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Scoulérie à feuilles marginées (Scouleria marginata)

Évaluation et Rapport
de situation du COSEPAC

sur la 

scoulérie à feuilles marginées

Scouleria marginata

au Canada

 

scoulérie à feuilles marginées

texte:ESPÈCE EN VOIE DE DISPARITION 2002

 
COSEPAC logo

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2002. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la scoulérie à feuilles marginées (Scouleria marginata) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Ottawa. vi + 15 p.

Note de production :

Le COSEPAC aimerait se montrer reconnaissant envers Terry T. McIntosh pour avoir rédigé le rapport de situation sur la scoulérie à feuilles marginées (Scouleria marginata) aux termes d’un contrat avec Environnement Canada.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC

a/s Service canadien de la faune

Environnement Canada

Ottawa (Ontario)

K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215

Téléc. : (819) 994-3684

Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca

http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Margined Streamside Moss Scouleria marginata in Canada.

Illustration de la couverture :

Scoulérie à feuilles marginées – redessiné d’après Lawton, 1971.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2003

No de catalogue  CW69-14/306-2003F-IN

ISBN 0-662-89062-0

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

 

Sommaire de l’évaluation – Novembre 2002

Nom commun : Scoulérie à feuilles marginées

Nom scientifique : Scouleria marginata

Statut : Espèce en voie de disparition

Justification de la désignation : Cette mousse est une espèce grande et voyante qui se trouve juste au-dessus de la ligne des eaux, le long des petits ruisseaux de montagne. Il s’agit d’une espèce rare, endémique de l’Amérique du Nord, dont l’occurrence la plus au nord et unique au Canada a été observée dans le Sud de la Colombie-Britannique. Même si cette espèce n’a pas été revue dans ce site lors de récents relevés, il se peut qu’elle soit présente dans les systèmes hydrographiques avoisinants.

Répartition : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en novembre 2002. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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COSEPAC Résumé

Scoulérie marginée

Scouleria marginata

Information sur l’espèce 

Le Scouleria marginata est une mousse acrocarpe relativement grande, de la famille des Scoulériacées. Une seule autre espèce de Scouleria se rencontre en Amérique du Nord, le S. aquatica, dont la répartition est plus vaste que celle du Smarginata. Les deux espèces sont très semblables et peut-être impossibles à distinguer sur le terrain sans l’aide d’un microscope. Cependant, elles peuvent être distinguées au moyen de caractères microscopiques de la feuille et du sporophyte.

Répartition

Le Scouleria marginata est endémique de l’Ouest de l’Amérique du Nord et a été trouvé au Canada dans une seule localité, dans le Sud-Est de la Colombie-Britannique, près du lac Boundary, à proximité de la frontière des États-Unis.

Habitat

L’espèce pousse sur les roches mouillées et souvent immergées bordant les cours d’eau, à une altitude basse à élevée. Le milieu où poussait la seule population canadienne connue s’est considérablement détérioré depuis le moment de la récolte, en raison de son utilisation par les bovins et des crues répétées.

Biologie

Le Scouleria marginata est une mousse acrocarpe vivace qui forme des touffes sur les roches et affleurements mouillés et exposés, le long des cours d’eau. Il produit des sporophytes et des spores occasionnellement ou rarement.

Taille et tendances des populations

On ne dispose d’aucune information détaillée sur la seule population canadienne du S. marginata. Elle n’a pas été retrouvée dans le cadre d’un relevé récent.

Facteurs limitatifs et menaces

L’envasement, les crues et l’utilisation du milieu par les bovins le long du lac Boundary et du ruisseau Boundary semblent constituer à la fois des facteurs limitatifs et des menaces.

Importance de l’espèce

Le Scouleria marginata est endémique de l’Ouest de l’Amérique du Nord, et son seul site canadien constitue la limite nord de sa répartition.

Protection actuelle et autres désignations

Aucune loi, réglementation, règle coutumière ou circonstance particulière ne protège actuellement le Scouleriamarginata. L’espèce est fréquente à commune à l’échelle mondiale, mais elle figure sur la Liste rouge en Colombie-Britannique.


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 MANDAT DU COSEPAC 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.


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Information sur l’espèce

Nom et classification

Le Scouleria marginata Britt. est une mousse de la famille des Scoulériacées (Anderson et al., 1990; Buck et Goffinet, 2000).

Une autre espèce de Scouleria, le S.aquatica Hook., est présente en Amérique du Nord et notamment dans l’Ouest du Canada (Ireland et al., 1987; Anderson et al., 1990). Sa répartition est plus vaste que celle du S. marginata, et elle est présente dans l’Est de l’Asie, en Alaska (y compris aux Aléoutiennes), dans les Territoires du Nord-Ouest et vers le sud jusqu’en Californie (Churchill, 1985). Là où les aires des deux espèces se chevauchent, le S. aquatica est généralement beaucoup plus commun que le S. marginata. Le nom anglais que nous avons choisi pour le S.marginata, « margined streamside moss », est une modification de celui utilisé par MacKinnon et al. (1992) pour le S. aquatica (« streamside moss »).

Description

Le Scouleria marginataest une mousse acrocarpe relativement grande, formant des touffes vert foncé ou brun jaunâtre à noirâtres. La plante pousse au bord des ruisseaux et des rivières, sur des roches mouillées et souvent immergées.

Les tiges sont longues de 6 à 10 cm et souvent ramifiées. La plupart des feuilles inférieures et des tiges ont une coloration foncée brunâtre ou noirâtre, tandis que les feuilles supérieures peuvent être brun doré ou brun jaune à vert foncé. Les feuilles apicales sont souvent d’une couleur contrastante, doré clair à vert franc, et mesurent de 2,5 à 4,0 mm de longueur et de 0,8 à 1,2 mm de largeur; leur face inférieure porte généralement des rhizoïdes en abondance. Ces feuilles sont lancéolées à ligulées, atténuées vers le sommet, qui est arrondi-obtus à légèrement pointu. Elles sont légèrement contorsionnées à l’état sec et étalées à l’état humide.

Les marges de la feuille sont entières à faiblement dentées, multistratifiées. C’est ce dernier caractère qui permet le mieux de distinguer l’espèce du Scouleriaaquatica, dont les marges sont unistratifiées ou parfois bistratifiées par endroits. Lawton (1971) fait remarquer que de nombreux spécimens à marges partiellement bistratifiées ont été assignés à tort à l’espèce S.marginata. Il se peut que ces erreurs soient attribuables à l’utilisation des clés anciennes de Grout (1933), qui distinguait les espèces selon le caractère unistratifié ou bistratifié des marges foliaires. À l’état sec, les feuilles du Saquatica peuvent être plus contorsionnées que celles du S. marginata, peut-être à cause de l’épaisseur différente de leurs marges (Tan, 1980). On observe également des marges multistratifiées chez le S.patagonica (Mitt.) Jaeg., espèce d’Amérique du Sud (Churchill, 1985).


Chez le S. marginata, la nervure de la feuille peut atteindre 140 µm de largeur et se termine près du sommet. Les cellules médianes et supérieures ont les parois épaisses, sont à peu près isodiamétriques et mesurent de 9 à 15 µm. Les cellules basales voisines de la nervure sont en général courtement rectangulaires à rectangulaires, mesurent de 12 à 17,5 µm de longueur et de 7 à 10 µm de largeur et ont des parois plus minces que les cellules supérieures. La région alaire comporte un petit groupe de cellules différenciées, de carrées à courtement rectangulaires, à parois épaisses. Au-dessus de la région alaire, il y a une bande distincte de cellules sous-marginales allongées à parois très épaisses.

Le Scouleria marginataest dioïque, et les individus mâles et femelles sont d’aspect similaire. Les bractées périgoniales et périchétiales sont semblables aux feuilles ordinaires, sauf que les bractées périgoniales sont un peu plus courtes, ne dépassant pas 2 mm. La soie est dressée et courte (jusqu’à 2 mm). La capsule mesure de 2 mm à 2,5 mm environ de diamètre; elle est plus ou moins sphérique à l’état humide et s’aplatit légèrement à l’état sec. L’opercule est courtement conique. Chez la capsule mûre, la columelle est épaisse, dépasse de l’orifice et reste fixée à l’opercule. Une mince membrane reste souvent attachée à la capsule, reliant celle-ci à la partie supérieure de la columelle. La capsule duS. marginata est dépourvue de dents péristomiales, contrairement à celles du S. aquatica et duS. patagonica. Les spores mesurent en moyenne environ 40 µm et sont légèrement rugueuses.

Les caractères clés du S. marginata sont illustrés à la figure 1.

Illustrations du Scouleria marginata(redessinées d’après Lawton, 1971) : 1. capsule, feuilles et bractées (X ~16); 2. feuille typique (X ~20); 3. contour de la coupe transversale d’une feuille (X ~120); 4. cellules marginales d’une feuille, en coupe (X ~300)

Figure 1. Illustrations du Scouleria marginata(redessinées d’après Lawton, 1971) : 1. capsule, feuilles et bractées (X ~16); 2. feuille typique (X ~20); 3. contour de la coupe transversale d’une feuille (X ~120); 4. cellules marginales d’une feuille, en coupe (X ~300).

On trouvera d’autres illustrations du S.marginata dans Grout (1933), Lawton (1971) et Churchill (1985). Les clés de Lawton (1971), Tan (1980) et Churchill (1985) sont utiles. Dans sa révision récente du genre, Churchill (1985) décrit en détail la répartition des deux espèces nord-américaines ainsi que les caractères permettant de les distinguer.

W.B. Schofield (comm. pers., 2002) estime que le S.marginata ne peut pas être distingué du S.aquatica sur le terrain. Par conséquent, selon cet auteur, il faudrait examiner les spécimens sur le terrain avec un microscope portable, ou récolter des spécimens de tous lesScouleria observés, en vue d’un examen ultérieur au microscope. R.R. Ireland (comm. pers., 2002) estime par contre que les marges foliaires nettement épaissies et arrondies duS. marginata sont faciles à reconnaître avec une loupe 20X, du moins sur les feuilles jeunes et non érodées. Il estime également que les feuilles du S. marginata sont plus noires et plus étroites que celles du S.aquatica, du moins dans la plupart des cas. LeScouleria marginata a également tendance à avoir des tons jaunâtres ou dorés, qui ne s’observent pas chez leS. aquatica.

Populations importantes à l’échelle canadienne

En ce moment, la seule population canadienne connue duS. marginata se trouve au ruisseau Boundary, dans la région des Kootenays, près de la frontière des États‑Unis (Tan, 1980). La mousse n’y a pas été retrouvée lors d’un relevé récent (2001).

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Répartition

Répartition mondiale

Le Scouleria marginata est endémique de l’Amérique du Nord, où il est présent depuis l’Extrême-Sud de la Colombie-Britannique jusqu’à la Californie et, vers l’est, jusqu’à l’Idaho (Sud-Est de la Colombie-Britannique, Idaho, Washington, Oregon et Californie). En Californie, l’espèce est assez commune le long de tous les principaux bassins versants de la Sierra Nevada (J. Shevock, comm. pers.). La répartition nord-américaine de l’espèce est illustrée à la figure 2.

Répartition du Scouleria marginata en Amérique du Nord (d’après Churchill, 1985)

Figure 2. Répartition du Scouleria marginata en Amérique du Nord (d’après Churchill, 1985).

 

Répartition canadienne

Au Canada, le Scouleria marginata semble n’être présent que dans le Sud-Est de la Colombie-Britannique, où il a été observé dans une seule localité, près du lac Boundary et du ruisseau Boundary, dans la région des Kootenays, près de la frontière des États-Unis (Tan, 1980). L’espèce a été observée et récoltée dans cette localité en août 1977. Le lieu exact de la récolte, avec coordonnées UTM, n’a pas été précisé.

Il se peut que la zone d’occurrence totale soit inférieure à 0,1 km2, selon le relevé que nous avons effectué dans le secteur en 2001.

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Habitat

Besoins de l’espèce

En Colombie-Britannique, le Scouleriamarginata a été trouvé au bord d’un cours d’eau, sur des roches mouillées, à environ 4 300 pieds (1 300 m) d’altitude (Tan, 1980). Aux États-Unis, l’espèce a été observée sur des roches et des affleurements rocheux, particulièrement de nature granitique. L’espèce peut pousser hors de l’eau ou dans l’eau, le long de cours d’eau, à une altitude basse à élevée (Churchill, 1985).

Tendances

Plusieurs événements survenus aux environs du lac Boundary semblent avoir eu un impact marqué sur l’habitat duScouleria marginata depuis la récolte faite par Tan en 1977. Vers la fin des années 1980 ou le début des années 1990, un incendie de forêt a ravagé la localité. Quelque temps après, le lac et le ruisseau Boundary, qui coule vers l’est à partir du lac, ont connu des crues importantes, et une couche épaisse de sédiments relativement récents s’est accumulée au bord du lac et le long du ruisseau sur au moins un kilomètre. De plus, un certain nombre d’arbres tombés assez récemment sont présents dans le ruisseau, et on a permis à des bovins de paître dans les environs, y compris au bord du lac et du ruisseau. Ces facteurs semblent avoir considérablement modifié la nature du terrain ainsi que la qualité des habitats potentiels duS. marginata.

Aucune zone rocheuse ou bloc rocheux n’ont été trouvés autour du lac. Très peu de roches émergées sont aujourd’hui présentes au bord du ruisseau Boundary, et ces roches portent très peu de mousses (figure 3). Or la roche constitue le micro-habitat obligatoire du Scouleria marginata. B.C. Tan (comm. pers., 2001) ne pouvait se rappeler la nature exacte de l’habitat, mais il se souvenait clairement qu’il y avait en 1977 beaucoup de roches du moins le long du ruisseau Boundary et dans le lac, près de l’endroit où il se déverse dans le ruisseau. Par conséquent, comme le milieu continue d’être utilisé par les bovins et risque encore de subir des crues répétées, il est peu probable que le milieu redevienne propice au S. marginata.

 

Rocher situé près de l’origine du ruisseau Boundary, avec couverture limitée de Scouleria aquatica, espèce étroitement apparentée au S. marginata

Figure 3.  Rocher situé près de l’origine du ruisseau Boundary, avec couverture limitée de Scouleria aquatica,espèce étroitement apparentée au S. marginata.

 

Protection et propriété

Le seul site canadien de l’espèce se trouve sur des terres domaniales relevant du Ministry of Forests de la Colombie-Britannique (Boundary Lake Recreation Site).

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Biologie

Généralités

Le Scouleria marginata est une mousse acrocarpe vivace qui pousse le long des cours d’eau sur les roches et affleurements mouillés.

Reproduction et dispersion

Dans toute son aire de répartition, l’espèce produit des sporophytes et des spores occasionnellement ou rarement, sans doute à cause de la nature dioïque de l’espèce (organes mâles et femelles situés sur des individus différents). En effet, la dioécie semble limiter la production de sporophytes chez de nombreuses espèces de mousses. Le seul spécimen provenant de Colombie-Britannique renferme des sporophytes. Les spores sont probablement dispersées par l’eau, ou peut-être par le vent. On ne sait rien sur la distance de dispersion, la viabilité et le taux de germination des spores chez cette espèce. Par ailleurs, on n’a observé aucune production de propagules ou fragmentation pouvant servir expressément à la reproduction asexuée, mais il arrive souvent que les feuilles inférieures soient arrachées ou très érodées, et les fragments ainsi détachés pourraient permettre la multiplication végétative.

L’espèce étroitement apparentée Scouleriaaquatica produit également des sporophytes de façon occasionnelle et ne produit aucune propagule asexuée évidente. Il semble également que le S. aquatica privilégie les mêmes milieux que le S. marginata et pourrait l’éliminer par compétition pour l’espace, ce qui expliquerait en partie la répartition restreinte du S. marginata.

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Taille et tendances des populations

On ne dispose d’aucun renseignement précis sur la taille et les tendances de la seule population canadienne du Scouleria marginata. Tan (1980) n’a recueilli aucune donnée sur la population lorsqu’il se trouvait sur le terrain. En fait, Tan croyait récolter un spécimen du S. aquatica, et il ne s’est aperçu de son erreur qu’une fois de retour à la University of British Columbia, au moment d’identifier ses récoltes. L’espèce n’a plus été retrouvée, et, comme le secteur a été fortement perturbé, il est possible que le site soit aujourd’hui disparu.

On ne dispose d’aucune information détaillée sur les populations connues les plus rapprochées, situées en Idaho et dans l’État de Washington.

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Facteurs limitatifs et menaces

L’envasement, les crues et l’utilisation du milieu par les bovins le long du lac Boundary et du ruisseau Boundary semblent constituer à la fois des facteurs limitatifs et des menaces. L’accumulation de limon sur les roches limite particulièrement l’établissement de l’espèce.

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Importance de l'espèce

Le Scouleria marginata est endémique de l’Ouest de l’Amérique du Nord. Son aire de répartition est plutôt discontinue et s’étend depuis la Californie, où l’espèce est le plus commune, jusqu’à l’extrême-sud de la Colombie-Britannique (Churchill, 1985). Le seul site canadien, s’il existe toujours, constitue la limite nord de la répartition de l’espèce.

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Protection actuelle ou autres désignations

Aucune loi, réglementation, règle coutumière ou circonstance particulière ne protègent le Smarginata. À l’échelle mondiale, l’espèce est provisoirement considérée comme fréquente à commune (G4, mais G3 serait sans doute ici une cote plus appropriée). En Colombie-Britannique, l’espèce est cotée S1 et figure dans la Liste rouge (Conservation Data Center, 2001; Ryan, 1996). En Oregon, J. Christy lui a attribué la cote S1, qui signifie qu’elle est gravement menacée à l’échelle de cet État.

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Sommaire du rapport de situation

Il semble que le Scouleria marginata soit disparu de la seule localité canadienne où il a déjà été récolté. Nous avons prospecté les environs du lac Boundary et de l’extrémité amont du ruisseau Boundary, selon les indications apparaissant dans la thèse de Tan (1980) et celles fournies par ce même botaniste, auteur de la récolte, en 2001 (B.C. Tan, comm. pers.). Nous avons aussi prélevé des spécimens dans des milieux semblables accessibles dans un rayon d’environ
20 km, qui constituaient des habitats potentiels. Nous avons notamment examiné certains des petits ruisseaux se jetant dans le lac Boundary. Dans la plupart des cas, ces milieux renfermaient une abondance de roches couvertes de mousses, dans l’eau et au bord de l’eau, où des touffes de Scouleria étaient présentes. Nous avons prélevé des échantillons de ces touffes, et il s’agissait dans tous les cas du S. aquatica. Nous avons également examiné les ruisseaux Monk, Buckworth, Maryland, Summit et Blazed, le long de la route 3, au nord du lac Boundary. Dans tous les cas, nous n’avons trouvé sur les roches mouillées que le S. aquatica, qui était occasionnel et n’était jamais abondant.

Il est possible que la répartition canadienne de l’espèce soit méconnue, étant donné sa ressemblance avec le Scouleria aquatica, plus commun, et parce que l’identification doit idéalement être fondée sur des caractères microscopiques. Cependant, Churchill (1985), dans le cadre de sa révision nord-américaine du genre, a examiné plusieurs centaines de spécimens de Scouleria, y compris tous ceux de l’herbier cryptogamique de la University of British Columbia (où sont déposés le plus grand nombre de spécimens canadiens de Scouleria), et il n’a trouvé aucun autre spécimen canadien de S. marginata, qui aurait pu avoir été identifié à tort comme étant le S. aquatica. Si le S. marginata avait été commun au Canada, Churchill l’aurait rencontré plus fréquemment parmi les spécimens qu’il a étudiés.

Les relevés effectués dans plusieurs des petits ruisseaux situés à proximité du lac n’ont permis de découvrir aucune autre population. Cependant, comme il existe plusieurs douzaines de cours d’eau dans le secteur, dont un grand nombre sont peu accessibles, il est possible que l’espèce soit toujours présente dans la région.


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Résumé technique

Scouleria aquatica

Nom français : scoulérie à feuilles marginées

Nom anglais : margined streamside moss

Répartition canadienne : Colombie-Britannique

 

Information sur la répartition

·       Zone d’occurrence (km²) : 0,1 km2

·       Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue). Inconnue

·       Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)? On ne sait pas.

·       Zone d’occupation (km²) < 0,1 km2

·       Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue). Inconnue

·       Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)? On ne sait pas.

·       Nombre d’emplacements existants ?1

·       Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue). Inconnue

·       Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)? On ne sait pas.

·       Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue). Inconnue, mais la qualité de l’habitat du site peut-être encore existant s’est beaucoup détériorée
au cours des 20 dernières années.

 

Information sur la population

·       Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.). Inconnue

·       Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles). Inconnu

·       Tendance de la population quant au nombre d’individus matures (en déclin, stable, en croissance ou inconnue). Inconnue

·       S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte). Inconnu

·       Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)? On ne sait pas.

·       La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)? On ne sait pas.

·       Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune. Effectif inconnu.

·       Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue). En déclin.

·       Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)? On ne sait pas.

 

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

- Utilisation du milieu par les bovins, envasement et crues.

 

Effet d’une immigration de source externe

·       L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)? Oui

·       Statut ou situation des populations de l’extérieur? Non en péril

·       Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? Elle est possible.

·       Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre à l’endroit en question? Oui.

·       Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants à l’endroit en question? Oui.

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Remerciements

Nous tenons à remercier Larry Hope, de la Première Nation Yale, pour son excellente assistance sur le terrain. Nous remercions également W.B. Schofield et John Christy, qui ont fait des observations utiles sur le manuscrit. Le rapport a été financé par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

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Ouvrages cités

Anderson, L.E., H.A. Crum et W.R. Buck. 1990. The mosses of North America north of Mexico. The Bryologist 93(4): 448-499.

Buck, W.R., et B. Goffinet. 2000. Morphology and classification of mosses. Pages 71-123 dans A.J. Shaw et B. Goffinet (éd.), Bryophyte Biology. Cambridge University Press.

Conservation Data Center. 2001. BC Red List 2001: Moss. Resources Inventory Branch, Ministry of Environment, Lands and Parks de la Colombie-Britannique. Victoria (Colombie-Britannique).

Churchill, S.P. 1985. The systematics and biogeography of Scouleria. Lindbergia 11: 59-71.

Grout, A.J. 1933. Moss Flora of North America, North of Mexico. Vol. II, p. 42-43. Newfane (Vermont).

Ireland, R.R., G.R. Brassard, W.B. Schofield et D.H. Vitt. 1987. Checklist of mosses of Canada II.Lindbergia 13: 1-62.

Lawton, E. 1971. Moss Flora of the Pacific Northwest. The Hattori Botanical Laboratory, Nichinan (Japon). 362 p. + 195 planches.

MacKinnon, A., J. Pojar et R. Coupe. 1992. Plants of Northern British Columbia.Ministry of Forests de la Colombie-Britannique et Lone Pine Press.

Ryan, M.W. 1996. Bryophytes of British Columbia: rare species and priorities for inventory. Res. Br., Ministry of Forests and Wildlife Branch, Ministry of Environment, Lands, and Parks de la Colombie-Britannique. Victoria. Work. Pap. 12. 100 p.

Tan, B.C. 1980. A moss flora of the Selkirk and Purcell Mountain Ranges, southeastern British Columbia. Thèse de doctorat, University of Bristish Columbia, Vancouver.

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Sommaire biographique du contractuel

Terry McIntosh a obtenu un doctorat en 1985 pour une étude des bryophytes des steppes et des prairies sèches de l’intérieur de la Colombie-Britannique. Depuis, il récolte activement les bryophytes dans de nombreuses régions de la province. Il est un des principaux botanistes chargés de l’identification des bryophytes récoltées dans le cadre des relevés gouvernementaux et privés effectués dans la province. Il a récemment rédigé des rapports sur 16 espèces rares de bryophytes pour le Ministry of Environment, Lands, and Parks de la Colombie-Britannique.

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Experts consultés

John A. Christy

Écologiste des terres humides, Oregon Natural Heritage Program

Herbarium Research Associate, Oregon State University

Téléphone : (503) 731-3070 poste 342. Télec : (503) 230-9639

jchristy@tnc.com

 

W. B. Schofield

Professeur émérite, Département de la botanique

University of British Columbia, Vancouver

Téléphone : (604) 822-3344, (604) 822-5006

wilfs@interchange.ubc.ca

 

James R. Shevock

Directeur régional associé, Resources, Partnerships and Science

National Park Service, Pacific West

1111 Jackson St., Suite 700, Oakland, CA 94607-4807

Téléphone : (510) 817-1321

jim_shevock@nps.gov

 

Benito C. Tan

Professeur de biologie, University of Singapore

Bryologue professionnel

dbsbct@nus.edu.sg

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Collections examinées

Nous avons examiné un spécimen de Scouleriamarginata provenant de la Colombie-Britannique ainsi que d’autres spécimens représentatifs de cette espèce provenant de l’Ouest des États-Unis à l’herbier de la University of British Columbia (UBC). L’étiquette du spécimen canadien comporte les indications suivantes (ici traduites de l’anglais) :

1.

Scouleria marginata Britt.

sur roche, au bord d’un ruisseau

Lac Boundary, secteur de l’origine du ruisseau Boundary

Près de la frontière internationale Canada – États-Unis
4300 pi, environ 49oN 116o 56’O

Herborisateurs : B.C. Tan & J. Ensing, 8 août 1977

Identification : B.C. Tan

Numéro de récolte : 77-2041

Numéro de spécimen de l’herbier UBC : B14753

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Annexe 1. Travaux sur le terrain

J’ai visité la localité avec mon assistant les 28 et 29 octobre 2001. Nous avons parcouru à pied les berges du lac Boundary ainsi que celles du ruisseau Boundary sur environ 1 km. Nous avons également examiné sept ruisselets et ruisseaux se jetant dans le lac. Nous avons trouvé de nombreuses petites colonies de Scouleria aquatica, mais n’avons trouvé aucune population de S. marginata. À cause de l’état des chemins, il nous a été impossible d’explorer le ruisseau Boundary plus loin vers la frontière des États-Unis.

Nous avons également prélevé des échantillons dans des milieux similaires pouvant convenir à l’espèce, accessibles dans un rayon d’environ 20 km. Nous avons aussi prélevé des échantillons au bord des ruisseaux Monk, Buckworth, Maryland, Summit et Blazed, le long de la route 3, au nord du lac Boundary. Dans tous les cas, nous n’avons trouvé sur les roches mouillées que le S. aquatica; cette espèce y était occasionnelle et n’était jamais abondante.

 

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