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Insectes : Certains papillons de nuit

Lepidoptera - Ordre d’insectes qui comprend les papillons de nuit et les papillons. Leurs deux paires d’ailes écaillées, qui sont souvent de couleurs vives, permettent de les distinguer de tous les autres insectes. Les lépidoptères subissent une métamorphose complète : les oeufs sont déposés, d’où éclosent les larves, et un stade pupal suit, durant lequel le stade adulte final prendra forme. Ces insectes sont surtout nocturnes.

Photo d’une Saturnie cécropia, Hyalophora cecropia
Photo: Saturnie cécropia, Hyalophora cecropia © Alan Chin-Lee

En bref

  • Quelque 180 000 espèces de lépidoptères ont été décrites, mais des centaines de plus sont découvertes chaque année. Le nombre total d’espèces dans le monde se situe probablement entre 300 000 et 500 000. Environ 5300 espèces sont présentes au Canada, dont 5000 sont des papillons de nuit. Seules 236 espèces ont été évaluées dans ce rapport.
  • Les papillons de nuit représentent environ 90% des lépidoptères (les autres sont des espèces de papillons diurnes). Les papillons de nuit sont alors encore plus variés, mais sont moins bien connus. Dans ce rapport, seuls certains groupes de papillons de nuit ont été évalués.
  • En excluant les espèces classées comme étant Disparue, Disparue de la région, Indéterminée, Non évaluée, Exotique ou Occasionnelle, la majorité (84%) de certains papillons de nuit au Canada est en sécurité à l’échelle nationale (au niveau du Canada), alors que 11% sont sensibles et 5% sont possiblement en péril à l’échelle nationale. Une espèce est classée en péril suite à une évaluation détaillée du COSEPAC.
  • Parmi les espèces évaluées, sept espèces au total sont exotiques au Canada, dont le Ver à soie (Bombyx mori).
  • La plupart des papillons de nuit adultes sont nocturnes comme l’indique leur nom et sont attirés par les lumières artificielles.
  • Même si les chenilles des papillons de nuit sont souvent blâmées pour s’alimenter à partir des vêtements en laine, seules deux espèces sur de nombreux milliers d’espèces de papillons de nuit en réalité se nourrissent de laine.

Contexte

Les papillons de nuit sont habituellement des insectes nocturnes et sont de couleurs moins vives que leurs cousins qui volent le jour, les papillons. Ils sont si variés et si mal connus que la majorité des espèces n’ont probablement même pas été découvertes et décrites. Les premiers fossiles de lépidoptères remontent probablement à environ 190 millions d’années, mais le gros du rayonnement évolutionnaire dans le groupe s’est produit en même temps que celui des plantes à fleurs, soit durant le Crétacé, il y a de 65 à 145 millions d’années. Vu que la branche des papillons diurnes des lépidoptères est intégrée au milieu de l’arbre des familles, l’ensemble des papillons de nuit ne sont pas un groupe taxonomique officiel. Par souci de commodité, les papillons de nuit sont souvent divisés en macrolépidoptères nocturnes (habituellement les grosses espèces) et en microlépidoptères nocturnes (le côté primitif de l’arbre des familles, habituellement des espèces très petites). Ils sont divisés officiellement en 118 familles. Au niveau des espèces, de nombreux lépidoptères peuvent être identifiés à l’aide des motifs de leurs ailes; dans le cas d’autres espèces, il faut examiner les structures complexes des organes génitaux, dont les caractéristiques sont habituellement très distinctives.

La plupart des groupes de papillons de nuit sont trop mal connus pour que nous puissions attribuer des classifications de la situation générale ou même établir une liste d’espèces; toutefois la famille Saturniidae (23 espèces), la famille Bombycidae (3 espèces), la famille Sphingidae (58 espèces), la famille Erebidae sous-famille Arctiinae (95 espèces), et la famille Erebidae genre Catocala (57 espèces) sont suffisamment connues pour être abordées dans le présent rapport. Nous espérons que plus de papillons de nuit seront inclus dans les futures versions du rapport à mesure que plus de connaissances seront acquises à leur sujet.

A l’instar de tous les autres insectes, les lépidoptères adultes ont six jambes et trois parties principales du corps : la tête, le thorax, muni des jambes et des ailes et des muscles pour les aider à se déplacer, et l’abdomen, qui comprend la majorité des organes digestifs et reproductifs. Tous les lépidoptères adultes ont deux paires d’ailes écaillées, qui les distinguent de tous les autres insectes. Les différences entres les papillons de nuit et les papillons ne sont pas toujours immédiatement apparentes. Les papillons ont des antennes minces, en forme de spatule ou de crochet, sont habituellement de couleurs vives et volent durant le jour, tandis que les papillons de nuit ont des antennes plumeuses, et la plupart volent la nuit et sont habituellement de couleur terne. Toutefois, il existe de nombreuses exceptions à cette description et aucune caractéristique unique ne séparera toujours toutes les espèces de papillons de nuit de tous les papillons.

Les papillons de nuit passent la majeure partie de leur vie à l’état de larve, ou chenille. Les chenilles de la plupart des espèces se nourrissent des parties vivantes des plantes, en particulier les feuilles, mais certaines s’alimentent de fleurs, de bourgeons, de graines, de tiges, de racines et d’écorce. Certaines se nourrissent à l’extérieur; d’autres sont des mineuses ou des foreuses. Quelques espèces stimulent la formation de galle sur leurs plantes hôtes. De nombreuses espèces s’en tiennent à des plantes hôtes précises, alors que d’autres se nourrissent d’une grande variété de plantes. Les larves de quelques espèces consomment les champignons ou les détritus, et quelques-unes sont des prédateurs ou des parasites. Les larves sont habituellement voraces et doivent accumuler la plupart des réserves alimentaires dont les adultes auront besoin pour se disperser et se reproduire. Certains papillons de nuit adultes se nourrissent de nectar, mais bon nombre ne se nourrissent pas du tout, et la plupart vivent seulement de une à deux semaines. Les adultes de la plupart des espèces ont une période de vol courte et précise, mais certaines espèces ont plusieurs couvains et peuvent être retrouvées au stade adulte durant tout l’été. La plupart des espèces sont dormantes durant l’hiver au stade d’oeuf ou de pupe, mais certaines hivernent à l’état de larve ou d’adulte.

Les papillons de nuit forment un élément essentiel de la plupart des écosystèmes terrestres. En tant qu’herbivores, ils aident à réguler la croissance des plantes et, lorsque leurs populations sont élevées, ils peuvent stimuler la succession végétale. De nombreux papillons de nuit adultes sont d’importants pollinisateurs. Les larves et les adultes sont des sources d’alimentation majeures pour de nombreux autres animaux, dont les oiseaux chanteurs, les chauves-souris et d’autres insectes. Quelques espèces de papillons de nuit font une compétition si forte avec les humains qu’elles sont considérées comme des organismes nuisibles. Cette catégorie comprend les ravageurs des cultures alimentaires, des arbres et du bois de sciage, et des produits alimentaires entreposés. Même si seulement deux espèces de papillons de nuit ont des larves qui mangent la soie et les produits de laine, cette habitude alimentaire extrêmement rare est souvent attribuée par erreur à tous les membres du groupe. La soie elle-même vient de l’exploitation humaine du Ver à soie (Bombyx mori).

Les papillons de nuit sont renommés pour leur sens de l’odorat. Les femelles de la plupart des espèces émettent des composés chimiques complexes propres à l’espèce (phéromones), que les mâles peuvent déceler à de grandes distances. Les mâles trouvent les femelles en suivant leurs bouquets d’odeur, souvent en produisant leurs propres phéromones, qu’ils utilisent à proximité de leur compagne durant la parade nuptiale. Des papillons de nuit ont également un sens de l’ouïe bien développé, qui a évolué comme mécanisme pour déceler le sonar des chauves-souris, des prédateurs importants des papillons de nuit. Les espèces dans la famille Erebidae sous-famille Arctiinae, produisent un son pour interférer avec les signaux des chauves-souris ou pour annoncer le fait qu’elles ont un goût désagréable aux prédateurs.

La famille Saturniidae englobe les plus gros papillons de nuit résidents au Canada. Ils ont habituellement un corps trapu et duveté, de petites têtes avec des parties buccales vestigiales, et des grandes ailes, souvent recouvertes de tâches de couleurs vives qui ressemblent aux yeux des hiboux et des serpents. Les larves des saturnidés sont munies habituellement de scoli (des tubercules épineux), et certaines peuvent causer une irritation de la peau. La famille Bombycidae comprend, entre autres, le Ver à soie, une espèce exotique au Canada. Les espèces de la famille Sphingidae ont des corps trapus et pointus, munis d’ailes antérieures allongées et de petites ailes postérieures. La plupart des larves de cette famille ont une corne caractéristique à l’extrémité de leur queue que certaines espèces, lorsqu’elles sont effrayées, lèveront dans une pose caractéristique qui rappelle l’ancien sphinx égyptien, d’où le fait que ces espèces sont souvent appelées sphinxs. Les espèces de la famille Erebidae sous-famille Arctiinae sont des papillons de nuit de taille moyenne, habituellement de couleurs vives et aux ailes à motifs. De nombreuses espèces ont une coloration qui sert de signal d’alame et possèdent la capacité de produire des sons avec une structure spécialisée (les cymbales), qui permettent de caractériser le groupe. Elles ont été historiquement traitées comme une famille distincte (Arctiidae), mais ont été récemment placées comme sous-famille des Erebidae. Leurs larves sont habituellement très velues et comprennent les chenilles hérissonnes qui sont très bien connues. Les espèces de la famille Erebidae genre Catocala sont de gros papillons de nuit munis d’ailes antérieures au motif cryptique, et ont habituellement des ailes postérieures de couleurs vives. Leurs larves ont habituellement des motifs cryptiques aussi.

État des connaissances

Dans l’ensemble, les papillons de nuit ne sont pas très bien connus au Canada; l’état des connaissances est comparable à ce que nous savions des oiseaux il y a quelques 200 ans. Même les descriptions de base des espèces et l’information sur l’occurrence sont éparpillées parmi des centaines de publications scientifiques obscures et rangées dans des tiroirs de musées. Contrairement à de nombreux groupes de vertébrés, il n’existe aucun guide unique de toutes les espèces présentes au pays. Il y a de bons ouvrages modernes pour quelques groupes, dont les saturnidés et les sphingidés, mais non pas pour la majorité des familles de papillons de nuit. Nous n’avons même pas de liste détaillée d’espèces de papillons de nuit à l’échelle nationale, bien que des listes provinciales aient été produites pour la Colombie-Britannique, l’Alberta, le Québec et le Yukon.

Pour la plupart des espèces de papillons de nuit comprises dans le rapport Espèces sauvages 2010, les plantes hôtes sont connues et leur répartition est raisonnablement bien connue; toutefois, pour certaines espèces, nous n’avons pas assez de connaissances à leur sujet pour leur attribuer des classifications de la situation générale autres que Indéterminée. Ce rapport traite seulement de 236 espèces sur environ 5000 espèces que nous croyons être présentes au Canada, appartenant toutes au groupe mieux connu des macrolépidoptères nocturnes. Nos connaissances des autres espèces sont généralement plutôt limitées, sauf dans le cas de quelques espèces nuisibles.

Les papillons de nuit sont mieux connus dans l’est du Canada que dans l’ouest et le nord et, dans l’ensemble, les macrolépidoptères nocturnes sont bien mieux connus que les microlépidoptères nocturnes. Les efforts des collecteurs amateurs ont été particulièrement importants au niveau des connaissances que nous possédons au sujet des papillons de nuit au Canada. Bien plus de dénombrements et de recherches sont nécessaires pour documenter pleinement la faune des papillons de nuit et mieux comprendre leur répartition et leur cycle biologique. Sans cette information, de nombreuses espèces pourraient être menacées de disparition du Canada avant que nous connaissions même leur existence.

Richesse et diversité au Canada

La présence d’environ 5000 espèces de papillons de nuit est connue au Canada. Toutefois, il en reste bien plus à découvrir, et le nombre d’espèces qui vivent effectivement ici est estimé à près de 7000. Ce rapport traite seulement d’un faible pourcentage de cette diversité (5 groupes pour un total de 236 espèces). Les principaux centres de diversité des papillons de nuit sont les forêts décidues de l’est avec leur grande diversité végétale, et les habitats arides dans l’ouest. Certaines espèces de papillons de nuit se retrouvent dans le monde seulement dans la toundra non englacée du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et de l’Alaska.

Pleins feux sur Pararctia yarrowii

L’espèce Pararctia yarrowii est emblématique de la région cordillérienne de l’ouest du Canada, habitant les sommets élevés et les prés alpins rocailleux. Lorsque Richard Stretch a nommé cette espèce en 1874, il l’a décrit comme « la plus belle du groupe Arctiinae en Amérique ». À l’instar de la plupart des espèces de ce groupe que nous retrouvons dans les régions alpines et arctiques, ces papillons de nuit sont rarement observés, probablement à cause du fait que les larves (collectivement appelées chenilles hérissonnes) prennent plusieurs années avant d’arriver à maturité et d’être prêtes à se transformer en pupes – adaptation qui a permis à ces espèces de subsister sur des plantes à faible croissance durant les brefs étés alpins. Contrairement aux larves ayant une durée de vie relativement longue, les papillons de nuit adultes vivent seulement pendant quelques semaines et ne se nourrissent pas, vivant des réserves de lipides accumulées à l’état de larve. Les larves hivernent sous des pierres, et les talus d’éboulis et les champs de pierre sont donc des composantes importantes de l’habitat de cette espèce.

Comme de nombreux papillons de nuit alpins, Pararctia yarrowii a évolué pour voler durant le jour, étant donné que la plupart des nuits sont trop froides pour qu’elle se déplace. Les femelles passent bien moins de temps à voler que les mâles; immédiatement après avoir émergé du stade de la pupe, elles recherchent les terrains élevés, comme le sommet d’un rocher sur lequel elles se percheront tout en émettant des phéromones sexuelles. Ces phéromones sont produites à partir de la pointe de l’abdomen, et les mâles faisant la patrouille repéreront rapidement la femelle prête à s’accoupler. Le cycle de vie n’est pas complètement connu, mais les oeufs sont probablement déposés sans distinction parmi les plantes à faible croissance, qui procureront de la nourriture aux jeunes larves.

L’espèce Pararctia yarrowii est présente à partir du Yukon jusqu’au nord de l’Utah en passant par les montagnes Rocheuses, puis dans la partie ouest de la Colombie-Britannique et de la chaîne Côtière de Washington. Sa présence est connue dans quelques localités, et il reste encore à documenter ce magnifique papillon de nuit dans bon nombre des chaînes montagneuses de l’ouest du Canada. Elle est classée en sécurité à l’échelle nationale.

Pleins feux sur Pachysphinx occidentalis

Pachysphinx occidentalis, dénombré au Canada seulement dans les parties boisées de la région aride des prairies herbeuses du sud de l’Alberta et de l’ouest de la Saskatchewan, est un papillon de nuit énigmatique pour diverses raisons. Jusqu’à récemment, on croyait qu’il s’agissait d’une population pâle du commun et répandu Sphinx du peuplier (Pachysphinx modesta). Toutefois, les données de l’ADN indiquent qu’il s’agit de deux espèces différentes, ce que viennent appuyer les études préliminaires d’élevage. Il reste encore à déterminer si ce papillon de nuit des prairies canadiennes est la même espèce que l’espèce Pachysphinx occidentalis du sud (États-Unis), ou une espèce non décrite qui a besoin d’un nom entièrement nouveau. Il reste beaucoup à apprendre au sujet de nos papillons de nuit, mêmes ceux qui sont aussi gros et aux couleurs aussi voyantes que celui-ci! Surtout, Pachysphinx occidentalis est tout simplement l’un de nos insectes les plus impressionnants et magnifiques. Pour le moment, il est classé en sécurité à l’échelle natianale.

Pachysphinx occidentalis est probablement aussi le plus gros insecte de l’Alberta, en fonction de sa masse, et peut être le plus gros du Canada. Les larves matures sont d’énormes « chenilles à corne » vertes qui tirent leur nom de leur courte « queue » épinée sur l’arrière de leur corps et qui orne les larves de la plupart des espèces de sphingidés. Les larves matures sont également décorées d’une série de lignes blanches obliques le long des flancs. Bien que grosses et voraces, les larves sont inoffensives et ne piquent pas avec leur « corne »; elles ne sont pas présentes en nombre suffisant pour causer des dommages aux arbres. Ces larves sont rarement observées avant l’âge de la maturité à la fin de l’été. Elles arrêtent alors de se nourrir, quittent les arbres où elles ont passé l’été et vagabondent au sol à la recherche d’un trou adéquat pour se fouir, se transformer en pupe et hiverner. Elles se manifestent au printemps sous la forme de papillons de nuit adultes après l’apparition des feuilles des peupliers. Les adultes sont actifs seulement durant la nuit et sont souvent observés le matin, se reposant près des lumières qui les ont attirés la nuit auparavant. Les adultes de Pachysphinx occidentalis ont des pièces buccales insuffisamment développées et qui ne semblent pas fonctionnelles; ils sont donc incapables de se nourrir. Ils doivent vivre des réserves qu’ils ont pu conserver sous la forme de lipides durant le stade larvaire et ont donc une vie éphémère, d’une durée suffisante pour trouver un partenaire et recommencer le cycle à nouveau.

Photo d’une chenille mature de papillon Pachysphinx occidentalis, se nourrissant d’une feuille
Photo: Pachysphinx occidentalis © Gary Anweiler

Résultats de l’évaluation de la situation générale

Le rapport Espèces sauvages 2010 correspond à la première évaluation des espèces de papillons de nuit. Ces classifications ont été réalisées en mars 2010, et reflètent la classification et les connaissances disponibles à ce moment-là. Parmi les 236 espèces évaluées, 155 ont été classées en sécurité (66%, figure 19 et tableau 26), 20 sont sensibles (8%) et neuf sont possiblement en péril (4%). Une espèce est classée en péril après une évaluation détaillée du COSEPAC qui a mené à la désignation d’espèce en voie de disparition. Il s’agit de l’Hémileucin du ményanthe (Hemileuca sp.), une nouvelle espèce qui n’a toujours pas de nom scientifique officiel.

Au total, 29 espèces (12%) ont été classées dans la catégorie Indéterminée, tandis que 15 espèces (6%) sont occasionnelles. De même, sept espèces (3%) sont exotiques au Canada. La vaste majorité des espèces canadiennes de papillons de nuit ne sont toujours pas classées, en attente de meilleures connaissances sur le groupe.

Figure 19. Résultats des évaluations de la situation générale de certaines espèces de papillons de nuit au Canada dans le rapport Espèces sauvages 2010.
diagramme à bandes (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 19

La figure 19 montre les résultats des évaluations de la situation générale de certaines espèces de papillons de nuit au Canada dans le rapport Espèces sauvages 2010. Le graphique à barres présente les espèces de papillons de nuit disparues, disparues de la région, en péril, possiblement en péril, sensibles, en sécurité, indéterminées, non-évaluées, exotiques et occasionnelles au Canada, dans chaque province et territoire et dans les 4 régions océaniques. Des 236 espèces évaluées au Canada, une était classée en péril, 9 possiblement en péril, 20 sensibles, 155 en sécurité, 29 indéterminées, 7 exotiques et 15 occasionnelles. Des 29 espèces évaluées au Yukon, 6 étaient classées en sécurité et 23 indéterminées. Des 29 espèces évaluées dans les Territoires du Nord-Ouest, 2 étaient classées en sécurité et 27 indéterminées. Les 2 espèces évaluées au Nunavut étaient classées indéterminées. Des 83 espèces évaluées en Colombie-Britannique, 2 étaient classées possiblement en péril, 7 sensibles, 54 en sécurité, 16 indéterminées, 2 exotiques et occasionnelles. Des 95 espèces évaluées en Alberta, une était classée disparue de la région, une possiblement en péril, 5 sensibles, 72 en sécurité, 12 indéterminées, 2 exotiques et 2 occasionnelles. Des 95 espèces évaluées en Saskatchewan, 5 étaient classées sensibles, 58 en sécurité, 25 indéterminées, une exotique et 6 occasionnelles. Des 113 espèces évaluées au Manitoba, 3 étaient classées possiblement en péril, 10 sensibles, 54 en sécurité, 38 indéterminées, une exotique et 7 occasionnelles. Des 170 espèces évaluées en Ontario, une était classée en péril, 7 possiblement en péril, 16 sensibles, 117 en sécurité, 14 indéterminées, 3 exotiques et 12 occasionnelles. Des 139 espèces évaluées au Québec, 19 étaient classées sensibles, 88 en sécurité, 21 indéterminées, 2 exotiques et 9 occasionnelles. Des 85 espèces évaluées au Nouveau-Brunswick, une était classée sensible, 35 en sécurité, 45 indéterminées et 4 occasionnelles. Des 88 espèces évaluées en Nouvelle-Écosse, 47 étaient classées en sécurité, 33 indéterminées, une exotique et 7 occasionnelles. Des 50 espèces évaluées à l’Île-du-Prince-Édouard, 11 étaient classées en sécurité, 37 indéterminées, une exotique et une occasionnelle. Des 36 espèces évaluées à Terre-Neuve et Labrador, 11 étaient classées en sécurité, 24 indéterminées et une exotique. Aucune espèce n’était présente dans les régions océaniques.

 

Tableau 26. Classifications nationales de certaines espèces de papillons de nuit déterminées par le Groupe de travail national sur la situation générale.
Classification nationale
(Canada)
Nombre et pourcentage
d’espèces dans chaque
catégorie de rang
0.2 Disparue0 (0%)
0.1 Disparue de la région0 (0%)
1 En péril1 (1%)
2 Possiblement en péril9 (4%)
3 Sensible20 (8%)
4 En sécurité155 (66%)
5 Indéterminée29 (12%)
6 Non évaluée0 (0%)
7 Exotique7 (3%)
8 Occasionnelle15 (6%)
Total236 (100%)

Menace envers les papillons de nuits canadiens

La destruction de l’habitat par les activités agricoles, forestières, minières et d’autres activités industrielles, l’urbanisation et les changements climatiques est de loin la plus grande menace envers les papillons de nuit. Parmi les autres menaces, de gravité variable, mentionnons l’utilisation des pesticides, la pollution, l’éclairage artificiel et la dispersion d’espèces non indigènes. L’abondance et la distribution de la plupart des espèces de papillons de nuit en Amérique du Nord ne sont pas suffisamment bien connues pour se prêter à la mesure des déclins. Toutefois, il est possible de prévoir des menaces envers des espèces qui dépendent en particulier de plantes hôtes rares et envers celles qui sont associées à des habitats sérieusement menacés comme les dunes de sable, les chênais de Garry et les écosystèmes semi-désertiques du sud de la Colombie-Britannique, et les savanes de chênes et les écosystèmes caroliniens du sud de l’Ontario.

L’effet des collectionneurs d’insectes a parfois été mentionné comme une menace potentielle envers les populations de papillons de nuit, mais il n’existe aucun cas documenté d’espèce de papillon de nuit au Canada qui ait subi des répercussions négatives à cause de telles activités. En fait, de l’avis de la grande majorité des environnementalistes éclairés, la collecte responsable est bien plus bénéfique que nuisible en nous procurant de l’information. Le seul moyen par lequel les collectionneurs pourraient exercer suffisamment de pression pour menacer une population d’insectes serait si la population était déjà si restreinte que d’autres facteurs la menaçaient déjà sérieusement.

Conclusion

Les papillons de nuit sont une composante importante de la biodiversité. Ils forment donc une partie importante du milieu naturel. Ils ont une capacité de reproduction énorme; donc la plupart des espèces sont relativement résilientes face aux variations de population. Toutefois, la vaste majorité des espèces sont trop mal connues pour se prêter à une évaluation des effets des activités humaines sur celles-ci et des mesures qui pourraient être prises pour atténuer les dommages causés par les humains. Dans la plupart des cas, la meilleure chose qui puisse être faite pour l’instant, c’est de tenter de conserver leurs habitats et d’espérer que la plupart des espèces qui y vivent continueront de se développer.

Pour en savoir plus

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