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Amphibiens

Amphibia - Classe de cordés vertébrés qui comprend les grenouilles, les crapauds, les tritons et les salamandres. Les amphibiens ont évolué au cours du Dévonien (il y a environ 370 millions d’années) et sont les premiers vertébrés à avoir occupé la terre. Beaucoup de leurs caractéristiques constituent des adaptations à la vie terrestre.

Photo d’un Crapaud des steppes
Photo: Crapaud des steppes, Anaxyrus cognatus © Erik Enderson

En bref

  • Il existe environ 5700 espèces d’amphibiens dans le monde, dont 47 sont présentes au Canada.
  • En excluant les espèces classées comme étant Disparue, Disparue de la région, Indéterminée, Non évaluée, Exotique ou Occasionnelle, plus des deux tiers (67%) des amphibiens au Canada sont en sécurité à l’échelle nationale (au niveau du Canada), mais 20% sont en péril et 13% sont sensibles à l’échelle nationale. Aucun amphibien n’est possiblement en péril à l’échelle nationale.
  • Depuis la parution du rapport Espèces sauvages 2005, l’espèce Ambystoma mavortium a été déclarée espèce distincte de la Salamandre tigrée (Ambystoma tigrinum), ce qui a fait passer le nombre d’espèces canadiennes d’amphibiens à 47.
  • À l’échelle mondiale, de nombreuses espèces d’amphibiens présentent un degré élevé de risque de disparition. Selon les dernières données du « Global Amphibian Assessment », près du tiers (32%) des amphibiens dans le monde seraient menacés, comparativement à 23% des mammifères et à 12% des oiseaux.
  • La Grenouille des bois (Lithobates sylvaticus) est l’espèce d’amphibien nord-américaine ayant l’aire de répartition la plus septentrionale, et la seule présente au nord du cercle polaire arctique.

Contexte

Les amphibiens canadiens comprennent les grenouilles, les crapauds, les tritons et les salamandres. Ces vertébrés à sang froid se reconnaissent par leur peau lisse et humide ne comportant pas d’écailles, de plumes ni de fourrure. Pendant la première partie de leur cycle vital, de nombreux amphibiens prennent la forme d’une larve aquatique à branchies (têtard) qui se métamorphose en adulte terrestre à respiration aérienne. Grâce à cette double vie, les ancêtres amphibiens ont été les premiers vertébrés à habiter la terre ferme, il y a plus de 300 millions d’années, menant ainsi vers les amphibiens modernes, les reptiles, les oiseaux et les mammifères.

Beaucoup connaissent le cycle de vie type des grenouilles et des crapauds, pendant lequel une larve aquatique à branchies se métamorphose en adulte terrestre à respiration aérienne. Cependant, en s’adaptant à une vaste gamme d’habitats, les amphibiens ont élaboré différents cycles vitaux, allant de complètement aquatique (par exemple, le Necture tacheté, Necturus maculosus) à entièrement terrestre. Par exemple, la Salamandre cendrée (Plethodon cinereus) pond ses oeufs sur terre et en prend soin jusqu’à ce qu’ils éclosent et produisent des juvéniles, qui ressemblent physiquement et se comportent comme des adultes. Le cycle vital des tritons, tels que le Triton rugueux (Taricha granulosa) de la Colombie-Britannique, compte une étape de plus : l’elfe. Les larves aquatiques à branchies se métamorphosent en elfes à respiration aérienne qui habitent pendant quatre années ou moins dans des habitats terrestres humides. Les elfes se métamorphosent ensuite en adultes amphibies pour être en mesure de se reproduire et de compléter le cycle de vie. Aucun autre groupe de vertébrés ne présente une telle diversité de cycles de vie.

Contrairement aux reptiles, aux oiseaux et aux mammifères, la peau des amphibiens adultes n’est pas imperméable, ce qui leur permet de respirer par la peau et par les poumons, mais qui les rend vulnérables à la déshydratation. Alors, comment survivent-ils en milieu sec? De nombreux amphibiens possèdent une peau particulière sur le dessous par laquelle ils absorbent l’humidité et grâce à laquelle ils peuvent se réhydrater en s’assoyant simplement sur des sols humides ou de petites flaques. Afin de réduire les pertes d’eau, beaucoup d’amphibiens sont nocturnes. Pendant la journée, ils demeurent sous des billots et des roches; la nuit, lorsque l’air se refroidit et qu’il y a moins d’évaporation, ils sortent pour chercher de la nourriture ou des partenaires. Ces adaptations physiques et comportementales permettent aux amphibiens de survivre à distance de l’eau, où ils peuvent profiter de nombreux types d’habitats et de sources alimentaires.

À l’instar des reptiles, les amphibiens sont hétérothermes (ectothermes), ce qui signifie qu’ils ont besoin de sources de chaleur externes (comme le soleil) pour chauffer leur corps plutôt que de produire de la chaleur par l’énergie alimentaire, comme les oiseaux et les mammifères. Cependant, les amphibiens peuvent survivre beaucoup plus au nord que les reptiles. La répartition des amphibiens dans les habitats septentrionaux est étroitement liée aux températures hivernales et à la tolérance des espèces au froid. L’espèce d’amphibien championne de la tolérance au froid est la Grenouille des bois (Lithobates sylvaticus), la seule espèce nord-américaine d’amphibien ou de reptile présente au nord du cercle polaire arctique. Elle survit aux températures froides en hibernant, gelée sous la surface du sol pendant plusieurs mois de l’année. Habituellement, les cellules se brisent et meurent si elles gèlent, mais la Grenouille des bois produit un antigel particulier, appelé cryoprotecteur, qui protège ses cellules lorsqu’elles sont gelées! Les scientifiques s’intéressent vivement aux cryoprotecteurs et ont étudié la Grenouille des bois afin de créer de nouvelles méthodes de congélation d’organes de mammifères, dans le but de les entreposer avant la transplantation.

État des connaissances

Les humains étudient les amphibiens depuis des siècles. Ainsi, la biologie fondamentale, la physiologie et la biologie du développement de nombreuses espèces, notamment les grenouilles, sont bien connues. L’histoire naturelle de la plupart des amphibiens du Canada est également, en règle générale, bien connue, mais on en sait peu sur la répartition ainsi que la taille et la structure des populations dans certaines régions. Cette situation est partiellement attribuable aux difficultés d’effectuer un suivi sur les amphibiens, causées notamment par leur comportement nocturne et discret, leur petite taille et leur apparence cryptique. Des initiatives telles que le programme Attention grenouilles, qui fait appel à des bénévoles qui surveillent les populations d’amphibiens partout au pays, fournissent des renseignements qui nous permettront d’accroître notre compréhension de la répartition des amphibiens et constitueront des données de référence afin de suivre des changements de populations.

Les outils génétiques revêtent une importance croissante dans la recherche sur les amphibiens. Par exemple, en 1997, on a fait appel à l’analyse génétique pour classer la Grenouille maculée de l’Oregon (Rana pretiosa) comme espèce distincte de la Grenouille maculée de Columbia (Rana luteiventris). Des outils génétiques ont également été utilisés dans l’étude de la dispersion du Ouaouaron (Lithobates catesbeianus) en Ontario, des répercussions des coupes à blanc sur la Grande Salamandre (Dicamptodon tenebrosus) en Colombie-Britannique et de l’évolution de nouvelles espèces de salamandres (spéciation) dans les Rocheuses.

Au cours des dernières années, les répercussions des contaminants de l’environnement sur la croissance et le développement des amphibiens partout au pays ont été étudiées. Les produits chimiques et les engrais, qui s’accumulent dans certains habitats aquatiques dont se servent les amphibiens, risquent d’entraîner un éventail d’effets négatifs, y compris des malformations, une réduction de l’activité du système immunitaire, des comportements anormaux et, dans des cas extrêmes, la mort. Toutefois, il est difficile de lier ces conséquences aux déclins de populations.

Richesse et diversité au Canada

Le Canada compte 47 espèces d’amphibiens : un necture, deux tritons, sept crapauds, 18 grenouilles et 19 salamandres. Les provinces les plus riches en espèces sont l’Ontario (26 espèces), la Colombie-Britannique (22 espèces) et le Québec (21 espèces) (figure 22). La Colombie-Britannique compte le plus grand nombre d’espèces trouvées nulle part ailleurs au pays (13 espèces). Toutes les espèces d’amphibiens présentes au Canada le sont également aux États-Unis, mais la majeure partie de l’aire de répartition de plusieurs espèces, dont le Crapaud du Canada (Anaxyrus hemiophrys) et la Grenouille du Nord (Lithobates septentrionalis), se trouve au Canada.

Pleins feux sur la Grenouille léopard

La Grenouille léopard, Lithobates pipiens, (classification de la situation générale au Canada : en sécurité) est présente dans l’ensemble des provinces et des territoires à l’exception du Yukon. Cette grenouille de taille moyenne se reproduit dans des étangs chauds peu profonds et produit des masses d’oeufs qui contiennent entre 600 et 7000 oeufs. Les oeufs éclosent et produisent des têtards qui se nourrissent d’algues pendant 9 à 12 semaines, jusqu’à ce qu’ils soient prêts à se métamorphoser en adultes. Les adultes passent l’été à se nourrir loin de l’eau, mais ils retournent vers des étendues d’eau profondes et bien oxygénées pour hiberner.

La Grenouille léopard a déjà été commune dans toute son aire de répartition canadienne, mais vers la fin des années 1970, les populations ont connu un déclin rapide et généralisé en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba. En fait, l’espèce était presque disparue du Manitoba en 1976 et de l’Alberta en 1979. Il est difficile d’interpréter les tendances des populations, faute de surveillance avant cette période, et les scientifiques ne connaissent toujours pas avec certitude les raisons des déclins. Depuis les années 1980, les populations de Grenouille léopard se rétablissent lentement en Alberta et en Saskatchewan, alors qu’elles se sont rétablies plutôt rapidement au Manitoba. En Colombie-Britannique, les populations ne se sont pas rétablies de façon importante, et elles se limitent dorénavant à une seule aire de gestion faunique.

L’histoire de la Grenouille léopard montre que même des espèces répandues et nombreuses ne sont pas à l’abri de déclins de populations catastrophiques et de la disparition à l’échelle locale. Les scientifiques se concentrent actuellement sur la reproduction en captivité et la libération de Grenouilles léopards en Alberta et en Colombie-Britannique ainsi que sur la surveillance des populations en Alberta et en Saskatchewan, afin de la rétablir dans son ancienne aire de répartition et d’améliorer nos connaissances sur cette espèce.

Photo d’une Grenouille léopard
Photo: Grenouille léopard, Lithobates pipiens © Erik Enderson

Pleins feux sur la Grenouille maculée de l’Oregon

La Grenouille maculée de l’Oregon, Rana pretiosa, a été décrite comme une espèce distincte de la Grenouille maculée de Columbia en 1997. La même année, la Grenouille maculée de l’Oregon a été la première espèce à être inscrite d’urgence à la liste des espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Cette petite grenouille se répartissait auparavant du sud-ouest de la Colombie-Britannique au nord-ouest de la Californie, mais elle se limite maintenant à des petites populations isolées, et on estime qu’elle a disparu de 90% de son aire de répartition historique. Les déclins de population et la réduction de l’aire de répartition ont été associés à la perte de l’habitat, aux changements survenus dans l’hydrologie, à l’introduction de prédateurs et de végétation exotiques ainsi qu’à l’isolement des populations restantes. En outre, elles sont vulnérables à la pollution et aux changements climatiques. Uniquement présente à l’heure actuelle parmi trois populations du sud-ouest de la Colombie-Britannique et moins de 30 populations aux États-Unis, cette espèce est classée en péril au Canada. Dans la liste rouge de l’UICN, elle est classée vulnérable, ce qui signifie qu’elle risque de disparaître à l’échelle mondiale.

Depuis la désignation d’urgence par le COSEPAC, la Grenouille maculée de l’Oregon fait l’objet d’un plan de rétablissement élaboré avec la coopération d’organismes gouvernementaux, d’universités, de groupes autochtones locaux et du grand public. La reproduction en captivité ainsi que la cartographie et la remise en état de l’habitat ont été entamées. Bien que les trois petites populations canadiennes restantes soient isolées les unes des autres et des populations américaines, l’élaboration d’un plan de rétablissement et la coopération entre les organismes et groupes laissent espérer que cette espèce pourra être préservée.

Pleins feux sur le Crapaud de l’Ouest

Le Crapaud de l’Ouest, Anaxyrus boreas, est la seule espèce de crapaud présente au Yukon; on le trouve également dans les Territoires du Nord-Ouest, en Colombie-Britannique et en Alberta. Ce crapaud de grande taille se reproduit aux extrémités peu profondes d’étangs, de lacs et de cours d’eau. Les femelles produisent des pontes pouvant compter jusqu’à 15 000 oeufs, mais peuvent se reproduire qu’une seule fois dans leur vie. Les crapauds adultes errent fréquemment à de grandes distances de l’eau et sont habituellement nocturnes, en particulier à de faibles altitudes. En hiver, le Crapaud de l’Ouest hiberne dans des terriers d’animaux ou sous des débris lâches. Les adultes sont carnivores et se nourrissent d’une vaste gamme d’invertébrés, notamment de vers de terre, de coléoptères, d’araignées et de fourmis. Même s’il libère un faible poison, le Crapaud de l’Ouest est la proie de reptiles, de mammifères et d’oiseaux.

À la suite d’une évaluation de la situation par le COSEPAC (espèce préoccupante en 2002), la classification nationale du Crapaud de l’Ouest est passée d’en sécurité dans Espèces sauvages 2000 à sensible dans Espèces sauvages 2005. Dans le présent rapport, la classification nationale de sensible a été maintenue. En 2002, l’évaluation du COSEPAC avait identifié cette espèce comme étant préoccupante en raison des déclins de populations et d’au moins un exemple de disparition locale. Les populations canadiennes de Crapauds de l’Ouest sont non seulement une composante unique de la faune de l’ouest du Canada, mais elles sont essentielles à la survie de cette espèce à l’échelle mondiale en raison du déclin des populations américaines. Une surveillance étroite et des recherches sont nécessaires au maintien de populations canadiennes saines de Crapauds de l’Ouest.

Résultats de l’évaluation de la situation générale

À l’échelle nationale, parmi les 47 espèces d’amphibiens présentes au Canada, neuf espèces (19%) sont en péril (figure 22). Ces neuf espèces possèdent une aire de répartition relativement restreinte; aucune n’est présente dans les territoires et seulement une espèce, la Salamandre sombre des montagnes (Desmognathus ochrophaeus), se retrouve dans plus d’une province (Ontario et Québec).

Six espèces d’amphibiens sont classées sensibles (13%) et 31 espèces sont en sécurité (66%). Il n’existe aucune espèce exotique ni occasionnelle d’amphibiens au Canada et aucune n’est classée possiblement en péril, indéterminée ni non évaluée à l’échelle nationale.

Figure 22. Résultats des évaluations de la situation générale des espèces d’amphibiens au Canada dans le rapport Espèces sauvages 2010.
diagramme à bandes (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 22

La figure 22 montre les résultats des évaluations de la situation générale des espèces d’amphibiens au Canada dans le rapport Espèces sauvages 2010. Le graphique à barres présente les espèces d’amphibiens disparues, disparues de la région, en péril, possiblement en péril, sensibles, en sécurité, indéterminées, non-évaluées, exotiques et occasionnelles au Canada, dans chaque province et territoire et dans les 4 régions océaniques. Des 47 espèces évaluées au Canada, une était classée disparue de la région, 9 en péril, 6 sensibles et 31 en sécurité. Des 4 espèces évaluées au Yukon, 2 étaient classées possiblement en péril, une sensible et une en sécurité. Des 5 espèces évaluées dans les Territoires du Nord-Ouest, 2 étaient classées possiblement en péril, une sensible et 2 en sécurité. Des 8 espèces évaluées au Nunavut, 2 étaient classées indéterminées et 6 non-évaluées. Des 22 espèces évaluées en Colombie-Britannique, 6 étaient classées en péril, 3 sensibles, 11 en sécurité et 2 exotiques. Des 10 espèces évaluées en Alberta, une était classée en péril, 3 possiblement en péril, 3 sensibles et 3 en sécurité. Des 7 espèces évaluées en Saskatchewan, 2 étaient classées en péril, une sensible et 4 en sécurité. Des 16 espèces évaluées au Manitoba, une était classée en péril, 2 possiblement en péril, 3 sensibles, 9 en sécurité et une indéterminée. Des 26 espèces évaluées en Ontario, 2 étaient classées disparues de la région, 6 en péril, une sensible et 17 en sécurité. Des 21 espèces évaluées au Québec, une était classée en péril, 4 possiblement en péril, 2 sensibles et 14 en sécurité. Des 16 espèces évaluées au Nouveau-Brunswick, une était classée sensible, 14 en sécurité et une indéterminée. Les 13 espèces évaluées en Nouvelle-Écosse étaient classées en sécurité. Des 10 espèces évaluées à l’Île-du-Prince-Édouard, une était classée possiblement en péril et 9 en sécurité. Des 8 espèces évaluées à Terre-Neuve et Labrador, 6 étaient classées en sécurité, une indéterminée et une exotique. Aucune espèce n’était présente dans les régions océaniques.

Comparaison avec les rapports Espèces sauvages précédents

Depuis le rapport Espèces sauvages 2005, l’espèce Ambystoma mavortium n’est plus considérée comme une sous-espèce de la Salamandre tigrée (Ambystoma tigrinum) et ces deux salamandres sont traitées en tant qu’espèces. Le nombre d’espèces canadiennes d’amphibiens est donc passé de 46 à 47 (tableau 30) et la Salamandre tigrée a été classée comme étant disparue de la région (selon une évaluation du COSEPAC en 2001).

Au total, trois espèces ont connu un changement dans leur rang au niveau national depuis la dernière évaluation. Parmi ces changements, une espèce a connu un niveau de risque plus élevé, une espèce a eu un niveau de risque moins élevé, et une espèce a été ajoutée. Ces changements étaient reliés à des changements dans la taxonomie et à une amélioration des connaissances (tableau 31). Aucun de ces changements n’était relié à des changements biologiques dans la taille de la population ou dans la répartition de l’espèce, ou dans les menaces qu’elle fait face.

Tableau 30. Changements dans le nombre d’espèces d’amphibiens dans le temps dans chacune des catégories de rangs déterminés par le Groupe de travail national sur la situation générale.
Classification nationaleAnnées des rapports Espèces sauvages 2000Années des rapports Espèces sauvages 2005Années des rapports Espèces sauvages 2010Changement moyen entre les rapportsChangement total depuis le premier rapport
0 Disparue / Disparue de la région0
(0%)
0
(0%)
1
(2%)
+1 espèce+1 espèce
1 En péril4
(9%)
9
(20%)
9
(19%)
+3 espèce+5 espèce
2 Possiblement en péril6
(13%)
0
(0%)
0
(0%)
-3 espèce-6 espèce
3 Sensible6
(13%)
7
(15%)
6
(13%)
StableStable
4 En sécurité29
(64%)
30
(65%)
31
(66%)
+1 espèce+2 espèce
5 Indéterminée0
(0%)
0
(0%)
0
(0%)
StableStable
6 Non évaluée0
(0%)
0
(0%)
0
(0%)
StableStable
7 Exotique0
(0%)
0
(0%)
0
(0%)
StableStable
8 Occasionnelle0
(0%)
0
(0%)
0
(0%)
StableStable
Total45 (100%)46
(100%)
47
(100%)
+1 espèce+2 espèce

 

Tableau 31. Raisons des changements dans la situation des espèces d’amphibiens entre la dernière évaluation et le rapport actuel.
Nom scientifiqueNom françaisRang national 2005Rang national 2010Raison du changement
Ambystoma mavortium--4(T) Auparavant incluse dans Ambystoma tigrinum (Changement relié à la taxonomie).
Ambystoma tigrinumSalamandre tigrée40.1(T) Classée comme étant disparue du pays par le COSEPAC en 2001. Le rang précédent de la situation générale incluait la sous-espèce mavortium, maintenant traitée comme une espèce.
Plethodon idahoensisSalamandre de Coeur d’Alene34(I) Amélioration des connaissances sur l’espèce.

Menace envers les amphibiens canadiens

Les déclins des populations d’amphibiens qui ont lieu à l’échelle mondiale depuis les 20 dernières années ont suscité de nombreuses discussions sur les menaces envers ces espèces. La perte et la dégradation de l’habitat, l’introduction d’espèces exotiques, la surexploitation (à des fins commerciales et récréatives), l’accroissement du rayonnement ultraviolet, la pollution, les maladies et les changements climatiques constituent les principales menaces. En outre, la mortalité attribuable à la circulation routière menace également certaines populations d’amphibiens.

La perte de l’habitat constitue l’une des principales menaces envers les amphibiens du Canada. Dans certaines régions du sud du pays, 90% des milieux humides ont été asséchés ou autrement détruits. Les autres zones humides situées dans des paysages agricoles ou urbains risquent d’être pollués et l’abondance ainsi que la diversité des amphibiens qui s’y trouvent sont souvent réduites. En outre, la fragmentation de l’habitat restant limiterait ou empêcherait le déplacement des individus entre les populations, faisant diminuer la stabilité des populations et le flux génétique entre celles-ci.

Certains déclins d’amphibiens à l’échelle mondiale ont été attribués à des maladies fongiques et virales, même dans des habitats vierges. Selon certaines recherches, les maladies affectent les populations en combinaison avec d’autres facteurs de stress. Par exemple, l’incidence d’une infection peut être accrue chez des populations affectées notamment par d’autres facteurs comme des polluants ou un rayonnement ultraviolet intense.

Conclusion

À la suite de la présente réévaluation des amphibiens du Canada, la classification nationale de trois espèces a changée comparativement au rapport Espèces sauvages 2005. Ces modifications ne sont pas attribuables à des changements biologiques dans l’abondance, la répartition ou les menaces, mais plutôt d’un changement relié à la taxonomie, d’une évaluation du COSEPAC, et d’une amélioration des connaissances des amphibiens canadiens.

Pour en savoir plus

AmphibiaWeb: Information on amphibian biology and conservation. (Consulté le 16 février 2010).

Attention Grenouilles. (Consulté le 16 février 2010).

Conant, R. et Collins, J. T. 1998. A field guide to reptiles and amphibians of eastern and central North America, third edition. Houghton Mifflin Co., Boston: 616 pp.

Froom, B. 1982. Amphibians of Canada. McClelland and Stewart, Toronto, Ontario: 120 pp.

IUCN, Conservation International, and NatureServe. 2004. Global amphibian assessment. Amphibian Red List Authority (Consulté le 16 février 2010). [en anglais seulement]

RESE. 2004. État des populations d’amphibiens et de reptiles au Canada. (Consulté le 16 février 2010).

Réseau canadien de conservation des amphibiens et des reptiles. (Consulté le 16 février 2010).

The Tree of Life. 1995. Living amphibians. (Consulté le 16 février 2010). [en anglais seulement]

Stebbins, R. C. et Cohen, N. W. 1995. A natural history of amphibians. Princeton University Press, Princeton, New Jersey: 316 pp.

Virtual exhibit on Canada’s biodiversity: focus amphibians. (Consulté le 15 octobre 2005).

Références

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COSEPAC. 2002. Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur le crapaud de l’Ouest Bufo boreas au Canada. (Consulté le 11 février 2010).

COSEPAC. 2009. Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur la grenouille léopard Lithobates pipiens (population des montagnes du sud) au Canada. (Consulté le 11 février 2010).

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