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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le fissident pygmée (Fissidens exilis) au Canada

Taille et tendances des populations

Les tendances de chaque population canadienne du Fissidens exilis sont impossibles à déterminer, car les populations déjà connues n’avaient pas été décrites en détail au moment de leur découverte et n’ont pas été retrouvées dans le cadre des travaux menés en vue du présent rapport. La difficulté de retrouver les populations connues ne signifie pas que celles-ci soient en déclin ou disparues, puisque les recherches sur le terrain n’ont pas été suffisamment ciblées, à cause du peu d’information détaillée existant sur la position de ces populations. En outre, le protonéma persistant de l’espèce, sans doute plus fréquent que le très éphémère gamétophyte feuillé, ne peut pas être identifié avec certitude, même au niveau de la famille; par conséquent, les populations non représentées par des individus feuillés au moment des recherches sur le terrain passeraient inaperçues. Il est également possible que les récoltes faites par J. Doubt en 2002 n’aient pas permis de détecter des individus feuillés de F. exilis parce que les petites espèces de Fissidens sont abondantes dans les substrats boueux du sud de l’Ontario et tendent à se mélanger. En l’absence de caractères permettant d’identifier l’espèce sur le terrain, les chercheurs doivent se contenter de récolter des échantillons jugés représentatifs et de les identifier par la suite en laboratoire. Or, les espèces rares ont moins de chances d’être découvertes par cette méthode aléatoire (mais inévitable). Enfin, une espèce poussant sur sol dénudé (perturbé) devrait normalement se disperser et coloniser de nouveaux milieux à mesure que la succession végétale faisant suite à la perturbation entraîne une compétition croissante et une accumulation de litière végétale. La persistance à long terme dans un lieu précis n’est probablement pas dans la nature du F. exilis, mais on peut s’attendre à ce que l’espèce persiste dans un secteur plus grand où apparaissent régulièrement des îlots de substrat adéquat. Malgré tous ces facteurs, la rédactrice du présent rapport a pu découvrir une population de F. exilis constituée de trois colonies dispersées occupant en tout environ 860 cm².

En 2002, des travaux de terrain ont été menés dans plus de 30 localités du sud de l’Ontario et du Québec. Il s’agissait de localités où le F. exilis, l’Helodium paludosum ou le Bryoandersonia illecebra avaient déjà été observés et où des travaux étaient en cours en vue de rapports du COSEPAC, ou encore de localités susceptibles d’accueillir ces espèces. Dans 11 de ces localités, des espèces minuscules de Fissidens ont été observées, et des spécimens de ces mousses ont été prélevés en vue de leur identification en laboratoire; un seul d’entre eux était un F. exilis. Des travaux de terrain supplémentaires comportant un échantillonnage intensif de l’ensemble de l’aire de répartition canadienne présumée du F. exilis permettraient probablement de découvrir ou retrouver des populations (Wilf Schofield, comm. pers., 2004).