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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le lapin de Nuttall de la sous-espèce nuttallii (Sylvilagus nuttallii nuttallii) au Canada - Mise à jour

Résumé

Lapin de Nuttall de la sous-espèce nuttallii
Sylvilagus nuttallii nuttallii

Information sur l’espèce

Le lapin de Nuttall est un lapin de petite taille mesurant au total environ 319 mm de long (entre 263 mm et 363 mm) et pesant environ 496 g (entre 342 g et 778 g). Sa fourrure est brun pâle sur le dos et blanche sur le ventre, la nuque est d’un brun pâle distinct, les oreilles ont des bouts noirs, les flancs et la croupe sont gris et la queue est blanc-gris. Le lapin de Nuttall se distingue du lièvre d’Amérique de par sa taille plus petite, sa nuque brune et sa croupe grisâtre.

Répartition

On trouve le lapin de Nuttall dans les Grandes Plaines, les montagnes Rocheuses et les régions intermontagnardes de l’ouest des États-Unis. Sa limite septentrionale atteint le sud du Canada (Saskatchewan, Alberta, Colombie-Britannique). La sous-espèce Sylvilagus nuttallii nuttallii s’étend de la Californie, du Nevada et de l’Arizona à l’Oregon, l’État de Washington, l’Utah et l’Idaho, jusqu’en Colombie-Britannique, où elle est confinée au sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen. Elle a été signalée pour la première fois en Colombie-Britannique en 1939 et répertoriée à quelque 40 endroits distincts, pour une zone d’occurrence d’environ 1 380 km².

Habitat

Le lapin de Nuttall occupe les steppes arbustives dominées par la purshie tridentée, l’armoise tridentée, la bigelovie puante et le genévrier occidental. Les caractéristiques les plus importantes de son habitat sont la présence d’armoise avec couverture végétale d’au moins 30 p. 100 ainsi que d’affleurements rocheux. Depuis 1939, année où le S. n. nuttallii a été signalé pour la première fois au Canada, les steppes arbustives n’ont cessé de diminuer en raison de l’urbanisation et de l’agriculture. Environ 10 p. 100 de l’aire de répartition canadienne de l’espèce se trouve dans des aires protégées. Les terres fédérales situées dans l’aire de répartition connue comprennent des terres de 11 réserves indiennes, une réserve nationale de faune, des terrains du Conseil national de recherches et la station de recherche agricole de Summerland.

Biologie

Le S. n. nuttallii se nourrit de graminées (agropyre, stipe, brome des toits), d’herbacées non graminoïdes et d’arbustes comme l’armoise tridentée et le genévrier commun. La saison de reproduction s’étend probablement de mars à juillet au Canada, les femelles produisant deux à trois portées par année. La reproduction est rare chez les femelles de moins de un an; la durée de génération est d’environ un an. Le taux de survie des femelles est supérieur à celui des mâles. La mortalité élevée des cohortes juvéniles est liée aux précipitations et à la qualité des aliments estivaux.Les lapins de Nuttall adultes sont solitaires et n’interagissent que pendant la saison de reproduction.

Taille et tendances des populations

Dans les steppes arbustives, la densité de population peut atteindre entre 0,23 et 0,43 individu par hectare en Colombie-Britannique. La densité de population moyenne varie d’une année à l’autre en fonction des précipitations, mais il n’y a pas de données sur les tendances démographiques à long terme. On ne connaît pas la population totale de S. n. nuttallii au Canada, mais on estime, d’après la disponibilité d’habitat, qu’elle ne dépasserait pas 3 500 individus.

Facteurs limitatifs et menaces

La seule menace imminente est la perte continue d’habitat provoquée par l’urbanisation et l’agriculture. Depuis 1939, année où le S. n. nuttallii a été signalé pour la première fois au Canada, les habitats des steppes arbustives n’ont cessé de diminuer dans le sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen. D’autres pertes d’habitat sont à prévoir dans cette région où l’on s’attend à une croissance de 27 p. 100 de la population humaine d’ici 2021. Les quelques autres menaces potentielles sont le pâturage du bétail et les pesticides.

Importance de l’espèce

Le S. n. nuttallii est très peu connu du grand public et des naturalistes. Ce n’est pas un animal considéré comme gibier, et son importance commerciale comme ravageur agricole est négligeable. Avec une aire de répartition très limitée, confinée au sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen, il fait partie des plusieurs taxons mammaliens associés aux régions intermontagnardes de l’ouest de l’Amérique du Nord qui ont cette région du Canada comme limite septentrionale.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le COSEPAC a attribué au S. n. nuttallii le statut d’espèce préoccupante en 1994. La Colombie-Britannique lui a attribué la cote S3 (vulnérable). Le S. n. nuttallii ne peut être abattu ni capturé en vertu de la Wildlife Act de cette province; sa chasse est interdite. Son habitat n’est pas protégé aux termes de la Forest and Range Practices Act de la province. Un ensemble d’aires protégées couvrent une bonne partie de son aire de répartition, dont 10 parcs provinciaux, trois réserves écologiques provinciales, une réserve nationale de faune, l’aire de gestion de la faune du sud de la vallée de l’Okanagan (South Okanagan Wildlife Management Area) et les terrains de The Nature Trust et de The Land Conservancy. Les plus grandes aires protégées englobent les diverses terres protégées de la région des lacs White et Vaseux et du parc provincial South Okanagan Grasslands.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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