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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Tortue musquée (Sternotherus odoratus) au Canada

Information sur l'espèce

Description

La tortue musquée (Sternotherus odoratus) est connue en anglais sous le nom de « stinkpot ». Ce petit reptile au tempérament farouche est ainsi appelée à cause de l’odeur musquée qui se dégage de quatre glandes situées sous sa dossière, à la périphérie (Logier, 1939). C’est une petite tortue d’eau douce dont la dossière fortement bombée dépasse rarement 13 cm de longueur. La couleur de la dossière va du gris-brun ou au noir, et celle du plastron, du jaune au brun. Le plastron est petit et doté d’une charnière unique peu apparente. La peau de la tortue musquée va du gris au noir, et de nombreux individus portent deux lignes pâles bien visibles de chaque côté de la tête. La queue des mâles, munie au bout d’un ongle corné, est plus longue que celle des femelles; les surfaces de peau exposées entre les écailles du plastron sont également plus grandes chez les mâles (Cook, 1984). Les mâles ont aussi deux zones écailleuses bien visibles à la face interne de chacune de leurs pattes de derrière.

Taxinomie

Cette espèce fait partie de la famille des Kinosternidés, qui compte quatre genres et 22 espèces (Cook, 1984). D’après les données morphologiques, il serait peut-être plus exact de considérer le genre Sternotherus comme un sous-genre du genre Kinosternon (Iverson, 1991), et de renommer en conséquence la tortue musquée Kinosternon odoratus. Cette proposition taxinomique suscite encore bien des débats, et les biologistes considèrent toujours le Sternotherus et le Kinosternon comme deux genres distincts (Ernst et al.,1994; Iverson, 1998; Crother, 2000). La tortue musquée est la seule espèce de la famille des Kinosternidés à vivre au Canada.

Recherche

L’écologie du S. odoratus a été étudiée dans la presque totalité de son aire de répartition, dont le Michigan (Risley, 1933), l’Oklahoma (Mahmoud, 1969), le Sud-Est de la Pennsylvanie (Ernst, 1986), la Virginie (Mitchell, 1988), l’Alabama (Dodd, 1989), et l’Ontario (Edmonds et Brooks, 1996; Edmonds, 1998). La plupart des recherches ont recueilli des données démographiques sur l’espèce (Tinkle, 1961; Wade et Gifford, 1964; Bancroft et al., 1983; Ernst, 1986; Dodd, 1989; Mitchell, 1988; Meylan et al., 1992; Edmonds et Brooks, 1996) ou portaient sur certains aspects de la biologie de sa reproduction (Risley, 1933; Tinkle, 1961; Lindsay, 1965; Mahmoud, 1967; Gibbons, 1970; McPherson et Marion, 1981a,b; Mitchell, 1985a,b; Ernst, 1986). Quelques études se sont également penchées sur le comportement de la tortue : cycles d’activité (Risley, 1933; Mahmoud, 1969; Ernst, 1986), domaine vital et déplacements (Risley, 1933; Williams, 1952; Mahmoud, 1969; Ernst, 1986; Mitchell, 1988; Edmonds, 1998), parade nuptiale (Mahmoud, 1967; Ernst, 1986), habitudes de nidification (Lindsay, 1965; Ernst, 1986), et habitudes alimentaires (Mahmoud, 1968).

Au Canada, la recherche sur la tortue musquée se résume en gros à de simples mentions d’observation (p. ex. Brunton, 1981; Brunton et McIntosh, 1985; Chabot et St. Hilaire, 1991; Bendall, 1959), compilées dans le Résumé herpétofaunique de l’Ontario (Weller et Oldham, 1986) et par le Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario (CIPN), à Peterborough (Ontario). Bendall (1959) a rapporté avoir trouvé 12 carapaces de tortue musquée dans un nid de Pygargue à tête blanche au site biologique de l’Université Queen’s au lac Opinicon. Lindsay (1965) a décrit le comportement de nidification du S. odoratus dans le district de Frontenac, en Ontario. La seule étude fouillée sur la tortue musquée au Canada porte sur une population de l’embouchure de la baie Twelve Mile, dans la baie Georgienne, en Ontario (Edmonds et Brooks, 1996; Edmonds, 1998). Entre 1991 et 1997, les paramètres démographiques de cette population (sex-ratio, taille corporelle, taux de croissance, etc.) ont été estimés et comparés à ceux de populations du sud (États-Unis) (Edmonds et Brooks, 1996; Edmonds, 1998). De plus, en 1995 et en 1996, on a radiopisté des individus et décrit leurs profils de déplacement (Edmonds, 1998).