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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le marsouin commun (population de l’océan Pacifique) au Canada – Mise à jour

Habitat

Le marsouin commun semble surtout fréquenter les eaux de moins de 200 mètres (m) de profondeur. On a déjà observé un individu qui avait remonté le fleuve Fraser sur 55 kilomètres (km) (Guenther et al. 1993), ce qui indique que les marsouins entrent occasionnellement dans les grandes rivières (voir aussi Scheffer et Slipp, 1948). Au large des côtes de l’État du Washington, de l’Oregon et du sud de la Colombie-Britannique, Laake et al. (1998) ont noté que la densité de marsouins communs entre 100 et 200 m de profondeur n’était que le sixième de la densité observée à des profondeurs de moins de 100 m. Des relevés aériens réalisés par Calambokidis et al. (1997) ont révélé une densité beaucoup plus faible (0,04 animal par km², densité non corrélée) dans le détroit de Georgia, qui est relativement étroit, que dans les eaux moins profondes des îles Gulf (0,16 animal par km²) ou que du côté canadien du détroit de Juan de Fuca (0,24 animal par km²). En Colombie-Britannique, d’après un examen des mentions d’observations et d’échouages, Baird et Guenther (1991, 1994, 1995) ont remarqué que le marsouin commun semble généralement se limiter aux eaux peu profondes (< 125 m) et qu’il tend à éviter les zones à courant fort (voir aussi Watts et Gaskin, 1985). De plus, l’espèce est absente de certaines zones d’habitats où la profondeur et les courants semblent pourtant convenables. Ces zones, toutefois, sont relativement petites ou isolées des plus grandes portions d’habitat convenable (par exemple, petites zones entre les îles ou petites zones continentales adjacentes aux habitats profonds; Baird et Guenther, 1991). Dans les eaux littorales, l’aire de répartition du marsouin commun chevauche celle du marsouin de Dall, mais des différences dans la distribution des observations sont évidentes, les marsouins communs habitant généralement les eaux peu profondes (voir les cartes dans Baird et Guenther, 1994). Ainsi, certaines zones côtières de la Colombie-Britannique (par exemple, fjords continentaux, centre du détroit de Georgia) semblent constituer un habitat marginal ou ne pas convenir à l’espèce. Néanmoins, quelques exceptions indiquent que les conditions locales peuvent être importantes. Raum-Suryan et Harvey (1998) ont étudié l’utilisation de l’habitat par les marsouins communs au nord des îles San Juan et constaté que la profondeur variait entre 20 m et 235 m, la moyenne étant de 142 m. Ils ont aussi remarqué que les marsouins communs utilisaient davantage les eaux profondes (>125 m) qu’on ne le pensait. En outre, dans les eaux américaines, dans le sud du détroit de Georgia, Hanson et al. (1999) ont suivi un marsouin commun muni d’un radio-émetteur pendant 215 jours. Ce marsouin passait le plus clair de son temps au-dessus d’un bassin profond (profondeur maximale d’environ 200 m).