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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le cisco à nageoires noires au Canada - Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport
de situation du COSEPAC
sur le
Cisco à nageoires noires
Coregonus nigripinnis
au Canada

cisco à nageoires noires (Coregonus nigripinnis )

Données insuffisantes
2007



COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Canada
logo du COSEPAC


COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada


Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC 2007. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le cisco à nageoires noires (Coregonus nigripinnis) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 25 p. (Rapports de situation du Registre public des espèces en péril)

Rapports précédents :

Parker, B. 1988. Rapport de situation du COSEPAC sur le cisco à nageoires noires (Coregonus nigripinnis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-14.

Note de production :

Le COSEPAC aimerait remercier Rob Mellow, Nicholas E. Mandrak et Becky Cudmore qui ont rédigé le rapport de situation sur le cisco à nageoires noires (Coregonus nigripinnis) au Canada, en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Robert Campbell, coprésident du Sous-comité de spécialistes des poissons d’eau douce du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819–953–3215
Téléc. : 819–994–3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
Site Web : http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the blackfin cisco Coregonus nigripinnis in Canada.

Illustration de la couverture :
Cisco à nageoires noires (Coregonus nigripinnis). Gravure de C.E. Douglas, avec la permission de D.E. McAllister, Musée canadien des sciences naturelles.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2007
No de catalogue : CW69-14/221-2007F-PDF
ISBN : 978-0-662-09314-5

 

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logo du COSEPAC

COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2007

Nom commun :
Cisco à nageoires noires

Nom scientifique :
Coregonus nigripinnis

Statut :
Données insuffisantes

Justification de la désignation :
Les incertitudes quant à savoir si nous traitons ou non d'écomorphotypes d'une espèce commune et répandue (C.artedii) ou de populations distinctes (C. nigripinnis) ne peuvent être résolues en se fondant sur les données qui sont disponibles actuellement. Étant donné ces incertitudes, le COSEPAC ne peut définir sans ambigüité quelle unité serait évaluée. Cependant, le COSEPAC indique que peu importe le statut systématique, il y a des Corégonidés distincts dans ces lacs qui méritent des mesures de protection et de conservation améliorées. Il est probable que l'incertitude quant au statut systématique ne puisse être résolue qu'en procédant à un examen taxinomique et systématique approfondi du sous-genre de l'espèce.

Répartition :
Ontario

Historique du statut :
Espèce désignée « menacée » en avril 1988. Espèce étudiée en avril 2007 et classée dans la catégorie « données insuffisantes ». Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

 

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COSEPAC
Résumé

Cisco à nageoires noires
Coregonus nigripinnis

Information sur l’espèce

Le cisco à nageoires noires est un poisson d’eau douce qui se distingue par la pigmentation foncée de ses nageoires et son corps large. Il est l’un des plus grands représentants des 10 espèces de ciscos du Canada, avec une longueur et un poids moyens de 330 mm et de 0,7 kg. Certains individus peuvent mesurer jusqu’à 510 mm et peser plus de 1 kg.

 

Répartition

Historiquement, le cisco à nageoires noires est mentionné comme une espèce endémique à tous les Grands Lacs sauf le lac Érié et le lac Nipigon. Cependant, la présence du cisco à nageoires noires dans le lac Supérieur et le lac Ontario n’a jamais été confirmée. De récents échantillonnages suggèrent que les populations des Grands Lacs ont disparu. Les enregistrements historiques de ciscos à nageoires noires dans les lacs intérieurs de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta sont aujourd’hui considérés comme non valides à cause d’incertitudes taxinomiques.

 

Habitat

On présume que le cisco à nageoires noires occupait les eaux profondes des Grands Lacs, vivant à des profondeurs de 90 à 183 m dans les lacs Huron et Michigan. Le cisco à nageoires noires a été capturé à une profondeur de 104 m dans le lac Nipigon. Mais l’espèce a aussi été observée à de moindres profondeurs dans des rivières; ce phénomène est peut-être lié au frai.

 

Biologie

On sait peu de choses sur la biologie du cisco à nageoires noires. L’âge auquel il atteint la maturité sexuelle, la fréquence de reproduction, la fécondité, les premiers stades du cycle vital, le ratio âge--sexe et la structure de la population sont inconnus ou méconnus, et il n’existe aucune information sur la survie, le taux de croissance et la structure de la population de cette espèce. On ne dispose que de quelques renseignements sur les déplacements et la dispersion de l’espèce pour le frai ou les migrations saisonnières. L’information disponible sur ses habitudes alimentaires indique que le cisco à nageoires noires se nourrit presque exclusivement de mysis (Mysis relicta). Le cisco à nageoires noires était probablement chassé par la grande lamproie marine (Petromyzon marinus) et le touladi (Salvelinus namaycush) dans les Grands Lacs, et il constitue peut-être encore une proie d’importance pour le touladi et d’autres espèces prédatrices de grande taille dans le lac Nipigon et d’autres plans d’eau intérieurs.

 

Taille et tendances des populations

Il n’existe pratiquement aucune information sur la taille et les tendances de la population de ciscos à nageoires noires. À l’heure actuelle, l’espèce est considérée comme disparue des Grands Lacs. On présume qu’elle est encore présente dans le lac Nipigon, car les pêches au grand corégone (Coregonus clupeaformis) de ce lac rapportent une prise accessoire de l’espèce d’environ 4 500 kg par année. D’autres populations de ciscos à nageoires noires sont signalées dans la rivière Little Jackfish, un affluent du lac Nipigon.

 

Facteurs limitatifs et menaces

Parmi les facteurs qui auraient provoqué le déclin du cisco à nageoires noires dans les Grands Lacs, on compte la surexploitation par les pêcheries commerciales, la prédation par la grande lamproie marine et la compétition par des espèces envahissantes de poissons comme le gaspareau (Alosa pseudoharengus) et l’éperlan (Osmerus mordax). La prise accessoire de ciscos à nageoires noires qui se poursuit dans les pêches commerciales au filet du lac Nipigon pourrait avoir des effets néfastes sur les populations de l’espèce dans ce lac, mais on manque de données pour quantifier ces impacts.

 

Importance de l’espèce

Dans les Grands Lacs, le cisco à nageoires noires aurait appartenu à la communauté d’espèces des profondeurs. Il aurait également servi de source d’alimentation de base pour les populations de touladis des Grands Lacs. Sa persistance dans la communauté d’espèces des profondeurs du lac Nipigon demeure importante pour l’intégrité écologique du lac. Il contribue de même à la biodiversité des autres eaux intérieures où il est présent.

 

Protection actuelle ou autres désignations de statut

L’espèce est protégée de façon générale en vertu des dispositions sur l’habitat des poissons de la Loi sur les pêches du Canada. Bien qu’inscrite à l’annexe 2 de la Loi sur les espèces en péril fédérale en tant qu’espèce devant être réévaluée pour inscription possible à l’annexe 1, elle ne bénéficie d’aucune protection formelle en tant qu’espèce en péril.

 

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Historique, mandat, composition et définitions du COSEPAC

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Historique du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

*
Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

**
Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

***
Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

****
Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

*****
Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

 

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

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Mise à jour
Rapport de situation du COSEPAC
sur le
cisco à nageoires noires
Coregonus nigripinnis
au Canada
2007

Information sur l'espèce

Nom et classification

Règne :
Animal
Embranchement :
Chordés
Classe :
Actinoptérygiens
Ordre :
Salmoniformes
Famille :
Salmonidés
Sous-famille :
Corégoninés
Genre et espèce :
Coregonus nigripinnis (Milner, 1874)
Nom commun
Français :
cisco à nageoires noires (Scott et Crossman, 1973)
Anglais :
blackfin cisco (Nelson et al., 2004)
Autres :
blackfin, black-fin tulibee, black-back tullibee, black-fin, mooneye cisco et bluefin (Scott et Crossman, 1973).


Le cisco à nageoires noires compte parmi les dix espèces de ciscos vivant au Canada (Scott et Crossman, 1973), les sept espèces de ciscos vivant dans les Grands Lacs (Cudmore-Vokey et Crossman, 2000) et les six espèces de ciscos appartenant au groupe d’espèces naissantes endémiques aux Grands Lacs identifiées par Koelz (1929). Le cisco à grande bouche (C. alpenae), décrit par Koelz (1929) et inclus dans Scott et Crossman (1973) n’en fait pas partie, car cette espèce est considérée comme un jumeau du cisco à mâchoires égales (C. zenithicus) par Todd et al. (1981).

Le cisco à nageoires noires (Coregonus nigripinnis) a été nommé par Gill (dans Hoy, 1872). La publication de Hoy (1872) ne décrivait pas l’espèce, mais mentionnait Gill comme la référence faisant autorité en ce qui concerne le C. nigripinnis. On a récemment remis en question cette référence. Eschmeyer (1998) remarque que Hoy ou Milner (1874, in Eschmeyer, 1998) pourrait être la véritable référence, puisque le manuscrit de Gill n’a jamais été publié (Nelson et al., 2004). À la lumière de renseignements additionnels fournis par Eschmeyer (1998), la publication de Milner (1874) est actuellement considérée par la Stratégie des pêches autochtones (SPA) comme la première description valable du cisco à nageoires noires (Nelson et al., 2004).


Taxinomie

En matière de nomenclature taxinomique, et surtout dans le bassin des Grands Lacs et les eaux intérieures, le cisco à nageoires noires est reconnu depuis longtemps comme une espèce problématique. À l’origine, Koelz (1929) a identifié quatre sous-espèces de C. nigripinnis dans les Grands Lacs, chacune confinée aux lacs suivants : C. n. nigripinnis (lacs Michigan et Huron); C. n. cyanopterus (lac Supérieur); et C. n. prognathus (lac Ontario). Toutefois, Koelz (1929) fait mention de difficultés à distinguer le petit C. n. nigripinnis et le C. n. cyanopterus du C. kiyi (cisco kiyi) dans les lacs Huron et Supérieur, respectivement. Plus récemment, le C. n. cyanopterus du lac Supérieur a été considéré comme un jumeau du cisco à mâchoires égales (C. zenithicus) (Clarke et Todd, 1980; Todd et Smith, 1980; Becker, 1983). Des spécimens types du C. n. prognathus du lac Ontario ont été examinés par Todd (1981) et considérés comme un amalgame d’espèces de corégoninés; l’holotype a été désigné nomen dubium. Par conséquent, aucune forme reconnue de cisco à nageoires noires n’est considérée comme ayant occupé les lacs Supérieur et Ontario.

À l’extérieur des Grands Lacs, Koelz (1929) a classifié une sous-espèce du lac Nipigon, le C. n. regalis. Clarke (1973) et Scott et Crossman (1973) ont avancé que ces poissons étaient probablement le C. artedii; alors que Nelson et al. (2004) croient que le cisco à nageoires noires vit encore dans le lac Nipigon. Des observations récentes indiquent que le cisco à nageoires noires se trouve encore dans le lac Nipigon (R. Salmon, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO), district de Nipigon, Nipigon, Ontario, comm. pers., 2003; T. Todd, United States Geological Survey (USGS), Ann Arbour, Michigan, comm. pers., 2003, 2005).

La présence du cisco à nageoires noires a été signalée dans les lacs intérieurs de la région centrale du Canada (Nelson et al., 2004), mais l’identité taxinomique de ces poissons demeure incertaine. Scott et Crossman (1973) ont conclu que le C. nigripinnis est une espèce problématique dans les eaux intérieures et demande un sérieux réexamen taxinomique et que l’espèce pourrait bien se révéler impossible à distinguer taxinomiquement d’une définition élargie du C. artedii. À ce jour, aucun examen taxinomique systématique approfondi des ciscos de l’Amérique du Nord n’a été entrepris. Par conséquent, il n’existe aucune description taxinomique formelle ni de référence faisant autorité concernant les ciscos à nageoires noires dont la présence est signalée dans les lacs intérieurs de la région centrale du Canada (voir aussi Répartition - Aire de répartition canadienne).

La recherche sur le cisco à mâchoires égales (C. zenithicus) a révélé que les populations des Grands Lacs et de l’intérieur sont impossibles à distinguer génétiquement du cisco de lac (C. artedii); cependant, le cisco à mâchoires égales est toujours considéré comme une espèce valable (Todd et al., 1981; Turgeon et al., 1999; Turgeon et Bernatchez, 2003). Cela suggère que certaines, voire toutes les espèces de ciscos endémiques, pourraient être en fait des écomorphotypes du cisco de lac (C. artedii), et non des espèces valables en soi. Si, dans le futur, cela était démontré dans le cas du cisco à nageoires noires, celui-ci serait tout de même encore considéré comme une unité évolutionnaire significative (evolutionarily significant unit) ou, à tout le moins, un morphotype unique.

Turgeon et Bernatchez (2003) ont proposé une solution à la confusion qui entoure la taxinomie des ciscos, y compris le cisco à nageoires noires. D’après leurs travaux sur l’évolution en réseau et la diversité phénotypique chez les ciscos d’Amérique du Nord, Turgeon et Bernatchez (2003) suggèrent qu’un unique taxon, C. artedii (sensu lato), qui engloberait le cisco à nageoires noires, soit reconnu comme le seul taxon légitime pour les ciscos d’Amérique du Nord répartis dans le centre du Canada et le nord des États-Unis. Cette proposition n’a pas été accueillie très favorablement par les spécialistes du domaine et, au moment de rédiger la présente mise à jour du rapport de situation, la question de la taxinomie de l’espèce demeurait irrésolue, et la classification de Koelz (1929) est acceptée par Nelson et al. (2004).


Description

Le cisco à nageoires noires a été décrit par Koelz (1929) à partir de spécimens capturés dans le lac Michigan (la localité type). Mais on a remarqué que les ciscos des Grands Lacs, en tant que groupe, ont changé considérablement depuis l’époque de Koelz, et qu’ils présentent des variations morphologiques tant intraspécifiques qu’interspécifiques, ce qui complique aujourd’hui leur classification (Todd et Smith, 1992). On croit que la coévolution, l’hybridation, les adaptations locales et la plasticité phénotypique se sont conjuguées à divers degrés pour produire une déconcertante variété de formes et d’espèces dans les Grands Lacs et les lacs intérieurs qui met à l’épreuve la classification conventionnelle (Todd et Smith, 1992; Steinhilber, 2002).

En gardant en mémoire l’incertitude taxinomique entourant le cisco à nageoires noires, la description présentée ci-après est fondée sur des spécimens des Grands Lacs seulement (tiré de Scott et Crossman, 1973). Le cisco à nageoires noires est un poisson allongé et trapu dans l’axe latéral qui atteint sa largeur maximale dans la partie antérieure du corps (figure 1). Sa longueur moyenne est d’environ 330 mm; sa longueur maximum enregistrée est de 510 mm (McAllister et al., 1985).


Figure 1 : Spécimen frais de cisco à nageoires noires (Coregonus nigripinnis)

Figure 1 : Spécimen frais de cisco à nageoires noires (Coregonus nigripinnis) capturé dans la rivière Little Jackfish en 2004.

Capturé dans la rivière Little Jackfish en 2004. Photographie reproduite avec la permission de David Stanley.

La tête est à peu près triangulaire, le museau est court et la bouche est terminale. La mâchoire inférieure est généralement plus longue que la mâchoire supérieure, et parfois de même taille. Les yeux sont grands; leur diamètre équivaut à environ 25 p. 100 de la longueur de la tête. Les branchicténies sont longues; la plus longue branchicténie dépasse en longueur la plus longue lamelle branchiale. Le nombre de branchicténies varie entre 36 et 54, selon l’emplacement géographique de l’espèce.

L’espèce porte une petite nageoire adipeuse, et toutes les autres nageoires sont relativement longues. La nageoire dorsale comporte de 9 à 11 rayons. La nageoire caudale est très déployée et échancrée. La nageoire anale comporte de 10 à 13 rayons, les nageoires pelviennes de 11 à 12 et les nageoires pectorales de 15 à 18. Les écailles sont grandes et cycloïdes; on en compte entre 74 et 89 le long de la ligne latérale (Scott et Crossman, 1973).

Le cisco à nageoires noires est de teinte argentée et foncée, avec des reflets roses ou violets sur les flancs. Le dos est vert foncé ou noir et le ventre est argenté. Les mâchoires sont blanchâtres avec des pigments foncés. Toutes les nageoires sont généralement fortement pigmentées de noir, en particulier dans la moitié externe. On a décrit, chez les mâles reproducteurs et certaines femelles, le développement de tubercules nuptiaux ou organes perliformes durant la saison du frai.


Unités désignables

Toutes les populations des Grands Lacs et du lac Nipigon décrites par Koelz (1929) se situent à l’intérieur de l’écozone des Grands Lacs et du haut Saint-Laurent, selon la classification des écozones d’eau douce adoptée par le COSEPAC. En se fondant sur des caractéristiques morphologiques, Koelz (1929) a réuni les populations du lac Huron et du lac Michigan en une seule sous-espèce (C. n. nigripinnis) et considéré la population du lac Nipigon comme une sous-espèce distincte (C. n. regalis). Koelz (1929) a également décrit une sous-espèce du lac Ontario (C. n. prognathus) et du lac Supérieur (C. n. cyanopterus); depuis, l’une de ces formes a été associée avec le cisco à mâchoires égales (Clarke et Todd, 1980) et l’autre a été jugée non valable (Todd, 1981).

En Ontario, le cisco à nageoires noires a été signalé dans plusieurs lacs autres que les Grands Lacs et le lac Nipigon, dans l’écozone des Grands Lacs et du Haut-Saint-Laurent, l’écozone Saskatchewan-Nelson et l’écozone Sud de la baie d’Hudson et baie James. Par contre, la taxinomie des poissons vivant dans ces lacs n’a pas été résolue.

Par conséquent, trois unités désignables seront traitées dans le présent rapport : C. n. nigripinnis dans le lac Huron; C. n. regalis dans le lac Nipigon et ses affluents (y compris la rivière Little Jackfish); C. nigripinnis (nomen dubium) pour les populations putatives de certains lacs intérieurs du nord-ouest et du centre de l’Ontario, mais dont la classification taxinomique est incertaine.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le cisco à nageoires noires appartient à la sous-famille des Corégoninés, dont la répartition mondiale englobe l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie. Toutes les occurrences historiques ou actuelles connues du cisco à nageoires noires proviennent des Grands Lacs laurentiens et du lac Nipigon. L’espèce a également été signalée dans plusieurs lacs de la région centrale du Canada, mais la taxinomie des poissons de ces lacs demeure incertaine.


Aire de répartition canadienne

Historiquement, le cisco à nageoires noires a été décrit par Koelz (1929) comme une espèce endémique à tous les Grands Lacs touchant à l’Ontario, sauf le lac Érié et le lac Nipigon. Plus récemment, la forme du lac Supérieur a été associée avec le cisco à mâchoires égales (Clarke et Todd, 1980) et la forme du lac Ontario a été jugée non valable (Todd, 1981).

On a signalé le cisco à nageoires noires dans le bassin de la rivière Little Jackfish adjacent au lac Nipigon en 1986 et en 2004, ainsi que dans la baie Ombabika, soit le lieu où la rivière Little Jackfish se jette dans le lac Nipigon (UMA, 1987). L’identification de spécimens provenant de ces emplacements a été confirmée (T. Todd, USGS, comm. pers., 2005). Il est plausible que les individus de cette région soient des proches parents ou des descendants de la population du lac Nipigon. Il semble toutefois inhabituel de trouver des occurrences en rivière pour une espèce privilégiant les eaux profondes. Il pourrait s’agir d’individus ayant migré accidentellement dans la rivière, mais qui n’y résident pas.

Le cisco à nageoires noires a également été signalé dans des lacs de la région centrale du Canada (figure 2, annexe 1). En Ontario, il a été signalé dans des lacs du nord-ouest et du centre de l’Ontario. Des ciscos de profondeur ont également été signalés dans la rivière Ogoki, qui faisait partie à l’origine du bassin hydrographique de la rivière Albany, mais qui a été détournée vers le sud pour se jeter dans le bassin des Grands Lacs. Ces individus ont été identifiés comme des ciscos à nageoires noires par Todd, mais leur parenté est inconnue. Ryder et al. (1964) ont signalé la présence possible de ciscos à nageoires noires dans plusieurs lacs du nord-ouest de l’Ontario. Ils ont cependant averti que tant qu’une étude taxinomique exhaustive des corégonidés de la région des lacs intérieurs du nord n’aura pas été menée, l’identification du C. nigripinnis et du C. zenithicus demeurera provisoire. Il est possible que le C. nigripinnis soit simplement une forme d’espèce d’eau profonde du C. artedii. Une telle étude taxinomique n’a pas été menée sur des spécimens provenant de ces lacs, ni d’aucun autre lac intérieur de l’Ontario d’ailleurs; par conséquent, l’identité de ces spécimens demeure irrésolue.


Figure 2 : Distribution du cisco à nageoires noires au Canada

Figure 2 : Distribution du cisco à nageoires noires au Canada. Sources de données : collections de musées et publications scientifiques

Sources de données : collections de musées et publications scientifiques. Les enregistrements historiques de ciscos à nageoires noires dans les lacs intérieurs de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta sont aujourd’hui considérés comme non valables en raison d’incertitudes taxinomiques.

Le cisco à nageoires noires a également été signalé au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta (figure 2, annexe 1). Hinks (1957, in Stewart et al., 2004) signale cette espèce dans le lac Winnipeg. Mais Clarke (1973, dans Stewart et al., 2004) considère que les spécimens du lac Winnipeg et du lac Manitoba ne sont pas différents du C. artedii. Ainsi, il n’existe aucun enregistrement confirmé de cisco à nageoires noires au Manitoba (M. Erickson, Manitoba Water Stewardship, Fisheries Branch, Winnipeg, Manitoba, comm. pers., 2005; K. Stewart, professeur à la retraite, département de zoologie, Université du Manitoba, Winnipeg, Manitoba, comm. pers., 2005).

En Saskatchewan, Dymond (1943, dans Scott et Crossman, 1973) estime que l’espèce est présente dans les lacs Waskesiu, Little Trout, Burntwood et Heart. Des occurrences additionnelles ont été signalées dans les lacs Clearwater, Kingsmere et Reindeer. Mais ces enregistrements ne sont plus considérés comme valables, car on estime aujourd’hui que les spécimens recueillis dans ces lacs sont des formes du C. artedii et non des C. nigripinnis (J. Pepper, Saskatchewan Conservation Data Centre, Fish and Wildlife Branch, Saskatchewan Environment, comm. pers., 2005).

Dymond (1943) signale l’espèce dans le lac Athabaska; cependant, cette occurrence est aujourd’hui jugée non valide (Kooyman, 1970, dans Scott et Crossman, 1973; J. Nelson, professeur émérite, Department of Biological Sciences, University of Alberta, Edmonton, Alberta, comm. pers., 2005).

En somme, l’aire de répartition canadienne du cisco à nageoires noires est le lac Huron, le lac Michigan ainsi que le lac Nipigon et ses affluents et peut-être même quelques-uns des lacs intérieurs dans le centre et le nord-ouest de l’Ontario.

 

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Tel que mentionné dans le rapport de situation de 1988 (Parker, 1988), il existe peu d’information sur l’habitat du cisco à nageoires noires. On estime que le cisco à nageoires noires vivait en eaux plus profondes que la plupart des autres espèces de ciscos des Grands Lacs (Scott et Crossman, 1973). L’espèce a été capturée à 183 m de profondeur dans le lac Huron (Koelz, 1929). Clarke et Todd (1980) rapportent que le cisco à nageoires noires vivait à des profondeurs de 90 à 160 m dans les lacs Huron et Michigan. Dymond (1926) indique que, dans le lac Nipigon, l’espèce a été capturée à des profondeurs atteignant 104 m, mais était commune à de moindres profondeurs (37 m) en été. On a également capturé des individus dans ce lac à des profondeurs variant entre 10 et 50 m (R. Salmon, MRNO, comm. pers., 2003). Les données recueillies dans la rivière Little Jackfish, un affluent du lac Nipigon, laissent présumer que certains individus vivent à de moindres profondeurs que dans les lacs (UMA, 1987). Dans la rivière Ogoki, un affluent de la rivière Albany, on a capturé des individus en été et en automne à des profondeurs de 1 à 13 m sur un substrat composé de roche-mère/vase, de gravier/vase ou de vase pure (D. Stanley, comm. pers., 2005).


Tendances en matière d’habitat

On sait peu de choses sur les tendances des habitats dans les profondeurs des Grands Lacs et du lac Nipigon; cependant, l’habitat d’eaux profondes privilégié par le cisco à nageoires noires a probablement peu changé (Berst et Spangler, 1973).


Protection et propriété

Les Grands Lacs et le lac Nipigon sont des propriétés publiques, et tous les habitats des poissons dans ces lacs sont protégés en vertu de la Loi sur les pêches fédérale.

 

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Biologie

Généralités

On dispose de peu d’information sur la biologie du cisco à nageoires noires dans les eaux canadiennes. Les longueurs standard des adultes rapportées dans les Grands Lacs varient entre 230 et 370 mm (Clarke et Todd, 1980). McAllister et al. (1985) rapportent une longueur maximum de 510 mm. Dymond (1926) décrit un spécimen du lac Nipigon d’une longueur 388 mm. Dans un petit échantillon de ciscos à nageoires noires (n=4) recueilli dans la rivière Ogoki en octobre 2004, deux mâles avaient une longueur standard de 431 et 465 mm et elle était de 485 et 499 mm chez deux femelles. Le poids total était de 660 et de 1 090 g pour les mâles et de 1 060 et 1 110 g pour les femelles (D. Stanley, comm. pers., 2005).


Reproduction

On sait peu de choses sur la reproduction du cisco à nageoires noires. L’âge auquel il devient mature, sa fréquence de reproduction, sa fécondité, les premiers stades de son cycle vital, le ratio âge-sexe et la structure de sa population sont inconnus ou méconnus. L’information recueillie par Koelz (1929) dans les Grands Lacs suggère que l’espèce y frayait entre octobre et janvier. Scott et Crossman (1973) avancent que le frai avait lieu entre novembre et janvier dans les Grands Lacs, peut-être sur fond argileux.

On rapporte que le cisco à nageoires noires, dans le nord-ouest de l’Ontario, était associé au cisco de lac durant une migration de frai automnale dans la rivière Little Jackfish et dans le lac Crescent (UMA, 1987). L’apparente similitude dans l’emplacement et la périodicité du frai dans cette région pourrait expliquer pourquoi on y trouve plusieurs formes intermédiaires entre ces deux espèces.


Survie

Il n’y a aucune information liée à la survie, au taux de croissance ou à la structure de la population de cette espèce. Le potentiel de croissance d’une population vestige dans les Grands Lacs (si une telle population existe), de la population du lac Nipigon et de toute autre population des lacs ou des rivières intérieurs est inconnu. Scott et Crossman (1973) indiquent que les données sur l’âge auquel l’espèce C. artedii devient mature sexuellement, entre autres, pourraient aider à situer l’âge auquel le C. nigripinnis le devient, entre autres également. Ces données laissent présumer que les mâles atteignent leur maturité sexuelle à 4 ou 5 ans et les femelles, à 5 ans, et vivent tout au plus 11 ans. En se fondant sur ces renseignements, la durée de vie d’une génération serait de 7,5 ans.


Physiologie

Aucune information sur la physiologie du cisco à nageoires noires n’a été trouvée dans le cadre de la préparation de cette mise à jour du rapport de situation.


Déplacements et dispersion

Il existe quelques renseignements sur les déplacements et la dispersion de l’espèce pour le frai ou les migrations saisonnières. Les frayères ne sont pas décrites dans la documentation scientifique; par contre, la présence de spécimens matures recueillis dans le bas de la rivière Little Jackfish en octobre (UMA, 1987) suggère que les ciscos à nageoires noires pourraient migrer du lac Nipigon vers cette rivière pour frayer.

Dymond (1926) avance que la différence dans la distribution par profondeur du cisco à nageoires noires dans le lac Nipigon pourrait s’expliquer par des déplacements saisonniers vers des eaux moins profondes durant l’été. Il n’existe aucune information sur les aires de reproduction ou d’hivernage.


Alimentation et relations interspécifiques

Koelz (1929) rapporte que le cisco à nageoires noires se nourrissait presque exclusivement de mysis (Mysis relicta). L’estomac de quelques individus capturés au large de la côte du Michigan du lac Huron et dans la baie Georgienne (en 1917 et en 1919, respectivement) contenait principalement des mysis et des fragments de plantes, ainsi que des restes d’insectes et des écailles de poisson en petite quantité. Tous les individus examinés ont été capturés à des profondeurs de plus de 110 m. Mis à part ces observations, les habitudes alimentaires de l’espèce sont inconnues.

En tant que proie, on croit que le cisco à nageoires noires, comme d’autres espèces de ciscos, constituait la principale source d’alimentation du touladi (Salvelinus namaycush) dans les Grands Lacs et le lac Nipigon, jusqu’aux années 1950 à tout le moins (Scott et Crossman, 1973). Moffett (1957) a également signalé que, dans les Grands Lacs, la grande lamproie marine (Petromyzon marinus) chassait le cisco à nageoires noires.


Comportement et adaptabilité

Aucune information sur le comportement du cisco à nageoires noires n’a été trouvée dans le cadre de la préparation du présent rapport de situation, notamment en ce qui concerne sa capacité à composer avec les perturbations humaines. Cela est difficile à évaluer puisque ces perturbations, du moins les perturbations documentées, ont été de nature extrêmement sévère. L’exploitation intensive des ciscos de profondeur, y compris le cisco à nageoires noires, par les pêcheries commerciales entre le début des années 1900 et les années 1950 a été l’une des causes du grave déclin des populations des Grands Lacs (Smith, 1964; Berst et Spangler, 1972; Christie, 1972; Lawrie et Rahrer, 1972).

De même, il n’existe aucune information sur la capacité du cisco à nageoires noires à s’adapter aux changements ou à la dégradation de son milieu (p. ex. changements de la température de l’eau, fluctuations du niveau de l’eau et décharges industrielles dans l’eau).

 

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Taille et tendances des populations

La pêche aux ciscos de profondeur (communément appelée « chub fishery » en anglais) était très importante dans les Grands Lacs, mais les prises étaient rarement identifiées à l’espèce (Lawrie et Rahrer, 1972). Trop peu de prises de ciscos à nageoires noires (identifiées à l’espèce) ont été documentées de manière normalisée pour que l’on puisse évaluer la taille et les tendances de la population.

Le cisco à nageoires noires était autrefois abondant dans le lac Michigan (Koelz, 1929). Smith (1964) estime que l’exploitation commerciale pratiquée entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, conjuguée à la prédation par la grande lamproie marine, avait causé un déclin spectaculaire de l’espèce observable dès les années 1930. Le cisco à nageoires noires composait moins de 1 p. 100 de la prise de ciscos de profondeur des pêches expérimentales menées dans le lac Michigan en 1930 et 1931 (Smith, 1964). Des relevés expérimentaux menés en 1954 et 1955 et en 1960 et 1961 (Smith, 1964) ont révélé que l’espèce était disparue de régions où elle foisonnait auparavant. Moffet (1957) a affirmé que l’espèce était au seuil de la disparition en 1956. Le dernier enregistrement de l’espèce dans le lac Michigan remonte à 1969 (Clarke et Todd, 1980). Dans ce même lac, des pêches expérimentales et l’échantillonnage des prises commerciales menés en Illinois, en Indiana, au Wisconsin et au Michigan au milieu des années 1980 n’ont détecté aucun nouveau spécimen (Parker, 1988).

Il existe peu d’information sur la taille et les tendances de la population de ciscos à nageoires noires dans le lac Huron. Berst et Spangler (1972) ont affirmé que les plus grandes espèces du complexe de ciscos de profondeur (dont ferait partie le cisco à nageoires noires) ont été sélectivement exterminées du lac Huron dès les années 1940 par la pêche commerciale et la grande lamproie marine. D’après les enregistrements du Musée canadien de la nature, les plus récentes occurrences de ciscos à nageoires noires dans le lac Huron sont deux spécimens capturés dans les eaux canadiennes au large de Southampton, en Ontario, en 1960 (S. Laframboise, responsable adjointe des collections, collection de poissons, Musée canadien de la nature, Ottawa, Ontario, comm. pers., 2003). Aucun cisco à nageoires noires n’a été décelé dans un examen de 1 943 ciscos capturés dans 46 sites d’eau profonde du lac Huron en 2002 et en 2003 (N.E. Mandrak, données inédites).

Les résultats d’un programme de pêche expérimentale au filet visant à échantillonner des communautés de poissons, mené par le MRNO dans le Nipigon depuis 1998-1999, indiquent que les ciscos à nageoires noires y sont relativement fréquents, représentant entre 2 p. 100 et 6 p. 100 de la prise annuelle. Les taux de prise (CPUE) de ciscos à nageoires noires ont été relativement constants durant la période d’échantillonnage de 1998 à 2006, bien que bon nombre des autres espèces de ciscos (en particulier le C. artedii) soient en déclin (R. Salmon, MRNO, comm. pers., 2007). Le cisco à nageoires noires est signalé comme prise accessoire (de même que d’autres espèces de ciscos) dans les pêches au grand corégone (Coregonus clupeaformis) du lac Nipigon, à un taux d’un cisco à nageoires noires pour 57 grands corégones pris dans les filets commerciaux, ce qui représenterait une prise accessoire de < 1000 kg dans le lac Nipigon en 2006 (R. Salmon, MRNO, comm. pers., 2007).

 

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Facteurs limitatifs et menaces

Parmi les causes connues du déclin du cisco à nageoires noires dans les Grands Lacs, on compte la surexploitation par les pêches commerciales et la prédation par la grande lamproie marine (Smith, 1964; Berst et Spangler, 1972; Lawrie et Rahrer, 1972; Christie, 1972). En outre, Smith (1964) a avancé que la disparition de l’espèce dans le lac Michigan aurait été causée par l’hybridation introgressive avec le C. artedii. La prise accessoire de ciscos à nageoires noires qui se poursuit dans les filets de pêche commerciaux au grand corégone du lac Nipigon pourrait avoir des effets néfastes à long terme sur les populations de l’espèce dans ce lac, mais on manque de données pour quantifier ces répercussions.

Il est possible que des espèces introduites, comme le gaspareau (Alosa pseudoharengus) et l’éperlan (Osmerus mordax), soient entrées en compétition pour les ressources alimentaires avec les populations de ciscos de profondeur dans le lac Huron (Berst et Spangler, 1972; Christie, 1972). Cette menace, conjuguée à la prédation potentielle par la grande lamproie marine, pourrait compromettre les chances de rétablissement des dernières populations de ciscos d’eau profonde des Grands Lacs, populations qui comptaient peut-être autrefois le cisco à nageoires noires. L’éperlan a probablement des répercussions sur les populations de ciscos à nageoires noires du lac Nipigon.

 

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Importance de l'espèce

Le cisco à nageoires noires compte parmi les six espèces de ciscos identifiées comme endémiques aux Grands Lacs laurentiens et au lac Nipigon par Koelz (1929) et les trois espèces (avec le C. hoyi et le C. zenithicus) qui vivent encore dans le lac Nipigon. Parmi les quelques espèces endémiques aux plans d’eau relativement jeunes de la partie nord du continent, les ciscos comptent parmi les plus intéressantes, et on croit qu’ils constituent l’un des rares exemples de groupe d’espèces naissantes en Amérique du Nord (Smith et Todd, 1984). En tant qu’espèces endémiques, ces ciscos incarnent des processus évolutifs et écologiques uniques en leur genre. Les Grands Lacs laurentiens et le lac Nipigon ont 18 000 ans d’âge tout au plus (Dyke et Prest, 1987); ainsi, la spéciation des ciscos endémiques remonte probablement aux 18 000 dernières années (Smith et Todd, 1984). L’évolution de la morphologie des branchicténies (c.-à-d. leur nombre et leur longueur), a probablement réduit au minimum la compétition entre les ciscos endémiques (Smith et Todd, 1984). En plus de ces processus particuliers qu’il partage avec les autres ciscos endémiques, le cisco à nageoires noires présente des adaptations uniques à son habitat d’eau profonde.

Les ciscos de profondeur étaient autrefois des espèces d’importance commerciale dans les Grands Lacs et plusieurs d’entre elles, y compris le cisco à nageoires noires, sont encore capturées dans le lac Nipigon.

 

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le cisco à nageoires noires ne jouit d’aucune protection légale spécifique au Canada. Cependant, il bénéficie d’une protection d’ordre général en vertu des dispositions sur l’habitat des poissons de la Loi sur les pêches fédérale. Bien qu’inscrite à l’annexe 2 de la Loi sur les espèces en péril du Canada en tant qu’espèce devant être réévaluée pour inscription possible à l’annexe 1, elle ne bénéficie d’aucune protection formelle en tant qu’espèce en péril.

La taxinomie du cisco à nageoires noires pose actuellement un problème pour la détermination de son statut de conservation. À l’échelle mondiale, l’espèce est présumée vraisemblablement éteinte (Presumed extinct, GXQ) par NatureServe, et la distinction taxinomique du C. nigripinnis, au meilleur des connaissances actuelles, est réputée douteuse (NatureServe, 2004).

À l’échelle nationale, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) considère le cisco à nageoires noires comme éteint (Extinct) au Canada et aux États-Unis (Gimenez, 1996), tandis que NatureServe a classé l’espèce comme disparue du pays (Extirpated) (NatureServe, 2004).

À l’échelle provinciale, le cisco à nageoires noires est classifié comme vraisemblablement disparu (Presumed extirpated) des Grands Lacs de l’Ontario, mais est considéré comme encore présent dans le lac Nipigon (NatureServe, 2004). De même, le Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN) classe l’espèce comme disparue des Grands Lacs, mais encore présente dans le lac Nipigon (CIPN, 2004). Par contre, le statut du CIPN pour l’Ontario comprend également la désignation d’espèce éteinte, selon une évaluation de la situation par le MRNO
(CIPN, 2004).

Aux États-Unis, l’Illinois, l’Indiana et le Michigan ont classifié l’espèce comme vraisemblablement disparue (Presumed extirpated) dans les lacs Michigan et Huron (NatureServe, 2004).

En ce qui a trait à la valeur commerciale de l’espèce, il n’existe aucun quota de capture visant spécifiquement le cisco à nageoires noires dans le lac Nipigon. Les quotas de pêches commerciales pour toutes les espèces de ciscos de profondeur dans le lac Nipigon sont réglementés par le Règlement de pêche de l’Ontario et mis en application par le MRNO. Des limites générales ou des fermetures de la récolte commerciale de ciscos en tant que groupe ont été mises en œuvre auparavant dans les Grands Lacs, tant au Canada qu’aux États-Unis (Parker, 1988).


Statut actuel

Cotes de Conservation de la nature Canada (NatureServe, 2004)

Mondiale - GX

Nationales
 É.-U. - NX
 Canada - NX

Régionales
 É.-U. - IL - SX, IN - SX, MI -SX
 Canada - ON - SX.

Autres
 UICN - EX

Espèces sauvages 2005 (Conseil canadien de conservation des espèces en péril, 2006)
 Canada - 5
 Ontario - 5, SK - 5

COSEPAC
 Espèce menacée, (1988)
 Données insuffisantes (2007)

 

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Résumé technique

Coregonus nigripinnis

Cisco à nageoires noires
Blackfin cisco

Répartition au Canada : Ontario


Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km2) au Canada (Polygone selon la figure 2) Mesurée comme superficie totale du lac Nipigon
< 740 000 km2




Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue)

Inconnue


Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Inconnu



Superficie de la zone d’occupation (km2) (La zone d’occupation est limitée aux eaux profondes du lac et serait alors qu’une fraction de la zone d’occurrence)

Inconnue






Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Inconnue


Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Non



Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés. (Comprend la rivière Little Jackfish; les poissons trouvés à cet endroit viennent probablement du lac Nipigon)

Inconnu





Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Inconnue



Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

Non



Tendances en matière d’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

Inconnues




Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).
7,5 ans



Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

Inconnu



Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

Inconnue



S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

Inconnu





Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Inconnu



La population totale est‑elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.‑à‑d. migration réussie de ≤ 1 individu/année)?

Non







Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

Inconnu



Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Inconnue



Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

Non



Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Exploitation; présence continue comme prise accessoire dans les pêches commerciales du lac Nipigon
  • Surpêche dans le lac Huron par le passé
  • Compétition avec les espèces exotiques introduites comme l’éperlan et le cladocère épineux
  • Hybridation introgressive possible


Effet d’une immigration de source externe : Aucune

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?
Non


Statut ou situation des populations de l’extérieur?
S.o.


Une immigration a-t‑elle été constatée ou est‑elle possible?
Non


Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
S.o.


Y a-t-il suffisamment d’habitats disponibles au Canada pour les individus immigrants?
S.o.




Analyse quantitative

S.o.


Statut et justification de la désignation

Statut : Données insuffisantes
Code alphanumérique : S.O.

Justification de la désignation : Les incertitudes quant à savoir si nous traitons ou non d’écomorphotypes d’une espèce commune et répandue (C.artedii) ou de populations distinctes (C. nigripinnis) ne peuvent être résolues en se fondant sur les données qui sont disponibles actuellement. Étant donné ces incertitudes, le COSEPAC ne peut définir sans ambigüité quelle unité serait évaluée. Cependant, le COSEPAC indique que peu importe le statut systématique, il y a des Corégonidés distincts dans ces lacs qui méritent des mesures de protection et de conservation améliorées. Il est probable que l’incertitude quant au statut systématique ne puisse être résolue qu’en procédant à un examen taxinomique et systématique approfondi du sous-genre de l’espèce.


Applicabilité des critères

Critère A (Population globale en déclin) :
Sans objet – taxinomie incertaine.

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) :
Sans objet – taxinomie incertaine.

Critère C (Petite population globale et déclin) :
Sans objet – taxinomie incertaine.

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) :
Sans objet – taxinomie incertaine.

Critère E (Analyse quantitative) :
Sans objet – aucune donnée.

 

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Remerciements

Le rédacteur souhaite remercier toutes les personnes, organisations et agences gouvernementales qui ont fourni de l’information et de l’aide dans la préparation du présent rapport. Il remercie tout spécialement A. Dextrase et R. Salmon (ministère des Richesses naturelles de l’Ontario), T. Todd (United States Geological Survey), J. Turgeon (Université Laval), G. Pope (Hydro One), D. Stanley (Stantec Consulting) et E. Holm (Musée royal de l’Ontario) d’avoir partagé de l’information et leur expertise relativement à cette espèce. Le présent rapport a été financé par Environnement Canada.


Sources d'information

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Turgeon, J., A. Estoup et L. Bernatchez.1999. Species flock in the North American Great Lakes: molecular ecology of Lake Nipigon ciscoes (Teleostei: Coregonidae: Coregonus), Evolution 53(6): 1857-1871.

Turgeon, J., et L. Bernatchez. 2003. Reticulate evolution and phenotypic diversity in North American ciscoes, Coregonus ssp. (Teleostei: Salmonidae): implications for the conservation of an evolutionary legacy, Conservation Genetics 4: 67-81.

UMA Engineering Ltd. (UMA). 1987. Little Jackfish Hydroelectric Generating Station, Environmental Field Studies, April 1986 – April 1987, rapport provisoire, Ontario Hydro Environmental Studies and Assessments Department, Toronto (Ontario), 248 p.


Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Rob Mello west titulaire d’un baccalauréat en biologie de la Wilfrid Laurier University (1989). Il œuvre depuis plus de dix années dans les sciences environnementales, notamment la biologie aquatique, la restauration des mines et l’évaluation et la remise en état de sites industriels. Il a acquis ses connaissances au sein du ministère de l’Environnement et du ministère du Développement du Nord et des Mines de l’Ontario, de même qu’à titre de consultant privé. Il a mis ses connaissances en biologie au profit de recherches sur le terrain portant sur la caractérisation de l’eau, des sédiments, des poissons et des invertébrés aquatiques dans le nord de l’Ontario, en relation avec les industries des mines et des pâtes et papiers. M. Mellow travaille actuellement pour Golder Associates Ltd. à Sudbury, en Ontario, à titre de biologiste de l’environnement et de chargé de projets.

Nicholas E. Mandrak est chercheur au ministère des Pêches et Océans du Canada à Burlington, Ontario. Ses intérêts de recherche sont la biodiversité, la biogéographie et la conservation des poissons d’eau douce du Canada. M. Mandrak a corédigé de 24 rapports du COSEPAC.

Becky Cudmore est biologiste au ministère des Pêches et des Océans du Canada à Burlington, en Ontario. Ses intérêts de recherche sont la biodiversité des poissons d’eau douce, notamment les espèces envahissantes et la protection et le rétablissement des espèces en péril. Mme Cudmore a corédigé 5 rapports du COSEPAC.

 

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Experts contactés

Bakowsky, W. Avril 2003. Community Ecologist, Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, 300, rue Water, 2e étage, Tour Nord, Peterborough (Ontario) K9J 8M5; Tél. : 705- 755-2162; courriel : wasyl.bakowsky@mnr.gov.on.ca.

Dextrase, A. Mai 2003. Aquatic Species at Risk Biologist, Section de la protection des espèces en péril, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, case postale 7000, Peterborough (Ontario) K9J 8M5; tél : 705-755-1786; téléc. : 705-755-1788; courriel : alan.dextrase@mnr.gov.on.ca.

Erickson, M. Mars 2005. Manitoba Water Stewardship, Fisheries Branch, 200 Saulteaux Crescent, Winnipeg (Manitoba) R3J 3W3; tél : 204-945-7799; téléc. : 204-948-2308.

Fowler, T. Avril 2003. Conseillère scientifique, biologiste des espèces en péril, Direction des espèces en péril, Service canadien de la faune, Environnement Canada, Ottawa (Ontario) K1A 0H3; tél : 819-953-6402; téléc. : 819-994-3684; courriel : theresa.aniskowicz@ec.gc.ca.

Goulet, G. Avril 2003. Coordonnatrice, personne-ressource pour les Autochtones, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Gatineau (Québec); tél. : 819-994-3020.

Holm, E. Mai 2003 et mars 2005. Associate Curator of Fishes, Department of Natural History, Musée royal de l’Ontario, 100 Queens Park, Toronto (Ontario) M5S 2C6; tél. : 416-586-5760; téléc. : 416-586-7921; courriel : erlingholm@rom.on.ca.

Hnytka, F. Juin 2003. Biologiste des espèces en péril, Pêches et Océans Canada, 501 University Avenue Crescent, Winnipeg (Manitoba); tél. : 204-983-2506; téléc. : 204-984-2403; courriel : hnytkaf@dfo-mpo.gc.ca.

Laframbroise, S. Mai 2003. Responsable adjointe des collections, collection de poissons, Musée canadien de la nature, case postale 3443, station D, Ottawa (Ontario) K1P 6P4; tél. : 613-364-4075; téléc. : 613-364-4027; courriel : slaframbroi@mus-nature.ca.

Mandrak, N. Juin 2003. Chercheur, Pêches et Océans Canada, Burlington (Ontario);, tél. : 905-336-4842; courriel : mandrakn@dfo-mpo-gc.ca.

Nelson, J. Janvier 2005. Department of Biological Sciences, University of Alberta, Edmonton (Alberta) T6G 2E9; tél. : 780-492-4741; courriel : jow.nelson@ualberta.ca.

Pepper, J. Mars 2005. Saskatchewan Conservation Data Centre, Fish and Wildlife Branch, Saskatchewan Environment, 3211 Albert Street, Regina (Saskatchewan) S4S 5W6;  tél. : 306-787-7197.

Pope, G. Janvier 2005. Ontario Power Generation, 700 University Avenue, Toronto (Ontario) M5G 1X6; tél. : 416-592-2555; courriel : greg.pope@opg.com.

Reist, J. Juin 2003. Chercheur et chef de section, Section de l’écologie et de l’évaluation des poissons de l’Arctique, Pêches et Océans Canada, 501 University Avenue Crescent, Winnipeg (Manitoba); tél.: 204-983-5032; téléc. : 204-984-2403; courriel : reistj@dfo-mpo.gc.ca

Salmon, R. Juin 2003, février 2007. Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, district de Nipigon, Nipigon (Ontario); tél. : 807-887-5062; courriel : rick.salmon@mnr.gov.on.ca.

Seutin, G. Avril 2003. Coordonnateur, Programme sur les espèces en péril, Parcs Canada, 25, rue Eddy, 4e étage, Gatineau (Québec) K1A 0M5; tél. : 819-956-3698; téléc. : 819-997-3380; courriel : gilles.seutin@pc.gc.ca.

Stanley, D. mars 2005. Stantec Consulting, Mississauga (Ontario); tél. : 905-858-4424; courriel : dstanley@stantec.com.

Stewart, K. Mars 2005. Professeur à la retraite, Department of Zoology, University of Manitoba, Winnipeg (Manitoba); tél. : 204-269-3997; courriel : kstwrt@mts.net.

Todd, T. Mai 2003 et janvier 2005. United States Geological Survey, Ann Arbour (Michigan) États-Unis; tél. : 734-214-7227; courriel : Thomas_todd@usgs.gov.

Turgeon, J. Juin 2003. Professeur adjoint, department de biologie, Université, Québec (Québec); tél. : 418-656-3135; téléc. : 418-656-2043; téléc. : Julie.turgeon@bio.ulaval.ca.


Collections examinées

Aucune collection n’a été examinée pour la mise à jour du rapport de situation.

 

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Annexe 1 : Enregistrements d’occurrence de ciscos à nageoires noires au Canada. Seuls les enregistrements du lac Huron et du lac Nipigon et de ses affluents sont considérés comme taxinomiquement valables dans le présent rapport

Spécimens de collections de musées
SiteProvinceLat./Long.DateInstitution(1)
Baie Georgienne(2)Ontario49°34’ N 88°50’ O1922-08-11UMMZ
Baie GoreOntario45°56’ N 82°28’ O-MRO
Lac HuronOntario44°30’ N 82°15’ O-MRO
Lac HuronOntario45°39’ N 82°39’ O1941-00-00MRO
Baie GeorgienneOntario45°15’ N 81°40’ O1931-09-01UMMZ
Baie GeorgienneOntario44°53’ N 80°47’ O1917-11-06UMMZ
Baie GeorgienneOntario44°56’ N 81°01’ O1919-07-28UMMZ
Baie GeorgienneOntario45°03’ N 81°34’ O1919-07-30UMMZ
Baie GeorgienneOntario45°02’ N 81°16’ O1919-10-06UMMZ
Baie GeorgienneOntario44°10’ N 81°06’ O1919-11-29UMMZ
Baie GeorgienneOntario44°56’ N 81°01’ O1923-06-26UMMZ
Baie GeorgienneOntario44°56’ N 81°01’ O1923-06-10UMMZ
Lac HuronOntario44°29’ N 81°53’ O1960-08-01NMNS
Lac OntarioOntario43°33’ N 79°35’ O1927-06-29MRO
Lac NipigonOntarioInconnu1923-08-28MRO
Lac CrescentOntario50°28’ N 88°20’ O1986-10-21MRO
Lac NipigonOntario49°50’ N 88°30’ O1922-08-11UMMZ
Lac NipigonOntario49°50’ N 88°30’ O1921-00-00MRO
Lac NipigonOntario49°50’ N 88°30’ O1921-08-16MRO
Lac NipigonOntario49°50’ N 88°30’ O1922-08-15MRO
Lac NipigonOntario49°50’ N 88°30’ O1924-06-00MRO
Lac NipigonOntario49°50’ N 88°30’ O1993-06-00I
Lac NipigonOntario49°50’ N 88°30’ O1994-07-00I
Lac NipigonOntario49°50’ N 88°30’ O1974-10-18UMMZ
Lac NipigonOntario49°50’ N 88°30’ O1994-07-24I
Lac NipigonOntario49°50’ N 88°30’ O1922-07-25UMMZ
Lac NipigonOntario49°50’ N 88°30’ O1922-07-26UMMZ
Lac NipigonOntario49°50’ N 88°30’ O1994-07-26I
Lac NipigonOntario49°50’ N 88°30’ O1994-07-27I
Lac NipigonOntario49°50’ N 88°30’ O-MRO
Lac NipigonOntario49°40’ N 88°51’ O1924-06-21MRO
Lac NipigonOntario50°12’ N 88°15’ O1923-08-21MRO
Lac NipigonOntario50°12’ N 88°15’ O1923-08-23MRO
Lac NipigonOntario50°13’ N 88°18’ O1924-06-19MRO
Lac NipigonOntario49°26’ N 88°08’ O1923-09-10MRO
Lac NipigonOntario49°26’ N 88°08’ O1925-09-14MRO
Lac NipigonOntario49°25’ N 88°08’ O1923-09-07MRO
Lac NipigonOntario49°26’ N 88°08’ O1921-07-26MRO
Lac NipigonOntario49°26’ N 88°08’ O1922-07-26MRO
Lac NipigonOntario49°26’ N 88°08’ O1922-08-03MRO
Lac NipigonOntario49°39’ N 88°06’ O1924-07-23MRO
Lac NipigonOntario49°39’ N 88°06’ O1923-09-06MRO
Lac NipigonOntario50°12’ N 88°15’ O1974-10-18UMMZ
Lac NipigonOntario49°50’ N 89°00’ O1922-10-26UMMZ
Lac NipigonOntario48°57’ N 88°14’ O1922-07-25UMMZ
Lac NipigonOntario49°26’ N 88°08’ O1922-07-26UMMZ
Lac NipigonOntario49°34’ N 88°50’ O1922-08-11UMMZ
Lac NipigonOntario49°40’ N 88°51’ O-MRO
Lac NipigonOntario49°39’ N 88°38’ O1921-00-00MRO
Lac NipigonOntario50°00’ N 88°21’ O1921-08-10MRO
Lac NipigonOntario49°55’ N 88°20’ O1923-09-05MRO
Lac NipigonOntario49°31’ N 88°09’ O1921-08-21MRO
Lac NipigonOntario50°00’ N 88°21’ O1922-08-15MRO
Lac NipigonOntario50°10’ N 88°49’ O1922-08-17MRO
Lac NipigonOntario49°53’ N 88°11’ O1922-07-28MRO
Lac NipigonOntario49°40’ N 88°38’ O1923-09-03MRO
Lac NipigonOntario49°58’ N 88°06’ O1923-09-03MRO
Rivière Little JackfishOntario50°19’ N 88°21’ O1986-10-27MRO
Rivière Little JackfishOntario50°19’ N 88°21’ O1986-10-27MRO
Rivière Little JackfishOntario50°18’ N 88°22’ O1986-10-27MRO
Rivière Little JackfishOntario50°19’ N 88°21’ O1986-10-28MRO
Rivière Little JackfishOntario50°25’ N 88°19’ O1986-07-18MRO
Rivière Little JackfishOntario50°19’ N 88°21’ O1986-05-07MRO
Rivière Little JackfishOntario50°19’ N 88°21’ O1986-04-28MRO
Lac ZigzagOntario50°29’ N 88°50’ O1986-10-20MRO
Rivière OgokiOntario50°46’ N 88°00’ O1986-10-19MRO
Rivière OgokiOntario50°46’ N 88°00’ O1986-10-19MRO
Lac LongOntario49°30’ N 86°50’ O1924-08-24MRO
Lac LongOntario49°30’ N 86°50’ O1926-08-11MRO
Lac LongOntario49°30’ N 86°50’ O1926-08-14MRO
Lac LongOntario49°22’ N 87°00’ O1925-09-19MRO
Lac LongOntario49°22’ N 87°00’ O1925-09-24MRO
Lac ShebandowanOntario48°40’ N 90°19’ O1958-08-28MRO
Lac ManitouOntario45°47’ N 82°00’ O1931-07-15MRO
Lac Twelve MileOntario45°02’ N 78°42’ O1924-09-13MRO
Lac DeerOntario52°36’ N 94°02’ O1960-08-26MRO
Lac AttawapiskatOntario52°18’ N 87°54’ O1939-06-07MRO
Lac AttawapiskatOntario52°18’ N 87°54’ O1939-06-11MRO
Lac AttawapiskatOntario52°18’ N 87°54’ O1939-06-22MRO
Lac AttawapiskatOntario52°18’ N 87°54’ O1939-06-27MRO
Lac AttawapiskatOntario52°18’ N 87°54’ O1939-07-09MRO
Lac AttawapiskatOntario52°18’ N 87°54’ O1939-07-12MRO
Lac AttawapiskatOntario52°18’ N 87°54’ O1939-07-19MRO
Lac AttawapiskatOntario52°18’ N 87°54’ O1939-07-20MRO
Lac AttawapiskatOntario52°18’ N 87°54’ O1939-08-03MRO
Lac AttawapiskatOntario52°18’ N 87°54’ O1939-08-08MRO
Lac AttawapiskatOntario52°18’ N 87°54’ O1939-08-11MRO
Lac AttawapiskatOntario52°18’ N 87°54’ O1939-08-16MRO
Lac CrescentOntario50°28’ N 88°20’ O1986OFDSS
Lac CulversonOntario52°20’ N 93°38’ O1977OFDSS
Lac ManitobaManitoba51°02’ N 98°46’ O1926-02-16MRO
Lac ClearwaterSaskatchewan--MRO
Lac KingsmereSaskatchewan-1929-07-18MRO
Lac KingsmereSaskatchewan-1923-08-28MRO

Acronymes :
(1) UMMZ = University of Michigan Museum of Zoology; MRO = Musée royal de l’Ontario; MNSN = Musée national des sciences naturelles; I = source inconnue; OFDDS = Ontario Fish Data Distribution System.
(2) Site d’occurrence ou latitude/longitude erronés.

 

Enregistrements dans les publications
SiteProvinceLat./Long.DateRéférence
Lac AthabaskaAlberta58°52’ N 110°28’ O-Dymond, 1943
Lac WaskesiuSaskatchewan53°55’ N 106°05’ O1929-07-04Dymond, 1943
Lac Little TroutSaskatchewan-1928-08-29Dymond, 1943
Lac BurntwoodSaskatchewan-1929-08-02Dymond, 1943
Lac HeartSaskatchewan54°23’ N 105°00’ O1929-08-26Dymond, 1943
Lac ReindeerSaskatchewan57°15’ N 102°15’ O1955-00-00Atton et Merkowsky, 1983

 

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