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Programme de rétablissement de la physe d'eau chaude (version finale)


1 Contexte

La physe d'eau chaude, Physella wrighti, est un gastéropode d'eau douce endémique des sources thermales de la rivière Liard, dans le Parc provincial Liard River Hot Springs, en C.-B.(figure 1). Un spécimen de ce gastéropode a été recueilli pour la première fois en 1973, et la taxonomie de l'espèce a été établie en 1985 (Te et Clarke, 1985). Plus de 80 sources thermales ont été recensées en C.-B., et l'on dispose de quelques relevés récents sur la faune invertébrée vivant dans ces milieux particuliers (p. ex., Lee et Ackerman, 1998; Salter 2001 et 2003; Remigio et al., 2001; Wethington et Guralnick, 2004).

Figure 1. Localisation mondiale de la physe d'eau chaude (Salter, 2003)
Figure 1. Carte géographique de la Colombie-Britannique démontrant la localisation de la physe d'eau douce dans la Laird River Hotsprings

1.1 Information sur l'évaluation de l'espèce

Le rapport de situation et le résumé de l'évaluation concernant la physe d'eau chaude sont disponibles auprès du secrétariat du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).

Nom commun : physe d'eau chaude

Nom scientifique : Physella wrighti

Statut selon le COSEPAC : en voie de disparition, avril 1998.

Statut selon la LEP :en voie de disparition, juin 2003.

Dernier examen ou dernière modification : mai 2000 (aucune modification).

Présence au Canada : Colombie-Britannique (C.-B.).

Justification de la désignation : Petite population endémique avec des exigences écologiques précises que l'on ne trouve que dans une région très limitée et menacée par l'utilisation des bassins de sources chaudes par les humains. Probabilité de disparition élevée.

Historique du statut : Dernière évaluation fondée sur un rapport de situation existant.

1.2 Description

La physe d'eau chaude, Physella wrighti (Te et Clarke, 1985) est un gastéropode d'eau douce de la famille des Physidae (généralement appelés physidés) (Pulmonata : Physidae). La physe d'eau chaude possède une très petite coquille de couleur gris-noir mesurant de 3,25 à 9,1 mm. La coquille, en forme de spirale sénestre (c.-à-d. qui s'ouvre à gauche), a une ouverture en forme d'oreille et un cal sur la lèvre externe de son rebord. Son périmètre est courbé et sa forme est étroitement allongée-ovale (figure 2) (Lee et Ackerman, 1998).

Figure 2a. Physe d'eau chaude, Physella wrighti
Illustration de Trent Hoover, utilisée avec sa permission.

Figure 2a. Illustration d'une physe d'eau chaude

 

Figures 2b et c. Physe d'eau chaude sur de la végétation émergeante.
Photos de Mike Rowe, utilisées avec sa permission.

Figure 2b. Physe d'eau chaude sur de la végétation émergeante. Photo de Mike Rowe, utilisées avec sa permission.    Figure 2c. Physe d'eau chaude sur de la végétation émergeante. Photo de Mike Rowe, utilisées avec sa permission.

À l'heure actuelle, l'American Fisheries Society considère que la physe d'eau chaude représente une espèce unique. Te et Clarke (1985) ont mené des analyses morphologiques, anatomiques, cladistiques et phénétiques pour décrire l'espèce et ont conclu que P. wrighti est sans aucun doute une espèce primitive sans lien de parenté étroit avec une quelconque autre espèce du nord-ouest de l'Amérique du Nord et qu'il est pratiquement impossible qu'il ait pu évoluer en tant qu'espèce distincte depuis la fin du pléistocène. Ils avancent que la physe d'eau chaude occuperait son emplacement actuel depuis 100 000 ans.

Une relation moléculaire taxonomique a été établie entre P. wrighti et Physella johnsoni, un gastéropode endémique des sources thermales de Banff, en Alberta. P. johnsoni est inscrit en tant qu'espèce en voie de disparition par le COSEPAC. On a examiné les liens entre P. wrighti et P. johnsoni pour déterminer les origines des deux espèces et leur interaction biotique. Les données moléculaires de Remigio et al.(2001) nous permettent de maintenir que la physe d'eau chaude est une espèce endémique, mais donnent à penser que l'espèce provient probablement d'une population qui a été isolée au moment du dernier retrait des glaciers. En outre, les deux espèces son endémiques de leurs emplacements respectifs, et P. wrighti est probablement la population ancestrale source à partir de laquelle P. johnsoni s'est développé (Remigio et al., 2001).

Plus récemment, on a utilisé des preuves moléculaires pour évaluer l'âge des espèces et les relations entre celles-ci. Or, ces analyses ont donné des résultats contradictoires. Wethington (2002) a en effet découvert des défaillances dans la méthodologie de l'étude de Remigio et al. (2001) et a conclu, à partir de données moléculaires sur des physidés d'eau chaude endémiques, que l'on n'était pas en présence d'un groupe de physidés d'eau chaude monophylétique et que le groupe de l'espèce Physa gyrina (qui est étroitement apparentée) comprendrait la physe d'eau chaude. Ce groupe peut envahir des environnements d'eau chaude ou survivre à son introduction dans de tels environnements et se doter de coquilles particulières en aussi peu que cinq générations (Wethington et Guralnick, 2004); ainsi, il ne s'agit pas d'espèces distinctes, mais plutôt de populations accoutumées. Taylor (2003) considère également que la physe d'eau chaude est de P. gyrina. Une décision faisant autorité ne sera probablement pas prise avant que l'American Fisheries Society ne mette à jour la liste des espèces de mollusques sur laquelle la physe d'eau chaude figure présentement en tant qu'espèce distincte (Turgeon et al., 1998).

Comme les physidés sont très communs en Amérique du Nord et très difficiles à identifier, il est possible que d'autres espèces puissent se trouver dans le Parc provincial Liard River Hot Springs. D'autres espèces de physes endémiques aux complexes de sources thermales de la C.-B. et de l'ouest du Canada n'ont pas encore été complètement étudiées. Un gastéropode de la famille des physidés est présent dans la source thermale de Deer River, qui se situe à quelque 50 kilomètres du Parc provincial Liard River Hot Springs. Des examens initiaux menés par des biologistes ont permis de déterminer que ce gastéropode est Physella virginia, mais on n'a pas terminé la comparaison génétique visant à déterminer sa relation avec P. wrighti.

1.3 Populations et répartition

La physe d'eau chaude a été recensée à un seul endroit dans le monde, à savoir dans le complexe de sources thermales de la rivière Liard, dans le parc provincial du même nom, en C.-B. À l'origine, on considérait que ce gastéropode provenait d'une population vivant le long d'un tronçon de 34 mètres du ruisseau Alpha, à la sortie du bassin Alpha (figure 3) (Lee et Ackerman, 1998), qui est aussi l'emplacement type de l'espèce (Te et Clarke, 1985; Lee et Ackerman, 1998).

Depuis, le gastéropode a été observé dans d'autres habitats du complexe des sources thermales, incluant les bassins Alpha et Bêta et toute la longueur du ruisseau Alpha (figure 3) (Salter, 2001, 2003). Le secteur où l'on a enregistré la plus forte concentration se situe en aval du déversoir qui retient l'eau du bassin Alpha, plus précisément dans un tronçon débutant à deux mètres du déversoir, en amont du cours d'eau, jusqu'à 34 mètres en aval (Salter, 2003). En 1997, les plus fortes concentrations de gastéropodes ont été observées à environ 20 mètres en aval du déversoir (Lee et Ackerman, 1998). Les bassins Alpha et Bêta possèdent des sources distinctes et les deux émissaires ne communiquent pas. Au cours des relevés précédents (Lee et Ackerman, 1998), on n'a pas observé de gastéropodes dans le bassin Bêta. L'expansion récente de la population dans le bassin Bêta pourrait être due au fait que l'on n'a pas vu les populations antérieures ou, encore, à une dispersion passive récente par des utilisateurs du parc ou par des animaux sauvages.

Les chercheurs pensent que la répartition de la physe d'eau chaude à l'intérieur du complexe des sources thermales de la rivière Liard varie dans l'espace et dans le temps, et que l'espèce occupe probablement d'autres zones dans le complexe des sources thermales (Salter, comm. pers.). Il est peu probable que les nouvelles observations faites dans le complexe des sources thermales de la rivière Liard concernent une autre espèce, bien qu'il y ait une faible possibilité que des spécimens de P. gyrina soient indirectement ou sans le savoir amenés dans le Parc provincial Liard River Hot Springs par des animaux sauvages ou par les humains. On ne peut distinguer P. wrighti de P. gyrina à l'œil nu. À l'heure actuelle, le seul moyen visuel de distinguer ces deux espèces est par dissection par une personne formée.

On n'a pas mesuré ou suivi la tendance qu'affiche la population de physes d'eau chaude. Certaines estimations de la population de physes d'eau chaude dans le tronçon supérieur du ruisseau Alpha ont été établies. Au 1er octobre 1997, une estimation prudente de la population dans le ruisseau Alpha faisait état de 979 à 1735 individus (Lee et Ackerman, 1998). En août 2000 et en janvier 2001, la population dans le ruisseau Alpha était estimée entre 5185 et 7000 individus (Salter, 2001, 2003). Il n'y a pas de preuve de déclin de la population (Salter, comm. pers.). Il est possible que les gastéropodes se concentrent sous l'effet d'une combinaison de la température, de facteurs abiotiques et des cycles biologiques. Comme les estimations de la population et l'aire de répartition de l'espèce ont toutes deux augmenté avec le temps, la population semble stable ou en expansion. Toutefois, il est trop tôt pour établir des estimations de la population à partir d'efforts d'échantillonnage d'un ou deux jours consentis une année et quelques années plus tard.

La répartition de la physe d'eau chaude dans le complexe des sources thermales de la rivière Liard n'a pas été étudiée à fond. Salter (2003) a observé de plus grands nombres de gastéropodes dans le périmètre plus froid du bassin Alpha, du ruisseau Alpha et du bassin Bêta. Depuis juillet 2004, on a enregistré quotidiennement la température dans les bassins Alpha et Bêta à l'aide d'enregistreurs de données (Rowe, comm. pers.). Le bassin Alpha a été créé artificiellement par l'installation d'un barrage et d'un déversoir. Le barrage refoule l'eau directement à partir de la source d'eau chaude (source) et crée un bassin d'une profondeur inférieure à 1,5 mètre dont la température varie de 40 à 44,5° C, des températures supérieures à 45° C ayant été enregistrées à la source en juillet 2004 (Rowe, comm. pers.). Un déversoir installé à environ cinq mètres après le barrage retient également les eaux d'un petit ruisseau froid, ce qui abaisse la température de l'eau dans ce bassin secondaire à 38° C (juillet 2004). Cette eau de source mélangée s'écoule au-dessus du déversoir pour former le ruisseau Alpha. Ce mélange de deux sources d'eau a affecté la répartition de la température à l'échelle des micro-habitats dans le secteur situé immédiatement en aval du déversoir, mais on ne sait pas comment cela pourrait avoir influé sur la répartition de la physe d'eau chaude.

On ne sait pas si les gastéropodes se rassemblent autour des sources uniquement en raison de la présence de nourriture ou, plus probablement, sous l'effet d'une combinaison de la température, de facteurs abiotiques et des cycles biologiques. La nature cyclique des populations de physes d'eau chaude n'est pas étudiée. Les chercheurs pensent que cette population est demeurée stable depuis qu'on l'a pour la première fois observée en 1973 (Lee, comm. pers.; Salter, comm. pers.), bien que cette hypothèse repose sur l'intuition des experts et que certaines des menaces (section 1.5) aient augmenté depuis.

Figure 3. Parc provincial Liard River Hot Springs. La figure montre les sites du complexe de sources thermales où l'on trouve des physes d'eau chaude (A, B et F) et où l'on a effectué des relevés sans trouver de gastéropodes (C et E) (Salter, 2003).

Figure 3. Parc provincial Liard River Hot Springs. La figure montre  les sites du complexe de sources thermales où l'on trouve des physes d'eau  chaude (A, B et F) et où l'on a effectué des relevés sans trouver de  gastéropodes (C et E) (Salter, 2003).

1.4 Besoins de la physe d'eau chaude

1.4.1 Besoins biologiques

Les physidés sont généralement considérés comme détritivores ou des bactérivores (Brown, 1991), et l'habitat dans lequel on trouve la physe d'eau chaude donne à penser que c'est le cas pour cette espèce. Aucune étude poussée n'a été menée particulièrement sur la physe d'eau chaude, bien que P. wrighti élevé en captivité vive et se reproduise sous un régime composé d'un mélange de levures de bière et d'aliments pour poissons (Lee et Ackerman, 1998).

Les gastéropodes du Parc provincial Liard River Hot Springs affichent leur densité la plus élevée sur Chara vulgaris. C. vulgaris (ou Chara) est une algue qui croît dans les limites peu profondes des sources thermales sur des rochers, des branches immergées, des détritus et d'autres matières immergées dans l'habitat aquatique (Salter, comm. pers.), y compris des feuilles de bouleau à papier (Betula papyrifera) en décomposition (Lee et Ackerman, 1998). Cette algue verte de la classe des charophycées (characées) et sa couche cellulaire externe sont imprégnées de carbonate de calcium (Scagel et al., 1965) qui donne à la plante une texture très crispée. Chara croît en flottant près de la surface et forme des mattes denses reliées à divers intervalles le long des berges. Lorsque l'eau des sources (riche en calcium) se refroidit, le calcium précipite à la surface de Chara, ce qui entraîne une calcification importante de la plante, particulièrement lorsqu'elle flotte le long des berges des cours d'eau. La calcification de ces plantes et d'autres surfaces finit par former un tuf, une « roche » friable et poreuse. Les gastéropodes ne se nourrissent probablement pas directement sur l'un de ces substrats, mais broutent le biotecton, la matière organique qui incruste les substrats immergés.

On ne dispose pas d'information concernant la reproduction de la physe d'eau chaude. De façon générale, les animaux de la famille des physidés forment une nouvelle génération chaque année, de sorte qu'un gastéropode vit probablement environ un an. Ces gastéropodes sont ovipares et hermaphrodites et se reproduisent une seule fois. Les jeunes hivernent, deviennent des adultes, pondent des œufs au printemps puis meurent. Toutefois, ces observations proviennent de zones tempérées, et il est probable que les physidés vivant dans une eau constamment chaude pondent des œufs de façon continue jusqu'à la sénescence. On n'a observé la reproduction de P. wrighti que chez des spécimens captifs. Dans un aquarium chauffé contenant de l'eau d'une source thermale, P. wrighti a produit des masses d'œufs gélatineuses en forme de croissant contenant de 6 à 18 œufs au-dessus de la surface de l'eau à une température d'environ 25° C, et l'éclosion a été observée neuf jours plus tard (Lee et Ackerman, 1998).

Les physidés sont des gastéropodes pulmonés qui possèdent une cavité pulmonaire richement vascularisée dans leur manteau pour extraire l'oxygène de l'air ou de l'eau. Certains physidés respirent directement l'air et sont dans une certaine mesure amphibiens (Brown et al., 1998), tandis que d'autres remplissent leur cavité pulmonaire avec de l'eau et l'utilisent comme une branchie (Russel-Hunter, 1978). La dépendance relative de la physe d'eau chaude à l'égard de l'oxygène aérien ou dissous est inconnue, mais l'on trouve habituellement les gastéropodes sur des substrats près d'une interface air/eau (figures 2a et 2b), car ces substrats offrent des surfaces d'ancrage sûres et permettant le broutage de matières organiques et l'accès à l'interface air/eau pour l'acquisition d'oxygène.

1.4.2 Facteurs limitatifs sur le plan biologique

  1. Population petite et spatialement isolée. La physe d'eau chaude est uniquement endémique au complexe des sources thermales de la rivière Liard. Du moins tant que les incertitudes taxonomiques ne sont pas clarifiées, la physe d'eau chaude est une espèce unique, d'où l'impossibilité d'introduire des individus provenant de l'extérieur de ce complexe. Les densités de population dans les sites du complexe des sources thermales de Liard River varient, et les liens entre ces sites sont limités.
  2. Petite aire d'occurrence. Des sous-populations concentrées de gastéropodes dans le complexe des sources thermales occupent de petits secteurs sur des substrats situés sur les bords du bassin Alpha, du ruisseau Alpha et du bassin Bêta. La dispersion et l'occupation des sites sont probablement tributaires de la température et de la disponibilité du substrat à des profondeurs où ces gastéropodes pulmonés peuvent accéder à l'air et à la nourriture.
  3. Spécificité de l'habitat. La physe d'eau chaude est associée aux sources thermales, qui peuvent également être convoitées par les humains à des fins récréatives et de développement. L'espèce est confinée dans son habitat type, ce qui la rend particulièrement vulnérable aux perturbations de celui-ci. Des changements de température et de régime d'écoulement affecteront sans aucun doute sa reproduction.
  4. Concurrence interspécifique. La concurrence entre la physe d'eau chaude et les limnées et les planorbes dans d'autres parties de l'écosystème constitué par les sources thermales pourrait être un facteur limitatif. Toutefois, les habitats des physidés et des limnées sont distincts dans les zones d'eau froide et semblent ne pas se chevaucher (Salter, 2003).
  5. Quantité de nourriture et qualité de celle-ci. La présence de nourriture est vraisemblablement un facteur limitatif pour toute population. Des effets directs et indirects sur les sources de nourriture pourraient être des facteurs limitatifs pour la physe d'eau chaude, notamment des changements à la végétation riveraine et aux habitats adjacents aux berges des cours d'eau.

1.4.3 Besoins en habitat

Les besoins particuliers en habitat de la physe d'eau chaude et le rapport de dépendance qu'entretient ce gastéropode avec son habitat de source thermale n'ont pas été étudiés. Toutefois, on peut tirer des conclusions à partir des connaissances sur les physidés en général et des observations de la physe d'eau chaude sur place. Le maintien de la qualité des habitats riverains et de l'intérieur du cours d'eau est sans aucun doute d'une importance capitale pour la survie de cette espèce.

Habitat aquatique

Les facteurs de l'habitat aquatique qui, de l'avis des scientifiques, affectent les besoins en habitat de la physe d'eau chaude sont énumérés ci-après.

  1. Température de l'eau. L'eau chauffée géothermiquement émerge du bassin Alpha à environ 38° C tout au long de l'année. L'eau se refroidit naturellement à mesure qu'elle s'éloigne du point d'émergence et est encore refroidie par le mélange intentionnel des eaux du bassin. La température de l'eau influe donc sur nombre d'aspects du cycle biologique de la physe d'eau chaude.
  2. Débit de l'eau. Sur le site où l'on observe la plus forte concentration de physes d'eau chaude, à savoir le ruisseau Alpha, l'eau passe par dessus le déversoir à un débit de 80 à 81 litres par seconde (moyenne annuelle) (Peepre, 1990). Même si les observations initiales de confinement de la physe d'eau chaude au ruisseau Alpha peuvent être corrélées à des besoins en habitat limités à l'eau qui s'écoule, des observations subséquentes de gastéropodes dans les bassins viennent contredire cette relation.
  3. Teneur en minéraux et substances dissoutes dans l'eau. La teneur en minéraux de l'eau affecte la quantité de tuf et la surface sur laquelle la croissance des bactéries et des algues se produit.
  4. Chara, débris ligneux grossiers et autres substrats dans le cours d'eau. On a observé des physes d'eau chaude broutant sur Chara, des débris ligneux grossiers et différents autres substrats. Ces derniers offrent des surfaces pour la croissance des algues et des bactéries dont se nourrissent les gastéropodes ainsi que des points d'ancrage dans le courant du ruisseau Alpha. L'abondance et la répartition de ces objets dans l'habitat que représentent les sources thermales sont probablement importantes pour l'espèce.
  5. Dynamique du cours d'eau. La largeur, la longueur et la profondeur du cours d'eau qui traverse le complexe des sources thermales sont variables, et l'on ne sait pas si les gastéropodes occupent des secteurs en fonction des dimensions du cours d'eau. Ce dernier n'est vraisemblablement pas recouvert par les glaces, bien que la variation de température la plus importante soit enregistrée au cours des mois d'hiver et concerne en grande partie les bassins et les zones de remous. Les recherches sur les facteurs influant sur la répartition de la physe d'eau chaude dans le complexe des sources thermales font partie du calendrier des études (section 1.6.1).
  6. Besoins en oxygène. Les besoins ayant trait à la respiration de la physe d'eau chaude ont été précédemment décrits. La répartition des individus dans le complexe des sources thermales est probablement fonction de la disponibilité de substrats convenables à des profondeurs adéquates pour permettre l'acquisition de l'oxygène.
Habitat riverain

Les besoins en habitat du gastéropode sont à la fois terrestres et aquatiques, et la qualité de l'habitat riverain est autant un composant de la qualité de l'écosystème que la qualité de l'eau elle-même. Les facteurs de l'habitat riverain qui affecteraient les besoins en habitat de la physe d'eau chaude sont les suivants.

  1. Stabilité des berges. La stabilité des berges et les changements qui la touchent peuvent affecter l'habitat de la physe d'eau chaude. On sait que les gastéropodes se rassemblent sur Chara, laquelle flotte dans les remous et se fixe sur les bords des berges. Le compactage et la perturbation du sol ainsi que le retrait de la végétation accroissent l'érosion à la surface du sol dans les sources thermales. Dans les 60 premiers mètres du ruisseau Alpha, sous le déversoir, se trouve un chenal bien défini, calcifié, affichant une faible sédimentation. Toutefois, dans les 140 mètres suivants, le cours d'eau s'élargit et le débit ralentit en raison d'une accumulation de sédiments (provenant probablement du bassin Alpha). Ce changement pourrait contribuer au fait que l'habitat situé plus loin en aval ne convient pas à la physe d'eau chaude.
  2. Végétation riveraine et ombre. La dépendance de la physe d'eau chaude à l'égard d'apports allochtones, telles que les feuilles, est inconnue, mais on a observé les gastéropodes broutant le biotecton sur des feuilles de bouleau à papier dans le ruisseau Alpha (Lee et Ackerman, 1998). La végétation riveraine influe également sur la quantité de lumière atteignant les berges du cours d'eau, ce qui peut avoir une incidence sur la densité et la répartition de Chara, qui semble constituer le substrat préféré de la physe d'eau chaude.
  3. Température ambiante. La température de l'air a une incidence sur l'environnement aquatique, bien que ses effets sur la température des sources thermales soient inconnus.

1.5 Menaces

La plupart des menaces qui pèsent sur la physe d'eau chaude résultent de changements pouvant affecter l'habitat que représentent les sources thermales à la suite d'activités humaines, qu'il s'agisse d'activités récréatives dans le parc ou d'éventuelles activités industrielles qui pourraient affecter l'eau de source pénétrant dans le complexe. La menace liée à l'activité humaine est une source de préoccupations particulière étant donné les facteurs biologiques qui limitent l'espèce (section 1.4.2).

  1. Changement du régime d'écoulement dû aux activités humaines
    • Entretien du déversoir. Le débit naturel de l'eau entre le ruisseau Alpha et le bassin du même nom a été modifié avec l'installation du barrage et du déversoir avant que l'on ait découvert la population endémique de gastéropodes. Les eaux chaudes et froides mélangées traversent maintenant un évacuateur de crue étroit situé au sommet du déversoir et s'écoulent dans l'habitat colonisé par la physe d'eau chaude. Des défaillances à la hauteur du barrage ou du déversoir pourraient provoquer une augmentation subite et importante du débit dans le cours d'eau, laquelle pourrait entraîner les gastéropodes vers un habitat inapproprié et altérer de façon marquée leur habitat actuel. Réciproquement, une diminution du débit d'eau durant les activités d'entretien du barrage ou du déversoir pourrait exposer les gastéropodes à des conditions déshydratantes et altérer la température de l'eau dans la zone située sous le déversoir, puisque les eaux chaudes et froides n'auraient pas été mélangées au préalable. L'entretien et la réparation du barrage et du déversoir sont menés régulièrement de façon à maintenir l'intégrité du bassin et du ruisseau Alpha et à préserver l'habitat de la physe d'eau chaude.
    • Activités récréatives. Le blocage, l'érosion ou l'altération du déversoir ou des berges du bassin par les utilisateurs du complexe pourrait modifier le débit du cours d'eau. Bien que ces activités destructrices soient interdites, on sait que les visiteurs du parc ont, par exemple, déjà bloqué l'émissaire du bassin Alpha. Les relevés thermométriques effectués dans le ruisseau Alpha durant la fin de semaine de la fête du Travail, au mois de septembre 2005, ont montré que les niveaux d'eau ont chuté en dessous de la hauteur d'eau de l'enregistreur de température (Rowe, comm. pers.).
    • Activités de forage pour l'exploration pétrolière et gazière. Bien qu'il n'y ait à l'heure actuelle aucune activité particulière, le forage aux fins de l'exploration pétrolière et gazière peut affecter l'eau chauffée géothermiquement depuis sa source, à l'extérieur des limites du parc, jusqu'à l'endroit où elle fait surface, dans le parc. Dans l'éventualité où un intérêt se manifesterait pour l'exploration pétrolière et gazière dans ce secteur, il faudrait effectuer une évaluation des risques plus détaillée pour déterminer les zones à risque élevé et élaborer des stratégies d'atténuation.
    • Aménagements hydroélectriques. Des évaluations du potentiel hydroélectrique ont été menées dans la rivière Liard au début des années 1990, et au moins un site a été relevé sur la rivière, à l'extérieur des limites du parc. Cette proposition, intitulée Projet de Devil's Gorge, se traduirait par l'inondation du complexe des sources thermales de la rivière Liard et de la majeure partie du terrain de camping adjacent, car il élèverait le niveau d'eau à plus de 420 mètres. Cette inondation permettrait également aux espèces aquatiques d'accéder au marais des sources thermales, qui est situé sur une terrasse au-dessus de la rivière Liard et qui n'est pas, à l'heure actuelle, relié au complexe par des voies d'eau (Hill, comm. pers.). Advenant un regain d'intérêt pour ce projet ou pour d'autres projets, il faudrait évaluer de façon plus poussée le risque posé pour la physe d'eau chaude et pour son habitat.
  2. Introduction de substances nocives. On estime que le Parc provincial Liard River Hot Springs reçoit actuellement plus de 40 000 baigneurs qui se rendent sources chaque année (Rowe, comm. pers.). Bien que l'on demande aux baigneurs de se doucher avant d'entrer dans les sources thermales et que l'on interdise l'utilisation de savons et de shampooings durant la baignade, l'introduction d'insectifuges, d'écrans solaires, de shampooings, de savons et d'huiles de bain est encore possible. La contamination de l'eau a vraisemblablement des effets directs cumulatifs et possiblement néfastes sur les gastéropodes ou sur leur habitat.
  3. Destruction ou altération de l'habitat physique. Les promenades de bois et la structure de pistes établies dans le parc dissuadent les visiteurs de créer de nouvelles pistes en bordure du cours d'eau. Toutefois, les dommages dus au piétinement ou la perturbation directe des zones riveraines ou des mattes de Chara flottantes sont possibles si des visiteurs marchent dans les habitats aquatiques et en aval des bassins Alpha et Bêta ou, encore, sur les berges du cours d'eau dans les zones riveraines. Des événements naturels, comme des chutes d'arbres sous l'effet du vent et des modifications des zones riveraines ou de la structure du chenal, peuvent également se traduire par des changements au sein de l'habitat aquatique qui peuvent se révéler néfastes.
  4. Espèces introduites. L'introduction de plantes ou d'animaux exotiques dans les sources thermales peut présenter une menace pour la physe d'eau chaude. Au cours des deux dernières années, on a observé deux introductions de tortues dans les sources thermales (Hansen, comm. pers.; Elliott, comm. pers.), bien que ces animaux aient été retrouvés et retirés. Les preuves dont on dispose concernant d'autres sources thermales démontrent que l'introduction d'espèces exotiques affichant une tolérance à l'eau chaude présente un potentiel élevé d'effets écologiques dévastateurs. Par exemple, l'introduction du gambusie (Gambusia affinis) dans les sources thermales de Banff pour la lutte contre les moustiques s'est traduite par l'extinction d'une sous-espèce de naseux des rapides (Rhinichthys cataractae smithi) en 1987 (Environnement Canada, 2006).
  5. Collecte. Les inventaires périodiques nécessitant que l'on travaille dans le complexe des sources thermales exigent que l'on possède un permis de collecte de poissons en vertu de la Wildlife Act (C.-B.), un permis d'utilisation du parc en vertu de la Parks Act (C.-B.) ainsi qu'un permis en vertu de la Loi sur les espèces en péril (Canada) qui, tous, visent à s'assurer que les collectes sont effectuées en fonction de normes qui réduisent au minimum les dommages. La collecte illégale par les visiteurs du parc peut avoir une incidence sur la population de physes d'eau chaude mais, à l'heure actuelle, cela n'est vraisemblablement pas un facteur important.

1.6 Habitat essentiel

À l'origine, la présence de la physe d'eau chaude a été signalée dans un tronçon de 34 mètres du ruisseau Alpha, à la décharge du bassin Alpha (Lee et Ackerman, 1998). C'est également l'emplacement type de l'espèce (Te et Clarke, 1985). Les physes d'eau chaude demeurent à cet endroit en raison des conditions particulières régnant dans cette section du cours d'eau, notamment la quantité de tuf et la présence de Chara ainsi que l'étendue des surfaces propices à la croissance des bactéries et des algues (nourriture). La température de l'eau chauffée géothermiquement émergeant du bassin Alpha ne varie pas de façon significative et avoisine les 38° C tout au long de l'année ; l'eau chaude pénètre dans le ruisseau Alpha par l'entremise d'un déversoir artificiel à un débit de 80 à 81 litres/seconde (Peepre, 1990). Étant donné l'endémisme de la physe d'eau chaude à cette portion d'habitat unique et très localisée et la persistance prolongée de l'espèce sous le déversoir depuis son enregistrement initial en 1973, on s'attend à ce que l'habitat essentiel soit en grande partie localisé à l'intérieur des limites du parc.

Il faut effectuer d'autres travaux pour déterminer si d'autres habitats de la physe d'eau chaude sont présents à l'intérieur ou à l'extérieur des limites du parc. On trouvera ci-après un calendrier d'études qui seront effectuées pour définir l'habitat essentiel de l'espèce (section 1.6.1). Ces activités ne sont pas exhaustives et pourraient mener à la découverte d'autres lacunes dans les connaissances que l'on devra combler. Tant que l'habitat essentiel n'est pas défini, les zones énumérées dans l'habitat actuellement occupé (section 1.3) sont considérées comme les zones les plus importantes à conserver.

1.6.1 Calendrier d'études visant à définir l'habitat essentiel

On doit produire davantage d'information avant de pouvoir considérer que des emplacements du complexe des sources thermales constituent l'habitat essentiel de la physe d'eau chaude. Le calendrier d'études suivant (tableau 1) énumère les activités recommandées qui devront être menées au cours des cinq prochaines années pour définir l'habitat essentiel.

Tableau 1. Calendrier d'études recommandées pour définir l'habitat essentiel de la physe d'eau chaude
Description de l'activitéRésultat/justificationÉchéancier
Élaboration d'une méthodologie d'évaluationProtocole de relevés standard visant particulièrement à déterminer l'abondance de la population. La méthodologie doit être répétable et causer le minimum de perturbation aux gastéropodes et à l'habitat.2006-2007
Relevés sur la répartitionRelevés dans l'habitat aquatique des sources thermales visant à documenter les profils de l'utilisation de l'habitat, l'abondance et la structure de la population.2006-2011
Déterminer s'il y a d'autres populations/sous-populations viables de gastéropodes.2006-2011
Délimiter les paramètres de l'utilisation de l'habitat et les relier aux fluctuations de la population. Ces facteurs nous aideront à définir les composants de l'habitat aquatique qui sont essentiels pour le gastéropode.2006-2011
Identification des éléments de l'habitat essentielDéfinir les facteurs abiotiques (dont la température et le débit de l'eau et la formation de tuf) et biotiques (dont l'occurrence de Chara et du biotecton) et faire une comparaison avec la répartition des gastéropodes telle que déterminée par les relevés.2007-2011
Déterminer l'influence que les dimensions du cours d'eau, sa dynamique, les bassins et les zones de remous ainsi que les débris ligneux grossiers et d'autres substrats peuvent avoir sur la répartition des gastéropodes.
Identifier les éléments considérés comme étant essentiels pour la survie des gastéropodes.

1.7 Étapes déjà terminées ou en cours

1.7.1 Protection

La physe d'eau chaude et l'habitat qu'elle occupe se trouvent dans le Parc provincial Liard River Hot Springs, bien que la source d'eau chauffée géothermiquement provienne de l'extérieur des limites du parc. En vertu de la Park Act (C.-B.), la perturbation ou la destruction de l'habitat à l'intérieur du parc est interdite, sauf pour l'aménagement de services récréatifs. La physe d'eau chaude a été intégrée dans les activités de gestion prévues dans le plan directeur du parc Liard River Hotsprings, bien que nombre d'années se soient écoulées depuis la dernière mise à jour du plan (Elliott, comm. pers.). Depuis la dernière mise à jour, une série d'améliorations ont été apportées à la surveillance des activités récréatives, dont la présence du personnel du parc dans les principaux sites utilisés par le public et une importante signalisation à l'intention des usagers du parc. Les baigneurs doivent se doucher (pour éliminer les substances potentiellement nocives comme les écrans solaires et les insectifuges) avant d'entrer dans les sources thermales, et les usagers du parc doivent demeurer sur des pistes balisées et des promenades de bois et ne pas bloquer les déversoirs, modifier le débit du cours d'eau ou, encore, endommager les installations du parc ou la végétation riveraine. Toutefois, il n'y a, à l'heure actuelle, que peu de signalisation concernant le gastéropode de façon précise, car on craint que les affiches n'incitent involontairement les visiteurs à chercher les gastéropodes et à prélever des spécimens.

La Loi sur les pêches (Canada) interdit les travaux qui pourraient entraîner la détérioration, la destruction ou la perturbation de l'habitat du poisson (article 35) ainsi que le rejet de substances nocives, comme des contaminants, dans des eaux où vivent des poissons (article 36). La Loi sur les pêches s'applique à l'ensemble de l'habitat du poisson; ainsi, elle assure la protection de l'eau de source contre les travaux d'aménagement qui pourraient être entrepris à l'intérieur et à l'extérieur du parc.

La physe d'eau chaude est protégée en vertu de la LEP qui interdit de la tuer, de lui nuire, de la harceler, de la capturer ou de la prendre et qui interdit également de détruire son habitat essentiel une fois celui-ci identifié. Des exceptions sont prévues pour permettre des activités qui sont bénéfiques pour l'espèce ou qui sont nécessaires pour améliorer ses chances de survie à l'état sauvage. Ces activités comprennent l'entretien du barrage et du déversoir nécessaire pour préserver l'intégrité du bassin et du ruisseau Alpha. La LEP (article 73) exige que ces activités ne mettent pas en péril la survie ou le rétablissement de l'espèce et soient menées de façon à limiter les dommages.

1.7.2 Surveillance de la population

Jacquie Lee, un malacologue indépendant, prépare actuellement un rapport révisé de la situation de la physe d'eau chaude au Canada à l'intention du COSEPAC. Le travail de terrain a été effectué à l'été 2006.

1.8 Lacunes dans les connaissances

Menaces

  • Effets des modifications des habitats aquatique et riverains sur la physe d'eau chaude.
  • Changements de la qualité de l'eau – on ne sait pas dans quelle mesure l'introduction de substances par les baigneurs, comme des shampooings, des savons, des écrans solaires, des huiles de bain et de l'urine, l'eau naturelle (minéraux, pH, variations de température, charge en sédiments et en débris organiques) et les modifications à la structure des berges altèrent la qualité de l'eau et peuvent affecter la physe d'eau chaude.
  • On sait que la source de l'eau chauffée géothermiquement se trouve à l'extérieur du parc, mais l'on ne sait pas quelle voie elle emprunte avant d'émerger à l'intérieur du parc. Tout forage à un point quelconque dans la nappe souterraine peut affecter de façon marquée le débit d'eau chaude dans le parc. L'atténuation des risques découlant des activités de forage nécessitera des évaluations supplémentaires et la mise en place de nouvelles normes et lignes directrices.
  • Effets des espèces introduites.

Habitat essentiel

  • Répartition spatiale et temporelle du gastéropode dans le complexe des sources thermales et capacité du gastéropode de se disperser dans les différents secteurs. Des sous-populations du gastéropode occupent de petites zones dans le complexe des sources thermales de la rivière Liard, et l'on sait qu'elles se concentrent spatialement et temporellement dans certains sites (bassin et ruisseau Alpha, bassin Bêta). Toutefois, on ne connaît pas les facteurs qui limitent la dispersion du gastéropode et la fréquentation des sites, des sites intermédiaires ou d'autres zones situées ailleurs dans le complexe des sources thermales.
  • Spécificité de l'habitat, besoins abiotiques et biotiques.

1.9 Importance pour les Canadiens

La physe d'eau chaude est une espèce endémique des sources thermales de la rivière Liard et, comme tant d'espèce endémique, elle présente des caractéristiques d'adaptation particulières qui sont d'un intérêt spécial pour les scientifiques et pour les fins de la conservation (Scudder, 1989). À ce que l'on sait, l'espèce n'a pas de valeur commerciale.

Premières nations

On ne dispose pas de preuves que les Premières nations ou d'autres groupes de la C.-B. utilisent la physe d'eau chaude. Toutefois, les sources thermales de la rivière Liard se trouvent sur les territoires traditionnels de la bande de Fort Nelson et de la nation Kaska. Cette dernière est constituée de cinq bandes qui occupent le nord de la C.-B. La bande de Fort Nelson fait partie de la Treaty 8 Tribal Association.

Usagers des sources thermales de la rivière Liard

On estime que le Parc provincial Liard River Hot Springs reçoit chaque année plus de 40 000 baigneurs (Rowe, comm. pers.); il est également très fréquenté par les visiteurs qui empruntent l'autoroute de l'Alaska.

1.9.1 Conflits ou enjeux anticipés

À court terme, les activités de rétablissement prioritaires comprendront la réalisation d'un inventaire et le maintien des mesures de protection dans le parc, et l'on anticipe qu'elles susciteront peu de conflits. La protection de l'habitat dans des sites connus et la gestion de cet habitat de source thermale nécessiteront vraisemblablement de petits changements aux pratiques actuelles, de sorte que des conflits sont possibles avec les usagers de ces secteurs. L'identification de la voie souterraine empruntée par l'eau chauffée géothermiquement depuis sa source jusqu'aux points d'émergence dans le complexe constitue un enjeu important. La mise en œuvre de mesures d'atténuation faisant en sorte que l'exploration pétrolière, gazière ou géothermique n'ait pas d'incidence sur la source d'eau chaude pourrait susciter des conflits. L'obtention du soutien du public et la stimulation de l'intérêt des chercheurs pour ce groupe d'animaux, qui mobilisent à l'heure actuelle peu de chercheurs, constituent un enjeu potentiel à long terme.