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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur les épinoches du lac Misty (épinoche lentique du lac Misty et épinoche lotique du lac Misty) au Canada

Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Aucun inventaire systématique visant à déterminer la répartition de l’épinoche n’a été effectué dans le réseau tributaire. L’épinoche est susceptible d’être trouvée dans des zones situées en amont des limites connues apparaissant à la figure 6, mais selon Hendry (comm. pers., 2005 et 2006) et Moore (comm. pers., 2005 et 2006), elle n’occupe pas les cours d’eau les plus en amont du réseau.

Abondance

Chez les paires d’épinoches parapatriques lentiques-lotiques, les individus lentiques sont beaucoup plus abondants que les individus lotiques (Hendry et Taylor, 2004). À ce jour, aucune estimation de la population n’a été effectuée pour les épinoches lentiques et lotiques du réseau du lac Misty.

En se fondant sur des méthodes de marquage et de recapture, Reimchen (1990) a estimé que l’effectif moyen de la population du lac Drizzle (îles de la Reine-Charlotte, Colombie-Britannique) était de 75 000 épinoches adultes. Le lac Drizzle est d’une superficie de 112 ha tandis que le lac Misty est d’une superficie de 35,6 ha. Moore (comm. pers., 2005 et 2006) croit que la population adulte présente dans le tributaire du lac Misty pourrait être composée de moins de 2 500 individus et que celle présente dans l’effluent est possiblement composée de plus de 4 000 individus; ces valeurs sont toutefois des estimations préliminaires fondées sur des données de collectes et elles pourraient sous-évaluer la taille des populations.

Fluctuations et tendances

Au cours des cycles de sécheresse, il est possible que des déclins de populations surviennent – en particulier pour la forme lotique – en raison d’une perte d’habitat provoquée par l’abaissement de la nappe phréatique. Il est également possible que des déclins temporaires surviennent en raison d’une augmentation du développement des algues dans les ruisseaux à la suite de l’enlèvement du couvert forestier, lequel est dû à l’exploitation forestière dans la zone riveraine (Moore, comm. pers.). Cependant, sur une plus longue période, l’habitat semble être demeuré relativement stable et l’abondance de la population a vraisemblablement suivi une tendance générale similaire. On ne dispose d’aucune autre information pour déterminer des tendances ou pour déterminer si des fluctuations dans l’abondance sont survenues à l’échelle du réseau.

Effet d’une immigration de source externe

Plusieurs centaines de lacs du long de la côte de la Colombie-Britannique ont été échantillonnés en vue d’y trouver des épinoches. Bien que des paires de populations y aient été découvertes (Hendry et Taylor, 2004), seulement trois lacs sont connus à l’heure actuelle pour contenir des paires d’épinoches de formes lentique et lotique très différentes. Jusqu’à maintenant, il semble que la divergence extrême des paires lentiques-lotiques contiguës soit une caractéristique rencontrée uniquement dans la zone septentrionale de l’île de Vancouver et à l’île Graham (Îles de la Reine-Charlotte) (Moodie, 1972; Reimchen et al., 1985; Lavin et McPhail, 1993; McPhail, 1994; Taylor, comm. pers., 2005). Il est probable que la divergence adaptative de ces paires dépende d’un ensemble peu commun de conditions et d’événements (Taylor, comm. pers., 2005). Si l’une ou l’autre des formes présentes dans lac Misty venait à disparaître, aucune immigration de source externe ne serait possible, à l’exception peut-être d’échanges entre le lac et son effluent, où le flux génétique est apparent. Bien que les poissons du ruisseau effluent soient génétiquement similaires aux poissons présents dans le lac Misty, ils ne représentent pas le même écotype. Par ailleurs, la forme du tributaire est génétiquement distincte des populations présentes dans le lac et dans l’effluent (Thompson et al., 1997; Hendry et al., 2002). S’il est possible pour la forme lentique et pour la forme lotique de se réétablir au fil du temps, il semble peu probable que l’une et l’autre des nouvelles formes produites par ce réétablissement se caractérisent par une prépondérance d’un ou des deux clades ancestraux divergents comme elles le sont aujourd’hui.