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Mollusques

Dans le rapport Espèces sauvages 2010, un seul groupe taxonomique faisant partie des mollusques est évalué, soit les moules d’eau douce de la classe des bivalves.

Moules d’eau douce

Unionoida - Ordre des mollusques appartenant à la classe Bivalvia. À l’instar d’autres bivalves, les moules d’eau douce sont des invertébrés au corps mou, non segmentés et dotés d’une paire de coquilles reliées par une charnière ainsi que d’un pied musculaire.

Photo d’une paire de coquilles d’un Ptychobranche réniforme
Photo: Ptychobranche réniforme, Ptychobranchus fasciolaris © Todd Morris

En bref

  • Il existe près de 1000 espèces de moules d’eau douce dans le monde, dont 54 sont présentes au Canada.
  • En excluant les espèces classées comme étant Disparue, Disparue de la région, Indéterminée, Non évaluée, Exotique ou Occasionnelle, seulement 39% des moules d’eau douce sont en sécurité à l’échelle nationale (au niveau du Canada), alors que 25% sont sensibles, 24% sont en péril et 12% sont possiblement en péril à l’échelle nationale.
  • Une espèce de moule d’eau douce est disparue du Canada.
  • On trouve les moules d’eau douce dans les lacs et les rivières, où elles améliorent la clarté et la qualité de l’eau en filtrant les algues et les bactéries.
  • Selon Rivers of Life, un rapport de NatureServe qui résume la situation des espèces d’eau douce, plus des deux tiers des moules d’eau douce aux États-Unis sont en voie de disparition.
  • Le cycle biologique des moules d’eau douce est unique; en effet, les larves doivent se fixer aux nageoires ou aux branchies d’une espèce hôte, habituellement un poisson, pour atteindre la maturité.

Contexte

Les moules d’eau douce (ordre des Unionoida) sont des animaux fascinants au mode de reproduction unique et jouant un rôle important dans la conservation de la qualité de l’eau. Les moules d’eau douce sont des mollusques appartenant à la classe Bivalvia, tout comme les huîtres et les pétoncles. À l’instar de tous les bivalves, les moules d’eau douce sont des invertébrés au corps mou, dotés d’une paire de coquilles reliées par une charnière. Les moules d’eau douce vivent au fond des ruisseaux, des rivières et des lacs partout au Canada. C’est dans la région des Grands Lacs que leur diversité est la plus importante.

Le corps simple des moules d’eau douce comprend un manteau, qui produit la coquille calcaire dure, un pied musculaire, qui permet à l’animal de se déplacer sur les sédiments, et des branchies, qui lui servent à capter l’oxygène de l’eau. Les moules d’eau douce se nourrissent de plancton et d’autres particules organiques en suspension dans l’eau en filtrant l’eau à l’aide de leurs branchies et en extrayant les particules alimentaires. Les déchets sont déposés sur les sédiments qui entourent la moule, fournissant ainsi de la nourriture aux poissons et aux invertébrés qui s’alimentent sur le fond. En filtrant les algues et les bactéries de l’eau pour se nourrir, les moules d’eau douce en améliorent la clarté et la qualité. En outre, elles jouent un rôle essentiel dans les cycles nutritifs, les réseaux alimentaires ainsi que dans l’oxygénation mécanique des sédiments dans lesquels elles vivent. Elles constituent donc une importante composante des écosystèmes d’eau douce.

Le cycle reproducteur des moules d’eau douce est unique : d’abord parce que la femelle couve les oeufs fécondés à l’intérieur de sa coquille, plutôt que de les libérer pour qu’ils dérivent dans les courants; ensuite, parce que les larves spécialisées, appelées glochidies, sont des parasites, c’est-à-dire qu’elles ont besoin d’un hôte vertébré pour atteindre la maturité. Dès que les glochidies ont éclos et qu’elles ont été libérées par la femelle, elles trouvent un hôte et se fixent à ses branchies ou à ses nageoires et forment un kyste, dans lequel elles deviendront des moules juvéniles. Lorsque le développement est terminé, la moule juvénile se décroche de son hôte et tombe sur les sédiments, où elle croîtra et atteindra sa maturité. Chaque espèce de moules d’eau douce a des hôtes précis : par exemple, l’Anodonte du gaspareau (Anodonta implicata), présent au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, a besoin d’un poisson, le Gaspareau (Alosa pseudoharengus), et la Mulette du necturus (Simpsonaias ambigua) ne peut atteindre sa maturité qu’en se fixant aux branchies de la Necture tacheté (Necturus maculosus), une salamandre aquatique.

De nombreuses espèces de moules d’eau douce ont développé des stratégies hors du commun afin d’accroître les chances que les jeunes trouvent un hôte propice. Par exemple, la femelle Lampsile fasciolée (Lampsilis fasciola) attire un hôte potentiel à l’aide d’un appât fait d’un lambeau de tissus qui ressemble à un petit poisson. L’appât utilisé par le Ptychobranche réniforme (Ptychobranchus fasciolaris) est légèrement différent : les glochidies sont enveloppées dans des paquets qui ressemblent à des petits poissons. Les paquets sont lâchés dans l’eau et, lorsqu’un véritable poisson mord le paquet, les glochidies sont libérées et se fixent à leur nouvel hôte.

En raison de la complexité de leur fascinant cycle biologique, le taux de reproduction des moules d’eau douce est faible, ce qui signifie que très peu d’oeufs survivent jusqu’à l’âge adulte. Pour contrebalancer cette situation, les moules d’eau douce produisent un très grand nombre d’oeufs, pouvant aller jusqu’à plusieurs milliers à la fois. De plus, la longévité des moules d’eau douce est souvent longue, ce qui leur permet de se reproduire à de nombreuses reprises. Certaines espèces peuvent vivre plus de 50 ans!

Les moules d’eau douce constituent un important outil de surveillance de la santé des systèmes aquatiques, car elles sont vulnérables à un vaste éventail de facteurs environnementaux, y compris la santé et la diversité des communautés locales de poissons et les taux d’oxygène dissous dans l’eau. Par conséquent, la réduction de la diversité ou de l’abondance des moules d’eau douce ou la transformation de la communauté de moules d’eau douce au profit d’espèces qui tolèrent la mauvaise qualité de l’eau indiquent un changement négatif de l’écosystème. En outre, des moules d’eau douce ont été utilisées pour étudier les contaminants des systèmes aquatiques, notamment l’Elliptio de l’Est (Elliptio complanata), qui a servi à examiner la configuration spatiale de la contamination par les biphényles polychlorés (BPC) de la rivière Détroit, en Ontario.

État des connaissances

Une grande partie de nos connaissances sur le cycle biologique des moules d’eau douce provient des tentatives de multiplier des moules pour l’industrie des boutons de nacre, qui était importante aux États-Unis au début du XXe siècle. Ces recherches ont fourni un aperçu du cycle biologique type des moules d’eau douce, mais il existe peu de données sur le cycle d’espèces précises. Par exemple, les hôtes de nombreuses moules d’eau douce canadiennes demeurent inconnus. De même, on en sait peu sur l’étape juvénile, qui a lieu entre le moment où la moule se détache de son hôte jusqu’à l’atteinte de sa maturité sexuelle.

Les récentes recherches sur les moules d’eau douce ont porté sur les répercussions des Moules zébrées (Dreissena polymorpha) et des Moules quagga (Dreissena bugensis) sur les moules d’eau douce indigènes. À l’instar des moules d’eau douce indigènes, les Moules zébrées et les Moules quagga font partie de la classe Bivalvia, mais elles appartiennent à un autre ordre (l’ordre Veneroida). Elles ne sont pas classées dans le cadre de la présente évaluation de la situation générale. D’origine européenne, les Moules zébrées et les Moules quagga ont été accidentellement introduites dans les Grands Lacs au cours des dernières années. Les Moules zébrées se fixent à la coquille des moules d’eau douce indigènes, parfois en très grand nombre, et entravent les fonctions normales de ces dernières, telles que l’alimentation et l’enfouissement, ce qui menace d’entraîner la mort de la moule infestée. Depuis l’introduction de la Moule zébrée, l’abondance et la répartition des communautés de moules indigènes dans le bassin des Grands Lacs ont rapidement diminué. En fait, la Moule zébrée a gravement affecté la stabilité des populations de plusieurs espèces de moules d’eau douce indigènes, notamment l’Epioblasme ventrue (Epioblasma torulosa), le Ptychobranche réniforme et la Pleurobème ronde (Pleurobema sintoxia). D’ailleurs, ces trois espèces sont classées en péril à l’échelle nationale. La Moule quagga affecteraient également les moules d’eau douce indigènes, mais les effets de cette dernière sont moins connus que ceux de la Moule zébrée.

De récentes préoccupations à l’égard du déclin des moules d’eau douce ont encouragé de nouvelles recherches sur la répartition et l’abondance des moules d’eau douce indigènes, en particulier dans la région des Grands Lacs. Des données historiques sur l’occurrence des moules d’eau douce dans cette région ont été compilées en une base de données unique afin de faciliter la comparaison entre les modèles de répartition historiques et actuels, et de nouveaux relevés de l’habitat des moules dans cette zone ont mis en lumière l’importance de certains fleuves, rivières et lacs dans le soutien de populations d’espèces en péril. Par exemple, la rivière Sydenham, en Ontario, abrite plusieurs espèces de moules d’eau douce protégées en vertu de la Loi canadienne sur les espèces en péril, y compris l’Epioblasme tricorne (Epioblasma triquetra), la Villeuse haricot (Villosa fabalis) et la Mulette du necturus.

Des relevés systématiques menés dans d’autres régions du pays ont également permis d’améliorer nos connaissances sur la répartition et l’abondance des moules d’eau douce. Par exemple, un récent relevé effectué dans le sud du Manitoba a montré le déclin de la diversité et de l’abondance des moules d’eau douce dans divers habitats, et d’autres menés en 2001 et en 2002 dans le bassin du fleuve Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, ont révélé l’existence de grandes populations de Lampsile jaune (Lampsilis cariosa), dont on croyait qu’elle était disparue de la province.

Richesse et diversité au Canada

Au total, 54 espèces de moules d’eau douce ont été trouvées au Canada, dans l’ensemble des provinces et des territoires, mais la richesse en espèces atteint un sommet entre le Manitoba et l’est de la Nouvelle-Écosse (figure 9). Au Canada, 19 espèces de moules d’eau douce ne sont présentes qu’en Ontario, dont 14 sont en péril ou possiblement en péril à l’échelle nationale. Cette grande diversité de moules d’eau douce en Ontario, en particulier dans le lac Sainte-Claire et dans le secteur ouest du lac Érié, est liée aux modèles de recolonisation depuis la dernière glaciation.

Dans l’ouest et le nord-ouest, la richesse en espèces de moules d’eau douce est généralement moindre (figure 9), mais quatre des six espèces de moules d’eau douce présentes en Colombie-Britannique ne se trouvent nulle part ailleurs au Canada. De même, la seule espèce de moule d’eau douce du Yukon, l’Anodonte du Yukon (Anodonta beringiana), n’est présente dans aucun autre territoire ni province.

Pleins feux sur la Lampsile jaune

La Lampsile jaune (Lampsillis cariosa) se distingue par sa coquille lustrée, ovoïde et jaune. À l’instar de nombreuses autres espèces de moules, la coquille des femelles tend à être plus arrondie et renflée que celle des mâles, afin que la femelle ait l’espace nécessaire pour couver ses oeufs à l’intérieur de sa coquille. La Lampsile jaune est présente dans des rivières de taille moyenne et grande le long de la côte est de l’Amérique du Nord, de la Géorgie à la Nouvelle-Écosse. Comme les autres moules d’eau douce, elle se nourrit de plancton et d’autres particules organiques filtrées de l’eau. Le Baret (Morone americana) et la Perchaude (Perca flavescens) sont probablement les espèces de poissons hôtes de ses larves parasitaires.

Au Canada, la Lampsile jaune ne se trouve que dans deux réseaux fluviaux : la rivière Sydney, dans l’île du Cap Breton, en Nouvelle-Écosse, ainsi que le bassin versant du fleuve Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Jusqu’à récemment, on croyait que la Lampsile jaune avait disparu du Nouveau-Brunswick, mais des relevés menés en 2001 et en 2002 dans le bassin inférieur du fleuve Saint-Jean et ses affluents ont permis de découvrir une grande population bien établie, comptant possiblement plus d’un million d’individus. La taille de cette population contraste fortement avec la situation de l’espèce ailleurs, car elle est classée menacée ou en voie de disparition dans la plus grande partie de son aire de répartition américaine. En raison de son occurrence limitée au Canada, l’espèce est classée sensible à l’échelle nationale.

Pleins feux sur l’Obovarie ronde

L’Obovarie ronde (Obovaria subrotunda) est une moule d’eau douce de taille moyenne à la coquille distinctive brune et arrondie. Auparavant répandue dans les Grands Lacs, l’espèce est probablement disparue du lac Érié depuis les années 1950 en raison de la diminution de la qualité de l’eau. À la suite de l’invasion par la Moule zébrée à la fin des années 1980, l’Obovarie ronde est également disparue des eaux au large du lac Sainte-Claire. En 1999, une population inconnue d’Obovarie ronde a été découverte dans un refuge d’eau peu profonde sur la rive nord du lac Sainte-Claire. Ce refuge abritait 22 espèces de moules d’eau douce, incluant plusieurs dont on craignait leur disparition du lac. Les densités de Moules zébrées dans ce refuge sont relativement faibles, probablement en raison des conditions difficiles dans cette zone peu profonde du lac, où les moules sont exposées à la fluctuation des niveaux de l’eau et à l’érosion par la glace. La seule autre population canadienne connue d’Obovarie ronde se trouve dans la rivière Sydenham, où elle est présente en petit nombre et exposée aux effets de la faible qualité de l’eau et à l’envasement. Dans l’ensemble, l’Obovarie ronde est disparue d’environ 90% de son ancienne aire de répartition canadienne.

On croit que le Dard de sable (Ammocrypta pellucida) est le poisson hôte de l’Obovarie ronde, ce qui n’a toutefois pas été confirmé. Le nombre de Dards de sable (classification nationale en 2005: en péril) a diminué au cours des dernières années, en raison de la moindre qualité de l’eau et de l’envasement accru, mais il est toujours présent dans le lac Sainte-Claire et la rivière Sydenham.

Les perspectives de l’Obovarie ronde au Canada sont incertaines, en raison de l’abondance de Moules zébrées dans le lac Sainte-Claire et de l’apparente vulnérabilité de l’espèce à la faible qualité de l’eau. En outre, des déclins de population ou des réductions de l’aire de répartition du Dard de sable risquent de nuire à l’Obovarie ronde, qui est classée en péril à l’échelle nationale.

Résultats de l’évaluation de la situation générale

Au total, 54 espèces de moules d’eau douce sont présentes au Canada. À l’échelle nationale, seulement un peu plus du tiers (37%, 20 espèces) sont classées en sécurité (figure 9 et tableau 12). De plus, 33% sont classées en péril (12 espèces) et possiblement en péril (six espèces) et 24% sont classées sensibles (13 espèces) à l’échelle nationale. Une espèce, l’Alasmidonte naine (Alasmidonta heterodon), est disparue du Canada (2%). Enfin, 4% sont classées indéterminées (deux espèces).

Figure 9. Résultats des évaluations de la situation générale des espèces de moules d’eau douce au Canada dans le rapport Espèces sauvages 2010.
diagramme à bandes (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 9

La figure 9 montre les résultats des évaluations de la situation générale des espèces de moules d’eau douce au Canada dans le rapport Espèces Sauvages 2010. Le graphique à barres présente les espèces de moules d’eau douce disparues, disparues de la région, en péril, possiblement en péril, sensibles, en sécurité, indéterminées, non-évaluées, exotiques et occasionnelles au Canada, dans chaque province et territoire et dans les 4 régions océaniques. Des 54 espèces évaluées au Canada, une était disparue de la région, 12 en péril, 6 possiblement en péril, 13 sensibles, 20 en sécurité et 2 indéterminées. Seulement une espèce était présente au Yukon et était classée indéterminée. Des 2 espèces évaluées dans les Territoires du Nord-ouest, une était classée en sécurité et une indéterminée. Des 2 espèces évaluées au Nunavut, une était classée indéterminée et une non-évaluée. Des 6 espèces évaluées en Colombie-Britannique, une était classée possiblement en péril, une sensible, 3 en sécurité et une indéterminée. Des 6 espèces évaluées en Alberta, 2 étaient classées possiblement en péril, 3 sensibles et une non-évaluée. Toutes les 9 espèces évaluées en Saskatchewan ont été classées indéterminées. Des 13 espèces évaluées au Manitoba, une était classée en péril, une possiblement en péril, 5 sensibles et 6 en sécurité. Des 41 espèces évaluées en Ontario, 12 étaient classées en péril, 6 possiblement en péril, 9 sensibles, 13 en sécurité et une non-évaluée. Des 21 espèces évaluées au Québec, 2 étaient classées en péril, 4 possiblement en péril, 11 sensibles et 4 en sécurité. Des 12 espèces évaluées au Nouveau-Brunswick, une était classée disparue de la région, 3 sensibles, 6 en sécurité, une indéterminée et une non-évaluée. Des 10 espèces évaluées en Nouvelle-Écosse, 2 étaient classées possiblement en péril, 4 sensibles et 4 en sécurité. Des 2 espèces évaluées à l’Île-du-Prince-Édouard, une était classée sensible et une en sécurité. Des 2 espèces évaluées à Terre-Neuve et Labrador, une était classée en sécurité et une indéterminée. Aucune espèce n’était présente dans les régions océaniques.

Comparaison avec les rapports Espèces sauvages précédents

Depuis l’évaluation des moules d’eau douce faite en 2005, la catégorie en péril a eu la plus importante augmentation en terme de nombre d’espèces (tableau 12). Ces espèces provenaient majoritairement de la catégorie possiblement en péril. Au total, huit espèces ont connu un changement dans leur rang au niveau national depuis la dernière évaluation. Parmi ces changements, quatre espèces ont connu un niveau de risque plus élevé, une espèce a eu un niveau de risque moins élevé, deux espèces ont été déplacées des catégories Indéterminée ou Non évaluée, et une espèce a été effacée. Les principales raisons de ces changements étaient de nouvelles évaluations détaillées effectuées par le COSEPAC ainsi qu’une amélioration des connaissances sur certaines espèces (tableau 13).

Tableau 12. Changements dans le nombre d’espèces de moules d’eau douce dans le temps dans chacune des catégories de rangs déterminés par le Groupe de travail national sur la situation générale.
Classification nationaleAnnées des rapports Espèces sauvages 2000Années des rapports Espèces sauvages 2005Années des rapports Espèces sauvages 2010Changement moyen entre les rapportsChangement total depuis le premier rapport
0 Disparue / Disparue de la région-1 (2%)1 (2%)-Stable
1 En péril-8
(15%)
12
(22%)
-+4 espèces
2 Possiblement en péril-9
(16%)
6
(11%)
--3 espèces
3 Sensible-15
(27%)
13
(24%)
--2 espèces
4 En sécurité-19
(34%)
20
(37%)
-+1 espèces
5 Indéterminée-2
(4%)
2
(4%)
-Stable
6 Non évaluée-1
(2%)
0
(0%)
--1 espèces
7 Exotique-0
(0%)
0
(0%)
-Stable
8 Occasionnelle-0
(0%)
0
(0%)
-Stable
Total-55
(100%)
54
(100%)
--1 espèces

 

Tableau 13. Raisons des changements dans la situation des espèces de moules d’eau douce entre la dernière évaluation et le rapport actuel.
Nom scientifiqueNom françaisRang national
2005
Rang national 2010Raison du changement
Anodonta beringianaAnodonte du Yukon65(I) Des efforts d’échantillonnage ont été effectués au Yukon.
Anodonta californiensisAnodote de Californie3-(I) Des nouveaux travaux ont déterminé que cette espèce ne se retrouve pas en Colombie-Britannique et que les observations étaient de mauvaises identifications de Anodonta nuttalliana.
Anodonta oregonensisAnodonte d’Oregon34(I) Amélioration des connaissances sur l’espèce.
Elliptio crassidensElliptio à dents fortes52(I) Amélioration des connaissances sur l’espèce.
Ligumia nasutaLigumie pointue21(C) En voie de disparition selon une évaluation détaillée du COSEPAC en avril 2007.
Quadrula quadrulaMulette feuille-d’érable21(C) Menacée en Ontario et en voie de disparition au Manitoba selon une évaluation détaillée du COSEPAC en avril 2006.
Truncilla donaciformisTroncille pied-de-faon21(C) En voie de disparition selon une évaluation détaillée du COSEPAC en avril 2008.
Villosa irisVilleuse irisée21(C) En voie de disparition selon une évaluation détaillée du COSEPAC en avril 2006.

Menace envers les moules d’eau douce canadiennes

Les moules d’eau douce sont potentiellement exposées à un certain nombre de menaces, y compris la destruction de l’habitat, la faible qualité de l’eau, l’envasement, les barrages et la canalisation des cours d’eau, la modification des zones humides et ripariennes ainsi que le lessivage des terres cultivées. Ces menaces peuvent affecter directement les populations de moules, ou peuvent avoir des répercussions indirectes en entraînant des déclins des populations d’espèces de poisson hôte nécessaires au cycle biologique des moules.

L’introduction de la Moule zébrée a affecté de façon importante les populations de moules d’eau douce indigènes au cours des dernières années, entraînant des diminutions marquées du nombre et de la diversité de moules d’eau douce indigènes dans le bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent, ainsi que dans d’autres rivières et lacs intérieurs qui ont été colonisés par cette espèce envahissante. Bien que les bassins affectés ne représentent qu’une portion de l’aire de répartition des moules d’eau douce au Canada, ils abritent néanmoins certaines des associations les plus abondantes et diverses du pays. Par conséquent, même si la zone affectée est petite, les répercussions négatives des Moules zébrées sur les moules d’eau douce indigènes du Canada sont graves.

Conclusion

Les moules d’eau douce sont moins bien connues que plusieurs autres groupes d’animaux d’eau douce, et le Canada compte peu de spécialistes de ces espèces. Néanmoins, les récents déclins de l’abondance et de la diversité ont stimulé l’intérêt et la recherche envers les moules d’eau douce canadiennes. De nouveaux relevés ont permis d’améliorer les connaissances sur la répartition et l’abondance des moules d’eau douce et ont montré l’importance des principaux refuges de lacs et de rivières dans le maintien de la diversité de ces espèces. Ce groupe compte une grande proportion d’espèces en péril à l’échelle nationale, et la protection de la diversité des moules d’eau douce canadiennes constituera un objectif important à atteindre.

Pour en savoir plus

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