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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le lapin de Nuttall de la sous-espèce nuttallii (Sylvilagus nuttallii nuttallii) au Canada - Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Lapin de Nuttall de la sous-espèce nuttallii
Sylvilagus nuttallii nuttallii
au Canada

Lapin de Nuttall de la sous-espèce nuttallii (Sylvilagus nuttallii nuttallii)

Espèce préoccupante 2006

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2006. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le lapin de Nuttall de la sous-espèce nuttallii (Sylvilagus nuttallii nuttallii) au Canada  – Mise àjour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 24 p.

Rapports précédents

Carter, D. et Merkens, M.  1994.  Rapport de situation du COSEPAC surle lapin de Nuttall de la sous-espèce nuttallii (Sylvilagus nuttallii nuttallii) population de la Colombie-Britannique et (Sylvilagus nuttallii pinetis) Population des Prairies au Canada – Mise à jour.  Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa  1 + 38 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier David Nagorsen qui a rédigé la mise à jour du rapport de situation sur le lapin de Nuttall de la sous-espèce nuttallii (Sylvilagus nuttallii nuttallii) au Canada, en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Marco Festa-Bianchet, coprésident du Sous-comité de spécialistes des mammifères terrestres du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Nuttall's Cottontail nuttallii subspecies (Sylvilagus nuttallii nuttallii) in Canada.

Illustration de la couverture

Lapin de Nuttall de la sous-espèce nuttallii - Photo par David Nagorsen.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2006
de catalogue CW69-14/72-2006F-PDF
ISBN 0-662-71782-1

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation -- Avril 2006

Nom commun : Lapin de Nuttall de la sous-espèce nuttallii

Nom scientifique : Sylvilagus nuttallii nuttallii

Statut : Espèce préoccupante

Justification de la désignation : L'espèce a été observée pour la première fois au Canada il y a environ 70 ans et a depuis étendu son aire de répartition dans la région de l'Okanagan, où elle a peut-être atteint sa distribution maximale. L'habitat restant de l'espèce dans la région de l'Okanagan couvre moins de 8 000 hectares, est de plus en plus fragmenté et diminue toujours en raison de l'urbanisation et de l'agriculture. La taille totale de la population selon l'habitat disponible, se compose probablement de moins de 3 500 individus. La possibilité d'une immigration de l'État de Washington est minimale en raison de la disponibilité décroissante de l'habitat. Il existe des incertitudes importantes quant à la zone d'occupation actuelle, laquelle aurait pu connaître un déclin au cours des quelques dernières décennies alors qu'il y a eu perte d'habitat.

Répartition : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1994 et en avril 2006. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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Résumé

Lapin de Nuttall de la sous-espèce nuttallii
Sylvilagus nuttallii nuttallii

Information sur l’espèce

Le lapin de Nuttall est un lapin de petite taille mesurant au total environ 319 mm de long (entre 263 mm et 363 mm) et pesant environ 496 g (entre 342 g et 778 g). Sa fourrure est brun pâle sur le dos et blanche sur le ventre, la nuque est d’un brun pâle distinct, les oreilles ont des bouts noirs, les flancs et la croupe sont gris et la queue est blanc-gris. Le lapin de Nuttall se distingue du lièvre d’Amérique de par sa taille plus petite, sa nuque brune et sa croupe grisâtre.

Répartition

On trouve le lapin de Nuttall dans les Grandes Plaines, les montagnes Rocheuses et les régions intermontagnardes de l’ouest des États-Unis. Sa limite septentrionale atteint le sud du Canada (Saskatchewan, Alberta, Colombie-Britannique). La sous-espèce Sylvilagus nuttallii nuttallii s’étend de la Californie, du Nevada et de l’Arizona à l’Oregon, l’État de Washington, l’Utah et l’Idaho, jusqu’en Colombie-Britannique, où elle est confinée au sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen. Elle a été signalée pour la première fois en Colombie-Britannique en 1939 et répertoriée à quelque 40 endroits distincts, pour une zone d’occurrence d’environ 1 380 km².

Habitat

Le lapin de Nuttall occupe les steppes arbustives dominées par la purshie tridentée, l’armoise tridentée, la bigelovie puante et le genévrier occidental. Les caractéristiques les plus importantes de son habitat sont la présence d’armoise avec couverture végétale d’au moins 30 p. 100 ainsi que d’affleurements rocheux. Depuis 1939, année où le S. n. nuttallii a été signalé pour la première fois au Canada, les steppes arbustives n’ont cessé de diminuer en raison de l’urbanisation et de l’agriculture. Environ 10 p. 100 de l’aire de répartition canadienne de l’espèce se trouve dans des aires protégées. Les terres fédérales situées dans l’aire de répartition connue comprennent des terres de 11 réserves indiennes, une réserve nationale de faune, des terrains du Conseil national de recherches et la station de recherche agricole de Summerland.

Biologie

Le S. n. nuttallii se nourrit de graminées (agropyre, stipe, brome des toits), d’herbacées non graminoïdes et d’arbustes comme l’armoise tridentée et le genévrier commun. La saison de reproduction s’étend probablement de mars à juillet au Canada, les femelles produisant deux à trois portées par année. La reproduction est rare chez les femelles de moins de un an; la durée de génération est d’environ un an. Le taux de survie des femelles est supérieur à celui des mâles. La mortalité élevée des cohortes juvéniles est liée aux précipitations et à la qualité des aliments estivaux.Les lapins de Nuttall adultes sont solitaires et n’interagissent que pendant la saison de reproduction.

Taille et tendances des populations

Dans les steppes arbustives, la densité de population peut atteindre entre 0,23 et 0,43 individu par hectare en Colombie-Britannique. La densité de population moyenne varie d’une année à l’autre en fonction des précipitations, mais il n’y a pas de données sur les tendances démographiques à long terme. On ne connaît pas la population totale de S. n. nuttallii au Canada, mais on estime, d’après la disponibilité d’habitat, qu’elle ne dépasserait pas 3 500 individus.

Facteurs limitatifs et menaces

La seule menace imminente est la perte continue d’habitat provoquée par l’urbanisation et l’agriculture. Depuis 1939, année où le S. n. nuttallii a été signalé pour la première fois au Canada, les habitats des steppes arbustives n’ont cessé de diminuer dans le sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen. D’autres pertes d’habitat sont à prévoir dans cette région où l’on s’attend à une croissance de 27 p. 100 de la population humaine d’ici 2021. Les quelques autres menaces potentielles sont le pâturage du bétail et les pesticides.

Importance de l’espèce

Le S. n. nuttallii est très peu connu du grand public et des naturalistes. Ce n’est pas un animal considéré comme gibier, et son importance commerciale comme ravageur agricole est négligeable. Avec une aire de répartition très limitée, confinée au sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen, il fait partie des plusieurs taxons mammaliens associés aux régions intermontagnardes de l’ouest de l’Amérique du Nord qui ont cette région du Canada comme limite septentrionale.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le COSEPAC a attribué au S. n. nuttallii le statut d’espèce préoccupante en 1994. La Colombie-Britannique lui a attribué la cote S3 (vulnérable). Le S. n. nuttallii ne peut être abattu ni capturé en vertu de la Wildlife Act de cette province; sa chasse est interdite. Son habitat n’est pas protégé aux termes de la Forest and Range Practices Act de la province. Un ensemble d’aires protégées couvrent une bonne partie de son aire de répartition, dont 10 parcs provinciaux, trois réserves écologiques provinciales, une réserve nationale de faune, l’aire de gestion de la faune du sud de la vallée de l’Okanagan (South Okanagan Wildlife Management Area) et les terrains de The Nature Trust et de The Land Conservancy. Les plus grandes aires protégées englobent les diverses terres protégées de la région des lacs White et Vaseux et du parc provincial South Okanagan Grasslands.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

Retour à la référence de la note de bas de pageb

Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

Retour à la référence de la note de bas de pagec

Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

Retour à la référence de la note de bas de paged

Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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Information sur l'espèce

Nom et classification

Le Sylvilagus nuttallii (Bachman, 1837) appartient à l’ordre des Lagomorphes et à la famille des Léporidés. Nelson (1909) a associé le S. nuttallii au groupe spécifique du Sylvilagus floridanus. Les résultats d’une analyse phylogénétique des caractères dentaires ont laissé entendre que le S. nuttallii et le lapin à queue blanche (Sylvilagus floridanus) sont des taxons sœurs formant un clade non résolu (Ruedas, 1998). Cependant, Halanych et Robinson (1997) ont démontré, en analysant l’ADN mitochondrial (gène de l’ARNr 12S), que le S. nuttallii est plus étroitement apparenté au lapin d’Audubon (Desert Cottontail - Sylvilagus audubonii), avec une divergence de séquence de seulement 2,1 p. 100. La divergence de séquence avec le S. floridanus était de 4,8 p. 100.

Traditionnellement (Nelson, 1909; Hall, 1981), trois sous-espèces sont reconnues : le S. n. grangeri (présent dans les Grandes Plaines, y compris le Canada et les montagnes Rocheuses), le S. n. nuttallii (de la Californie à la Colombie-Britannique) et le S. n. pinetis (sud des montagnes Rocheuses) (figure 1). Aucune étude génétique n’a été menée pour évaluer leur validité. Diersing (1978) a analysé la variation géographique de la morphologie du pelage et du crâne à partir de 44 échantillons provenant de l’ensemble de l’aire de répartition du S. nuttallii, y compris le Canada. Son analyse multivariée a révélé deux groupes discrets qui se distinguent de par la taille du crâne et du corps. Il les a classés dans les sous-espèces S. n. nuttallii et S. n. pinetis/S. n. grangeri. Un échantillon de S. n. nuttallii de la Colombie-Britannique divergeait fortement d’un échantillon de S. n. grangeri de la Saskatchewan et de l’Alberta. Diersing (1978) a conclu que le S. n. grangeri et le S. n. pinetis étaient morphologiquement semblables et a proposé qu’on les considère comme des synonymes, en retenant le nom de S. n. pinetisparce que celui-ci est utilisé depuis plus longtemps. Toutefois, comme la thèse de Diersing (1978) n’a pas été publiée, ce changement de nomenclature n’est pas valide aux termes du Code international de nomenclature zoologique; par conséquent, la population des Prairies du Canada devrait être désignée sous le nom de S. n. grangeri.

Dans son rapport initial (Carter et Merkens, 1994), le COSEPAC a attribué des statuts différents aux deux sous-espèces de S. nuttallii. Le S. n. nuttallii est considéré comme une unité désignable parce qu’il s’agit d’une sous-espèce nommée et qu’il occupe une écozone différente de celle de la sous-espèce des Prairies, le S. n. grangeri.

En langue anglaise, en plus du nom retenu de « Nuttall’s Cottontail », un autre nom commun de l’espèce est « Mountain Cottontail ». Anderson (1946) a donné à la sous-espèce S. n. nuttallii les noms communs anglais « Washington cottontail » et « sagebrush cottontail », et le nom commun français « lapin brun de Washington ».

Figure 1. Aire de répartition mondiale dulapin de Nuttall (Sylvilagus nuttallii) et de ses trois sous-espèces :

  1. S. n. nuttallii
  2. S. n. grangeri
  3. S. n. pinetis

Limites des sous-espèces modifiées à partir de Hall (1981) et Diersing (1978).

Figure 1. Aire de répartition mondiale dulapin de Nuttall(Sylvilagus nuttallii) et de ses trois sous-espèces : A - S. n. nuttallii, B - S. n. grangeri et C - S. n. pinetis. Limites des sous-espèces modifiées à partir de Hall (1981) et Diersing (1978).

Description morphologique

Le S. n. nuttallii est un lapin de petite taille. Sa fourrure est brun pâle sur le dos, grise sur les flancs et la croupe et blanche sur le ventre (figure 2). La nuque et l’arrière de la tête sont d’un brun pâle caractéristique. Les oreilles ont des bouts noirs; la queue est blanche sur la face dorsale et grise en dessous. Le crâne a un os interpariétal distinct et des processus supraoccipitaux qui touchent à la boîte crânienne. Les mensurations (plage entre parenthèses) du S. n. nuttallii au Canada sont les suivantes : longueur totale : 319 mm (de 263 à 363), n = 9; queue (vertèbres) : 33 mm (de 24 à 44), n = 9; pied postérieur : 85 mm (de 75 à 90), n = 9; oreille : 57 mm (de 54 à 58), n = 4; masse corporelle : 495 g (de 342 à 778), n = 4 (Nagorsen, 2002).

Le seul autre lièvre ou lapin présent dans les prairies de l’intérieur sud de la Colombie-Britannique est le lièvre d’Amérique (Lepus americanus). Le lièvre de Townsend (Lepus townsendii) semble avoir disparu. Le L. americanus, dont le pelage est blanc en hiver, prend une coloration brune durant l’été et peut alors être confondu avec le S. n. nuttallii. Le L. americanus n’a pas la nuque brun pâle et la croupe grisâtre qui sont caractéristiques du S. n. nuttallii; sa taille est également beaucoup plus grande (pattes de derrière de plus de 116 millimètres, oreilles de plus de 63 millimètres) (Nagorsen, 2002).

Figure 2. Lapin de Nuttall (Sylvilagus nuttallii). Photo de Dave Nagorsen.

Figure 2. Lapin de Nuttall(Sylvilagus nuttallii). Photo de Dave Nagorsen.

Description génétique

On ignore tout de la structure des populations de ce lapin au Canada. Aucune barrière géographique ne paraît limiter le flux génique parmi les S. n. nuttallii dans le bassin de l’Okanagan.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

On trouve le lapin de Nuttall dans les Grandes Plaines, les montagnes Rocheuses et les régions intermontagnardes de l’ouest des États-Unis. Sa limite septentrionale s’étend jusque dans le sud du Canada (Saskatchewan, Alberta, Colombie-Britannique). Le S. n. nuttallii s’étend de la Californie, du Nevada et de l’Arizona à l’Oregon, l’État de Washington, l’Utah et l’Idaho, jusqu’en Colombie-Britannique (figure 1).

Aire de répartition canadienne

Au Canada, le S. n. nuttallii est confiné au bassin de l’Okanagan de la Colombie-Britannique, où son aire de répartition atteint sa limite nord à Keremeos dans la vallée de la Similkameen, et à Summerland et à l’extrémité sud du parc provincial Okanagan Mountain dans la vallée de l’Okanagan (figure 3). La plupart des occurrences se trouvent à altitude inférieure à 700 m. L’espèce a été répertoriée à environ 40 endroits distincts. La zone d’occurrence fondée sur les occurrences historiques et récentes est d’environ 1 380 km². Cela représente environ 5 p. 100 de l’aire de répartition mondiale de la sous-espèce. La zone d’occupation est inconnue.

Ce lapin a été signalé pour la première fois en Colombie-Britannique en 1939, lorsque deux spécimens ont été pris sur le mont Anarchist, près d’Osoyoos (Cowan et Hatter, 1940). Au cours des 65 ans qui ont suivi sa première observation, le S. nuttallii s’est rapidement répandu dans les steppes arbustives de basse altitude du sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen. En 1951, par exemple, Guiguet (1952) l’a qualifié de commun dans les terrasses du côté est du lac Osoyoos et, en 1956 (Cowan et Guiguet, 1956), il avait pratiquement atteint les limites actuelles de son aire de répartition. En raison de la rareté de l’habitat propice à l’espèce dans le nord des vallées de la Similkameen et de l’Okanagan, le lapin occupe maintenant la majeure partie de son aire de répartition possible dans la province. L’arrivée et la propagation du S. nuttallii en Colombie-Britannique se sont produites au moment où le lièvre de Townsend (Lepus townsendii) disparaissait de cette région (Nagorsen, 2005).

Figure 3. Aire de répartition canadienne dulapin de Nuttall de la sous-espèce nuttallii (Sylvilagus nuttallii nuttallii). Les points représentent les occurrences répertoriées, fondées sur les spécimens historiques de musée et diverses observations (de 1939 à 2002).

Figure 3. Aire de répartition canadienne du lapin de Nuttall de la sous-espèce nuttallii (Sylvilagus nuttallii nuttallii). Les points représentent les occurrences répertoriées, fondées sur les spécimens historiques de musée et diverses observations (de 1939 à 2002).

Il est possible que le S. n. nuttallii soit apparu en Colombie-Britannique avant 1939 sans être détecté en raison de sa rareté. Toutefois, compte tenu de l’intérêt qu’ont manifesté les naturalistes et les collections muséales pour le sud de la vallée de l’Okanagan au début des années 1900, il est peu probable que le lapin de Nuttall soit passé inaperçu, et son apparition en 1939 représente probablement une expansion naturelle de son aire de répartition à partir de l’État de Washington. Les premières collections muséales de mammifères provenant du sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen ont été réunies en 1903 et 1904 par W. Spreadborough et en 1913 par E. M. Anderson (Anderson, 1914). Ni l’un ni l’autre de ces chercheurs n’a pris de spécimens ni fait d’observations de ce lapin. En 1928 et 1929, H. M. Laing a fait un inventaire des mammifères de cette région, rassemblant de vastes collections et consignant ses observations dans des notes de terrain détaillées. Il n’a trouvé aucune trace du Snuttallii(Laing, 1928; 1929). Carter et Merkens (1994) ont laissé entendre que lelapin de Nuttall était présent en Colombie-Britannique dans la préhistoire, mais qu’il avait disparu à la suite de changements environnementaux. Étant donné l’absence d’information sur la faune mammalienne du sud de la vallée de l’Okanagan avant 1900, il est difficile de vérifier cette hypothèse. Les connaissances traditionnelles autochtones (CTA) ou les restes de mammifères recouvrés dans les sites archéologiques du bassin de l’Okanagan pourraient être explorés pour répondre à cette question.

Il existe également peu de données sur l’historique du lapin de Nuttall dans le comté d’Okanogan de l’État de Washington, le comté adjacent à la population canadienne. Dans sa carte de l’aire de répartition, Dalquest (1941) a montré que ce lapin était répandu dans la majeure partie du plateau de Columbia dans l’est de l’État de Washington et atteignait la frontière canadienne dans la vallée de l’Okanagan. On ne possède toutefois aucune information sur sa répartition dans le comté d’Okanogan avant les années 1940.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Dans l’ouest des États-Unis, le S. n. nuttallii occupe des steppes arbustives où prédominent la purshie tridentée (Purshia tridentata), l’armoise tridentée (Artemisiae tridentata), la bigelovie puante (Chrysothamnus nauseosus) et le genévrier occidental (Juniperus occidentalis). Les caractéristiques les plus importantes de l’habitat sont la présence d’armoise et d’affleurements rocheux (Orr, 1940; MacCracken et Hansen, 1982; Verts et Carraway, 1998). Au Canada, la sous-espèce occupe des habitats similaires. En mesurant la densité de boulettes fécales comme indice d’utilisation de l’habitat, Sullivan et al. (1989) ont démontré que ce lapin occupait principalement les armoisaies présentant un couvert végétal d’au moins 30 p. 100 (tableau 1). La forêt-parc à pin ponderosa (Pinus ponderosa) avec armoise est également utilisée. Peu ou pas de boulettes fécales ont été trouvées sur les terres cultivées. Le piégeage d’individus vivants réalisé dans un quadrillage de 25,6 hectares a révélé une distribution similaire (Sullivan et al., 1989), la plupart des captures de lapins de Nuttall ayant été réalisées dans les steppes naturelles de la zone d’étude. Les pièges installés dans des vergers cultivés et des champs abandonnés ont capturé peu d’individus (Sullivan, 1985; 1986). Carter et al. (1993) ont fait état d’une utilisation semblable de l’habitat d’après des relevés à la torche électrique et des estimations faites à partir des boulettes fécales dans divers habitats.

Tableau 1. Densité de boulettes fécales (nombre moyen/1,8 ) du lapin de Nuttall(Sylvilagus nuttallii) dans des milieux naturels et cultivés du sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen. Résultats fondés sur des recensements faits en 1984 et 1985; d’après Sullivan et al. (1989)
Zone d'étudeHabitat1984
Degré de couverture moyenNote de tableaua
1984
Densité de boulettes
1984
± erreur-type
1984
Nombre de parcelles
1985
Degré de couverture moyenNote de tableaua
1985
Densité de boulettes
1985
± erreur- type
1985
Nomgre de parcelles
QuadrillagesForêt-parc à pin ponderosa avec mélange d’armoise
-
118,5
18,9
103
-
41,1
7,5
94
QuadrillagesVergers et champs abandonnés
-
2,8
1,8
56
-
3,5
2,1
56
SummerlandArmoise tridentée
1,7
38,7
16,1
20
1,7
36,3
11,8
20
SummerlandMélange d’armoiseNote de tableaub
1,8
0,7
0,6
20
1,8
0,6
0,4
20
SummerlandPrairie avec armoise
1,7
17,3
7,7
20
1,7
30,6
12,0
18
SummerlandMélange d’armoiseNote de tableaub
1,5
242,0
106,7
20
1,5
122,1
52,5
20
SummerlandArmoise courte
1,1
117,4
70,0
20
1,1
45,9
24,7
20
Keremeos-NighthawkArmoise tridentée
1,6
14,7
7,1
20
1,6
12,9
5,7
20
Keremeos-NighthawkArmoise courte et
affleurements rocheux
1,5
43,3
15,3
20
1,5
17,8
8,0
20
Keremeos-NighthawkPrairie
0,2
0,0
0,0
20
0,2
0,0
0,0
20
Keremeos-NighthawkArmoise courte
1,3
3,5
1,8
20
1,3
0,3
0,3
20
Keremeos-NighthawkPin ponderosa
0,8
0,1
0,1
20
0,8
0,1
0,1
20
Nighthawk-OsoyoosPrairie
0,1
0,0
0,0
20
0,1
0,0
0,0
20
Note de tableau a

Selon un classement à cinq degrés : 0 = 0 p. 100, 1 = 1-20 p. 100, 2 = 21-40 p. 100, 3 = 41-60 p. 100, 4 = 61-80 p. 100, 5 = 81-100 p. 100

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Note de tableau b

Un mélange d’armoises a été mesuré à deux endroits différents.

Retour à la premièreréférence de la note de tableaub

Les auteurs ont relevé que plusieurs types d’habitat non couverts par Sullivan et al. (1989), comme les prés et prairies de fauche, les milieux riverains et les boisés de douglas et pin ponderosa, étaient rarement utilisés par le S. nuttallii. Le lapin de Nuttall ne creuse pas de terriers; les terriers abandonnés par d’autres mammifères et les affleurements rocheux sont des refuges essentiels contre les prédateurs.

Sullivan et al. (1989) et Carter et al. (1993) ont démontré que le S. n. nuttallii est rare dans les terres cultivées comme les vergers et les champs abandonnés. Toutefois, on connaît mal le degré d’utilisation des terres agricoles par cette espèce. Les zones irriguées peuvent fournir des herbacées entrant dans le régime alimentaire de ce lapin. À la station fédérale de recherche agricole de Summerland, l’espèce se nourrit de plantes ornementales (Carter et al., 1993). Son utilisation des vignobles n’a pas été étudiée.

Tendances en matière d’habitat

Le sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen a été utilisé pour le pâturage du bétail à partir de la fin des années 1880. Le développement agricole associé aux vergers, aux prairies de fauche irriguées et aux vignobles qui a débuté au début du 20siècle, ainsi que l’urbanisation, plus récente, ont provoqué une diminution considérable des prairies et des steppes arbustives (Cannings et al. 1987; Ministry of Environment, Lands and Parks, 1998). Selon Redpath (1990), plus de 90 p. 100 des terres du sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen ne sont plus dans leur état « normal ». Le gros de l’activité agricole et de l’urbanisation se situant dans le fond des vallées, des habitats potentiels du lapin de Nuttall ont été perdus. Lea (données inédites) a évalué ces pertes, du début du XIXsiècle à 2001, à 57 p. 100 pour les habitats de purshie tridentée, à 47 p. 100 pour les habitats d’armoise tridentée et de stipe et à 29 p. 100 pour les habitats d’armoise tridentée et de graminées cespiteuses. Depuis 1939, année où le S. n. nuttallii a été signalé pour la première fois, ces milieux de steppe arbustive n’ont cessé de reculer (tableau 2). Il n’existe pas de données quantitatives, mais vu l’étalement récent des vignobles et l’urbanisation continue, il y a très certainement eu de nouvelles pertes de steppe arbustive depuis 2001.

Tableau 2. Changements historiques dans la superficie (hectares) de certains habitats dulapin de Nuttall (Sylvilagus nuttallii) dans le sud des vallées de la Similkameen et de l’Okanagan en Colombie-Britannique de 1939 à 2001. Ces résultats sont fondés sur les données inédites de Ted Lea, du Ministry of Water, Air and Land Protection de la Colombie-Britannique. À noter que le S. nuttallii a été signalé pour la première fois en Colombie-Britannique en 1939. L’analyse de Lea ne comprend pas les types d’habitat comme les affleurements rocheux avec armoise qui sont utilisés par lelapin de Nuttall.
Type d’habitatAnnée 1939Note de tableaucAnnée 1995Note de tableaudAnnée 2001Note de tableaudPerte% de perte
Purshie tridentée7 0464 2794 0932 95241,9
Armoise tridentée et stipe3 4392 3642 3641 07531,3
Armoise tridentée et graminées cespiteuses2 1282 0052 0051235,8
Note de tableau c

Selon des photos aériennes de 1938.

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Note de tableau d

Selon des photos aériennes récentes et la cartographie biophysique avec des relevés sur le terrain.

Retour à la premièreréférence de la note de tableaud

Protection et propriété

On ne connaît pas la quantité exacte d’habitat protégé par la loi. Les aires protégées dans l’aire de répartition connue (soit la zone d’occurrence) comprennent 10 parcs provinciaux, trois réserves écologiques provinciales et une réserve nationale de faune (voir la section Protection actuelle ou autres désignations). Les autres terres protégées sont celles de l’aire de gestion de la faune du sud de la vallée de l’Okanagan (South Okanagan Wildlife Management Area), de The Nature Trust et de The Land Conservancy. Ces aires protégées représentent environ 10 p. 100 de la zone d’occurrence du lapin de Nuttall. On ne connaît pas la quantité de steppe arbustive dans ces aires protégées. On devra procéder à une analyse SIG avec un modèle d’adéquation de l’habitat pour évaluer la quantité d’habitats propices au lapin de Nuttall qui se trouvent actuellement dans ces aires. Les terres fédérales situées dans l’aire de répartition connue comprennent des terres de 11 réserves indiennes (40 850 ha), la Réserve nationale de faune deVaseux-Bighorn (792 ha), des terrains du Conseil national de recherches (2 152 ha) et la station de recherche agricole de Summerland (320 ha). Le tableau 3 indique la propriété foncière des terres situées dans l’aire de répartition connue du Snuttallii. On ignore la proportion de ces types de terres réellement occupée par le lapin de Nuttall.

Tableau 3. Propriété foncière des terrains situés dans l’aire de répartition connue (zone d’occurrence) dulapin de Nuttall (Sylvilagus nuttallii) en Colombie-Britannique.
Propriété foncièreSuperficie (km²)
Terres de la Couronne - fédérales et provinciales
619,1
Réserves indiennes
357,2
Terres privées
408,5
Total
1 384,8

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Biologie

Comme il est possible que les sous-espèces aient des cycles biologiques différents, les renseignements présentés dans cette section se limitent principalement aux études menées sur le S. n. nuttallii. Seules deux études ont été réalisées sur la sous-espèce au Canada. Elles portaient sur la répartition générale, l’habitat et l’écologie des populations (Sullivan et al., 1989; Carter et al., 1993). Les données sur la reproduction et les habitudes alimentaires sont tirées de recherches faites en Oregon et en Idaho. Fait à noter, il n’existe aucune donnée sur les déplacements de cette espèce.

Cycle vital et reproduction

Le S. n. nuttallii est herbivore. Des études réalisées en Oregon et en Idaho (Johnson et Hansen, 1979; MacCraken et Hanse, 1982) ont montré qu’il se nourrit principalement de graminées, notamment d’agropyre (Agropyron sp.), de stipe (Stipa sp.) et de brome des toits (Bromustectorum). Des herbacées non graminoïdes et des arbustes, comme l’armoise tridentée et le genévrier commun, font également partie de son régime alimentaire.

En Oregon, la saison de reproduction s’étend de janvier à la fin de juillet (Powers et Verts, 1971). On a trouvé des femelles gravides de février à juillet. L’accouplement semble synchronisé chez les femelles, celles-ci s’accouplant immédiatement après la mise bas. La population estivale contient donc plusieurs cohortes bien définies de juvéniles issus de différentes portées. En Oregon, on a observé que les femelles produisaient de trois à quatre portées, et quelques rares femelles en produisaient cinq (Powers et Verts, 1971). La taille moyenne des portées était de 4,6 petits d’après le compte d’embryons, les portées étant plus petites au début et à la fin de la saison de reproduction. Les femelles atteignent rarement lamaturité sexuelle pendant l’été de leur naissance, et la reproduction chez les S. n. nuttallii de moins de un an est rare. La durée de génération est d’environ un an (McKay et Verts, 1978). Les données sur la reproduction pour la population canadienne sont rares. La saison de reproduction s’étend probablement de mars à juillet. Cowan et Guiguet (1956) ont fait état de portées de seulement deux rejetons, les femelles produisant deux ou trois portées par an, mais ils n’ont pas indiqué la source de leurs données.

Les S. nuttallii adultes sont solitaires et n’interagissent que pendant la saison de reproduction (Orr, 1940; Verts et Gehman, 1991). Sullivan et al. (1989) ont relevé que le rapport des sexes (proportion de mâles) variait d’une année à l’autre, avec des estimations de 0,57, 0,44 et 0,16 respectivement pour les années 1984, 1985 et 1986 dans leurs quadrillages d’étude de la vallée de l’Okanagan. Les femelles ont présenté un taux de survie supérieur à celui des mâles. En Oregon, on a observé une mortalité des cohortes juvéniles élevée (de 40 p. 100 à 80 p. 100), liée aux précipitations et à la qualité des aliments estivaux (McKay et Verts, 1978; Hundertmark, 1982). La mortalité accrue à l’automne et au début de l’hiver a été associée aux basses températures. Les individus peuvent vivre jusqu’à quatre ans (Verts et Carraway, 1998).

Prédateurs

La prédation n’a pas été étudiée dans la population canadienne. Les prédateurs potentiels dans le sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen comprennent le Grand-duc d’Amérique (Bubo virginiana), la Buse à queue rousse (Buteo jamaicensis), l’Aigle royal (Aquila chrysaetos), le blaireau d’Amérique (Taxidea taxus), le lynx roux (Lynx rufus) et le coyote (Canis latrans).

Physiologie

Les besoins et les adaptations physiologiques de cette espèce n’ont pas été étudiés. Pour mieux digérer la cellulose, le S. nuttallii réingère ses fèces, adaptation observée chez la plupart des lièvres et des lapins. Aucune recherche n’a été faite sur les besoins en eau de cette espèce dans les environnements secs, mais selon Verts et al. (1984), la disponibilité d’eau serait un facteur critique pour la survie des juvéniles.

Déplacements et dispersion

Il n’existe aucune estimation de la taille du domaine vital du S. nuttallii, ni aucune donnée sur sa dispersion ou ses déplacements sur de longues distances. La tendance générale observée chez la plupart des espèces de Sylvilagus est que les mâles ont un domaine vital plus grand que celui des femelles, et que la superficie du domaine vital augmente pendant la saison de reproduction.

Relations interspécifiques

On a observé une sympatrie de deux espèces de Léporidés avec le S. nuttallii en Colombie-Britannique : le L. townsendii et le L. americanus. Le L. townsendii occupait des steppes arbustives semblables à celles occupées par le S. nuttallii et avait un régime alimentaire similaire, mais il semble avoir disparu de la Colombie-Britannique (Nagorsen, 2005). Il est possible que le déclin des populations de ce grand lièvre pendant les années 1940 et 1950 ait favorisé l’expansion de l’aire de répartition du S. nuttallii en Colombie-Britannique. On trouve le L. americanus sur l’ensemble du territoire de la Colombie-Britannique, où il est largement sympatrique avec le S. nuttallii. Toutefois, le L. americanus est associé à des habitats forestiers situés à une altitude supérieure à celle de l’habitat du S. nuttallii. La compétition entre ces deux espèces est peu probable du fait qu’elles occupent des habitats différents.

Adaptabilité

Verts et Carraway (1998) ont noté plusieurs adaptations qui ont permis à l’espèce de survivre dans des environnements secs : le fait de grimper aux arbres, l’activité crépusculaire ou nocturne et le mode de vie solitaire. L’une des adaptations les plus frappantes du S. nuttallii est son activité arboricole jusqu’à 3 m au-dessus du sol. Verts et al.(1984) ont conclu que ce lapin grimpait aux arbustes de genévrier pendant la sécheresse estivale pour s’abreuver des gouttes d’eau formées par condensation sur les branches et pour manger le feuillage succulent.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

La plupart des occurrences répertoriées de cette espèce sont soit des spécimens historiques de musées, soit des observations anecdotiques de naturalistes et de biologistes. Seuls deux relevés de cette sous-espèce ont été réalisés au Canada. Sullivan et al. (1989) ont échantillonné des animaux au printemps et à l’été de 1984, 1985 et 1986 dans un quadrillage de pièges non mortels de 25,6 hectares à la station fédérale de recherche agricole de Summerland. Selon Sullivan (1985), 19,7 hectares du quadrillage étaient composés de steppes naturelles, et 5,9 hectares étaient des vergers cultivés, des champs abandonnés ou des vignobles. En utilisant les données de recapture, ils ont évalué la densité de la population et des taux de survie. Compte tenu du faible nombre d’animaux capturés dans les habitats cultivés, les estimations de densité s’appliquent aux habitats naturels intacts. Il n’existe aucune estimation des populations canadiennes pour les habitats cultivés ni pour les steppes naturelles perturbées par un pâturage intensif.

En 1990, Carter et al. (1993) ont réalisé un relevé par transects à la torche électrique couvrant la majeure partie de l’aire de répartition connue dans le sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen. Les relevés ont été réalisés à pied et à bord d’un véhicule. Tous les types d’habitat n’ont pas été échantillonnés, et l’effort de recherche a été inégal parmi les habitats fouillés. Comme leur rapport ne fait que dresser la liste des endroits où le S. n. nuttallii a été observé et qu’il n’indique pas les endroits où l’espèce n’a pas été détectée, il ne donne pas de renseignements sur l’effort de recherche et l’abondance relative ni de précisions concernant la présence ou l’absence de l’espèce dans les divers endroits couverts.

Abondance

Sullivan et al. (1989) ont évalué la population de 0,23 à 0,43 individu par hectare dans leur quadrillage de Summerland. Leurs résultats sont du même ordre que les estimations d’une population de l’Oregon, bien que cette population ait atteint un pic de 2,5 individus par hectare lors d’une année de grande abondance (McKay et Verts, 1978). On ignore le nombre total d’individus et le nombre d’individus matures au Canada.

Fluctuations et tendances

Rien n’indique que la densité de population du Snuttallii suit des fluctuations cycliques régulières. Toutefois, McKay et Verts (1978) ont constaté des fluctuations importantes des populations sur une période de trois ans en Oregon. Par exemple, les densités à la fin de l’hiver et au printemps ont différé de 50 p. 100 pour deux années consécutives. McKay et Verts (1978) ont conclu que la reproduction et la survie des juvéniles étaient liées aux précipitations pendant la saison de reproduction. Les faibles densités de population à l’automne et au début de l’hiver ont été associées aux basses températures. Sullivan et al. (1989), qui ont suivi des populations entre mai 1984 et août 1986 en Colombie-Britannique, ont observé que les densités moyennes en 1985 et 1986 n’ont été que d’environ le tiers de celles mesurées en 1984. Ils ont attribué ce déclin à la variation des précipitations estivales et des températures hivernales. Il n’y a aucune donnée sur les tendances démographiques du S. n. nuttallii en Colombie-Britannique.

Effet d’une immigration de source externe

Le S. n. nuttallii est présent dans le comté d’Okanogan (État de Washington), qui est adjacent à la frontière canadienne. L’État de Washington a attribué à l’espèce la cote S5 (non en péril), et elle y est chassée en tant que petit gibier. Le registre 2002 de la récolte de gibier de l’État signale 168 Sylvilagus abattus dans le comté d’Okanogan. Le lapin de Nuttall est le seul Sylvilagus dans le comté d’Okanogan (Johnson et Cassidy, 1997). Selon le modèle général d’habitat établi par Johnson et Cassidy (1997), il y a beaucoup d’habitats potentiels pour l’espèce dans les vallées de l’Okanagan et de la Similkameen au voisinage de la frontière canadienne. Aucune barrière physiographique n’empêche la dispersion de l’espèce à partir de l’État de Washington, et il existe dans la région des milieux qui conviendraient aux immigrants, en particulier dans le parc provincial South Okanagan Grasslands, au voisinage de la frontière internationale.

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Facteurs limitatifs et menaces

Le S. n. nuttallii se trouve aux limites septentrionales de son aire de répartition au Canada où il occupe un petit territoire dans le bassin de l’Okanagan. On ne connaît pas avec précision les facteurs biologiques qui déterminent son aire de répartition restreinte, mais sa répartition au Canada correspond aux limites des steppes arbustives sises à faible altitude. À la suite de sa première mention en 1939, le S. n. nuttallii a atteint son aire de répartition actuelle en l’espace de 15 à 20 ans. Bien qu’il existe des steppes arbustives dans les vallées des rivières Nicola et Thompson et du fleuve Fraser, ces vallées sont séparées de celles de la Similkameen et de l’Okanagan par de vastes étendues de forêt. La rareté des habitats adéquats est probablement le principal facteur limitant la répartition du S. n. nuttallii au Canada.

La sous-espèce n’est pas en péril aux États-Unis. Au Canada, elle occupe une zone faisant l’objet d’un développement rapide qui s’accompagne d’une altération des habitats. La seule menace imminente est la perte d’habitat continue provoquée par l’urbanisation et le développement agricole. De 1939 à 2001, la superficie des zones urbaines dans la région du sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen est passée de 368 à 3 567 hectares, et celle des zones cultivées, de 11 482 à 19 057 hectares, ce qui a entraîné des pertes correspondantes de steppe arbustive (tableau 2). La plupart des pertes d’habitat sont survenues avant 1995, mais l’on prévoit d’autres pertes d’habitat du S. n. nuttallii . La population humaine totale du district régional d’Okanagan-Similkameen était estimée à 81 967 habitants  en 2004 (BC Stats, 2005). On prévoit qu’elle atteindra 112 000 habitants (hausse de 27 p. 100) d’ici 2021, ce qui entraînera des pertes évaluées à 4 000 hectares de prairie, 4 000 hectares d’habitat riverain et 250 hectares de forêt sèche (Ministry of Environment, Lands and Parks, 1998).

La récente croissance de l’industrie viticole, accompagnée d’une expansion des vignobles, a également perturbé l’habitat. En Colombie-Britannique, les vignobles totalisent maintenant quelque 2 210 hectares, le plus grand vignoble se trouvant dans la vallée de l’Okanagan. Depuis 1999, 517 hectares de terres ont été transformés en vignobles, et 242 hectares de nouveaux vignobles devraient s’ajouter en 2005 et 2006. On ne connaît pas la quantité d’habitats du lapin de Nuttall qui se trouvait sur ces terres transformées en vignobles. Des habitats ont été perdus dans le sud de la vallée de l’Okanagan. Par exemple, une partie des terrasses renfermant de bonnes étendues de steppe arbustive du côté est du lac Osoyoos dans la Réserve indienne d’Osoyoos, région où la présence du lapin de Nuttall est connue depuis le début des années 1950 (Guiguet, 1952), a été transformée en vignobles. D’autres habitats situés sur les terres de la Réserve indienne d’Osoyoos risquent d’être perdus en raison du développement à venir.

Les menaces potentielles sont peu nombreuses. Carter et al. (1993) ont émis l’hypothèse que le pâturage du bétail réduisait les densités de population, probablement en raison de la perte de ressources alimentaires. Toutefois, aucune recherche n’a été menée sur les effets du pâturage sur les populations de S. n. nuttallii en Colombie-Britannique. Bien que des appâts empoisonnés aient été utilisés il y a 25 à 30 ans pour lutter contre la déprédation des jeunes arbres fruitiers par le S. n. nuttallii, l’espèce n’est plus considérée comme un ravageur, et cette pratique n’a plus cours (Sullivan, 1983). Les pesticides utilisés dans les vergers pourraient avoir un impact sur ce lapin, mais on le retrouve rarement dans les terres agricoles cultivées.

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Importance de l'espèce

Petit, cryptique et crépusculaire, le lapin de Nuttall est très peu connu du grand public et des naturalistes. Étrangement, un récent atlas des habitats fauniques du sud de la vallée de l’Okanagan (Ministry of Environment, Lands and Parks, 1998) ne mentionne pas cette espèce. Le lapin de Nuttall n’est pas chassé en Colombie-Britannique et a probablement peu d’importance commerciale comme ravageur. La sous-espèce S. n. nuttallii a une aire de répartition très restreinte au Canada, où elle est confinée au sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen. Le S. n. nuttallii fait partie des plusieurs taxons mammaliens associés aux régions intermontagnardes de l’ouest de l’Amérique du Nord qui ont cette région du Canada comme limite septentrionale.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le S. nuttallii ne figure pas sur la liste de l’UICN. Les cotes établies pour le Snuttallii sont les suivantes : cote mondiale G5 (non en péril) et cotes nationales N5 (non en péril) pour les États-Unis et le Canada. La sous-espèce S. n. nuttallii est classée T5 (non en péril) à l’échelle mondiale; les cotes nationales sont N5 (non en péril) pour les États-Unis et NNR (non classée) pour le Canada. La Colombie-Britannique a attribué à cette sous-espèce la cote S3 (vulnérable). La cote S5 (non en péril) attribuée par l’État de Washington s’appliquerait à la sous-espèce S. n. nuttallii. Le lapin de Nuttall a été évalué par le COSEPAC en 1994 (Carter et Merkens, 1994). La population des Prairies (Snpinetis/ S. n. grangeri) a été désignée non en péril, et la population de la Colombie-Britannique (S. n. nuttallii), préoccupante.

Tableau 4. Aires protégées situées dans l’aire de répartition connue du lapin de Nuttall (Sylvilagus nuttallii) en Colombie-Britannique
Aire protégéeNomSuperficie (ha)Commentaires
Parc provincialAnarchist Protected Area
467
 
Parc provincialChristie Memorial
3
 
Parc provincialHaynes Point
38
 
Parc provincialInkaneep
21
 
Parc provincialKeremeos Columns
57
 
Parc provincialOkanagan Mountain
11 038
extrémité sud du parc seulement
Parc provincialSouth Okanagan Grasslands
9 364
 
Parc provincialVaseux Lake
2
 
Parc provincialVaseux Protected Area
2 015
 
Parc provincialWhite Lake Grasslands
3 741
 
Réserve écologique provincialeHayne’s Lease
101
 
Réserve écologique provincialeField’s Lease
4,2
 
Réserve écologique provincialeTrout Creek
75
limite septentrionale de
l’aire de répartition
Terres fédéralesRéserve nationale de faune de Vaseux-Bighorn
792
 

En Colombie-Britannique, il est interdit d'abattre ou de capturer le S. n. nuttallii aux termes de la Wildlife Act provinciale. Il n’y a pas de saison de chasse pour ce lapin. Parce qu’il n’est pas inscrit à titre d’espèce sauvage désignée (Identified Wildlife Species), son habitat ne bénéficie d’aucune protection aux termes de la Forest and Range Practices Act de la province.

L’aire de répartition canadienne du S. n. nuttallii recoupe un ensemble d’aires protégées (tableau 4). Comme le lapin n’est présent dans le parc provincial Okanagan Mountain que dans une petite zone de l’extrême sud de cette vaste aire protégée, celle-ci se trouve pour l’essentiel à l’extérieur de l’aire de répartition de l’espèce. Toutefois, l’aire protégée White Lake Grasslands et les aires protégées fédérales et provinciales adjacentes du lac Vaseux comprennent une grande étendue non fragmentée de milieux protégés sis à faible altitude convenant au lapin de Nuttall. En outre, ces aires protégées sont reliées à divers terrains protégés achetés par The Nature Trust et The Land Conservancy. Une autre aire protégée importante est le parc provincial South Okanagan Grasslands. Elle comprend les zones du col Richter, de Chopaka et du mont Kobau et est en continuité avec une zone de steppe arbustive de l’État de Washington. Les aires protégées des lacs Vaseux et White et des prairies du sud de l’Okanagan sont cependant séparées par de vastes terrains privés. Certaines de ces aires protégées, comme le parc provincial South Okanagan Grasslands, autorisent le pâturage du bétail.

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Résumé technique

Sylvilagus nuttallii nuttalii

Lapin de Nuttall de la sous-espèce nuttalliiNuttall’s Cottontail nutallii subspecies

Répartition au Canada :

Colombie-Britannique

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²) au Canada La carte figurant dans le présent rapport est basée sur toutes les occurrences récentes et historiques connues.

1 380 km²

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue). 

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Non

Superficie de la zone d’occupation (km²)

Inconnue

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

-

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

-

Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés

40

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Probablement en déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

Non

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

Habitat en déclin

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

1 an

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

Moins de 3 500 d’après l’habitat disponible

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

Inconnue

 S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

-

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)??

Inconnu

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

Inconnu

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

-

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

-

Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

 

Menace (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Perte d’habitat causée par l’urbanisation et l’activité agricole (vergers et vignobles).

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

États-Unis : État de Washington, S5 (non en péril)

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Oui

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Oui

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Oui

La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?

Inconnue

Analyse quantitative

Statut existant

COSEPAC : Espèce préoccupante, avril 1994; Espèce préoccupante, 2006

Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce préoccupante

Code alphanumérique : s.o.

Justification de la désignation : L’espèce a été observée pour la première fois au Canada il y a environ 70 ans et a depuis étendu son aire de répartition dans la région de l’Okanagan, où elle a peut-être atteint sa distribution maximale. L’habitat restant de l’espèce dans la région de l’Okanagan couvre moins de 8 000 hectares, est de plus en plus fragmenté et diminue toujours en raison de l’urbanisation et de l’agriculture. La taille totale de la population selon l’habitat disponible, se compose probablement de moins de 3 500 individus. La possibilité d’une immigration de l’État de Washington est minimale en raison de la disponibilité décroissante de l’habitat.Il existe des incertitudes importantes quant à la zone d’occupation actuelle, laquelle aurait pu connaître un déclin au cours des quelques dernières décennies alors qu’il y a eu perte d’habitat.

Applicabilité des critères

  • Critère A (Population globale en déclin) : Immigrant récent dans la vallée de l’Okanagan, aucune preuve récente du déclin des populations, mais déclin de l’habitat disponible.
  • Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : La zone exacte de distribution est inconnue. Il n’y a pas de preuve précise de déclin, mais il n’y a aucun inventaire récent.
  • Critère C (Petite population globale et déclin) : La taille de la population est inconnue.
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : La taille des populations est inconnue, mais elle est probablement supérieure à 1 000.
  • Critère E (Analyse quantitative) : Non disponible.

 

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Remerciements et experts contactés

Nous remercions tout particulièrement Orville Dyer pour son soutien et son aide dans la rédaction de ce rapport, notamment en ce qui concerne l’analyse SIG de la propriété foncière. Le financement a été fourni par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

Experts contactés 

  • Bowen, Pat. Viticulture Research, Pacific Agri-food Research Centre, Summerland (Colombie-Britannique).
  • Blight, Lois. Ecosystem Planning and Standards Section, Ministry of Water, Land and Air Protection, Victoria (Colombie-Britannique).
  • Dyer, Orville. Wildlife Biologist, Fish and wildlife Science Allocation Section, Ministry of Water, Land and Air Protection, Penticton (Colombie-Britannique).
  • Fleckstein, John. Zoologiste, Washington Natural Heritage Program, Olympia (État de Washington), États-Unis.
  • Friis, Laura. Species Specialist, Biodiversity Monitoring and Reporting Section, Ministry of Water, Land and Air Protection, Victoria (Colombie-Britannique).
  • Fraser, Dave. Endangered Species Specialist, Ministry of Water, Land and Air Protection, Victoria (Colombie-Britannique).
  • Goulet, Gloria. Coordonnatrice, connaissances traditionnelles autochtones, Secrétariat du COSEPAC, Service canadien de la faune, Environnement Canada, Ottawa (Ontario).
  • Guy, Stewart. Project manager, Wildlife Conservation Planning, Ministry of Water, Land and Air Protection, Victoria (Colombie-Britannique)
  • Johnson, Richard. Associate Professor, School of Biological Sciences, Washington State University, Pullman (État de Washington), États-Unis.
  • Lea, Ted. Biodiversity Branch, Ministry of Water, Land and Air Protection, Victoria (Colombie-Britannique).
  • Lewis, Jeff. Washington Department of Fish and Wildlife, Olympia (État de Washington), États-Unis.
  • Ramsay, Leah. Zoologiste, Conservation Data Centre, Ministry of Sustainable Resources Management, Conservation Data Centre, Victoria (Colombie-Britannique).
  • Sarell, Mike. Ophiuchus Consulting, Oliver (Colombie-Britannique).
  • Sullivan, Tom. Applied Mammal Research Institute, Summerland (Colombie-Britannique).
  • Wither, Carl. Resource Stewardship Agrologist, Ministry of Agriculture, Food, and Fisheries, Kelowna (Colombie-Britannique).

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Sources d'information

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

David Nagorsen détient un baccalauréat ès sciences de la University of Guelph et une maîtrise ès sciences avec spécialisation en zoologie de la University of Toronto. Il a été adjoint à la conservation au Département de mammalogie du Musée royal de l’Ontario (Toronto) pendant 10 ans et conservateur des mammifères au Royal British Columbia Museum pendant 20 ans. Actuellement collaborateur départemental au Centre de la biodiversité et de la biologie de la conservation du Musée royal de l'Ontario, il s’intéresse à un large éventail de sujets liés aux mammifères. Au cours de sa carrière, il a mené des études sur le terrain et des recensements de mammifères dans les Caraïbes et dans diverses régions du Canada, dont le Bouclier canadien, les basses terres de la baie d'Hudson, le nord du Yukon et la Colombie-Britannique. Il est l'auteur ou le coauteur de plus de 50 articles et rapports scientifiques publiés, de 3 livres, de plusieurs rapports non publiés et de nombreuses publications destinées à un public plus large; il est rédacteur en chef adjoint du Canadian Field-Naturalist. M. Nagorsen participe à plusieurs initiatives de conservation, dont l'équipe de rétablissement de la marmotte de l'île de Vancouver, l’équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire, l’équipe de rétablissement de la taupe de Townsend, le Sous-comité de spécialistes des mammifères terrestres du COSEPAC et le Groupe de spécialistes des rongeurs de la Commission de la sauvegarde des espèces de l'UICN.

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Collections examinées

  • Musée canadien de la nature, Ottawa
  • Royal British Columbia Museum, Victoria
  • Cowan Vertebrate Museum, University of British Columbia, Vancouver

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