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Programme de rétablissement de l’airelle à longues étamines (Vaccinium stamineum) au Canada

1. Renseignements généraux

1.1 Évaluation et statut de l'espèce

Nom commun : airelle à longues étamines

Nom scientifique : Vaccinium stamineum

Statut selon la liste des espèces en péril en Ontario (EEPEO) : menacée

Historique selon la liste des EEPEO : menacée (2004)

Historique de l'évaluation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) : menacée (1994 et 2000)

Annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) : menacée (5 juin 2003)

Cotes conservation :

COTE G : G5
COTE N : N1
COTE S : S1

Le glossaire présente les définitions des abréviations ci-haut mentionnées.

1.2 Description et biologie de l'espèce

Description de l'espèce

L'airelle à longues étamines est un arbuste colonial commun qui appartient à la famille des éricacées et fait partie des 12 espèces canadiennes du genre Vaccinium qui comprend les canneberges, les myrtilles et les bleuets. Cet arbuste dépasse rarement la taille d'un mètre et présente des feuilles alternes, de forme ovale et non dentelées. Les ramilles des jeunes plants affichent de minuscules poils, mais développent une écorce papyracée lorsque les plants vieillissent. Des grappes de fleurs blanches pendantes bien visibles apparaissent au début de l'été sur de longues tiges minces. Le fruit est rond et sa couleur varie de verdâtre à bleuâtre. L'airelle à longues étamines, qui se propage par dispersion des graines et production de rhizomes, forme des colonies couvrant plusieurs mètres carrés. Voir Cronquist (1991) pour de plus amples renseignements sur la morphologie de l'airelle à longues étamines.

Biologie de l'espèce

Ce sont les abeilles qui pollinisent l'airelle à longues étamines, et les oiseaux ainsi que les mammifères qui mangent les fruits charnus et en dispersent les graines dans leurs excréments.

Les graines de l'espèce Vaccinium dans la nature exigent normalement pour germer plusieurs semaines de stratification dans un froid humide suivies de températures de plus en plus chaudes et d'une exposition à la lumière (p. ex. l'hiver suivi du printemps). Des températures qui se situent entre 3 et 5°C ou moins durant six à huit semaines suffisent à interrompre la dormance. En serre, l'airelle à longues étamines germe plus facilement après la récolte du fruit frais (avec deux à trois semaines sur de la tourbe humide sous un éclairage modéré), et le taux de réussite est beaucoup moindre si la graine a séché (D. Kristensen, comm. pers., 2008).

Les champignons mycorhiziens peuvent constituer un besoin biologique important pour l'établissement et la croissance des semis. Des études en serre ont montré une bonne germination à partir de graines de plants d'airelle à longues étamines canadiens, qui a cependant été suivie d'une faible croissance que Kristensen (communication personnelle, 2008) croit être attribuable à un manque d'organismes mycorhiziens. Les jeunes plants qui ont été transplantés dans la nature semblent exiger des soins permanents pendant plusieurs années (plus de cinq) pour s'établir (A. Crowder, comm. pers., 2008). Le rôle des mycorhizes représente une grande lacune dans les connaissances.

Rôle écologique

L'airelle à longues étamines n'est une espèce dominante sur le plan écologique dans aucun type de communauté végétale sauf dans les landes à éricacées de transition dans l'État de New York (Reschke, 1990) où elle joue sans doute un rôle écologique dans la succession dans les zones ayant récemment subi des incendies de forêt. Dans le secteur des Mille Îles, elle est associée à plusieurs espèces tolérantes au feu comme le pin rigide (Pinus rigida) et d'autres espèces de bleuets.

Les fruits de l'airelle à longues étamines représentent une source de nourriture pour un grand nombre d'espèces de petits mammifères et d'oiseaux, comme les oiseaux frugivores. Ses fleurs sont une source de nectar pour une vaste gamme d'abeilles pollinisatrices (Cane et al., 1985).

On sait que les populations d'oiseaux ont beaucoup varié par le passé dans la région et qu'elles ont connu entre autres une augmentation des espèces qui se nourrissent au sol après les coupes de bois et les incendies au XIXe siècle (Weir, 1989). Les incendies procurent un nouvel emplacement pour la germination des plantes mais également pour l'alimentation des oiseaux (Farrar et al., 1978). Il se peut que l'airelle à longues étamines joue un certain rôle dans cette situation puisque les oiseaux se nourrissent de ses fruits charnus. De fait, nombre d'aspects de l'écologie des oiseaux sont reliés à la gestion future de l'airelle à longues étamines. On a observé que des Merles d'Amérique (Turdus migratorius) se perchaient et déféquaient au sommet de rochers, après quoi les graines se répandaient grâce à la pluie dans des crevasses humides (Howe, 1986). Un tel comportement pourrait expliquer la présence de nombreux emplacements d'airelle à longues étamines. De même, d'autres espèces d'oiseaux qui défèquent ou recrachent les graines aiment également se percher après s'être nourris (McNamee, 1997). Ils se perchent aux abords des clairières et permettent ainsi la production de groupes mélangés d'arbustes producteurs de fruits dans des emplacements de transition (Crowder et Harmsen, 1998). Dans le secteur des Mille Îles, l'arbuste qu'on retrouve le plus souvent avec l'airelle à longues étamines est le bleuet à feuilles étroites (Vaccinium angustifolium), ce qui constitue peut être une conséquence de ce type de comportement.

1.3 Distribution, abondance et tendances démographiques

Aire de répartition mondiale

L'aire de répartition mondiale de l'airelle à longues étamines s'étend du centre du Mexique et de la Floride jusqu'au sud et à l'est de l'Ontario et du Maine. La cote de conservation mondiale de l'airelle à longues étamines est G5, c'est-à-dire « non en péril ». On trouvera sur le site Web NatureServe.org [en anglais seulement] (NatureServe, 2008) de plus amples renseignements sur l'aire de répartition et le statut de conservation par région au nord du Mexique.

Aux États-Unis, l'airelle à longues étamines pousse du Texas aux États du golfe du Mexique, au nord jusqu'au Maine et à l'ouest jusqu'au Kansas. Dans 28 États, y compris l'État de New York (adjacent aux deux populations régionales de l'Ontario), on ne considère pas l'airelle à longues étamines comme étant " en péril " ou S5, sa cote est de S1 ou « en péril » au Kansas et au Vermont (NatureServe, 2008). On ne trouve pas présentement d'airelle à longues étamines au Michigan, et il peut s'être agi d'une plante de jardin dans une mention datant de 1903. (Voss, 1996).

Aire de répartition au Canada

On trouve l'airelle à longues étamines dans deux secteurs de l'Ontario : le secteur du Niagara et le secteur des Mille-Îles du Saint-Laurent (Argus et al., 1982-1987; Argus et Pryer, 1990; Ford, 1984; Ford, 1993; Soper et Heimburger, 1982). La figure 1 présente une carte de répartition au Canada de l'airelle à longues étamines.

 

Figure 1. Aire de répartition passée et présente de l'airelle à longues étamines en Ontario

Figure 1. Aire de répartition passée et présente de l'airelle à longues étamines en Ontario (voir description longue ci-dessous).

Description pour la figure 1

L’aire de répartition mondiale de l’airelle à longues étamines s’étend du centre du Mexique et de la Floride jusque dans le sud et l’est de l’Ontario et du Maine. L'airelle à longues étamines est présente dans deux régions de l’Ontario, à savoir la région de Niagara (2 occurrences) et celle des Mille-Îles (3 occurrences). Plusieurs populations ont été recensées par le passé le long de la rivière Niagara en Ontario, mais il n’en subsiste que deux dans la région des chutes Niagara.


Le secteur du Niagara abrite une seule population d'airelles à longues étamines, qui est située près de la ville de Niagara Falls sur une terre que possède et gère la Commission des parcs du Niagara (organisme provincial). En 2001, la population consistait en neuf tiges dans trois colonies (M. Thompson-Black, comm. pers., 2008). En 2006, Mike Oldham (M. Oldham, comm. pers., 2008) a reconfirmé l'existence de deux des trois colonies. Celles-ci sont relativement rapprochées dans les vestiges d'une savane à chêne noir (Quercus velutina) surplombant le côté occidental de la zone Whirlpool de la gorge de la rivière Niagara. On n'a effectué aucune tentative pour réaliser un relevé sur la pente abrupte adjacente (il faudrait du matériel d'escalade) des plants qui pourraient pousser sous les individus déjà connus.

Le secteur des Mille-Îles accueille la plus forte proportion des populations qui subsistent d'airelles à longues étamines au Canada. Présentement, il abrite cinq populations canadiennes, à savoir quatre dans le parc national du Canada des Îles-du-Saint Laurent et une sur une île privée, de même qu'une autre population située sur l'Île Wellesley du côté américain de la frontière. Deux des populations qui subsistent dans le parc national sont naturelles, alors que les deux autres ont été introduites. On croit qu'un troisième emplacement d'introduction dans le parc national (sur l'île Lyndoch) a été un échec. Le tableau 1 résume les renseignements sur les populations d'airelles à longues étamines au Canada.

 

Tableau 1. Populations d'airelles à longues étamines et renseignements sur la propriété et la réintroduction
LieuNaturelle ou introduite?PropriétéCommentaires
Région du NiagaraNCommission des parcs du Niagara 
Partie ouest de l'île GrenadierN et I (1994)Parc national du Canada des Îles-du-Saint LaurentAugmentée à partir de graines prélevées sur place
Île EndymionNParc national du Canada des Îles-du-Saint Laurent 
Île LyndochI (1994)Parc national du Canada des Îles-du-Saint LaurentAucune plante observée en 2006
Île GeorginaI (2006 et 2009)Parc national du Canada des Îles-du-Saint Laurent 
Mallorytown LandingI (2001 et 2005)Parc national du Canada des Îles-du-Saint Laurent 
Île DeathdealerNPrivé 

 

Pourcentage de l'aire de répartition se trouvant au Canada

On évalue à moins de 1 % la proportion de l'aire de répartition se trouvant au Canada (selon NatureServe, 2008). Aux États-Unis, l'aire de répartition de l'airelle à longues étamines est vaste.

Tendance de la répartition

Au cours des 70 dernières années, la répartition géographique de l'espèce au Canada a diminué d'au moins 50 % en raison de la disparition d'emplacements dans le secteur du Niagara (Ford, 1994; 1995). La population du secteur du Niagara est située près de la ville de Niagara Falls, dans une zone qui a connu une forte urbanisation. Au moins six populations auparavant connues dans ce secteur sont disparues au cours du dernier siècle. Ford (1994) a dressé la liste des emplacements disparus comme étant la gorge St. David, Niagara Falls, Niagara on the Lake, Niagara Glen, Queenston et Queenston Heights. Ces emplacements ont fait l'objet de recherches par Meyers en 1985, Ford et Varga en 1989 et Thompson en 2000 (M. Thompson-Black, comm. pers., 2001), entre autres. Même s'il est impossible de préciser un taux de déclin en ce qui concerne le secteur du Niagara, celui-ci semble avoir été rapide.

La disparition de l'espèce à la gorge St. David, où Meyers a vu l'airelle à longues étamines à la fin des années 1960 (G. Meyers, comm. pers., 2001), a été bien documentée, mais on a découvert plus tard que l'emplacement avait été détruit par le broutage ou le piétinement (Meyers, 1985). À l'heure actuelle, la population d'airelles à longues étamines du secteur du Niagara consiste en trois colonies comportant neuf tiges, toutes dans une zone relativement petite, qui correspond à une très petite partie de son ancienne aire de répartition dans le secteur.

Les plantes les plus proches des populations canadiennes se trouvent dans les Mille-Îles au Wellesley Island State Park, dans l'État de New York. En 1981, on y a observé et photographié deux colonies d'airelles (Crowder, 1982). Depuis 2001, aucun travail de rétablissement n'a été réalisé à cet endroit (R. Caccia, comm. pers., 2001). Dans le nord de l'État de New York, l'airelle à longues étamines est commune à abondante (Howe, 1968; Weldy et al., 2002; Cane et al., 1985). Meyers (comm. pers., 2001) connaît bien les populations du secteur du Niagara et juge particulièrement intéressante la population du Presqu'île State Park, à Erie (Pennsylvanie) en raison de sa proximité avec la population du secteur du Niagara.

Tendances des populations

En raison de la croissance clonale de l'espèce, on évalue l'abondance de l'airelle à longues étamines en comptant les colonies de plants ainsi qu'en évaluant la santé, le diamètre de la tige, la hauteur et la situation de floraison ou de fructification de chaque plant (El-Fityani, 2006). Il n'est pas toujours facile de déterminer ce qui constitue un seul plant.

La population du secteur des Mille-Îles semble être demeurée relativement stable depuis les années 1960 (Ford, 1994; 1995), mais il n'y a eu aucune surveillance régulière jusqu'en 1994, lorsque Parcs Canada a entrepris une surveillance sur l'île Lyndoch et sur la partie ouest de l'île Grenadier. La surveillance sur l'île Endymion a débuté en 2002. En 2006, on n'a observé aucune airelle à longues étamines sur l'île Lyndoch; toutefois, on y a signalé la présence de onze plants les années précédentes (El-Fityani, 2006). On ignore si l'airelle à longues étamines a déjà été plus commune dans le secteur; il se peut qu'elle y ait toujours été rare ou qu'elle y soit arrivée relativement récemment (A. Crowder, comm. pers., 2008).

1.4 Besoins en matière d'habitat

L'airelle à longues étamines pousse bien dans toute une gamme de milieux et de sols. Dans le secteur du Niagara, certains considèrent l'emplacement où l'espèce pousse actuellement comme une conséquence de la coupe de bois qui a entraîné la création de grandes trouées dans le couvert forestier. Toutefois, d'autres croient que le secteur représente les vestiges d'une savane à chêne noir qui a repoussé. La présence d'espèces d'herbes hautes des prairies appuie cette dernière opinion (M. Thompson-Black, comm. pers., 2008; R. Ritchie, comm. pers., 2008).

Le terme « chênaie ouverte » constitue sans doute la façon la plus utile pour décrire l'habitat du secteur du Niagara et le type d'habitat qu'utilise l'espèce dans l'aire de répartition aux États-Unis. Ritchie (comm. pers., 2008) a décrit les plants du secteur du Niagara comme se trouvant sur le rebord d'une pente très abrupte et en érosion à l'est, avec une forêt située tout près au-dessus au nord, à l'ouest et au sud, peuplée de chênes rouges (Quercus rubra), de chênes blancs (Quercus alba), de frênes (Fraxinus) matures ainsi que d'érables à sucre (Acer saccharum), avec des ostryers de Virginie (Ostrya virginiana), des sassafras officinaux (Sassafras albidum), des hamamélis de Virginie (Hamamelis virginiana) et des cornouillers à grappes (Cornus racemosa) dans le sous étage et immédiatement autour des plants d'airelles à longues étamines.

Dans les Mille-Îles, l'airelle à longues étamines est présente dans un type de végétation différent contenant des chênes, surtout le chêne rouge, mais aussi des pins rigides et des pins blancs (P. strobus) comme espèces codominantes (Crowder, 1982). Bien que les chênaies du Niagara soient semblables à celles des États comme l'Ohio, les forêts de pins rigides ressemblent à celles qu'on retrouve dans les sables de la plaine côtière des États Unis. Au New Jersey, les zones sablonneuses sèches ne favorisent souvent la présence que de broussailles de pins blancs et de plantes de la famille des éricacées.

Selon le Système de classification écologique des terres du sud de l'Ontario (Lee et al., 1998), le secteur où se trouve la population des Mille-Îles appartient au type « Lande rocheuse boisée acide à pin rigide » (code RBT3-1), tandis que le secteur où se trouve la population du Niagara appartient au type « Forêt de feuillus à chênes mélangés sèche à fraîche » (code FOD 1 4) ou à un écosite de « Forêt de feuillus sèche à fraîche » (code FOD 4) (M. Thompson-Black, comm. pers., 2001). Par ailleurs, les emplacements des Mille Îles se trouvent dans l'Écorégion 6E, et ceux du Niagara, dans l'Écorégion 7E (Crins et Uhlig, 2000).

Dans les deux régions, l'habitat se trouve très près de l'eau, ce qui crée possiblement un microclimat avec une humidité relative au-dessus de la moyenne et des extrêmes de températures atténués.

Les exigences en matière de sol sont variées, et celui-ci est décrit comme étant sablonneux, riche en éricacées, granitique, graveleux, organique et inorganique. On le dit généralement acide. Dans l'ensemble, les espèces de Vaccinium ne peuvent tolérer un excès de calcium (Jacquemart, 1996). Korcak (1998) mentionne la possibilité de souches calcicoles et calcifuges de champignons mycorhiziens disponibles, selon le type de sol. L'emplacement de la région du Niagara semblerait être une exception en ce qui a trait à cette intolérance au calcium, mais il se trouve probablement sur de la dolomie plutôt que sur du calcaire (D. Larson, comm. pers., 2001; G. Meyers, comm. pers., 2001). Les réactions de surface des sols dérivés du schiste argileux de Queenston sont souvent acides.

1.5 Facteurs limitatifs

Au Canada, l'airelle à longues étamines constitue une espèce pionnière. On la retrouve ici à la limite nordique de son aire de répartition. Elle y est donc limitée par plusieurs facteurs qui peuvent être limitatifs ou non aux États-Unis, c'est à dire au centre de son aire de répartition. Cinq facteurs limitatifs de l'espèce sont décrits plus loin selon leur ordre d'importance perçu. Tous ces facteurs nécessitent davantage d'études pour déterminer dans quelle mesure ils limitent le rétablissement de l'espèce, ici à la limite de son aire de répartition.

Reproduction

Le faible taux de reproduction représente un grave facteur limitatif pour l'airelle à longues étamines. Yakimowsky et Eckert (2007) ont découvert que le taux de reproduction de l'espèce était faible dans l'ensemble de son aire de répartition et que, pour les populations canadiennes, ce n'était pas une conséquence du fait que les plants se trouvent à la limite de l'aire de répartition. Leurs résultats ont montré que la production de graines était faible et variait considérablement d'une année à l'autre, et que la croissance clonale ne diminuait pas la quantité de production de graines. En fait, l'augmentation de la masse (taille) des graines dans les populations les plus nordiques donnait lieu en laboratoire à une germination et à une croissance des semis plus rapides.

Malgré la production de fruits fertiles, on n'a pas observé, en Ontario, de semis d'airelles à longues étamines naturellement établis (Ford, 1995; R. Ritchie, comm. pers., 2008; J. Van Wieren, comm. pers., 2008). VanderKloet et Hill (1994) considéraient que les bleuets, beaucoup plus abondants, ne pouvaient produire de semis qu'après une série de conditions météorologiques favorables. En général, pour ce qui est du genre Vaccinium, on considère que les conditions de germination propices se retrouvent dans des zones perturbées avec un degré d'humidité élevé et une teneur en matière organique (Eriksson et Froborg, 1996). Il y a également un fort taux de mortalité des semis établis, et les racines fonctionnelles nécessitent des mycorhizes pour l'établissement des semis. L'airelle à longues étamines utilise probablement le même champignon que les bleuets (Varma et Hock, 1995); toutefois, compte tenu de la difficulté d'établir des semis d'airelles à longues étamines parmi les bleuets, cette théorie nécessite un examen plus approfondi. L'airelle à longues étamines peut avoir besoin de semblables « conjonctures favorables » pour l'établissement de semis, ou de conditions de germination également particulières, comme les autres espèces du genre. La cause du faible taux de reproduction des populations canadiennes d'airelles à longues étamines demeure l'une des principales lacunes dans les connaissances.

Vecteurs

Le transport du pollen entre les plants d'airelles à longues étamines et le transport des graines à partir du plant jusqu'aux emplacements propices à la germination peut représenter un facteur de reproduction limitatif. L'airelle à longues étamines produit une baie charnue que mangent les oiseaux et les mammifères. Le fruit contient d'habitude dix graines qui sont dispersées après avoir traversé le tube digestif. La population des Mille-Îles produit des graines viables (El Fityani, 2006), mais il n'existe à ce jour aucune étude sur la dispersion des graines dans un quelconque emplacement en Ontario. On a déterminé qu'il s'agissait là d'une des lacunes dans les connaissances.

L'airelle à longues étamines doit être pollinisée par les abeilles. Crowder (1982) a observé la pollinisation de l'espèce dans la région des Mille-Îles. La comparaison de l'espèce et du nombre de pollinisateurs en Ontario par rapport à ceux qu'ont observés Cane et al. (1985) près d'Ithaca, dans l'État de New York, aiderait à comprendre la relation écologique entre les pollinisateurs et l'airelle à longues étamines et permettrait de savoir si la rareté des vecteurs de pollen constitue un facteur limitatif.

Diversité génétique

La majorité des populations canadiennes sont petites et isolées. Les petites populations sont connues comme affichant une faible diversité génétique et ont en conséquence une capacité reproductive limitée (Caughley et Gunn, 1996). Le manque de semis de l'airelle à longues étamines est peut-être dû à une faiblesse génétique (Schonewald et al., 1983; Clegg et Brown, 1983; Lande et Barrowclough, 1987; Gilpin, 1987; Husband et Barrett, 1996). Les fleurs de l'airelle à longues étamines sont fortement autostériles. Toutefois, des études en serre ont montré que des graines provenant de plants canadiens étaient fertiles et possédaient de bonnes capacités de germination. De même, des études génétiques menées par Yakimowsky et Eckert (2008) ont montré que la diversité génétique chez l'airelle à longues étamines ne diminuait pas à la limite nord de l'aire de répartition. La même étude a révélé certaines indications de différenciation génétique entre les populations locales qu'on pourrait attribuer à l'isolement des populations. La mesure dans laquelle la diversité génétique et la présence ou l'absence de gènes ou d'allèles spécifiques peuvent nuire à la reproduction de l'airelle à longues étamines demeure une lacune dans les connaissances.

Rusticité

L'airelle à longues étamines atteint la limite nordique actuelle de son aire de répartition en Ontario et dans l'État de New York. Le fait d'être limitée à des microclimats particuliers pourrait ne pas lui permettre de survivre plus au nord, mais on pourrait s'attendre à ce que la limite nordique de son aire de répartition se modifie en fonction de changements climatiques mineurs (Huntley, 1991). Les emplacements des Mille-Îles et du Niagara se trouvent dans les zones de rusticité 6a et 7b, respectivement, avec des microclimats tempérés par le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent ainsi que par le lac Érié et la rivière Niagara. D'après Chamberlain (1994), l'airelle à longues étamines ne peut survivre à une exposition prolongée à des températures de -25°C ou moins, et dans ces régions, les températures minimales en hiver atteignent -23°C. Ainsi, la présence de l'airelle à longues étamines au Canada peut être limitée aux régions tempérées parce que l'espèce n'est pas suffisamment résistante aux latitudes plus nordiques, et l'humidité (provenant de la proximité de vastes plans d'eau) peut contribuer à tempérer le climat.

Compétition des autres plantes

En général, on ne peut affirmer que la compétition représente une menace pour les semis; la compétition fait partie de la vie végétale. Toutefois, il peut certainement s'agir d'un facteur limitatif. Dans la région des Mille-Îles, on a remarqué que les semis sur l'île Lyndoch étaient extrêmement défavorisés par la compétition des plants de bleuets (El Fityani, 2006). Bien qu'il n'existe aucune donnée quantitative sur la compétition, on considère que la présence de bleuets nuit aux semis d'airelles à longues étamines dans le parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent (Chamberlain, 1994; Bramwell, 1998). Dans la région du Niagara, la végétation compétitive comprend le cornouiller à grappes (Cornus racemosa), un arbuste colonial qui entoure les plants d'airelles à longues étamines. Ceux-ci se trouvent sur le rebord d'une pente abrupte à l'est et ne sont donc pas ombragés ou en surpeuplement sur un côté (R. Ritchie, comm. pers., 2008). La suppression des feux peut entraîner une compétition accrue pour l'airelle à longues étamines parce que la végétation devient alors plus dense dans l'habitat.

1.6 Menaces à la survie et au rétablissement

Il semble que le plus grave problème pour l'airelle à longues étamines soit son faible taux de reproduction, qui constitue un facteur limitatif plutôt qu'une menace (voir la section précédente). On mentionne ce facteur de nouveau ici parce que plusieurs des menaces externes peuvent contribuer au problème et que le fait d'atténuer les menaces par la mise en application de mesures de rétablissement peut aider à régler la question de la reproduction. Les menaces, qui sont pour la plupart externes (plutôt qu'inhérentes à l'espèce), font l'objet d'une analyse plus loin. Le nombre de menaces externes est assez faible parce que presque toutes les colonies qui subsistent se trouvent dans des secteurs protégés. Le tableau 2 illustre la gravité des menaces par secteur. Plusieurs des degrés de gravité présentés dans le tableau ont été fournis par des biologistes qui connaissent bien l'espèce et leur secteur respectif, mais ils demeurent tout de même subjectifs.

 

Tableau 2. Menaces contre l'airelle à longues étamines et leur gravité par région
MenaceSecteur du NiagaraSecteur des Mille-Îles
Faible taux de reproductionNote de bas de page aEE
Manque d'habitat disponible (dû à la succession naturelle et à la suppression de feux)ME
PiétinementEM
Érosion et affaissement du solEN
Compétition des plantesNote de bas de page aME
Espèces envahissantes (menace éventuelle)FM
Broutage (menace éventuelle)FE
Urbanisation (menace éventuelle)NF
Agents pathogènes (menace éventuelle)InconnuInconnu

Renseignements provenant de comm. pers. avec R. Ritchie, 2008; J. Van Wieren, 2008; et d'autres membres de l'Équipe du rétablissement). Les lettres indiquant la gravité de la menace sont N (nulle), F (faible), M (moyenne) et E (élevée). L'italique indique une (menace éventuelle).

Notes de bas de page

Note de bas de page A

Facteurs limitatifs (non considérés comme des menaces) qu'il faut aborder dans le cadre des mesures de rétablissement.

Retour à la référence de la note de bas de page a

 

Manque d'habitat disponible (à cause de la suppression des feux et de la succession naturelle)

Dans le secteur des Mille-Îles, l'airelle à longues étamines est souvent associée au pin rigide (Crowder, 1982), et on la retrouve dans les vestiges d'une savane à chênes noirs dans le secteur du Niagara. Par le passé, les forêts de pins rigides ont toujours été sujettes à de fréquents incendies (Whelan, 1986; Matlack et al., 1993; Anderson et al., 1999), et on a également bien documenté l'importance des incendies dans le maintien des savanes à chênes (Sceicz et Macdonald, 1990; Vanzant et Miyanksi, 1993; Clark et Royall, 1996; Will-Wolf et Stearns, 1999). On a recours aux incendies pour gérer les bleuets cultivés (Badcock, 1958; Scott, 1967; Catling et Brownell, 1999). Ces trois sources de données concernant les pins, les chênes et les bleuets portent à croire que l'airelle à longues étamines se retrouve généralement dans des communautés de transition (ou à des stades de succession intermédiaires) qui peuvent être apparues après des incendies. Skinner et Foré (2002) ont fait remarquer que le brûlage entraînait le déplacement de colonies et des modifications de la taille des colonies causant des changements dans la composition génétique de l'airelle à longues étamines. La suppression des feux dans les secteurs du Niagara et des Mille-Îles s'est produite depuis plus d'un siècle et a permis à la végétation de s'établir et à l'habitat de devenir non propice pour l'airelle à longues étamines. Il s'agit très probablement là de la cause principale du manque d'habitat disponible pour l'airelle à longues étamines. Il convient de noter qu'avec les très petites populations qu'on trouve au Canada, toute utilisation du feu pour améliorer l'habitat doit se faire de manière extrêmement prudente afin de ne pas endommager les parcelles existantes.

Piétinement

Le piétinement par les visiteurs du parc dans la région du Niagara et au parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent représente une menace pour l'airelle à longues étamines. Les colonies actuelles du secteur du Niagara sont adjacentes aux sentiers, et la disparition dans ce secteur d'une population située tout près du sentier Bruce peut avoir été causée par l'utilisation des motos hors route. La petite taille de la population qui subsiste dans le secteur du Niagara peut avoir pour cause le trafic des piétons (S. Thompson, comm. pers., 2001; G. Meyers, comm. pers., 2001). Pour protéger les colonies d'airelles à longues étamines, on a détourné les sentiers à l'emplacement du secteur du Niagara en 2004-2005 (K. Vlasman, comm. pers., 2009). En 1981, au parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent, deux colonies ont été endommagées à cause du piétinement (Crowder, 1982), et Parcs Canada a donc déplacé le sentier. Même si on a tenté d'atténuer les répercussions sur les emplacements prioritaires, la menace demeure présente pour certaines populations dans les zones peu utilisées.

Érosion et affaissement du sol

Le secteur du Niagara est très susceptible de subir les répercussions de l'érosion et de l'effondrement dans l'avenir. D'importants effondrements sont survenus dans le passé dans ou tout près des colonies actuelles d'airelles à longues étamines, comme le montre la comparaison des photographies aériennes passées et présentes. En 2006, le ministère des Richesses naturelles (bureau de Vineland) a planté 400 gaules de thuyas occidental (Thuja occidentalis) pour remettre en état des zones d'effondrement où d'importantes coulées de boue étaient survenues et essayer d'atténuer ainsi les menaces de « suintements » à proximité où on connaît l'existence de deux espèces de salamandres sombres (Desmognathus fuscus et D. ochrophaeus) (R. Tervo, comm. pers., 2008; R. Ritchie, comm. pers., 2008).

Broutage

On sait que les petits mammifères et le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) broutent des airelles à longues étamines. Bien qu'on n'ait pas évalué les dommages causés à l'airelle à longues étamines, il a été montré que le broutage était une cause importante de mortalité pour d'autres semis d'arbustes dans des colonies de transition situées sur l'axe de Frontenac (McNamee, 1997; Crowder et Harmsen, 1998). Le broutage des airelles est très étendu et épisodique. Dans le secteur des Mille-Îles, le broutage intense des cerfs a entraîné l'échec d'au moins une tentative d'introduction d'airelles à longues étamines (El Fityani, 2006) et semble constituer un important facteur d'échec à au moins un lieu de transplantation (S. Thompson, comm. pers., 2009). On sait que le bétail a détruit une colonie d'airelles à longues étamines à la gorge St. David's dans le secteur du Niagara, mais on ignore si les plants ont été piétinés ou broutés (G. Meyers, comm. pers., 2001). Il est peu probable que le bétail pose un problème à l'un ou l'autre des emplacements qui subsistent à cause de l'endroit où ils sont situés, le type de propriété ou de la difficulté d'y avoir accès. En outre, on a remarqué des dommages non mortels causés aux feuilles par les insectes dans le secteur du Niagara (M. Thompson-Black, comm. pers., 2001). On estime présentement que la menace associée au broutage est « variable » en raison des fluctuations des populations de cerfs, en particulier dans le secteur des Mille-Îles. Le broutage demeure toutefois une menace importante.

Espèces envahissantes

Dans le secteur du Niagara, on trouve le nerprun cathartique (Rhamnus cathartica) dans la zone où des plants d'airelle à longues étamines subsistent. Toutefois, la Commission des parcs du Niagara a entrepris en 2006 d'importants travaux visant à enlever le nerprun cathartique, et on considère actuellement que la menace qu'il représente est faible. On trouve également à cet endroit l'alliaire officinale (Alliaria petiolata), et on envisage pour l'emplacement un brûlage dirigé au cours des cinq prochaines années (R. Ritchie, comm. pers., 2008). L'alliaire officinale constitue aussi un problème dans la partie ouest de l'île Grenadier dans le parc national du Canada des Îles-du-Saint Laurent (J. Van Wieren, comm. pers., 2008). Dans ce parc, les espèces envahissantes exercent une pression sur le paysage même si, présentement, elles peuvent ne pas constituer une menace directe pour l'airelle à longues étamines. En général, on considère donc les espèces envahissantes comme une menace éventuelle plutôt qu'une menace immédiate.

Urbanisation

Il se produit, sur certaines îles du secteur des îles du Saint-Laurent, comme la partie ouest de l'île Grenadier, une perte d'habitat qui semble convenir à l'airelle à longues étamines. Ces îles sont caractérisées par une mosaïque de propriétés appartenant au parc et de propriétés privées, et le développement soutenu sur les terres privées est susceptible d'éliminer des milieux qui pourraient soutenir la présence de l'airelle à longues étamines. La perte d'habitat a également été une cause importante de la disparition de populations dans le secteur du Niagara. Cependant, on estime assez faible la gravité de la menace que constitue l'urbanisation parce que les principaux effets se sont déjà produits et que la majorité de la population canadienne qui subsiste est protégée à l'intérieur de certains parcs. L'urbanisation des milieux propices au rétablissement demeure une menace éventuelle.

Agents pathogènes

La documentation sur le genre Vaccinium contient une liste des agents pathogènes fongiques et viraux parce que les bleuets représentent une importante récolte commerciale, mais on ignore si ces agents pathogènes touchent également l'airelle à longues étamines. La présence d'agents pathogènes pourrait avoir des répercussions négatives sur la survie des semis transplantés (D. Kristensen, comm. pers., 2007) et peut avoir été responsable du taux de survie extrêmement faible des semis transplantés dans le parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent en 2005 (El Fityani, 2006). On ne connaît pas la gravité des répercussions des agents pathogènes, et il s'agit là d'une lacune dans les connaissances et d'un sujet de recherche qu'il est recommandé d'examiner.

1.7 Lacunes dans les connaissances

Il existe plusieurs importantes lacunes dans les connaissances concernant l'airelle à longues étamines au Canada. Elles sont résumées au tableau 3.

 

Tableau 3. Lacunes dans les connaissances sur l'airelle à longues étamines
Besoin de connaîtrePour
Les exigences en matière d'habitat passé, actuel et futur (à court et à long terme)Diriger efficacement les activités de rétablissement ou de remise en état (y compris le choix des emplacements prévus pour l'introduction ou la réintroduction de l'espèce)
Le rôle des incendies dans la création et le maintien de l'habitatDéterminer si le brûlage dirigé représente un outil utile pour le rétablissement; déterminer si les incendies sont nécessaires au maintien de l'habitat à long terme
La cause du faible succès de reproduction de l'airelle à longues étaminesAugmenter la taille des populations et réaliser le rétablissement
La variabilité génétique des populationsSavoir dans quelle mesure le faible succès de reproduction est dû à la génétique et déterminer le caractère distinctif des populations en fonction du secteur
Les conditions environnementales et génétiques nécessaires à la germination et à l'établissement des semisParticiper à la planification et à la mise en ?uvre de mesures de rétablissement pour aider l'airelle à longues étamines à devenir autosuffisante en Ontario
Le cycle vital de l'airelle à longues étamines (pollinisation, vecteurs de dispersion, herbivorisme, mycorhizes, compétition, agents pathogènes)Aider à planifier les mesures de rétablissement afin de contrer les menaces et les facteurs limitatifs inhérents à l'espèce
L'historique de la forêt, p. ex. en ayant recours à la dendrologieConnaître l'âge approximatif des populations d'airelles à longues étamines et l'historique des incendies dans le secteur pour aider à planifier les activités de gestion comme les brûlages dirigés

1.8 Mesures de rétablissement achevées ou en cours de réalisation

Espèces actuelles et protection de l'habitat

La Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD, 2007) protège l'airelle à longues étamines et prévoit aussi les moyens de protéger l'habitat de l'espèce par l'application d'un règlement. Si aucun règlement sur la protection de l'habitat de l'airelle à longues étamines n'est élaboré, l'habitat sera protégé en vertu des dispositions générales en matière d'habitat de la LEVD de 2007 à compter du 30 juin 2013. Cinq des six populations qui subsistent en Ontario bénéficient d'une protection supplémentaire de l'espèce et de son habitat. Quatre sont protégées et gérées par le parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada. Une population et son habitat sont protégés et gérés par la Commission des parcs du Niagara en vertu de la Loi sur les parcs du Niagara. On considère que l'unique population trouvée sur une propriété privée constitue une grande priorité pour l'intendance. On a communiqué avec le propriétaire, et le personnel de Parcs Canada a étudié la population.

Autres mesures de rétablissement achevées ou en cours

  • On a réussi à faire pousser des boutures de l'Arboretum de l'Université de Guelph, mais les plants nécessitaient une surveillance minutieuse tout au long du processus. Les boutures ont été prélevées dans la population disparue de St. David durant les années 1980 (date exacte inconnue).
  • Le plan de rétablissement de l'airelle à longues étamines a été achevé pour le parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent (Crowder, 1982; Brownell, 1984).
  • On a effectué des transplantations à divers endroits du parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent (1994, 2001, 2005, 2006 et 2009). Les introductions ont connu un succès variable.
  • L'accès à l'île Endymion, dans le parc national du Canada des Îles-du-Saint Laurent, a été interdit aux visiteurs.
  • L'Équipe du rétablissement de l'airelle à longues étamines a été mise sur pied en 2000.
  • En 2001, on a recueilli des feuilles à des fins d'analyse génétique.
  • On a rédigé des brochures d'information qui ont été distribuées aux visiteurs du parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent.
  • Dans le cadre de recherches menées à l'Université Acadia en partenariat avec le parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent, on a élaboré des méthodes pour démarrer des semis. Les pourcentages de germination ont varié de 40 % à 92 %.
  • La représentation cartographique fondée sur la classification écologique des terres (CET) est terminée au parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent.
  • M. Thompson-Black a étudié les populations du secteur du Niagara en 2001.
  • Dans le secteur du Niagara, on a amélioré les sentiers en 2004 afin de réduire la menace de piétinement.
  • On a intégré aux sites Web des renseignements sur l'airelle à longues étamines et la Commission de l'escarpement du Niagara ainsi que la Commission des îles du Saint Laurent (St. Lawrence Islands Commission) ont élaboré des documents sur l'intendance.
  • En 2006, on a recensé les plants dans le secteur du Niagara (M. Oldham, comm. pers., 2008).
  • En 2006, la Commission des parcs du Niagara a commencé à enlever l'espèce envahissante qu'est le nerprun cathartique. On a coupé aussi les arbustes à l'aide d'un ébranchoir ou d'une scie à chaîne et traité par la suite les souches de six à huit pouces de diamètre au Garlon 4; plus tard dans la saison, on a estimé à 99 % le taux de mortalité.
  • Des recherches génétiques à l'échelle du paysage ont été achevées à l'Université Queen's (Yakimowsky et Eckert, 2007, 2008); les travaux ont aussi révélé de bons taux de germination en laboratoire et aucune perte de " diversité génétique " à la limite nord de l'aire de répartition de l'espèce.
  • En 2006, 2007 et 2008, l'Office de protection de la nature de la péninsule du Niagara a réalisé un inventaire des aires naturelles dans l'ensemble de son territoire.
  • En 2008-2009, on a entrepris la mise à l'essai de la méthode de cartographie recommandée dans la section 2.5 pour le parc national du Canada des Îles-du-Saint Laurent.
  • La modélisation de l'habitat se poursuit depuis plusieurs années; les travaux portant sur la plus récente itération qui ont commencé en 2008 se poursuivent.