Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le lapin de Nuttall de la sous-espèce nuttallii (Sylvilagus nuttallii nuttallii) au Canada - Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

Le S. n. nuttallii se trouve aux limites septentrionales de son aire de répartition au Canada où il occupe un petit territoire dans le bassin de l’Okanagan. On ne connaît pas avec précision les facteurs biologiques qui déterminent son aire de répartition restreinte, mais sa répartition au Canada correspond aux limites des steppes arbustives sises à faible altitude. À la suite de sa première mention en 1939, le S. n. nuttallii a atteint son aire de répartition actuelle en l’espace de 15 à 20 ans. Bien qu’il existe des steppes arbustives dans les vallées des rivières Nicola et Thompson et du fleuve Fraser, ces vallées sont séparées de celles de la Similkameen et de l’Okanagan par de vastes étendues de forêt. La rareté des habitats adéquats est probablement le principal facteur limitant la répartition du S. n. nuttallii au Canada.

La sous-espèce n’est pas en péril aux États-Unis. Au Canada, elle occupe une zone faisant l’objet d’un développement rapide qui s’accompagne d’une altération des habitats. La seule menace imminente est la perte d’habitat continue provoquée par l’urbanisation et le développement agricole. De 1939 à 2001, la superficie des zones urbaines dans la région du sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen est passée de 368 à 3 567 hectares, et celle des zones cultivées, de 11 482 à 19 057 hectares, ce qui a entraîné des pertes correspondantes de steppe arbustive (tableau 2). La plupart des pertes d’habitat sont survenues avant 1995, mais l’on prévoit d’autres pertes d’habitat du S. n. nuttallii . La population humaine totale du district régional d’Okanagan-Similkameen était estimée à 81 967 habitants  en 2004 (BC Stats, 2005). On prévoit qu’elle atteindra 112 000 habitants (hausse de 27 p. 100) d’ici 2021, ce qui entraînera des pertes évaluées à 4 000 hectares de prairie, 4 000 hectares d’habitat riverain et 250 hectares de forêt sèche (Ministry of Environment, Lands and Parks, 1998).

La récente croissance de l’industrie viticole, accompagnée d’une expansion des vignobles, a également perturbé l’habitat. En Colombie-Britannique, les vignobles totalisent maintenant quelque 2 210 hectares, le plus grand vignoble se trouvant dans la vallée de l’Okanagan. Depuis 1999, 517 hectares de terres ont été transformés en vignobles, et 242 hectares de nouveaux vignobles devraient s’ajouter en 2005 et 2006. On ne connaît pas la quantité d’habitats du lapin de Nuttall qui se trouvait sur ces terres transformées en vignobles. Des habitats ont été perdus dans le sud de la vallée de l’Okanagan. Par exemple, une partie des terrasses renfermant de bonnes étendues de steppe arbustive du côté est du lac Osoyoos dans la Réserve indienne d’Osoyoos, région où la présence du lapin de Nuttall est connue depuis le début des années 1950 (Guiguet, 1952), a été transformée en vignobles. D’autres habitats situés sur les terres de la Réserve indienne d’Osoyoos risquent d’être perdus en raison du développement à venir.

Les menaces potentielles sont peu nombreuses. Carter et al. (1993) ont émis l’hypothèse que le pâturage du bétail réduisait les densités de population, probablement en raison de la perte de ressources alimentaires. Toutefois, aucune recherche n’a été menée sur les effets du pâturage sur les populations de S. n. nuttallii en Colombie-Britannique. Bien que des appâts empoisonnés aient été utilisés il y a 25 à 30 ans pour lutter contre la déprédation des jeunes arbres fruitiers par le S. n. nuttallii, l’espèce n’est plus considérée comme un ravageur, et cette pratique n’a plus cours (Sullivan, 1983). Les pesticides utilisés dans les vergers pourraient avoir un impact sur ce lapin, mais on le retrouve rarement dans les terres agricoles cultivées.