Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le cisco à nageoires noires au Canada - Mise à jour

Taille et tendances des populations

La pêche aux ciscos de profondeur (communément appelée « chub fishery » en anglais) était très importante dans les Grands Lacs, mais les prises étaient rarement identifiées à l’espèce (Lawrie et Rahrer, 1972). Trop peu de prises de ciscos à nageoires noires (identifiées à l’espèce) ont été documentées de manière normalisée pour que l’on puisse évaluer la taille et les tendances de la population.

Le cisco à nageoires noires était autrefois abondant dans le lac Michigan (Koelz, 1929). Smith (1964) estime que l’exploitation commerciale pratiquée entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, conjuguée à la prédation par la grande lamproie marine, avait causé un déclin spectaculaire de l’espèce observable dès les années 1930. Le cisco à nageoires noires composait moins de 1 p. 100 de la prise de ciscos de profondeur des pêches expérimentales menées dans le lac Michigan en 1930 et 1931 (Smith, 1964). Des relevés expérimentaux menés en 1954 et 1955 et en 1960 et 1961 (Smith, 1964) ont révélé que l’espèce était disparue de régions où elle foisonnait auparavant. Moffet (1957) a affirmé que l’espèce était au seuil de la disparition en 1956. Le dernier enregistrement de l’espèce dans le lac Michigan remonte à 1969 (Clarke et Todd, 1980). Dans ce même lac, des pêches expérimentales et l’échantillonnage des prises commerciales menés en Illinois, en Indiana, au Wisconsin et au Michigan au milieu des années 1980 n’ont détecté aucun nouveau spécimen (Parker, 1988).

Il existe peu d’information sur la taille et les tendances de la population de ciscos à nageoires noires dans le lac Huron. Berst et Spangler (1972) ont affirmé que les plus grandes espèces du complexe de ciscos de profondeur (dont ferait partie le cisco à nageoires noires) ont été sélectivement exterminées du lac Huron dès les années 1940 par la pêche commerciale et la grande lamproie marine. D’après les enregistrements du Musée canadien de la nature, les plus récentes occurrences de ciscos à nageoires noires dans le lac Huron sont deux spécimens capturés dans les eaux canadiennes au large de Southampton, en Ontario, en 1960 (S. Laframboise, responsable adjointe des collections, collection de poissons, Musée canadien de la nature, Ottawa, Ontario, comm. pers., 2003). Aucun cisco à nageoires noires n’a été décelé dans un examen de 1 943 ciscos capturés dans 46 sites d’eau profonde du lac Huron en 2002 et en 2003 (N.E. Mandrak, données inédites).

Les résultats d’un programme de pêche expérimentale au filet visant à échantillonner des communautés de poissons, mené par le MRNO dans le Nipigon depuis 1998-1999, indiquent que les ciscos à nageoires noires y sont relativement fréquents, représentant entre 2 p. 100 et 6 p. 100 de la prise annuelle. Les taux de prise (CPUE) de ciscos à nageoires noires ont été relativement constants durant la période d’échantillonnage de 1998 à 2006, bien que bon nombre des autres espèces de ciscos (en particulier le C. artedii) soient en déclin (R. Salmon, MRNO, comm. pers., 2007). Le cisco à nageoires noires est signalé comme prise accessoire (de même que d’autres espèces de ciscos) dans les pêches au grand corégone (Coregonus clupeaformis) du lac Nipigon, à un taux d’un cisco à nageoires noires pour 57 grands corégones pris dans les filets commerciaux, ce qui représenterait une prise accessoire de < 1000 kg dans le lac Nipigon en 2006 (R. Salmon, MRNO, comm. pers., 2007).