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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'ntosthodon rouilleux (Entosthodon rubiginosus) au Canada

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur
l’entosthodon rouilleux
Entosthodon rubiginosus
au Canada

entosthodon rouilleux

En voie de disparition 2004

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC 2004. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’entosthodon rouilleux (Entosthodon rubiginosus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 21 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier Terry T. McIntosh qui a rédigé le rapport de situation sur l’entosthodon rouilleux (Entosthodon rubiginosus) au Canada, en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Réne Belland, coprésident du Sous-comité de spécialistes des plantes et lichens (mousses et lichens) du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title : COSEWIC assessment and status report on the rusty cord-moss Entosthodon rubiginosus in Canada

Photo de la couverture

Entosthodon rouilleux – plantes et jeunes sporophytes (partiellement recouverts par leur coiffe) d’Entosthodon rubiginosus, dans le secteur du lac White. Photographie par Ole Westby.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004

PDF : CW69-14/415-2005F-PDF
ISBN 0-662-79254-8
HTML : CW69-14/415-2005F-HTML
ISBN 0-662-79255-6

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Novembre 2004

Nom commun : Entosthodon rouilleux

Nom scientifique : Entosthodon rubiginosus

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : Cette espèce est endémique dans la partie occidentale de l'Amérique du Nord. Elle est présente dans le sud de la Colombie-Britannique, et a été observée du Montana jusqu'en Arizona et au Nouveau-Mexique. Cette mousse a une répartition très restreinte dans le centre-sud de la Colombie-Britannique, où seulement quatre populations ont été observées. Trois de ces populations existent encore et une n'a pas été retrouvée. L'espèce n'est pas abondante dans tous les sites connus. Elle vit sur une étroite bande de rivage dominée par les graminées et d'autres mousses, dans des habitats alcalins temporairement humides. Deux populations ont subi le piétinement par les chevaux et le bétail, et tous les sites examinés subissent, à divers degrés, les impacts des animaux domestiques. Au moins une partie d'une population a été détruite par le piétinement par les animaux domestiques.

Répartition : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée en voie de disparition en novembre 2004. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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COSEPAC Résumé

Entosthodon rouilleux
Entosthodon rubiginosus

Information sur l’espèce

L’Entosthodon rubiginosus est une mousse de la famille des Funariacées, dont les espèces sont petites et se ressemblent beaucoup quant à leurs caractères végétatifs. Il existe 12 espèces d’Entosthodon en Amérique du Nord, dont seulement 2 se rencontrent au Canada. L’Entosthodon rubiginosus est une petite mousse vert pâle à vert moyen qui pousse en tiges isolées ou en petites touffes. Dans son milieu naturel, elle est difficile à apercevoir et souvent cachée parmi d’autres espèces de mousses. Les sporophytes sont communs.

Répartition

L’espèce est endémique de l’ouest de l’Amérique du Nord et se rencontre dans le sud de la Colombie-Britannique, au Montana, en Arizona et au Nouveau-Mexique. Au Canada, elle a été trouvée dans 4 localités.

Habitat

Au Canada, l’Entosthodon rubiginosus pousse uniquement dans les sols alcalins mouillés une partie de l’année et généralement limoneux ou argileux qui bordent les étangs, les lacs et les vasières, ou encore sur les pentes suintantes de milieux par ailleurs relativement secs.

Biologie

L’Entosthodon rubiginosuspousse dans des sols qui sont mouillés une partie de l’année et généralement alcalins, dans des milieux par ailleurs relativement secs. Les sporophytes sont communs chez les populations canadiennes, et les spores jouent probablement un rôle important dans la dispersion à faible distance. 

Taille et tendances des populations

Dans toutes les sites connus de l’Entosthodon rubiginosus, l’espèce est peu commune et n’est représentée que par quelques petites touffes. 

Facteurs limitatifs et menaces

Les principaux facteurs limitatifs qui menacent l’Entosthodon rubiginosus sont probablement le piétinement et l’altération générale de son habitat par les animaux domestiques et notamment par les bovins. Les longues périodes de sécheresse pourraient constituer une autre menace.

Importance de l’espèce

L’Entosthodon rubiginosus est une espèce endémique de l’Amérique du Nord, et ses populations les plus septentrionales sont situées en Colombie-Britannique. L’espèce est rare dans toute son aire de répartition.    

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Aucune loi, réglementation, règle coutumière ou circonstance particulière ne protège actuellement l’espèce. En Colombie-Britannique, on lui a attribué la cote S1, et elle figure sur la liste rouge de cette province. À l’échelle mondiale, on lui a attribué la cote G1G3.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page2
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page3
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4Note de bas de page5
Espèce sauvage pour laquelle l’information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 3

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Information sur l’espèce

Nom et classification

Nom scientifique :

Entosthodon rubiginosus (Williams) Grout

Synonyme :

Funaria rubiginosa Williams

Nom commun :

Entosthodon rouilleux

Noms anglais :

Rusty cord-moss, wrinkled flask moss (McIntosh et Paige, 2001)

Famille :

Funariacées

Grand groupe végétal :

Mousses (Musci)

Les Funariacées sont une grande famille de petites mousses qui se ressemblent beaucoup quant à leurs caractères végétatifs. La plupart des espèces ont des feuilles larges, de couleur vert pâle, dont les cellules sont grandes et pâles (Crum et Anderson, 1980). On estime que la plupart ont une courte durée de vie et sont annuelles ou bisannuelles (Grout, 1935; Lawton, 1971). Les divers genres se distinguent par les caractères du sporophyte (génération produisant les spores) et plus précisément par la forme, la grosseur et le caractère plus ou moins droit de la capsule (sporange) ainsi que par le degré de développement (ou l’absence) du péristome (couronne d’appendices ressemblant à des dents et bordant l’orifice de la capsule).

Le genre Entosthodon réunit des espèces minuscules et tire son nom du fait que le péristome, s’il existe, est inséré assez loin du bord de l’orifice, à l’intérieur de la capsule. La capsule est légèrement exserte, dressée, symétrique et munie d’un opercule (couvercle). Les spores sont modérément grosses. Les mousses de ce genre colonisent souvent des milieux éphémères qui apparaissent de manière répétée mais irrégulière dans le même secteur, plutôt que de dépendre de la dispersion des spores par le vent, qui permettrait d’atteindre des milieux propices plus éloignés. 

En Amérique du Nord, il existe 12 espèces d’Entosthodon, dont seulement 2 sont présentes au Canada, et uniquement en Colombie-Britannique, l’E. rubiginosus et l’E. fascicularis (Anderson et al., 1990; Ireland et al., 1987).

Description

La présente description a été établie à partir de celles de Grout (1935), Lawton (1971) et McIntosh et Paige (2001) ainsi qu’à partir d’observations personnelles. Plusieurs des caractères décrits sont illustrés à la figure 1, et on trouvera à la figure 2 la photographie d’une petite touffe d’Entosthodon rubiginosus poussant dans le secteur du lac White, dans le sud de la Colombie-Britannique.

Figure 1.Note de bas de pagea Morphologie comparative de l’Entosthodon fascicularis (a – e) et de l’Erubiginosus (f – j); a, f : marge de feuille supérieure (x175); b, g : feuille caulinaire (a : x12, b : x16); c, h : capsule à l’état frais (c : x12, h :x16); d, i : capsule à l’état sec (d : x12, i : x16); e, j : cellules supérieures de la paroi de la capsule (x175). Dessins a, b et f d’après Lawton (1971); autres dessins par T. McIntosh.

 Figure 1. Morphologie comparative de l’Entosthodon fascicularis (a – e) et de l’E. rubiginosus (f – j); a, f : marge de feuille supérieure (x175); b, g : feuille caulinaire (a : x12, b : x16); c, h : capsule à l’état frais (c : x12, h :x16); d, i : capsule à l’état sec (d : x12, i : x16); e, j : cellules supérieures de la paroi de la capsule (x175). Dessins a, b et f d’après Lawton (1971); autres dessins par T. McIntosh

L’Entosthodon rubiginosus est une petite mousse acrocarpe (produisant ses organes femelles et ses sporophytes au bout des tiges principales), haute de 2 à 3 mm (atteignant parfois 5 mm), de couleur vert pâle à vert moyen. La mousse pousse en tiges isolées ou en petites touffes. L’espèce est difficile à apercevoir et souvent cachée parmi les autres mousses. Les feuilles pleinement développées sont rapprochées, réunies au sommet de la tige, qui est dressée. Elles mesurent entre 1,5 et 2,4 mm de longueur et en moyenne environ 1 mm de largeur. Elles sont ovées ou parfois plutôt obovées, acuminées à aiguës, dressées-étalées à l’état humide et légèrement contortées à l’état sec. La marge des feuilles est habituellement plane, ou rarement un peu irrégulière vers le sommet, sans bordure distincte, bien que parfois certaines cellules marginales soient un peu plus courtes que les cellules laminales adjacentes.

Figure 2. Gamétophytes et jeunes sporophytes (partiellement recouverts par leur coiffe) d’Entosthodon rubiginosus, dans le secteur du lac White (+/- x18; photographie par Ole Westby).

Figure 2. Gamétophytes et jeunes sporophytes (partiellement recouverts par leur coiffe) d’Entosthodon rubiginosus, dans le secteur du lac White (+/- x18; photographie par Ole Westby).

Les cellules supérieures sont irrégulièrement rectangulaires à rhomboïdales, à parois minces, et elles mesurent de 40 à 60 µm de long et de 20 à 30 µm de large. Les cellules basales sont rectangulaires-allongées. La nervure n’atteint généralement pas le sommet de la feuille chez les feuilles caulinaires inférieures, tandis qu’elle est excurrente chez les feuilles supérieures.

Il existe des incertitudes quant à la répartition des organes sexuels de l’Entosthodon rubiginosus, mais l’espèce est probablement autoïque (organes mâles et femelles situés sur la même tige), puisque la plupart des gamétophytes semblent produire un sporophyte chaque année. Le sporophyte est petit, mesurant de 4 à 5 mm (ou parfois 7) de hauteur.

Il arrive à maturité vers la fin de l’hiver et au printemps. En Colombie-Britannique, les sporophytes demeurent généralement visibles jusqu’en automne, même si les feuilles de la mousse tendent à sécher et à devenir difficiles à apercevoir. La coiffe (capuchon de tissus gamétophytiques protégeant le jeune sporophyte) est relativement grande et distincte et couvre entièrement la capsule pendant sa maturation. Elle est fendue près de la base et est surmontée d’une longue pointe mince. La capsule est dressée, plutôt piriforme (en forme de poire), brun-rouge à brun-jaune à maturité et généralement un peu contractée sous l’orifice et plissée à l’état sec. L’orifice est bordé d’une série de cellules rectangulaires-transversales, alors que les cellules situées juste en-dessous sont allongées et ont les parois épaissies (chez l’espèce semblable E. fascicularis, ces cellules sont petites et irrégulièrement isodiamétriques). L’opercule est conique, et le péristome est rudimentaire ou absent. Les spores sont papilleuses et de grosseur variable (de 25 à 35 µm).

On trouvera des clés d’identification et des illustrations supplémentaires dans Grout (1935) et Lawton (1971). McIntosh (1986) fournit un exposé sur l’Entosthodon rubiginosus et les espèces apparentées.

Notes de bas de page

Note de bas de page a

Mise en garde : le format original du schema n’est peut-être pas reproduit avec exactitude dans la figure. Les échelles fournies devraient être utilisées seulement comme indicateurs de taille relative. Des measures réelles de longueur sont indiquées dans le texte.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

L’Entosthodon rubiginosus est endémique de l’ouest de l’Amérique du Nord (Lawton, 1971; McIntosh, 1986, 1997; figure 3), où sa répartition est éparpillée. L’espèce a été trouvée dans le sud de la Colombie-Britannique, au Montana (Montana Natural Heritage Program, 2003), en Arizona et au Nouveau-Mexique (Lawton, 1971; McIntosh, 1989; NatureServe Explorer, 2002). Au Montana, on n’en connaît qu’une récolte, faite en 1887 sur les berges de la rivière Missouri, près de Great Falls (localité-type de l’espèce). Certains ont essayé de retrouver ce site, mais ces efforts ont été vains, en partie parce que leurs recherches n’étaient pas exhaustives et en partie parce que les berges naturelles de la rivière, en amont et en aval de Great Falls, ont été inondées par la construction de barrages (NatureServe Explorer, 2003). Il demeure possible qu’une nouvelle population d’E. rubiginosus finisse par être découverte dans ce secteur.

Figure 3. Répartition de l’Entosthodon rubiginosus en Amérique du Nord (X = site de Great Falls, où la population est probablement disparue).

Figure 3. Répartition de l’Entosthodon rubiginosus en Amérique du Nord (X = site de Great Falls, où la population est probablement disparue)

Aire de répartition canadienne 

Au Canada, l’Entosthodon rubiginosus a été trouvé dans quatre localités du centre-sud de la Colombie-Britannique : au lac White, dans le sud de la vallée de l’Okanagan; au sud-est de Princeton; au nord-ouest de Kamloops; au sud de Riske Creek, dans la région forestière de Cariboo (figure 4).

Il faut citer parmi les importants efforts de récolte contribuant à notre connaissance actuelle de la répartition au Canada : 1) des relevés effectués dans le cadre des recherches doctorales de T. McIntosh (1980-1983); 2) un relevé des zones arides de la province dirigé par T. McIntosh (1997-2001); 3) des travaux de terrain réalisés par T. McIntosh en 2002-2003 pour appuyer une évaluation du COSEPAC.

Figure 4. Répartition de l’Entosthodon rubiginosus au Canada (X = site de Kamloops, où la population n’a pas pu être confirmée).

Figure 4. Répartition de l’Entosthodon rubiginosus au Canada (X = site de Kamloops, où la population n’a pas pu être confirmée)

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

En Colombie-Britannique, l’Entosthodon rubiginosus pousse uniquement dans les sols alcalins mouillés une partie de l’année et généralement limoneux ou argileux qui bordent les étangs, les lacs et les vasières, ou encore sur les pentes suintantes de milieux par ailleurs relativement secs. L’espèce pousse parmi la litière et les plantes vasculaires, surtout graminoïdes, dont une graminée, le Distichlis stricta, et une cypéracée, le Carex praegracilis. Les mousses souvent associées sont le Desmatodon heimii, un Drepanocladus sp. et le Conardia compacta. L’Entosthodon rubiginosus se rencontre le plus souvent dans une étroite bande entourant les milieux humides, en terrain plat ou très peu incliné. L’espèce n’a jamais été trouvée dans des milieux alcalins où dominent les grandes espèces de joncs et de cypéracées.

L’alcalinité de l’habitat est due à l’évaporation de l’eau durant les mois les plus chauds, qui laisse des minéraux dans le sol.

Les milieux humides alcalins sont relativement communs dans le centre-sud de la province, le long des vallées fluviales et des terres basses adjacentes. Ils sont particulièrement communs dans une zone assez vaste située au sud et à l’ouest du lac Williams, mais sont également assez fréquents, en bandes relativement étroites, dans les parties les plus sèches des vallées du Fraser, de la Thompson, de la Nicola, de la Similkameen et de l’Okanagan. Il existe également des zones alcalines dans le sillon des Rocheuses, mais elles sont éparpillées. 

Bien que les milieux humides alcalins puissent se compter par centaines en Colombie-Britannique, il semble que peu d’entre eux conviennent à l’Entosthodon rubiginosus. À partir d’une expérience réalisée sur le terrain, Terry McIntosh a déterminé que « l’habitat potentiel » de l’espèce comprend les milieux suivants :

  1. Milieux alcalins qui restent mouillés une partie de l’année et où il reste des sols dénudés; il peut s’agir d’étangs distincts, de complexes isolés réunissant de petits étangs et des terrains suintants, ou encore de pentes suintantes. L’espèce semble être la plus commune à proximité des étangs et la moins commune sur les pentes suintantes.
  2. Terrains plats ou à pente très douce, situés dans des zones à végétation basse, à l’exclusion des zones caractérisées par une croûte de dépôt alcalin. La végétation basse se caractérise souvent par la présence de deux espèces graminoïdes : le Carex praegracilis et le Distichlis stricta. L’Entosthodon rubiginosus n’a jamais été observé dans les milieux où dominent les grandes espèces de joncs et de cypéracées.
  3. Terrains dégagés (sans ombre), situés à une altitude relativement basse, dans les arbustaies d’armoises, les prairies et les forêts claires (de pin ponderosa ou, plus rarement, de douglas ou de pin tordu latifolié).
  4. Terrains où dominent les mousses acrocarpes; l’E. rubiginosus n’a pas été trouvé dans les milieux où poussent des mousses pleurocarpes et notamment un Drepanocladus (probablement le D. aduncus).

Le tableau 1 donne une estimation du nombre d’habitats potentiels présents dans chaque région. Ces habitats doivent être séparés d’au moins 0, 5 km (cette distance est habituellement beaucoup plus grande), par des paysages qui ne renferment pas de milieux convenant à l’espèce. Selon des vérifications faites sur des cartes et des travaux de terrain, entre 93 et 111 milieux distincts (étangs, lacs, pentes suintantes ou complexes géographiquement isolés) pourraient constituer un habitat pour l’espèce dans la province. Bien que d’autres travaux restent à terminer, il semble que l’espèce soit limitée aux milieux alcalins situés dans des localités relativement chaudes (dans le sud ou à basse altitude). Ceci est confirmé par la concentration de l’espèce dans les régions de l’Okanagan et de Kamloops. Les milieux humides alcalins se rencontrent dans trois zones biogéoclimatiques : la zone à graminées cespiteuses, la zone à pin ponderosa, et la zone intérieure sèche à douglas. 

Au cours des sept dernières années et pendant ses travaux de recherche doctorale, le rédacteur du rapport a examiné les berges de plus de 75 p. 100 des milieux humides alcalins constituant des habitats potentiels de l’espèce en Colombie-Britannique (voir tableau 1), mais ces travaux intensifs ne lui ont permis de trouver l’espèce que trois fois. Néanmoins, les berges de la plupart des étangs ainsi que les autres habitats potentiels de l’espèce occupent de grandes superficies, atteignant parfois plusieurs hectares. Donc, étant donné le peu de temps disponible pour l’herborisation, l’espèce a pu passer inaperçue à certains endroits où ont été effectués les prélèvements. Par ailleurs, lors de relevés de terrain effectués en 2002-2003, T. McIntosh a visité 30 autres milieux humides alcalins. Bien que ces recherches aient été plus intensives que les précédentes et que plus de temps ait été consacré à chaque localité, une seule nouvelle population a été recensée (à Riske Creek).

Tendances en matière d’habitat

En 1997, T. McIntosh a entrepris un relevé des bryophytes des zones arides de la Colombie-Britannique en vue de compléter ses recherches doctorales (McIntosh, 1986) et de rédiger un article décrivant ces plantes et comportant des clés d’identification. Entre 1997 et 2001, il a visité quelque 45 milieux humides alcalins constituant des habitats potentiels pour l’espèce, dans diverses localités de toutes les régions semi-arides du centre-sud de la Colombie-Britannique (une vingtaine de ces localités étaient situées dans la région de Cariboo, depuis au nord de Clinton jusqu’à l’ouest du lac Williams, tandis que 25 autres se trouvent dans les régions de Kamloops, de Merritt et de l’Okanagan; les coordonnées UTM de ces localités n’ont pas été relevées). Ces travaux visaient avant tout à rechercher certaines bryophytes rares, dont l’Entosthodon rubiginosus. Aucun autre site n’a été découvert au cours de ces travaux sur le terrain.

Tableau 1. Nombre estimatif de milieux humides alcalins constituant des habitats potentiels de l’espèce en Colombie-Britannique, avec le nombre de milieux visités et le nombre de milieux où l’espèce a été observée. Les habitats potentiels doivent être séparés d’au moins 0, 5 km (cette distance est habituellement plus grande), par des paysages qui ne renferment pas de milieux convenant à l’espèce.
RégionNombre d’habitats potentielsNote de tableauaNombre approximatif de milieux visitésNombre de milieux où l’espèce était présente
Kootenay8 - 1070
Okanagan (depuis Osoyoos jusqu’à la base sud-est du mont Richter, vers l’ouest jusqu’au nord de Kaledon et vers le nord)20 - 2518 - 202
Kamloops (à partir de l’est de la ville jusqu’à Spences Bridge/Cache Creek, y compris les régions de Pavilion et de Clinton, bien que celles-ci soient un peu isolées)28 -3222 - 251
Cariboo (principalement dans des zones longeant les vallées du Fraser et de la Chilcotin, mais aussi au nord et à l’est de Chasm, au nord de Clinton)37 - 4428 -321

Notes de tableau

Note de tableau a

Un certain nombre de personnes connaissant bien la répartition et les conditions écologiques des milieux alcalins de la province ont été consultées, notamment Ray Coupe, Hans Roemer, Fred Knezevich, Don Gayton et Kent Watson. Voir également la section « Experts contactés » du présent rapport.

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Il reste actuellement trois populations connues d’Entosthodon rubiginosus au Canada. La population de Riske Creek a été découverte dans le cadre de travaux de terrain effectués par T. McIntosh en 2002 et en 2003 qui ont également permis de confirmer l’existence des populations du lac White et de Princeton. La colonie d’où provient le spécimen autrefois récolté à Princeton a probablement été détruite par le broutage intensif auquel ont été soumises les berges de l’étang où il avait été trouvé. Cependant, d’autres spécimens ont été trouvés au sud-est de l’étang, dans une petite cuvette demeurant mouillée une partie de l’année, et ils proviennent sans doute de la même population. Par ailleurs, la population qui avait été découverte en 1981 près de Kamloops n’a pas été retrouvée.

Au lac White et à Riske Creek, l’habitat paraît stable, mais il semble subir une légère et intermittente activité des bovins. Le site de Princeton est régulièrement soumis à une forte perturbation par les bovins et les chevaux, et les berges de l’étang où la mousse a déjà été récoltée sont maintenant presque dépourvues de végétation. Cependant, certains secteurs voisins, dont la petite zone mouillée où l’espèce a été retrouvée, ne montrent aucun signe de perturbation récente.

Protection et propriété des terrains

On ne sait pas à qui appartiennent les terrains où se trouvent les sites de Kamloops et de Princeton. Le site de Riske Creek est situé sur une terre de la Couronne. Au lac White, dans le sud de la vallée de l’Okanagan, où l’espèce a également été récoltée, les bovins et les chevaux utilisaient autrefois les berges du lac, mais le Nature Trust (J. Hope, comm. pers., 2002) vient de signer un bail de 99 ans visant à établir une zone d’étude sur les terres fédérales de cette localité, conformément au Biodiversity Ranch Management Plan adopté en 2000 par cette fondation. Ce plan d’aménagement prévoit qu’une clôture sera installée autour du lac White et de sa bande de végétation riveraine incluant l’endroit où a été récolté l’Entosthodon rubiginosus, ce qui les protégera de manière permanente contre le broutage et les autres sources possibles de perturbation à grande échelle. On s’attend à une amélioration du milieu dans la bande riveraine, mais on ne dispose d’aucune donnée permettant de prédire l’incidence de ces changements sur la population d’E. rubiginosus.

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Biologie

Généralités

L’Entosthodon rubiginosus est une petite mousse acrocarpe poussant en tiges isolées ou en petites touffes dans des sols qui sont mouillés une partie de l’année et sont généralement alcalins, à l’intérieur de prairies et steppes arbustives semi-arides.

Reproduction et dispersion

Dans les populations canadiennes d’Entosthodon rubiginosus, la plante produit communément des sporophytes, et les spores jouent probablement un rôle important dans la dispersion à faible distance, particulièrement vers les terrains dénudés. Certaines plantes peuvent tirer parti du sol nu qui caractérise le début de la succession végétale dans les milieux fréquemment perturbés, mais cette perturbation doit demeurer légère dans le cas de l’E. rubiginosus (Porley, 2000). On estime généralement que l’espèce vit peu de temps, mais elle peut être vivace ou à tout le moins survivre quelques années en milieu naturel (T. McIntosh, obs. pers.). En effet, les tiges souterraines de la plante portent de nombreux petits bourgeons qui semblent persister d’une année à l’autre. 

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Taille et tendances des populations

Dans tous les sites connus de l’Entosthodon rubiginosus, l’espèce est peu commune et n’est représentée que par un petit nombre de touffes de moins d’un centimètre carré. Aux termes des lignes directrices de l’UICN, chacune de ces touffes peut être considérée comme un individu. Au lac White, le nombre total de touffes connues est inférieur à 20. À Princeton, trois touffes ont été trouvées, et à Riske Creek, une seulement. Il est actuellement impossible de préciser les tendances de ces populations. Cela exigerait une surveillance des sites.

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Facteurs limitatifs et menaces

Les principaux facteurs limitatifs qui menacent l’Entosthodon rubiginosus sont probablement le piétinement et l’altération générale de son habitat par les animaux domestiques et notamment par les bovins. Les longues périodes de sécheresse pourraient constituer une autre menace. Au cours des quatre ou des cinq dernières années, l’intérieur de la Colombie-Britannique a connu un temps particulièrement sec, ce qui a pu provoquer un déclin des populations. Cependant, on ne sait pas si un tel déclin a réellement eu lieu.

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Importance de l'espèce

L’Entosthodon rubiginosus est endémique de l’Amérique du Nord, et ses populations les plus septentrionales sont situées en Colombie-Britannique. L’espèce est rare dans toute son aire de répartition. Elle n’a été récoltée que sept fois, avec de longs intervalles, depuis sa découverte en 1887 (Williams, 1913). 

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Protection actuelle ou autres désignations

Aucune loi, réglementation, règle coutumière ou circonstance particulière ne protège actuellement les populations canadiennes d’Entosthodon rubiginosus

En Colombie-Britannique, on a attribué à l’espèce les cotes G2G3 à l’échelle mondiale et S1 à l’échelle de la province, et elle figure sur la liste rouge des espèces ou sous-espèces indigènes considérées, ou susceptibles d’être considérées, comme disparues du pays (extirpated), en voie de disparition (endangered) ou menacées (threatened) (BC Species and Ecosystem Explorer, 2003; Ryan, 1996).

À l’échelle mondiale, le Montana Natural Heritage Program (2002) et NatureServe Explorer (2002) ont attribué à l’espèce la cote G1G3, qui signifie qu’elle se situe entre « très fortement menacée (critically imperiled), en raison de son extrême rareté et/ou d’autres facteurs qui risquent fortement de la faire disparaître » et « vulnérable (vulnerable) en raison de sa rareté ou de son aire restreinte et/ou d’autres facteurs, bien qu’elle puisse être abondante dans certains de ses sites ». À l’échelle du Montana, le Montana Natural Heritage Program (2002) a attribué à l’espèce la cote SH, (H = Historical, ce qui signifie que l’espèce n’est connue que par des enregistrements qui remontent à plus de 50 ans, mais qu’elle pourrait encore être retrouvée). Dans le cadre d’un vaste plan de conservation des écosystèmes du haut Missouri, de la Yellowstone et du haut Columbia (MOYOCO), visant le Montana, le nord du Wyoming et une partie de l’ouest du Dakota du Nord, on a attribué à l’Entosthodon rubiginosus la cote G2G3 (U.S. Fish and Wildlife Service, 2000).

 

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Sommaire du rapport de situation

L’Entosthodon rubiginosus est une mousse minuscule qui pousse parmi les autres mousses et les graminées dans des milieux alcalins dégagés qui restent mouillés une partie de l’année. Au Canada, la mousse a une répartition très restreinte, limitée au centre-sud de la Colombie-Britannique. Sur les quatre populations canadiennes connues, trois existent encore, et une est peut-être disparue; l’espèce n’est abondante dans aucune de ces localités. L’habitat de l’espèce est menacé par l’activité des bovins, et tous les sites examinés ont subi divers degrés d’impact par les animaux domestiques. Au moins une partie d’une des populations a été éliminée par le piétinement. L’espèce figure sur la liste rouge en Colombie-Britannique. À l’échelle mondiale, elle est jugée très fortement menacée à vulnérable (critically imperiled to vulnerable).


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Résumé technique

Entosthodon rubiginosus

Entosthodon rouilleuxRusty cord moss

Zone d’occurrence au Canada :

Colombie-Britannique

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²).

20 000 km² (en excluant le site non confirmé)

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

On ne sait pas.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Non

Superficie de la zone d’occupation (km²).

± 0,01 km² selon la superficie réelle de l’habitat

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

On ne sait pas.

Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés).

3 (lac White, sud-est de Princeton, au sud de Riske Creek)

Précisez les tendances du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Stable (La population de Kamloops n’a pas été retrouvée)

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

Non

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

Le lac White est stable. Princeton est très perturbé à certains endroits et une partie de la population a disparu. Riske Creek semble stable.

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

Inconnue, mais l’espèce est peut-être vivace.

Nombre d’individus matures (reporducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).
L’espèce pourrait être difficile à trouver; c’est la raison pour laquelle la taille des populations pourrait être sous-estimée.

  • < 24 au total
  • < 20 au lac White
  • 1 à Riske Creek
  • 3 à Princeton

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

On ne sait pas.

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

On ne sait pas.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

On ne sait pas.

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de ≤ 1 individu/année)?

Oui

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

On ne sait pas.

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

On ne sait pas.

Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

Voir ci-dessus le nombre d’individus matures.

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Impact des bovins; on ne connaît pas le niveau de perturbations que l’espèce peut supporter ni celui lui permettant de continuer à se maintenir dans le site.
  • Développement, construction de routes, véhicules tout-terrain.

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur :

la localité-type au Montana n’a pas été retrouvée.

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Peu probable

Les individus immigrants survivraient-ils au Canada?

Oui

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour des individus immigrants?

Oui

Un sauvetage par des populations venant de l’extérieur est-il plausible?

Non

Analyse quantitative

s.o.

Statut antérieur

  • COSEPAC : aucun statut
  • NatureServe : très fortement menacée, très vulnérable à l’échelle mondiale (critically imperiled-highly vulnerable globally)
  • Montana : SH

Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce en voie de disparition

Critères définitifs : B2ab(iii) + C2a(i) + D1

Historique du statut : Désignée en voie de disparition en novembre 2004.

Justification de la désignation : L’espèce est endémique de l’ouest de l’Amérique du Nord et se rencontre dans le sud de la Colombie-Britannique, au Montana, en Arizona et au Nouveau-Mexique. Au Canada, la mousse a une répartition très restreinte, limitée au centre-sud de la Colombie-Britannique. Sur les quatre populations canadiennes connues, trois existent encore, et une n’a pas été revue. L’espèce n’est abondante dans aucune de ces localités. L’espèce vit sur une étroite bande de rivage dominée par des graminées et d’autres mousses, dans des milieux alcalins qui restent mouillés une partie de l’année. Deux populations ont subi le piétinement par des chevaux et du bétail, et tous les sites examinés subissent, à divers degrés, les impacts des animaux domestiques. Au moins une partie d’une des populations a été éliminée par le piétinement d’animaux domestiques.

Applicabilités des critères 

Critère A - s/o L’espèce ne respecte pas la définition d’espèce en voie de disparition quant au déclin de sa population totale.

Critère B - L’espèce respecte la définition d’espèce en voie de disparition, 2 (zone d’occupation < 100 ) a (sérieusement fragmentée) b, iii (déclin dans la qualité de l’habitat de 2 populations).

Critère C - L’espèce respecte la définition d’espèce en voie de disparition aux termes de 2a(i) (nombre d’individus < 2 500, et aucune population n’est estimée contenir < 250 individus).

Critère D - L’espèce respecte la définition de l’espèce en voie de disparition aux termes de D1 (nombre d’individus < 250).

Critère E - n.d.

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Remerciements

Fred Knezevich a fourni une aide sur le terrain dans la région forestière de Cariboo. Ole Westby et Paul Kroeger ont fourni de l’aide au lac White. Wynne Miles a fait des observations rédactionnelles sur le manuscrit.

La rédaction du présent rapport de situation a été financée par le Service canadien de la faune, Environnement Canada.

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Sources d’information

Anderson, L.E., H.A. Crum et W.R. Buck. 1990. The mosses of North America north of Mexico, The Bryologist 93(4): 448-499.

BC Species and Ecosystem Explorer. 2003. Victoria, Colombie-Britannique, Canada, Disponible à l’adresse : http://srmapps.gov.bc.ca/apps/eswp/ (consulté en 2003).

Crum, H.A., et L.E. Anderson. 1981. Mosses of Eastern North America, Columbia University Press, État de New York. Deux vols.

Grout, A.J. 1935. Moss Flora of North America, North of Mexico, vol. II (2) 78-83, Newfane, Vermont

Ireland, R.R., G.R. Brassard, W.B. Schofield et D.H. Vitt. 1987. Checklist of mosses of Canada II, Lindbergia 13: 1-62.

Lawton, E. 1971. Moss Flora of the Pacific Northwest, The Hattori Botanical Laboratory, Nichinan, Japon.

McIntosh, T.T. 1986. The bryophytes of the semi-arid steppe of south-central British Columbia, thèse de doctorat, Botany Department, University of British Columbia, Vancouver

McIntosh, T.T. 1989. New and interesting bryophytes of the semi-arid steppe of British Columbia; including four species new to North America, The Bryologist 92: 292-295.

McIntosh, T.T. 1997. The biogeography of the bryophytes of the semi-arid steppe of south-central British Columbia, J. Hatt. Bot. Lab. 82: 157-169

McIntosh, T.T., et K. Paige. 2001. Draft Identified Wildlife Species Account: Wrinkled flask moss, Entosthodon rubiginosus (Williams) Grout, Wildlife Branch, Ministry of Environment, Lands, and Parks de la Colombie-Britannique, Victoria, Colombie-Britannique.

Montana Natural Heritage Program. 2002. Species information: Entosthodon rubiginosus (Williams) Grout (FUNARIACEAE) (consulté en 2002).

NatureServe Explorer: An Online Encyclopedia of Life. 2002. Version 1.6. Arlington, Virginia, États-Unis. (consulté en 2002).

Porley, R.D. 2000. Bryophytes of arable fields: current state of knowledge and conservation, in Wilson, P., et M. King (éd.), Fields of Vision: a Future for Britain’s Arable Plants, p. 8-19, Plantlife, Londres.

Ryan, M.W. 1996. Bryophytes of British Columbia: rare species and priorities for inventory, Res. Br., Min. For. de la C.-B., et Wildl. Br., Ministry of Environment, Lands, and Parks de la C.-B., Victoria, Colombie-Britannique, document de travail 12.

U.S. Fish and Wildlife Service, Mountain Prairie Region, Ecosystems. 2000. Ecosystem plan: Upper Missouri, Yellowstone, and Upper Columbia River, United States Department of the Interior.

Williams, R.S. 1913. Brachymenium macrocarpum Card, in Florida and Funaria rubiginosa, sp. nov., The Bryologist 16: 36-39.

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Terry McIntosh a obtenu un Ph.D. en 1985 pour une étude des bryophytes des steppes et des prairies sèches de l’intérieur de la Colombie-Britannique. Depuis, il récolte activement les bryophytes dans de nombreuses régions de la province et dans les terrains secs de l’État de Washington voisin. Il est un des principaux botanistes chargés de l’identification des bryophytes récoltées dans le cadre des relevés gouvernementaux et privés effectués dans la province. Il a récemment rédigé des rapports sur 16 espèces rares de bryophytes pour la Wildlife Branch de la province de la Colombie-Britannique ainsi que deux rapports de situation du COSEPAC sur des espèces de mousses.

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Experts contactés

John A. Christy, Écologiste (terres humides), Oregon Natural Heritage Program, Associé de recherche, Herbarium, Oregon State University

Ray Coupe, Écologiste, lac Williams (Colombie-Britannique)

Don Gayton, Écologiste (terres herbeuses), Nelson (Colombie-Britannique)

Fred Knezevich, Forestier, lac Williams (Colombie-Britannique)

Hans Roemer, Écologiste, Victoria (Colombie-Britannique)

James R. Shevock, Directeur régional associé, Resources, Partnerships and Science, Service national des parcs, Pacifique-Ouest, 1111, rue Jackson, pièce 700, Oakland, Californie 94607-4807

Kent Watson, Spécialiste des sols, Kamloops (Colombie-Britannique)

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Collections consultées

Des duplicatas du spécimen 1 (conservé par T. McIntosh) et du spécimen 4 seront déposés à l’herbier UBC.

  1. Entosthodon rubiginosus (Williams) Grout
    Numéro de dépôt : B89097
    Localité : Près du lac White, à l’ouest des chutes Okanagan
    Habitat : Croûte de sol argileux, près du lac
    Récolté par : T.T. McIntosh avec A. Kruckeberg
    Numéro de récolte : 4131
    Date de récolte : 7 juin 1980
    Identifié par : T.T. McIntosh (1982)
    Identification confirmée par :   A. Fife
    Note : A. Fife : « Le matériel est peu abondant mais  ressemble très étroitement au type de Williams, conservé au Field Museum. »

  2. Entosthodon rubiginosus (Williams) Grout
    Numéro de dépôt :
    Localité : Près de Princeton
    Habitat : Sur le sol, près d’un étang alcalin
    Récolté par : T.T. McIntosh et A. Kruckeberg
    Numéro de récolte : 4482
    Date de récolte : 25 juillet 1980
    Identifié par : T.T. McIntosh

  3. Entosthodon rubiginosus (Williams) Grout
    Numéro de dépôt :
    Localité : Au nord de Tranquille, au nord-ouest de Kamloops
    Habitat : Sur sol humide, près de la voie ferrée, dans une prairie
    Récolté par :  T.T. McIntosh
    Numéro de récolte : 7015
    Date de récolte :  9 juillet 1981
    Identifié par : T.T. McIntosh

  4. Entosthodon rubiginosus (Williams) Grout
    Numéro de dépôt :
    Localité : Région forestière de Cariboo, au sud de Riske Creek
    Habitat : Sur un soil parmi les mousses et la litière dans une vaste zone alcaline qui reste mouillée pendant une partie de l’année sur une pente légère orientée vers l’est; dans une prairie de Distichlis stricta et de Carex praegracilis; mousses associées : Pottia heimii, Drepanocladus sp., Funaria sp. et Conardia compacta.
    Récolté par : T.T. McIntosh avec F. Knezevich
    Numéro de récolte : 8078
    Date de récolte :  17 octobre 2002
    Identifié par : T.T. McIntosh

Travaux de terrain

Les travaux de terrain reliés au présent rapport ont été réalisés en 2002, aux dates suivantes dans les diverses localités indiquées entre parenthèses : du 15 au 18 mai (sud de la vallée de l’Okanagan, y compris le lac White), du 29 au 31 juillet (secteur de l’Okanagan), du 7 au 9 octobre (secteur de l’Okanagan), le 14 octobre (environs d’Ashcroft), du 16 au 20 octobre (région forestière de Cariboo et environs de Kamloops), les 9 et 10 novembre (environs de Cranbrook) et du 22 au 24 décembre (sud du secteur de l’Okanagan).

À chacun des endroits, le contractuel a consacré les temps suivants à rechercher la plante : Riske Creek, 3 heures; Princeton, 4 heures; lac White, 5 heures. Il s’agit d’un temps de recherche minimum dans le cas du lac White, où plus de 24 heures avaient été consacrées à rechercher l’espèce au cours d’années antérieures.

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