, Québec: 367 pp.

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Références

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Cannings, S. G. 2003. Status of River Jewelwing (Calopteryx aequabilis Say) in British Columbia. B.C. Ministry of water, land and air protection, biodiversity branch et B.C. Ministry of sustainable resources management, Conservation Data Centre, Victoria: 10 pp.

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