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Saule des landes (Salix jejuna Fernald)

PARTIE II. RÉTABLISSEMENT

10.  But du rétablissement

Le fait que la présence du saule des landes est naturellement limitée à un habitat relativement rare a une incidence sur la portée du rétablissement. L'accroissement du risque d’extinction est une caractéristique inhérente aux espèces très dépendantes d’un habitat spécifique dans l’espace et dans le temps (Keith, 1998). Cette espèce restera toujours rare, aura toujours une population relativement petite et une répartition très limitée. Le rétablissement, dans ce cas, repose sur l’élimination ou l’atténuation des menaces anthropiques. Nonobstant les facteurs limitatifs naturels pouvant avoir une incidence importante sur la population, la réduction des menaces devrait entraîner la survie à long terme de l’espèce; la taille et la répartition naturelles de la population devraient rester stables. Le but du rétablissement du saule des landes est donc d’assurer la persistance à long terme de la population naturelle dans toute son aire de répartition.

11. Objectifs du rétablissement

Les mesures de rétablissement qui seront prises au cours des cinq prochaines années devront avoir les cinq objectifs suivants, qui permettront d’atteindre les buts à long terme du rétablissement.

I.         Évaluer et effectuer le suivi de la situation de la population naturelle.

II.       Évaluer l’aire de répartition de l’espèce et la dynamique de la population naturelle.

III.    Définir les menaces et les facteurs limitatifs et atténuer ceux qu’il est possible de gérer.

IV.    Réduire, dans la mesure du possible, toute perte ou dégradation additionnelle de l’habitat par les activités humaines.

V.      Mettre en œuvre un programme d’intendance destiné aux résidants locaux et à certains groupes cibles.

12. Approches pour l’atteinte des objectifs du rétablissement 

PrioritéObjectifsApprochesMesures précisesIndicateurs clés du rendement
UrgentI, II, III et IVRelevés biologiques

-    Faire un relevé de l’habitat potentiel dans l’aire de répartition connue et ses environs pour établir la répartition complète et la taille de la population, identifier les menaces et évaluer leur impact.

-    Repérer et cartographier les régions où l’espèce est présente.

-    Étude complète de l’habitat potentiel dans l’aire de répartition connue.

-    Estimation exhaustive de la taille de la population.

-    Données et cartes géoréférencées à la disposition des gestionnaires, des intervenants et des agents de l’application de la loi.

-    Liste des menaces et de leurs incidences tels qu'observées sur le terrain.

UrgentI, II, III et IVProtection de l’habitat

-    Appuyer la création, par le gouvernement de la province, de la réserve écologique proposée du cap Norman (localité type de l’espèce).

-    Délimiter l’habitat essentiel.

-    Repérer et appuyer d’autres mesures de protection pour les occurrences à l’extérieur des réserves.

-    Conseiller le gardien de biens responsable (ministère des Pêches et des Océans) et le ministre fédéral de l’Environnement sur la protection du saule des landes dans la propriété fédérale du cap Norman.

-    Création de la réserve écologique du cap Norman.

-    Carte de l’habitat essentiel.

-    Liste des mesures de protection nécessaires à chacun des sites.

-    Mise en branle d’un processus de protection pour chacun des sites.

-    Rédaction des règlements nécessaires aux termes de l’Endangered Species Act et de la Wilderness and Ecological Reserves Act de la province.

-    Achèvement d’un plan de protection.

-    Rédaction des politiques de gestion appropriées pour la propriété fédérale du cap Norman, comme l’exige la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral.

UrgentI et IISuivi

-    Établir un suivi à long terme de chacune des populations.

-    Déterminer les modes d’utilisation des terres et effectuer le suivi.

-    Création de parcelles de suivi.

-    Création et maintien d’une base de données géoréférencées sur les activités d’utilisation des terres.

NécessaireI et IIRecherche démographique-    Déterminer les paramètres démographiques clés (reproduction, croissance, longévité, taux de survie, persistance de la banque de semences et de la viabilité des graines), à partir des données des suivis.-    Poursuite de la collecte et de l’analyse de données démographiques.
NécessaireI et IIIRecherche taxinomique-    Améliorer la compréhension de la définition de l’espèce.-    Préparation de descriptions, de clés, d’illustrations et cueillette de spécimens afin de clarifier l’identification de cette espèce et d’autres espèces de saules, ainsi que de leurs hybrides.
NécessaireI, II, III, IV et VRecherche écologique

-    Déterminer les exigences écologiques de l’espèce.

-    Définir l’habitat essentiel.

-    Dégager les facteurs limitatifs et les menaces naturelles, y compris les changements climatiques.

-    Description des exigences écologiques de l’espèce.

-    Liste des facteurs limitatifs et des menaces naturelles ainsi que de leur effet réel et possible.

-    Utilisation de données écologiques dans des modèles de l’habitat essentiel et  analyse de la viabilité de la population.

NécessaireIV et VEngagement du public

-    Faire enquête auprès des collectivités locales pour déterminer les attitudes des populations locales envers la conservation de l’espèce.

-    Favoriser les possibilités d’intendance et produire du matériel éducatif.

-    Réalisation de l’enquête initiale.

-    Participation des résidants à des activités d’intendance.

NécessaireI, II et IIIRespect des règlements-    Travailler à assurer le respect des mesures de protection en vertu de l’Endangered Species Act et de la Wilderness and Ecological Reserves Act (p. ex. formation d’agents de conservation et information pour le public).

-    Formation des agents de conservation locaux pour leur apprendre à reconnaître cette espèce et son habitat.

-    Participation de tous les ministères pertinents.

-    Sensibilisation du public quant aux lois et à la réglementation afférentes.

-    Visites régulières et fréquentes d’agents d’application de la loi dans la région.

UtileIRecherche génétique

-    Déterminer la diversité génétique à l’intérieur des populations et entre celles‑ci.

-    Déterminer le système de reproduction.

-    Description de la variabilité génétique à l’intérieur des populations et entre celles‑ci.

-    Description du système de reproduction.

UtileI, IV et VConservation ex situ

-    Créer une collection ex situ de plantes vivantes et une banque de tissus.

-    Élaborer des techniques de culture et de réintroduction, au cas où celles‑ci deviendraient nécessaires.

-    Existence d’une collection ex situ de plantes vivantes et d’une banque de tissus représentatifs de la diversité génétique observée dans la population sauvage.

-    Description des techniques nécessaires à la culture et à la réintroduction de l’espèce.

UtileIII, IV et VRestauration-    Repérer et restaurer les zones perturbées se trouvant dans l’aire de répartition afin d’améliorer la valeur esthétique du paysage.

-    Liste des zones perturbées dans l’aire de répartition.

-    Élaboration et achèvement d’un plan de restauration.

13.  Caractère réalisable du rétablissement de l'espèce au point de vue écologique et technique

Comme il a été mentionné auparavant, le saule des landes restera toujours une espèce rare, et sa survie nécessitera l’élimination ou l’atténuation des menaces anthropiques. Il est possible de limiter l’exploitation commerciale et les autres activités d’aménagement des landes de calcaire grâce à une coopération interne entre les organismes gouvernementaux chargés de la gestion des ressources. Il sera par contre très difficile de freiner le réchauffement climatique à l’échelle régionale, et ce phénomène pourrait constituer une menace anthropique importante. La portée de ce problème dépasse celle du présent programme de rétablissement.

Pour le saule des landes, les mesures de rétablissement prioritaires sont en tout premier lieu les relevés, les activités de suivi et la protection de l’habitat. Parmi les autres mesures importantes, il y a les recherches démographiques, taxinomiques et écologiques, la sensibilisation du public et l’application des règlements. Des relevés et des recherches écologiques sont déjà en cours, et la protection de l’habitat des landes de calcaire a déjà été entreprise dans le cadre des activités de rétablissement du braya de Long et du braya de Fernald (Hermanutz et al., 2002). La même chose est vraie pour les activités de sensibilisation du public, en raison du Programme d’intendance de l’habitat des landes de calcaire.

Il faudra au départ investir beaucoup de temps et de ressources pour clarifier ce que nous savons des menaces et des facteurs limitatifs, pour effectuer des relevés et pour établir des sites de suivi. Les activités de recherche, de suivi et d’application des règlements, ainsi que la collaboration avec les collectivités locales, se feront à long terme. Parce que la région où l’espèce est présente se trouve loin des grands centres, tous les travaux qui s’y déroulent ainsi que les communications avec les collectivités locales supposent des investissements importants en temps de déplacement et en frais de communication.

La collection ex situ fournira une source de remplacement de matériel pour la recherche et réduira peut‑être les coûts ainsi que la nécessité de procéder à un échantillonnage destructeur de la population sauvage. Cette collection servira aussi de réserve de secours pour la conservation dans la nature.

14. Incidences possibles du programme de rétablissement sur d’autres espèces ou sur certains processus écologiques

L’habitat du saule des landes est un milieu rare, et l’espèce pousse au sein d’une biocénose unique. La protection de cet habitat assurera la conservation de bon nombre des autres espèces rares et des processus écologiques caractéristiques de cet écosystème unique. Une des espèces rares signalées dans l’aire de répartition du saule des landes est une espèce menacée, le braya de Fernald. Les mesures de restauration visant à améliorer la valeur esthétique du paysage accroîtront sa valeur pour l’intendance et fourniront peut-être, à long terme, un habitat naturel renouvelé pour les espèces des landes de calcaire.

15.  Conflits ou défis prévus

Le secteur où se trouve l’aire de répartition du saule des landes a été exploité comme source de gravier calcaire pour la construction et l’entretien des routes et continuera vraisemblablement de l’être. Les gestionnaires des carrières locales commence à tenir compte de la présence de plantes rares, mais il faut que les activités de conservation se poursuivent, que des outils permettant d’informer adéquatement les gestionnaires au sujet de la présence d’un habitat potentiel soient élaborés et que les communications soient améliorées.

Une partie de l’aire de répartition de l’espèce (le cap Norman) est considérée comme le plus important dépôt de dolomie de la côte ouest de Terre‑Neuve. À l’heure actuelle, l’intérêt du Department of Mines and Energy de Terre‑Neuve‑et‑Labrador pour cette ressource minérale n’en est qu’au stade de l’exploration. Aucun gisement n’a été concédé.

L’entretien des routes et des infrastructures dans l’aire de répartition de l’espèce pourrait menacer directement certaines portions de la population et contrecarrer les activités de rétablissement. Il faudra peut‑être instaurer des mesures d’atténuation à cet égard.

Enfin, les difficultés économiques que connaît la région pourraient exercer des pressions supplémentaires sur l’espèce et sur son habitat. L’effondrement des pêches locales a récemment aggravé ces difficultés.

17. Mesures achevées ou en cours

Le présent programme de rétablissement sera mis en œuvre dans le contexte d’une initiative de rétablissement plurispécifique portant sur les habitats côtiers des landes de calcaire de la péninsule du Nord, à Terre‑Neuve (Hermanutz et al., 2002). Plusieurs mesures sont déjà en cours, y compris un programme d’intendance de l’habitat, des recherches écologiques sur les facteurs et les processus physiques caractérisant les habitats des landes de calcaire, des relevés de l’habitat potentiel ainsi que la création d’une collection ex situ de spécimens vivants. Les mesures à terminer sont entre autres la création d’une réserve écologique pour la protection des plantes rares dans la partie méridionale de l’aire de répartition de l’espèce (pointe Watt’s). L’habitat potentiel a été cartographié. Enfin, les régions où la présence de l’espèce est connue ont été désignées comme « zones d’espèces sauvages sensibles » (Sensitive Wildlife Areas) dans l’atlas provincial des terres publiques, afin que tous les projets d’aménagement de ces régions soient examinés par la Inland Fish and Wildlife Division (IFWD).

18. Évaluation

Les indicateurs clés du rendement sont énumérés dans la section 12. Un plan d’action expliquant en détail les mesures visant à atteindre les objectifs du rétablissement sera préparé durant l’année suivant la diffusion du présent programme.