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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le lapin de Nuttall de la sous-espèce nuttallii (Sylvilagus nuttallii nuttallii) au Canada - Mise à jour

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Dans l’ouest des États-Unis, le S. n. nuttallii occupe des steppes arbustives où prédominent la purshie tridentée (Purshia tridentata), l’armoise tridentée (Artemisiae tridentata), la bigelovie puante (Chrysothamnus nauseosus) et le genévrier occidental (Juniperus occidentalis). Les caractéristiques les plus importantes de l’habitat sont la présence d’armoise et d’affleurements rocheux (Orr, 1940; MacCracken et Hansen, 1982; Verts et Carraway, 1998). Au Canada, la sous-espèce occupe des habitats similaires. En mesurant la densité de boulettes fécales comme indice d’utilisation de l’habitat, Sullivan et al. (1989) ont démontré que ce lapin occupait principalement les armoisaies présentant un couvert végétal d’au moins 30 p. 100 (tableau 1). La forêt-parc à pin ponderosa (Pinus ponderosa) avec armoise est également utilisée. Peu ou pas de boulettes fécales ont été trouvées sur les terres cultivées. Le piégeage d’individus vivants réalisé dans un quadrillage de 25,6 hectares a révélé une distribution similaire (Sullivan et al., 1989), la plupart des captures de lapins de Nuttall ayant été réalisées dans les steppes naturelles de la zone d’étude. Les pièges installés dans des vergers cultivés et des champs abandonnés ont capturé peu d’individus (Sullivan, 1985; 1986). Carter et al. (1993) ont fait état d’une utilisation semblable de l’habitat d’après des relevés à la torche électrique et des estimations faites à partir des boulettes fécales dans divers habitats.

Tableau 1. Densité de boulettes fécales (nombre moyen/1,8 ) du lapin de Nuttall(Sylvilagus nuttallii) dans des milieux naturels et cultivés du sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen. Résultats fondés sur des recensements faits en 1984 et 1985; d’après Sullivan et al. (1989)
Zone d'étudeHabitat1984
Degré de couverture moyenNote de tableaua
1984
Densité de boulettes
1984
± erreur-type
1984
Nombre de parcelles
1985
Degré de couverture moyenNote de tableaua
1985
Densité de boulettes
1985
± erreur- type
1985
Nomgre de parcelles
QuadrillagesForêt-parc à pin ponderosa avec mélange d’armoise
-
118,5
18,9
103
-
41,1
7,5
94
QuadrillagesVergers et champs abandonnés
-
2,8
1,8
56
-
3,5
2,1
56
SummerlandArmoise tridentée
1,7
38,7
16,1
20
1,7
36,3
11,8
20
SummerlandMélange d’armoiseNote de tableaub
1,8
0,7
0,6
20
1,8
0,6
0,4
20
SummerlandPrairie avec armoise
1,7
17,3
7,7
20
1,7
30,6
12,0
18
SummerlandMélange d’armoiseNote de tableaub
1,5
242,0
106,7
20
1,5
122,1
52,5
20
SummerlandArmoise courte
1,1
117,4
70,0
20
1,1
45,9
24,7
20
Keremeos-NighthawkArmoise tridentée
1,6
14,7
7,1
20
1,6
12,9
5,7
20
Keremeos-NighthawkArmoise courte et
affleurements rocheux
1,5
43,3
15,3
20
1,5
17,8
8,0
20
Keremeos-NighthawkPrairie
0,2
0,0
0,0
20
0,2
0,0
0,0
20
Keremeos-NighthawkArmoise courte
1,3
3,5
1,8
20
1,3
0,3
0,3
20
Keremeos-NighthawkPin ponderosa
0,8
0,1
0,1
20
0,8
0,1
0,1
20
Nighthawk-OsoyoosPrairie
0,1
0,0
0,0
20
0,1
0,0
0,0
20
Note de tableau a

Selon un classement à cinq degrés : 0 = 0 p. 100, 1 = 1-20 p. 100, 2 = 21-40 p. 100, 3 = 41-60 p. 100, 4 = 61-80 p. 100, 5 = 81-100 p. 100

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Note de tableau b

Un mélange d’armoises a été mesuré à deux endroits différents.

Retour à la premièreréférence de la note de tableaub

Les auteurs ont relevé que plusieurs types d’habitat non couverts par Sullivan et al. (1989), comme les prés et prairies de fauche, les milieux riverains et les boisés de douglas et pin ponderosa, étaient rarement utilisés par le S. nuttallii. Le lapin de Nuttall ne creuse pas de terriers; les terriers abandonnés par d’autres mammifères et les affleurements rocheux sont des refuges essentiels contre les prédateurs.

Sullivan et al. (1989) et Carter et al. (1993) ont démontré que le S. n. nuttallii est rare dans les terres cultivées comme les vergers et les champs abandonnés. Toutefois, on connaît mal le degré d’utilisation des terres agricoles par cette espèce. Les zones irriguées peuvent fournir des herbacées entrant dans le régime alimentaire de ce lapin. À la station fédérale de recherche agricole de Summerland, l’espèce se nourrit de plantes ornementales (Carter et al., 1993). Son utilisation des vignobles n’a pas été étudiée.

Tendances en matière d’habitat

Le sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen a été utilisé pour le pâturage du bétail à partir de la fin des années 1880. Le développement agricole associé aux vergers, aux prairies de fauche irriguées et aux vignobles qui a débuté au début du 20siècle, ainsi que l’urbanisation, plus récente, ont provoqué une diminution considérable des prairies et des steppes arbustives (Cannings et al. 1987; Ministry of Environment, Lands and Parks, 1998). Selon Redpath (1990), plus de 90 p. 100 des terres du sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen ne sont plus dans leur état « normal ». Le gros de l’activité agricole et de l’urbanisation se situant dans le fond des vallées, des habitats potentiels du lapin de Nuttall ont été perdus. Lea (données inédites) a évalué ces pertes, du début du XIXsiècle à 2001, à 57 p. 100 pour les habitats de purshie tridentée, à 47 p. 100 pour les habitats d’armoise tridentée et de stipe et à 29 p. 100 pour les habitats d’armoise tridentée et de graminées cespiteuses. Depuis 1939, année où le S. n. nuttallii a été signalé pour la première fois, ces milieux de steppe arbustive n’ont cessé de reculer (tableau 2). Il n’existe pas de données quantitatives, mais vu l’étalement récent des vignobles et l’urbanisation continue, il y a très certainement eu de nouvelles pertes de steppe arbustive depuis 2001.

Tableau 2. Changements historiques dans la superficie (hectares) de certains habitats dulapin de Nuttall (Sylvilagus nuttallii) dans le sud des vallées de la Similkameen et de l’Okanagan en Colombie-Britannique de 1939 à 2001. Ces résultats sont fondés sur les données inédites de Ted Lea, du Ministry of Water, Air and Land Protection de la Colombie-Britannique. À noter que le S. nuttallii a été signalé pour la première fois en Colombie-Britannique en 1939. L’analyse de Lea ne comprend pas les types d’habitat comme les affleurements rocheux avec armoise qui sont utilisés par lelapin de Nuttall.
Type d’habitatAnnée 1939Note de tableaucAnnée 1995Note de tableaudAnnée 2001Note de tableaudPerte% de perte
Purshie tridentée7 0464 2794 0932 95241,9
Armoise tridentée et stipe3 4392 3642 3641 07531,3
Armoise tridentée et graminées cespiteuses2 1282 0052 0051235,8
Note de tableau c

Selon des photos aériennes de 1938.

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Note de tableau d

Selon des photos aériennes récentes et la cartographie biophysique avec des relevés sur le terrain.

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Protection et propriété

On ne connaît pas la quantité exacte d’habitat protégé par la loi. Les aires protégées dans l’aire de répartition connue (soit la zone d’occurrence) comprennent 10 parcs provinciaux, trois réserves écologiques provinciales et une réserve nationale de faune (voir la section Protection actuelle ou autres désignations). Les autres terres protégées sont celles de l’aire de gestion de la faune du sud de la vallée de l’Okanagan (South Okanagan Wildlife Management Area), de The Nature Trust et de The Land Conservancy. Ces aires protégées représentent environ 10 p. 100 de la zone d’occurrence du lapin de Nuttall. On ne connaît pas la quantité de steppe arbustive dans ces aires protégées. On devra procéder à une analyse SIG avec un modèle d’adéquation de l’habitat pour évaluer la quantité d’habitats propices au lapin de Nuttall qui se trouvent actuellement dans ces aires. Les terres fédérales situées dans l’aire de répartition connue comprennent des terres de 11 réserves indiennes (40 850 ha), la Réserve nationale de faune deVaseux-Bighorn (792 ha), des terrains du Conseil national de recherches (2 152 ha) et la station de recherche agricole de Summerland (320 ha). Le tableau 3 indique la propriété foncière des terres situées dans l’aire de répartition connue du Snuttallii. On ignore la proportion de ces types de terres réellement occupée par le lapin de Nuttall.

Tableau 3. Propriété foncière des terrains situés dans l’aire de répartition connue (zone d’occurrence) dulapin de Nuttall (Sylvilagus nuttallii) en Colombie-Britannique.
Propriété foncièreSuperficie (km²)
Terres de la Couronne - fédérales et provinciales
619,1
Réserves indiennes
357,2
Terres privées
408,5
Total
1 384,8