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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le fissident pygmée (Fissidens exilis) au Canada

Répartition

Aire de répartition mondiale

Le Fissidens exilis a été signalé dans les îles Britanniques, dans le centre et le nord de l’Europe et en Scandinavie (Steere, 1950) ainsi qu’au Japon (Iwatsuki et Noguchi, 1973). Il est également présent en Nouvelle-Zélande, où on croit qu’il a été introduit (Beever, 1999). NatureServe (2005) signale que l’espèce existe également en Algérie et en Amérique du Sud. En Amérique du Nord, la répartition du F. exilis semble analogue à celle des nombreuses espèces associées aux forêts de feuillus de l’est du continent (voir entre autres Argus et Pryer, 1990). En Europe, le F. exilis atteint des latitudes beaucoup plus nordiques qu’en Amérique du Nord.

En Amérique du Nord, le Fissidens exilis a été découvert en 1947, à Cleveland, en Ohio (Steere, 1950). Depuis, des spécimens ont été récoltés dans dix autres États de l’est des États-Unis (Crum et Anderson, 1981; Missouri Botanical Garden, 2002; New York Botanical Garden, 2002) et dans deux provinces canadiennes, l’Ontario et le Québec (figure 2). On ignore pourquoi toutes les populations d’Amérique du Nord n’ont été découvertes qu’au cours des quelque 55 dernières années, puisque la région avait été relativement bien étudiée du point de vue botanique.

Figure 2. Aire de répartition approximative du Fissidens exilis en Amérique du Nord. Les losanges noirs indiquent les sites dont les coordonnées sont connues. Les losanges blancs indiquent les États où le F. exilis a été signalé, mais où les sites de cette espèce ne sont pas situés au moyen de coordonnées exactes dans les bases de données en ligne (Missouri Botanical Garden, 2002; New York Botanical Garden, 2002).

Figure 2.  Aire de répartition approximative du Fissidens exilis en Amérique du Nord.

Aire de répartition canadienne

Au Canada, le Fissidens exilis a été récolté dans cinq localités du sud de l’Ontario, réparties entre les comtés d’Essex (deux localités), de Kent, de Waterloo et de Haldimand-Norfolk, ainsi que dans deux localités du sud du Québec, respectivement situées dans l’île de Montréal et dans le parc de la Gatineau, près de l’extrémité sud de la limite entre l’Ontario et le Québec (annexe 1). La station de Montréal constitue la première mention canadienne de l’espèce (Molnar, 1975), mais aucun spécimen appuyant cette mention n’a été retrouvé, ni dans l’herbier du campus Macdonald de l’Université McGill (MTMG), où le spécimen aurait été déposé (Molnar, 1975), ni dans les grands herbiers de l’est de l’Amérique du Nord que nous avons consultés. Cela pourrait signifier que le spécimen a été annoté, ce qui laisse planer un doute sur cette mention. Le premier spécimen ontarien a été signalé par Oldham (1983).

Les travaux de terrain menés en 2002 dans le cadre de la préparation du présent rapport ont consisté à rechercher les espèces minuscules de Fissidens dans plus de 30 localités du sud de l’Ontario et du Québec, étudiées en même temps pour les rapports de situation du COSEPAC sur le Bryoandersonia illecebra et l’Helodium paludosum. Des spécimens de Fissidens ont ainsi été récoltés dans 11 de ces localités, dont trois où le F. exilis avait déjà été signalé. Nous avons cherché ces mousses le long des chemins menant aux localités ainsi que dans les localités elles-mêmes, pendant une à cinq heures par localité. Nous avons ainsi récolté 46 spécimens de référence, dont un seul s’est révélé être un F. exilis. La plupart des autres spécimens étaient des F. taxifolius. Étant donné l’intensité de ces recherches, on peut conclure que la petite taille de l’espèce et la difficulté de la détecter sur le terrain ne peuvent pas à elles seules expliquer le petit nombre de spécimens récoltés au Canada.