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Section 2 : Sources des données et méthodologie

Groupe de travail

Le présent rapport relève du Groupe de travail national sur la situation générale (GTNSG), sous la direction du Comité des directeurs canadiens de la faune (CDCF) et ultimement sous la direction du Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP). Le GTNSG se compose de représentants de tous les gouvernements provinciaux et territoriaux au Canada, ainsi que de trois organismes fédéraux : Environnement Canada (Service canadien de la faune – SCF), Parcs Canada, et Pêches et Océans Canada (MPO). En 2009, trois membres à titre d’office se sont également joints au groupe de travail : Agriculture et Agroalimentaire Canada, Ressources naturelles Canada, et NatureServe Canada. Pour faire les rapports de la série Espèces sauvages, le GTNSG a établi des lignes directrices relativement aux critères à utiliser dans le calcul des classifications de la situation générale. Le GTNSG a également défini les groupes taxonomiques d’espèces à classer dans chaque rapport. Une liste des membres du GTNSG se trouve à l’annexe 1 du présent rapport.

Il existe des classifications de la situation générale à l’échelle régionale et nationale (figure 4). À l’échelle régionale, elles ont été créées pour chaque province et territoire. Puisqu’il est souvent difficile d’associer les espèces marines (par exemple, les baleines) à une province ou à un territoire précis, des classifications ont également été produites pour les quatre régions océaniques, à savoir la région de l’océan Pacifique, la région de l’océan Arctique Ouest, la région de l’océan Arctique Est et la région de l’océan Atlantique. Les représentants des provinces et des territoires sont les principaux responsables de la constitution des listes d’espèces qui habitent leur province ou leur territoire; il leur incombe également d’établir la source des renseignements sur lesquels reposerait la classification de leur province ou de leur territoire pour une espèce donnée, de les compiler, de les sauvegarder et de les interpréter. Le MPO est le principal responsable de l’établissement des listes d’espèces présentes dans les régions océaniques et de la compilation des classifications pour chaque espèce marine.

Lorsque les classifications régionales de la situation générale sont établies, le GTNSG est responsable d’assigner la classification nationale, qui traduit l’état général de l’espèce au Canada à partir de l’information des provinces, des territoires et des régions océaniques où l’espèce est présente.

Figure 4. Diagramme présentant la façon dont les classifications régionales (provinciales, territoriales et des régions océaniques) et nationales sont produites.
diagramme à bandes (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 4

La figure 4 montre un diagramme présentant la façon dont les classifications régionales (provinciales, territoriales et des régions océaniques) et nationales sont produites. L’organigramme montre comment une variété de ressources sont utilisées pour déterminer les rangs régionaux et nationaux au Canada. Les rangs régionaux pour chaque province, territoire et région océanique sont assignés en se basant sur les informations obtenues des connaissances traditionnelles autochtones, des connaissances communautaires, de la littérature, de NatureServe Canada, des scientifiques et spécialistes, des ministères provinciaux, territoriaux et fédéraux des espèces sauvages et des évaluations et rapports de situation du COSEPAC. La classification nationale est attribuée par le Groupe de travail sur la situation générale en se basant sur les rangs régionaux, les évaluations et rapports de situation du COSEPAC et des renseignements fournies par des spécialistes. Ces évaluations sont répétées tous les cinq ans et présentées dans les rapports Espèces Sauvages.

Codes utilisés pour les régions

Le Groupe de travail national sur la situation générale utilise des codes pour représenter les régions étudiées. Le tableau 3 donne les codes utilisés pour représenter les régions à l’étude dans ce rapport. La figure 5 montre la localisation de ces régions.

Tableau 3. Codes utilisées pour représenter les régions dans le rapport Espèces sauvages 2010.
CodeRégion
CACanada
YTYukon
NTTerritoires du Nord-Ouest
NUNunavut
BCColombie-Britannique
ABAlberta
SKSaskatchewan
MBManitoba
ONOntario
QCQuébec
NBNouveau-Brunswick
NSNouvelle-Écosse
PEÎle-du-Prince-Édouard
NLTerre-Neuve-et-Labrador
PACOcéan Pacifique
WAOOcéan Arctique Ouest
EAOOcéan Arctique Est
ATLOcéan Atlantique

 

Figure 5. Carte du Canada illustrant les 13 provinces et territoires ainsi que les quatre régions océaniques pour lesquelles des classifications de la situation générale sont produites.
diagramme à bandes (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 5

La figure 5 représente une carte du Canada illustrant les 13 provinces et territoires (Alberta, Colombie-Britannique, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve et Labrador, Territoires du Nord-Ouest, Nouvelle-Écosse, Nunavut, Ontario, Île-du-Prince-Édouard, Québec, Saskatchewan et Yukon) ainsi que les 4 régions océaniques (Atlantique, Arctique Est, Arctique ouest et Pacifique) pour lesquels des classifications de la situation générale sont produites. La région de l’océan Pacifique s’étend du sud de la Colombie-Britannique au nord d’Haida Gwaii. La région de l’océan Arctique Ouest s’étend du nord du Yukon au Territoires du Nord-Ouest. La région de l’océan Arctique Est s’étend du nord du Nunavut à l’est du nord du Québec incluant la Baie d’ Hudson. La région de l’océan Atlantique s’étend des provinces maritimes à l’est du Québec.

Sources d’information

Pour obtenir la vue d’ensemble la plus précise possible de la situation d’une espèce, il faut compiler l’information locale afin de produire une image régionale puis nationale de la situation générale de l’espèce. L’évaluation de la situation générale des espèces au Canada est donc une tâche complexe et ardue, car il existe de nombreuses espèces et elles sont réparties sur une vaste superficie. Heureusement, il existe aussi une profusion de renseignements sur les espèces canadiennes, dont certains se trouvent dans des documents publiés, mais dont un grand nombre provient de l’expertise et des connaissances que des personnes ont accumulées. Par exemple, la contribution des naturalistes amateurs, des spécialistes des musées, des biologistes des gouvernements et des détenteurs de connaissances communautaires et traditionnelles autochtones est souvent essentielle pour établir quelles espèces se trouvent dans une région et quelle est leur situation. Les ministères provinciaux, territoriaux et fédéraux des espèces sauvages au Canada collectent et maintiennent ces informations.

Dans plusieurs provinces, une partie de ces connaissances locales est déjà maintenue par NatureServe Canada, au sein de son réseau de Centres de données sur la conservation (CDC) et de Centres d’information sur le patrimoine naturel (CIPN). Les membres du programme de NatureServe Canada ont la responsabilité d’héberger l’information sur la biodiversité pour leur juridiction respective, ainsi que de recueillir et vérifier activement les données sur les espèces et les communautés écologiques. Ces données sont examinées par des experts, maintenues et rendues disponibles pour analyse via une méthodologie et des systèmes de gestion des données standardisés. Présentement, le réseau de NatureServe Canada inclut huit membres du programme, dans toutes les provinces (les provinces maritimes de l’Atlantique sont représentées par un membre de programme régional) et dans un territoire (Yukon). Le réseau de NatureServe Canada appartient au réseau international de NatureServe. Dans le cas de plusieurs groupes taxonomiques, le processus de la situation général utilise l’expertise et les données maintenues au sein du réseau de Centres de données sur la conservation et de Centres d’information sur le patrimoine naturel de NatureServe Canada.

Faire participer une grande variété de personnes possédant des connaissances sur les espèces permet d’obtenir la meilleure et la plus complète image qui soit de la situation générale des espèces. En outre, les consultations d’envergure nécessaires à la collecte des données relatives à la classification de la situation générale des espèces créent une connexion de connaissances spécialisées qui constitue une ressource permanente pour la gestion et la conservation des espèces sauvages dans chaque province ou territoire, ce qui constitue un autre avantage. Ces connaissances accumulées permettent de créer des listes d’espèces pour une région donnée et, dans la plupart des cas, suffisamment de renseignements sont amassés pour que la province ou le territoire établisse la classification de la situation générale de chacune des espèces. De plus, les lacunes décelées pendant ce processus d’évaluation indiquent où il faudrait investir pour accroître les connaissances spécialisées relativement à certains groupes d’espèces particuliers, où des travaux de recherche et d’échantillonnage supplémentaires sont nécessaires, et mettent en lumière le besoin de consigner de façon durable les connaissances des spécialistes actuels.

Critères sur lesquels reposent les évaluations de la situation générale

La situation générale d’une espèce donnée est déterminée en examinant l’information existante relative à un ensemble de sept critères qui, collectivement, décrivent la situation d’une population à l’intérieur de régions géographiques précises, soit les provinces, les territoires, les régions océaniques et le Canada entier (Groupe de travail national sur la situation générale, 2003). Ces critères sont fondés sur des définitions élaborées et utilisées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN, 2001), les Critères d’amendement des annexes I et II (rés. Conf. 9.24) de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) ainsi que les critères sur l’évaluation du niveau de conservation développés par NatureServe. Ces critères ont servi de guide pour aider à établir la catégorie de situation générale adéquate pour les espèces. Lorsque cela était possible, les représentants de chaque province, territoire et organisme fédéral ont utilisé les définitions suivantes des sept critères:

  • Taille des populations – Estimation actuelle du nombre total d’individus adultes capables de se reproduire. Lorsque des fluctuations naturelles caractérisent les populations, le nombre minimal est utilisé. De même, si la population est caractérisée par des rapports des sexes biaisés pour la reproduction, il est approprié d’utiliser les estimations les plus faibles du nombre d’individus adultes qui tiendront compte de cette caractéristique. On a découvert que, pour de nombreuses espèces, une population de moins de 1000 individus matures peut adéquatement être considérée comme petite. Il faudra probablement formuler diverses définitions de ce qu’est une « petite » population pour différents groupes taxonomiques.
  • Nombre d’occurrences – Estimation du nombre de sites où l’espèce est actuellement présente. Du point de vue écologique, une occurrence de site est un endroit qui constitue un habitat assurant la subsistance ou contribuant d’une façon ou d’une autre à la survie d’une population. Une occurrence de site se définit différemment selon l’espèce, compte tenu de son histoire naturelle. Lorsque la répartition d’une espèce est extrêmement limitée et qu’il y a très peu d’occurrences de site, cette espèce est très exposée à un certain nombre de perturbations, prévisibles ou non. Ce critère est par conséquent le facteur qui influe le plus sur la classification générale lorsqu’il y a peu d’occurrences.
  • Répartition géographique – Région délimitée par la frontière imaginaire continue la plus courte qui puisse être tirée de façon à inclure tous les sites d’occurrence connus, supposés ou projetés, à l’exclusion des occurrences isolées (occurrences fortuites, dont il est improbable qu’elles se reproduisent). La région à l’intérieur de cette frontière imaginaire doit, cependant, exclure des zones importantes où l’espèce ne se trouve pas. Pour les espèces migratrices, la répartition géographique est la plus petite région essentielle, à toute étape, à la survie de l’espèce.
  • Tendance de la population – Estimation de la modification diachronique (s’il y a lieu) du nombre d’individus adultes. Lorsque des déclins sont indiqués, la « diminution rapide » est définie comme une réduction de 50% au cours des 10 dernières années ou des trois dernières générations, soit la plus longue période. La « diminution » est définie comme une réduction de 20% au cours des 10 dernières années ou des trois dernières générations, soit la plus longue période. On ne tient généralement pas compte des fluctuations naturelles dans le cadre d’un déclin, mais il ne faut pas considérer qu’une diminution observée fasse partie d’une fluctuation naturelle à moins que des preuves n’appuient cette interprétation.
  • Tendance en matière de répartition – Changement diachronique (s’il y a lieu) de l’aire de répartition géographique de l’espèce. Lorsque des déclins en matière de répartition sont indiqués, la « diminution rapide » est définie comme une réduction de 50% au cours des 20 dernières années ou des six dernières générations, soit la plus longue période. La « diminution » est une réduction de 20% au cours des 20 dernières années ou des six dernières générations, soit la plus longue période.
  • Menaces envers la population – Exploitation directe ou harcèlement par des prédateurs, des compétiteurs, des organismes pathogènes ou des parasites, ou interactions écologiques avec ceux ci, observés, déduits ou projetés, qui risquent d’entraîner des déclins de populations. Les menaces extrêmes sont importantes, touchent plus de la moitié de la population et ne sont pas atténuées. Les menaces modérées sont également graves, mais elles touchent moins de la moitié de la population ou sont atténuées par un certain niveau de protection par les humains. Les menaces restreintes touchent moins la viabilité de la population ou sont atténuées par des mesures de protection.
  • Menaces envers l’habitat – Modifications de l’habitat (perte, transformation, dégradation ou fragmentation) observées, déduites ou projetées, qui risquent d’entraîner des déclins de populations. Les menaces extrêmes sont importantes, touchent plus de la moitié de la population et ne sont pas atténuées. Les menaces modérées sont également graves, mais elles touchent moins de la moitié de la population ou sont atténuées par un certain niveau de protection par les humains. Les menaces restreintes touchent moins la viabilité de la population ou sont atténuées par des mesures de protection.

Les cotes attribuées aux critères peuvent guider la classification de la situation générale d’une espèce donnée dans une province, un territoire ou une région océanique. Les cotes sont des évaluations relatives fondées sur les données connues, car, dans le cas de la plupart des espèces, les données quantitatives précises sont rares; les seuils entre les cotes ne sont donc pas absolus. La quantité et le type de renseignements (par exemple, empiriques ou anecdotiques) ont servi de facteur de pondération de la contribution de chaque cote à la classification finale. Ainsi, chaque classification de la situation générale ne constitue pas une simple moyenne des cotes des critères, mais repose sur le caractère particulier de l’information sous-jacente à chacun des critères.

Catégories de situation générale

Chaque espèce évaluée dans les rapports Espèces sauvages a reçu une cote (souvent représentée par un code numérique) qui résume sa situation générale. Chaque évaluation a été fondée sur une série de critères (voir la section précédente) qui saisit l’information, le cas échéant, sur la taille des populations et leur répartition, les menaces qui pèsent sur les individus ou leur habitat ainsi que toutes les tendances (croissantes ou décroissantes) de ces caractéristiques. Les espèces ont reçu un rang de situation générale dans chaque province, territoire ou région océanique dans lesquels leur présence est attestée ainsi qu’une classification de la situation générale au Canada (« classification nationale »).

Les catégories de situation générale sont nécessairement larges, autant parce que le grand nombre d’espèces comprises empêche de faire des évaluations détaillées et intensives des espèces qui nous renseigneraient à une échelle plus fine, qu’en raison de la variation de la quantité d’information existante pour différentes espèces. Le lecteur doit également remarquer que toutes les catégories de situation générale ne portent que sur la situation de l’espèce au Canada. Lorsque cette espèce existe aussi à l’extérieur du Canada (comme c’est le cas de la plupart de nos espèces), la situation de ces populations peut être différente dans d’autres pays. Par exemple, une espèce abondante ailleurs (aux États-Unis, en Europe) peut n’avoir que très peu de représentants au Canada. Dans ce cas, elle peut être classée comme possiblement en péril, ce qui correspond à sa situation générale au Canada et au degré de préoccupation quant à son avenir ici, tout en étant moins préoccupante dans d’autres parties de son aire de répartition. Le tableau 4 présente les catégories de situation générale utilisées dans le présent rapport.

Tableau 4. Catégories de situation générale utilisées dans le rapport Espèces sauvages 2010.
CoteSituation généraleDescription
0.2DisparueEspèce éliminée à l’échelle mondiale (elle n’existe plus nulle part). Cette cote remplace partiellement la classification Disparue de la région / Disparue, utilisée dans le rapport Espèces sauvages 2000.
0.1Disparue de la régionEspèce qui n’est plus présente dans une région géographique donnée, mais qui l’est ailleurs. Cette cote remplace partiellement la classification Disparue de la région / Disparue, utilisée dans le rapport Espèces sauvages 2000.
1En périlEspèce pour laquelle une évaluation officielle détaillée du risque (évaluations du COSEPAC ou leurs équivalents provinciaux ou territoriaux) a été effectuée et pour laquelle il a été établi qu’elle risque de disparaître de la planète ou du Canada (c’est-à-dire qu’elle est en voie de disparition ou menacée). Une espèce désignée « en voie de disparition » ou « menacée » par le COSEPAC est classée d’office à l’échelle nationale parmi les espèces en péril. Lorsqu’une évaluation provinciale ou territoriale officielle des risques conclut qu’une espèce est « en voie de disparition » ou « menacée » dans cette région particulière, cette espèce est alors automatiquement désignée, en vertu du programme de classification de la situation générale, comme une espèce en péril à l’échelle provinciale ou territoriale.
2Possiblement en périlEspèce qui est peut-être menacée de disparition, ou de disparition de la région, et qui est donc admissible à une évaluation détaillée des risques par le COSEPAC ou ses équivalents provinciaux ou territoriaux.
3SensibleEspèce dont on ne croit pas qu’elle est en danger immédiat de disparition ou de disparition de la région, mais qui pourrait nécessiter une attention ou une protection particulière pour ne pas devenir en péril.
4En sécuritéEspèce dont on ne croit pas qu’elle est disparue, disparue de la région, en péril, possiblement en péril, sensible, occasionnelle ni exotique. Cette catégorie inclut certaines espèces dont le nombre a tendance à diminuer au Canada, mais qui sont encore relativement répandues ou abondantes.
5IndéterminéeEspèce pour laquelle les données, les renseignements et les connaissances sont insuffisantes pour évaluer sa situation avec assurance.
6Non évaluéeEspèce dont on sait ou croit qu’elle est régulièrement présente dans la région géographique du Canada, à laquelle la classification s’applique, mais qui n’a pas encore été évaluée dans le cadre du programme de la situation générale.
7ExotiqueEspèce que des activités anthropiques ont déplacée au-delà de son aire de répartition naturelle. Dans le présent rapport, les espèces exotiques ont été délibérément exclues de toutes les autres catégories.
8OccasionnelleEspèce qui se trouve peu souvent et de manière imprévisible à l’extérieur de son aire de répartition habituelle.

Dans certains cas, les classifications de la situation générale découlent d’une autre pondération de tous les critères pour lesquels de l’information existait. En outre, il est fréquent que les provinces et les territoires qui sont membres du réseau de NatureServe Canada convertissent leurs cotes existantes du niveau de conservation subnationales (cotes S), élaborées par leur Centre de données sur la conservation ou leur Centre d’information sur le patrimoine naturel, en classifications de la situation générale. Les botanistes et zoologistes du réseau de NatureServe Canada effectuent régulièrement des travaux d’échantillonnage pour suivre les espèces et amasser de l’information pour mettre à jour le rang des espèces, et participent directement au programme de la situation générale pour les espèces dans leurs juridictions.

Mise à jour des évaluations de la situation générale

Dans les différents rapports de la série Espèces sauvages, des changements dans la situation générale des espèces peuvent être observés. D’abord, les provinces et les territoires ont vérifié si la liste des espèces avait changé, au chapitre notamment des nouvelles espèces, des changements de la taxonomie et de la correction d’erreurs. Les espèces additionnelles ont été évaluées à l’aide des critères pour les nouvelles évaluations de la situation générale, décrits ci-dessus. Ensuite, les provinces et territoires ont comparé les espèces présentes dans les différents rapports de la série Espèces sauvages. Pour chaque espèce, si aucun changement important n’était survenu dans l’abondance, la répartition, les tendances ou les menaces, ou s’il n’y avait aucune nouvelle information, l’espèce conservait généralement la même classification que dans le rapport précédent. Si l’on croyait que d’importants changements avaient eu lieu, ou si l’on possédait de nouvelles données (par exemple, un nouveau rapport de situation du COSEPAC, un nouveau relevé montrant l’expansion de l’aire de répartition), l’espèce était réévaluée à l’aide des mêmes critères que dans le cas des nouvelles évaluations de la situation générale.

Des évaluations régionales aux évaluations nationales

Une classification de la situation générale au Canada (« classification nationale ») a été attribuée à chaque espèce afin de brosser un tableau général de sa situation à l’échelle nationale. Ces classifications ont été octroyées par le GTNSG à la suite d’un examen des classifications et des données connexes fournies pour les provinces, les territoires et les régions océaniques. En général, lorsque les cotes variaient selon les régions du pays, la classification régionale représentant le degré de risque le plus faible (à l’exclusion des cotes Indéterminée, Non évaluée, Exotique et Occasionnelle) était attribuée pour la classification nationale. Par exemple, la Couleuvre verte (Opheodrys vernalis) est classée indéterminée dans l’Île-du-Prince-Édouard; sensible en Saskatchewan, au Manitoba et au Québec; et en sécurité en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse; par conséquent, à l’échelle nationale, l’espèce a été classée en sécurité. Cependant, la répartition géographique a également été prise en considération; une région abritant la majorité de la répartition de l’espèce influait plus sur la classification nationale qu’une région où l’espèce était peu représentée. Par exemple, la Musaraigne de Béringie (Sorex ugyunak) est classée sensible au Yukon et indéterminée dans les Territoires du Nord-Ouest ainsi qu’au Nunavut. Si la ligne directrice générale était appliquée, la classification nationale de cette espèce serait sensible. Toutefois, comme seule une petite partie de l’aire de répartition de l’espèce se situe au Yukon, la Musaraigne de Béringie a été classée indéterminée à l’échelle nationale.

Enfin, dans le cas des espèces dont l’aire de reproduction est limitée (notamment les oiseaux de rivage), la situation dans l’aire de reproduction revêtait une importance particulière dans l’attribution de la classification nationale. Par exemple, au Canada, le Tournepierre à collier (Arenaria interpres) niche principalement dans la toundra du nord du Nunavut, où il est classé sensible en raison du déclin de la population. Néanmoins, cette espèce est une migratrice commune dans les habitats propices du sud du Canada, où elle est classée en sécurité dans toutes les provinces à l’exception du Québec, où elle est classée sensible. Si la ligne directrice générale d’assignation du rang avec le plus faible niveau de risque était appliquée, la classification nationale serait en sécurité. Cependant, le Tournepierre à collier a été classé sensible, en raison des préoccupations au sein de son aire de reproduction. Pour obtenir de plus amples renseignements sur ce type d’exceptions, veuillez consulter les groupes taxonomiques dans la section des résultats.

Outil de recherche des situations générales

Les classifications régionales et nationales de toutes les espèces évaluées peuvent être trouvées à l’aide de l’outil de recherche des situations générales, qui comprend des données en français et en anglais telles que le nom commun, le nom scientifique, le groupe taxonomique, la classification nationale et régionale et l’année d’évaluation. De plus, l’outil comporte une section Commentaires qui fournit des renseignements supplémentaires et, au besoin, des liens vers le site web du COSEPAC et de l’UICN. Il peut être utilisé pour rechercher des classifications de la situation générale en l’interrogeant par nom commun, nom scientifique, région, classification, groupe taxonomique et année. L’outil de recherche est disponible sur le site web Espèces sauvages.

Pour en savoir plus

Atlas du Canada. (Consulté le 23 février 2010).

CITES. (Consulté le 4 janvier 2010).

Environnement Canada. (Consulté le 23 février 2010).

Espèces sauvages, la situation générale des espèces au Canada. (Consulté le 30 décembre 2009).

NatureServe Canada. (Consulté le 23 février 2010). [en anglais seulement]

Parcs Canada. (Consulté le 23 février 2010).

Pêches et Océans Canada. (Consulté le 23 février 2010).

Service canadien de la faune - Nature. (Consulté le 23 février 2010).

References

Groupe de travail national sur la situation générale. 2003. Lignes directrices pour l’évaluation de la situation générale des espèces sauvages au Canada, version 2.0. Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) : 21 pp.

UICN. 2001. Catégories et critères de l’UICN pour la liste rouge : version 3.1. Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN, Gland, Suisse et Cambridge, Royaume Uni : 32 pp.