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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le marsouin commun (population de l’océan Pacifique) au Canada – Mise à jour

Biologie

Reproduction

L’information sur la biologie de la reproduction du marsouin commun a été recueillie principalement à partir des animaux échoués. La reproduction est saisonnière, et les femelles mettent bas entre mai et septembre en Colombie-Britannique (Baird et Guenther, 1995). Selon les estimations, les femelles de l’Atlantique Nord atteignent la maturité sexuelle en moyenne à trois ou quatre ans, mais on sait que cela varie d’une population à l’autre (Read, 1999). De plus, l’âge de la maturité sexuelle n’a pas été déterminé pour la population de la Colombie-Britannique. Dans l’Atlantique Nord, les femelles peuvent mettre bas chaque année (Read et Hohn, 1995), tandis qu’au large de la Californie les femelles ne donnent naissance à un petit qu’à tous les deux ans (Read, 1999). La longévité moyenne n’a pas été déterminée. Au moyen d’une approche de modélisation, Trites et Pauly (1998) estiment la longévité (définie comme étant le 99e centile de la distribution des âges) à 13 ans. On a cependant déjà signalé un individu de 24 ans (d’après les dents) (Lockyer, 1995; Read, 1999). L’animal le plus vieux trouvé en Colombie-Britannique (parmi 62 spécimens dont on a déterminé l’âge) avait 10 ans (K. Robertson, SWFSC, NMFS, comm. pers.). Les animaux de plus de 12 ans sont rares dans les autres populations (voir par exemple Read et Hohn, 1995).

Déplacements

À part l’utilisation relativement restreinte de l’habitat, plusieurs sources de données indiquent des déplacements limités de marsouins communs au large de l’ouest de l’Amérique du Nord. Parmi ces sources figurent les différences régionales dans les ratios de polluants (Calambokidis et Barlow, 1991; Osmek et al., 1995), la morphologie crânienne (Yurick et Gaskin, 1987) et les profils génétiques. Chivers et al. (2002) apportent des preuves de différenciation génétique entre les marsouins communs des eaux des détroits (notamment le détroit de Georgia) et ceux des eaux océaniques (par exemple, la côte ouest de l’île de Vancouver). Par conséquent, il semble y avoir au moins deux stocks dans la province. Les marsouins communs ont fait l’objet d’un échantillonnage génétique au sud de l’île de Vancouver, mais pratiquement pas au nord; il n’est donc pas possible d’affirmer qu’il y a une différenciation dans la province. Dans l’État du Washington, les données des radio-émetteurs posés sur deux individus (Hanson et al., 1999) indiquent également des déplacements limités. Flaherty et Stark (1982) ont identifié à l’aide de photos 29 marsouins communs autour des îles San Juan. Près de sept mois plus tard, ils ont revu trois individus, relativement près (de 8 à 30 kilomètres) de l’endroit où ils avaient été photographiés la première fois. Le National Marine Fisheries Service des États-Unis a utilisé toutes ces preuves pour classer (et traiter en tant qu’unités de gestion distinctes) plusieurs stocks le long du littoral américain du Pacifique. Il s’agit des stocks suivants (du sud au nord) : baie Morro (Californie); baie Monterey (Californie); San Francisco-rivière Russian (Californie); nord de la Californie/sud de l’Oregon; côte de l’Oregon/de l’État du Washington; eaux intérieures de l’État du Washington (Carretta et al., 2002). Les travaux sur la différenciation des stocks dans les eaux américaines sont en cours.

Nutrition et interactions interspécifiques

Le marsouin commun se nourrit généralement de poissons qui vivent en bancs. Les proies peuvent varier selon les saisons, les conditions de reproduction et l’âge (voir Read, 1999). Le contenu stomacal de 26 marsouins communs échoués ou capturés accidentellement dans le sud de la Colombie-Britannique montre que l’espèce a un régime alimentaire varié de petits poissons et de calmars (Walker et al., 1998). D’après le nombre de proies documentées ainsi que le pourcentage calculé de la masse des proies de chaque type représenté dans l’échantillon, le calmar opale (Loligo opalescens) et la lycode à ventre noir (Lycodopsis pacifica) semblent être d’importantes proies dans cette zone. Deux autres proies relativement fréquentes (qu’on a toutes deux trouvées dans plus du quart des estomacs et qui représentaient ensemble environ le quart de la masse des proies) sont le hareng du Pacifique (Clupea harengus pallasi) et le merlu du Pacifique (Merluccius productus). La taille des proies capturées variait entre 80 millimètres (mm) et 371 mm de longueur, et le poids, entre 4 grammes (g) et 317 g (Walker et al., 1998). L’alimentation du marsouin commun ressemblait beaucoup à celui des marsouins de Dall capturés dans la même région (Walker et al., 1998). Les calmars semblent former une plus grande proportion de l’alimentation chez les marsouins communs de la Colombie-Britannique que chez leurs congénères étudiés ailleurs (voir Smith et Gaskin, 1974; Recchia et Read, 1989; Fontaine et al., 1994; Gannon et al., 1998).

Les marsouins communs se déplacent habituellement en petits groupes, mais on voit fréquemment des animaux solitaires (Read, 1999). Lors d’une étude menée au nord des îles San Juan, près de la partie sud de l’île de Vancouver, on a découvert des groupes de 1 à 8 individus; la taille moyenne est de 1,87 animal par groupe (Raum-Suryan et Harvey, 1998). Les associations avec d’autres espèces de cétacés sont rares; certaines interactions sont même agonistiques (Ross et Wilson, 1996; Baird, 1998; Morton, 1999).