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Programme de rétablissement de l’hespérie rurale de la sous espèce vestris (Euphyes vestris vestris) au Canada - 2017 [Proposition]

Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Plan de rétablissement de l'hespérie rurale (Euphyes vestris) en Colombie-Britannique, préparée par Environnement et Changement climatique Canada

Préface

En vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d'établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l'élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l'Environnement et du Changement climatique est le ministre compétente en vertu de la LEP à l'égard de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent programme de rétablissement, conformément à l'article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec la Province de la Colombie-Britannique, en vertu du paragraphe 39(1) de la LEP. L'article 44 de la LEP autorise le ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l'espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). La Province de la Colombie-Britannique a remis le plan de rétablissement de l'hespérie rurale ci-joint (partie 2), à titre d'avis scientifique, aux autorités responsables de la gestion de l'espèce en Colombie-Britannique. Ce plan a été préparé en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada.

La réussite du rétablissement de l'espèce dépendra de l'engagement et de la collaboration d'un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada ou sur toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris et de l'ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d'un ou de plusieurs plans d'action qui présenteront de l'information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement et Changement climatique Canada et d'autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l'espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l'orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l'espèce, incluant la désignation de l'habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l'information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l'espèce. Lorsque l'habitat essentiel est désigné, dans un programme de rétablissement ou dans un plan d'action, la LEP exige que l'habitat essentiel soit alors protégé.

Dans le cas de l'habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l'habitat essentiel désigné dans une zone protégée par le gouvernement fédéralNote 1 de bas de page soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après l'ajout dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d'action qui a désigné l'habitat essentiel. L'interdiction de détruire l'habitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) s'appliquera 90 jours après la publication de la description de l'habitat essentiel dans la Gazette du Canada.

Pour l'habitat essentiel se trouvant sur d'autres terres domaniales, le ministre compétent doit, soit faire une déclaration sur la protection légale existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l'habitat essentiel soient appliquées.

Si l'habitat essentiel d'un oiseau migrateur ne se trouve pas dans une zone protégée par le gouvernement fédéral, sur le territoire domanial, à l'intérieur de la zone économique exclusive ou sur le plateau continental du Canada, l'interdiction de le détruire ne peut s'appliquer qu'aux parties de cet habitat essentiel -- constituées de tout ou partie de l'habitat auquel la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs s'applique aux termes des paragraphes 58(5.1) et 58(5.2) de la LEP.

En ce qui concerne tout élément de l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial, si le ministre compétent estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par des dispositions ou des mesures en vertu de la LEP ou d’autre loi fédérale, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l’interdiction de détruire l’habitat essentiel. La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Remerciements

L'élaboration du présent programme de rétablissement a été coordonnée par Kella Sadler et Matt Huntley (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune – Région du Pacifique (ECCC SCF – PAC)). Jennifer Heron (ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique (B.C. MoE)) a fourni des données à l'appui et des documents de référence. Patrick Lilley, Crispin Guppy, Connie Miller-Retzer (ministère des Forêts, des Terres et de l'Exploitation des ressources naturelles de la Colombie-Britannique), David Trotter (ministère de l'Agriculture de la Colombie-Britannique), Jennifer Heron (B.C. MoE), Peter Fielder (B.C. MoE), Chris Pasztor (ministère de la Mise en valeur du gaz naturel de la Colombie-Britannique), Kim Borg (ECCC, SCF – Région de la capitale nationale) et Peter Bedrossian (ministère de la Défense nationale) ont fourni des conseils et des commentaires utiles en matière de rédaction. Nick Page et Claudia Schaefer, de Raincoast Applied Ecology, ont compilé les données pour la première ébauche du présent programme de rétablissement. Danielle Yu et Douglas Hrynyk (ECCC, SCF – PAC) ont apporté une aide supplémentaire pour la cartographie et la préparation des figures.

Ajouts et modifications apportés au document adopté

Les sections suivantes ont été incluses pour satisfaire à des exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral qui ne sont pas abordées dans le Plan de rétablissement de l'hespérie rurale (Euphyes vestris) en Colombie-Britannique (partie 2 du présent document, ci-après appelé « plan de rétablissement provincial ») et/ou pour présenter des renseignements à jour ou additionnels. 

En vertu de la LEP, il existe des exigences et des processus particuliers concernant la protection de l'habitat essentiel. Ainsi, les énoncés du plan de rétablissement provincial concernant la protection de l'habitat de survie/rétablissement peuvent ne pas correspondre directement aux exigences fédérales et ne sont pas adoptés par Environnement et Changement climatique Canada dans le présent programme de rétablissement fédéral. Les mesures de rétablissement visant la protection de l'habitat sont adoptées, cependant on évaluera à la suite de la publication de la version finale du programme de rétablissement fédéral si ces mesures entraîneront la protection de l'habitat essentiel en vertu de la LEP.

Deux sous-espèces de l'hespérie rurale sont présentes au Canada : une sous-espèce de l'ouest (Euphyes vestris vestris) présente seulement en Colombie-Britannique, et une sous-espèce de l'est (Euphyes vestris metacomet) présente depuis l'Alberta jusqu'en Nouvelle-Écosse (Layberry et al.,1998; NatureServe, 2015). Seule l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris a été évaluée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Dans le présent document, le nom « hespérie rurale » désigne l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris, à moins d'indication contraire.

1 Information sur la situation de l'espèce

La présente section remplace la section intitulée « Information sur la situation de l'espèce » (section 2) du plan de rétablissement provincial.

Statut juridique : annexe 1 de la LEP (espèce menacée) (2000).

Tableau 1. Cotes de conservation de l'hespérie rurale de la sous espèce vestris (NatureServe, 2015; B.C. Conservation Data Center, 2015; B.C. Conservation Framework, 2015).
Cote mondiale (G)aCote nationale (N)aCote infranationale (S)aDésignation du COSEPACListe de la C.-B.bCadre de conservation de la C.-B.
G5T4cCanada (N2); États-Unis (N3N4)

Canada :
Colombie-Britannique (S2);

États-Unis : Washington (S3), Wyoming (SNR)

Menacée (2013)Liste rouge (2013)Niveau de priorité le plus élevé : 2, aux fins du but 2d

a Cote 1 = gravement en péril; 2 = en péril; 3 = susceptible de disparaître du territoire ou de la planète; 4 = apparemment non en péril; 5 = non en péril; H = possiblement disparue du territoire; NR = espèce non classée.

b Liste des communautés écologiques, des espèces et des sous-espèces considérées comme disparues du pays, en voie de disparition ou menacées (liste rouge), préoccupantes (liste bleue) ou non en péril (liste jaune) en Colombie-Britannique. 

c La cote T indique le statut d'un taxon infraspécifique (en l'occurrence la sous-espèce vestris).

d Les trois buts du Cadre de conservation de la Colombie-Britannique sont les suivants : 1. Participer aux programmes mondiaux de conservation des espèces et des écosystèmes; 2. Empêcher que les espèces et les écosystèmes deviennent en péril; 3. Maintenir la diversité des espèces et des écosystèmes indigènes.

On estime qu'environ 15 % de l'aire de répartition mondiale de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris se trouve au Canada (COSEWIC, 2013).

2 Populations et répartition de l'espèce

Cette section remplace le sommaire sur les populationsNote 2 de bas de page connues de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris au Canada (tableau 1 à la section 3.2 du plan de rétablissement provincial).

Le sommaire ci-dessous (tableau 2) décrit la répartition à jour des populations au Canada, qui se trouvent toutes dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. Depuis la publication du plan de rétablissement provincial, deux populations supplémentaires ont été ajoutées compte tenu d'occurrences près de Pemberton en 2009, une au ruisseau Blackwater (population 26) et une au ruisseau Railroad (population 27) (Knopp et al., 2009). Exception faite de ces populations supplémentaires (c.-à-d. les populations 26 et 27), tous les numéros de population fournis dans cette section concordent avec ceux fournis dans le plan de rétablissement provincial. Plusieurs mentions non vérifiées ont aussi été rapportées (p. ex. dans le marais Cumberland près de Comox en 2010, le lac Rhododendron près de Parksville en 2013 et en 2014, et de nombreuses autres mentions semblables, mais plus anciennes). Cependant, en raison de la difficulté à identifier l'espèce avec exactitude à partir d'observations d'individus uniques/aperçus brièvement, ces mentions n'ont pas été ajoutées au tableau du sommaire des populations.

Parmi les 27 populations de l'hespérie rurale qui ont été répertoriées, 19 sont considérées comme existantes, 7 sont considérées comme disparues (n'ont pas fait l'objet d'observations depuis plus de 20 ans, et/ou l'habitat convenable n'est plus présent), et le statut de la dernière population est inconnu. En effet, la population n° 11 (statut inconnu) n'a pas été vérifiée, et des données précises de date et d'emplacement ne sont pas disponibles pour elle.

Tableau 2. Sommaire des populations de l'hespérie rurale en Colombie Britannique. Pour chaque population (Pop.), l'emplacement, la date de la dernière observation (Dern. obs.) et le statut actuel sont indiqués.
Pop.EmplacementDern. obs.Statute
1Cowichan Station (île de Vancouver)1996Disparue
2Mill Bay, chaînon Malahat (île de Vancouver)1996Disparue
3Ruisseaux Malahat, Colpman et van Home; lac Spectacle (île de Vancouver)2003 (ruisseau van Home)f;
1993 (ruisseau Colpman;
1963 (lac Spectacle)
Existantef
4Mont Tzuhalem; Maple Bay (île de Vancouver)1994Disparue
5Cobble Hill (île de Vancouver)1995Disparue
6Rivière Nanaimo (île de Vancouver)2011Existante
7(Au nord-est de) Port Alberni (île de Vancouver)2003Existante
8Mont Currie (continent)2001Existante
9(À l'ouest de) Shawnigan Lake (île de Vancouver)2003Existante
10Mont Big Sicker; mont Little Sicker; mont Prevost; réserve de chênes de Garry de Somenos (île de Vancouver)2003 (mont Big Sicker)f;
1973 (mont Little Sicker, mont Prevost, réserve de chênes de Garry de Somenos)
Existantef
11Powell River (Sunshine Coast, continent)InconnueInconnu (non vérifié)
12Rivière Koksilah (île de Vancouver)2003Existante
13Colquitz; parcs Francis/King et parc du lac Thetis (île de Vancouver)1963 (parc du lac Thetis);
1962 (parc Francis/King)
Disparue
14Wellington (île de Vancouver)1979Disparue
15Goldstream (île de Vancouver)1923Disparue
16Boston Bar (vallée du bas Fraser)2007Existante
17Mont Dog (vallée du bas Fraser)2010Existante
18Île Denman (îles Gulf du Nord)2007Existante
19Île Salt Spring; sud-est (îles Gulf du Sud)2009Existante
20Tourbière Burns (vallée du bas Fraser)2004Existante
21Île Hornby (îles Gulf du Nord)2004Existante
22(À l'ouest du) lac Morris (vallée du bas Fraser)2011Existante
23Réserve indienne Soowahlie 14 (vallée du bas Fraser)2004Existante
24Yale (vallée du bas Fraser)2001Existante
25(Au sud de) Lytton (vallée du bas Fraser)2007Existante
26Ruisseau Blackwater (continent)2009Existante
27Ruisseau Railroad (continent)2009Existante

e Le statut des populations de l'hespérie rurale se présente comme suit : existante – mention vérifiée depuis 2001.

f Signifiant qu'il s'agit du site de la dernière observation dans le cas des populations pour lesquelles il existe des mentions à de multiples endroits; disparue – mention répertoriée avant 2001 ou l'habitat n'est plus présent; inconnu (non vérifié) – observation récente, mais des détails sur l'occurrence sont manquants (c.-à-d. présence d'habitat, population précise, etc.).

3 Habitat essentiel

La présente section remplace la section 7 du plan de rétablissement provincial « Information sur l'habitat nécessaire pour atteindre le but du rétablissement ».

En vertu de l'alinéa 41(1) c) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent inclure une désignation de l'habitat essentiel de l'espèce, dans la mesure du possible, et des exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de cet habitat. Le plan de rétablissement provincial de l'hespérie rurale comprend une description des caractéristiques biophysiques de l'habitat de survie/rétablissement. Cet avis scientifique a été utilisé pour orienter le contenu des sections suivantes sur l'habitat essentiel dans le présent programme de rétablissement fédéral. Les méthodes et les processus décisionnels détaillés ayant trait à la désignation de l'habitat essentiel sont archivés dans un document connexe.

L'habitat essentiel de l'hespérie rurale ne peut être désigné que partiellement à l'heure actuelle. L'habitat essentiel ne peut pas encore être désigné pour une population (n° 11), car une grande incertitude est associée à son emplacement et son statut est inconnu. Un calendrier des études (section 3.2) a été inclus pour fournir l'information nécessaire à l'achèvement de la désignation de l'habitat essentiel de l'hespérie rurale. Cette désignation sera mise à jour quand l'information deviendra disponible, soit dans un programme de rétablissement révisé ou dans un ou plusieurs plans d'action.

L'habitat essentiel de l'hespérie rurale est désigné dans le présent document dans la mesure du possible; à mesure que les autorités responsables et/ou d'autres parties intéressées effectuent des recherches afin de réaliser le calendrier des études et/ou de combler d'autres lacunes dans les connaissancesNote 3 de bas de page (y compris la détermination des plantes hôtes spécifiques utilisées durant le stade larvaire et le stade d'hivernage, ou la description d'autres besoins en matière d'habitat), la méthodologie et la désignation de l'habitat essentiel pourront être modifiées et/ou améliorées pour tenir compte des nouvelles connaissances.

3.1 Désignation de l'habitat essentiel de l'espece

Emplacement géospatial (population) des zones renfermant de l'habitat essentiel

L'habitat essentiel est désigné pour les 19 populations existantes connues de l'hespérie rurale (voir le tableau 2), qui se trouvent dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique (figures 1 à 9) :

  • Population 3 : ruisseau van Home (figure 1)
  • Population 6 : rivière Nanaimo (figure 2)
  • Population 7 : au nord-est de Port Alberni (figure 3)
  • Population 8 : mont Currie (figure 4)
  • Population 9 : à l'ouest de Shawnigan Lake (figure 1)
  • Population 10 : mont Big Sicker (figure 2)
  • Population 12 : rivière Koksilah (figure 1)
  • Population 16 : Boston Bar (figure 5)
  • Population 17 : mont Dog (figure 6)
  • Population 18 : île Denman (figure 3)
  • Population 19 : île Salt Spring, sud-est (figure 7)
  • Population 20 : tourbière Burns (figure 8)
  • Population 21 : île Hornby (figure 3)
  • Population 22 : à l'ouest du lac Morris (figure 9)
  • Population 23 : réserve indienne Soowahlie 14 (figure 9)
  • Population 24 : Yale (figure 6)
  • Population 25 : au sud de Lytton (figure 5)
  • Population 26 : ruisseau Blackwater (figure 4)
  • Population 27 : ruisseau Railroad (figure 4)

Les zones renfermant de l'habitat essentiel de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris sont déterminées en se fondant sur la combinaison des éléments suivants : 1) toutes les occurrencesNote 4 de bas de page récentes (< 20 ans) répertoriées pour les populations existantes connues ou présumées; 2) une estimation de la capacité de dispersion saisonnière sur toute la durée de vie des hespéries rurales adultes, soit un rayon de 1 000 m autour de chaque occurrence répertoriée.

La capacité de dispersion de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris est inconnue. Cependant, compte tenu des meilleures données disponibles provenant d'études portant sur des espèces biologiquement semblables, on estime que le rayon de dispersion serait d'environ 1 000 m. NatureServe (Schweitzer, 2001) mentionne un rayon maximal inféré de 1 000 m pour la zone tampon chez les HespériinésNote 5 de bas de page, applicable par défaut lorsque la distance réelle de dispersion est inconnue. La distance de dispersion apparente maximale de l'hespérie Polites mardon est d'environ 1,6 km (Runquist, 2004), mais elle se déplace habituellement sur moins de 800 m en une année (Potter et Fleckenstein, 2001). Des hespéries du Dakota (Hesperia dacotae) et des hespéries Ottoé (H. ottoe), espèces présentant de nombreuses caractéristiques communes avec l'hespérie rurale sur le plan du cycle vital, ont été observées survivant 19 jours à l'état sauvage dans des conditions normales (Dana, 1991). En moyenne, les hespéries du Dakota se sont déplacées de 39 m par jour, et les hespéries Ottoé de 53 m par jour (Dana, 1991). En l'absence de données spécifiques, on présume que la multiplication de la distance de déplacement quotidienne de 53 m/jour par 19 jours, pour un total de 1 007 m, soit une dispersion saisonnière sur toute la durée de vie d'environ 1 km, donne un rayon approprié pour délimiter les zones renfermant de l'habitat essentiel de l'hespérie rurale.

Caractéristiques biophysiques de l'habitat essentiel

À l'intérieur des zones déterminées comme renfermant de l'habitat essentiel, ce dernier est désigné partout où l'un ou l'autre des types d'habitats suivants est présent :

  • forêt ouverte de douglas de Menzies (Pseudotsuga menziesii); terrains boisés ouverts de feuillus (incluant des érables à grandes feuilles (Acer macrophyllum)); écosystèmes du chêne de Garry (Quercus garryana) et écosystèmes connexes;
  • milieux ouverts dépourvus d'un étage arborescent ou arbustif développé, qui sont d'origine naturelle ou humaine, p. ex. falaises à végétation clairsemée; flancs de collines, prairies ou prés en pente douce; bords de routes, fossés et emprises de services publics;
  • zones humides en permanence ou en saison (c.-à-d. zones où le sol est mouillé et humide tout au long du printemps et de l'été) qui sont d'origine naturelle ou humaine, p. ex. milieux humides; prairies ou prés humides en saison; zones présentant des inondations printanières; sources thermales naturelles; zones de suintement; zones humides en saison; berges de cours d'eau; fossés; talus de routes, marécages; marais; tourbières.

À l'intérieur des types d'habitats mentionnés, l'hespérie rurale utilise des plantes hôtes pour se nourrir (chenilles) et d'autres plates pour s'abreuver de nectar (adultes); elle utilise aussi des éléments structuraux pour se reposer et se cacher des prédateurs. Il n'existe aucune donnée sur l'identité, la composition, la densité et la relation spatiale des plantes hôtes des chenilles et des plantes nectarifères exploitées par les adultes, dont l'hespérie rurale a besoin au cours des différents stades de son cycle de vie. L'hespérie rurale a été observée en train de butiner diverses espèces de plantes à fleurs indigènes et non indigènes durant sa période de vol (de mai à août inclusivement), selon leur disponibilité, dont les suivantes : des apocyns (Apocynum spp.), la luzerne (Medicago sativa)Note 6 de bas de page, l'épilobe à feuilles étroites (Epilobium angustifolium), l'astragale à fleurs de lotier (Astragalus lotiflorus), des verges d'or (Euthamia spp. et Solidago spp.), l'œillet barbu (Dianthus barbatus)*, plusieurs espèces d'astéracées, la brunelle commune (Prunella vulgaris)*, plusieurs espèces de menthe (Mentha spp.) et la marguerite blanche (Leucanthemum vulgare)*. Les plantes hôtes des chenilles de la sous-espèce de l'est de l'Amérique du Nord (Euphyes vestris metacomet) et de l'hespérie E. v. harbisoni du sud de la Californie sont des cypéracées (des espèces de Carex ou de Cyperus) (COSEWIC, 2013; Marschalek et Deutschman, 2015). Il est probable que l'hespérie rurale qu'on rencontre en Colombie-Britannique utilise et/ou a besoin de cypéracées et/ou de graminées pour l'hivernage ou l'alimentation des chenilles. Compte tenu de la répartition de l'espèce, les chenilles de l'hespérie rurale utilisent probablement plus d'une espèce de plante hôte. L'observation des fourreaux de soie tissés par les chenilles (nécessaires à leur nymphose au printemps) semble indiquer que, pourvu que le type de feuille soit adéquat, toute espèce de cypéracée ou de graminée (famille des Poacées) conviendrait au développement larvaire (Shepard, 2000; James et Nunnallee, 2011).

Les caractéristiques biophysiques de l'habitat essentiel comprennent la végétation (composition et abondance des espèces végétales), les zones humides en permanence ou en saison et les substrats des types d'habitats décrits plus haut. Les zones renfermant de l'habitat essentiel de l'hespérie rurale (totalisant 11 184 ha) sont présentées dans les figures 1 à 9. L'habitat essentiel de l'hespérie rurale au Canada se trouve à l'intérieur des polygones en jaune montrés sur chacune des cartes, là où les critères et la méthodologie énoncés dans la présente section sont respectés.

À l'intérieur de ces polygones, les habitats manifestement peu convenables, comme i) les zones de forêt dense, fermée et sèche; ii) les zones d'eau plus profondes (c.-à-d. une profondeur de plus de 50 cm de la ligne des hautes eaux la plus basse enregistrée) au-delà de l'étendue de la végétation riveraine, et iii) les infrastructures anthropiques permanentes existantes (bâtiments) et/ou les surfaces de roulement des routes asphaltées ou d'autres surfaces artificielles, ne possèdent pas les caractéristiques biophysiques nécessaires à l'hespérie rurale, et ils ne sont pas désignés comme de l'habitat essentiel. Le quadrillage UTM de 1 km x 1 km montré dans ces figures est un système de quadrillage national de référence qui indique les zones géographiques générales renfermant de l'habitat essentiel, à des fins de planification de l'utilisation des terres et/ou d'évaluation environnementale. Les méthodes et les processus décisionnels détaillés ayant trait à la désignation de l'habitat essentiel sont archivés dans un document connexe.

Figure 1. L'habitat essentiel de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris au ruisseau van Home (population n° 3; 329,6 ha), à la rivière Koksilah (population n° 12; 329,6 ha) et à l'ouest de Shawnigan Lake (population n° 9; 329,6 ha), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones (unités) en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 1.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km x 1 km superposé sur la carte est un système de quadrillage national de référence qui indique les zones géographiques générales dans lesquelles se trouve de l'habitat essentiel au Canada. Les zones à l'extérieur des polygones en jaune ne renferment pas d'habitat essentiel.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 1

La figure 1 montre l'habitat essentiel de l'hespérie rurale de sous-espèce vestris au ruisseau Van Home, à la rivière Koksilah et à l'ouest de Shawnigan Lake, en Colombie-Britannique. L'habitat essentiel a été établi conformément aux critères et à la méthodologie énoncés à la section 1.1 et est montré à l'aide d'un quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km superposé sur la carte. Il y a huit carrés dans la région de la rivière Koksilah et huit aussi dans celle de Shawnigan Lake, et neuf dans la région du ruisseau Van Home.

Figure 2. L'habitat essentiel de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris à la rivière Nanaimo (population n° 6; 682,0 ha) et au mont Big Sicker (population n° 10; 329,6 ha), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones (unités) en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 1.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km x 1 km superposé sur la carte est un système de quadrillage national de référence qui indique les zones géographiques générales dans lesquelles se trouve de l'habitat essentiel au Canada. Les zones à l'extérieur des polygones en jaune ne renferment pas d'habitat essentiel.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 2

La figure 2 montre l'habitat essentiel de l'hespérie rurale de sous-espèce vestris à la rivière Nanaimo et au mont Big Sicker, en Colombie-Britannique. L'habitat essentiel a été établi conformément aux critères et à la méthodologie énoncés à la section 1.1 et est montré à l'aide d'un quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km superposé sur la carte. Il y a 14 carrés dans la région de la rivière Nanaimo et 8 carrés dans la région du mont Big Sicker.

Figure 3. L'habitat essentiel de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris au nord-est de Port Alberni (population n° 7; 434,7 ha), à l'île Denman (population n° 18; 739,2 ha) et à l'île Hornby (population n° 21; 129,1 ha), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones (unités) en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 1.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km x 1 km superposé sur la carte est un système de quadrillage national de référence qui indique les zones géographiques générales dans lesquelles se trouve de l'habitat essentiel au Canada. Les zones à l'extérieur des polygones en jaune ne renferment pas d'habitat essentiel.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 3

La figure 3 montre l'habitat essentiel de l'hespérie rurale de sous-espèce vestris au nord-est de Port Alberni et sur les îles Denman et Hornby, en Colombie-Britannique. L'habitat essentiel a été établi conformément aux critères et à la méthodologie énoncés à la section 1.1 et est montré à l'aide d'un quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km superposé sur la carte. Il y a 9 carrés dans la région de Port Alberni, 13 carrés à l'île Denman et 5 carrés à l'île Hornby.

Figure 4. L'habitat essentiel de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris au mont Currie (population n° 8; 329,6 ha), au ruisseau Blackwater (population n° 26; 329,6 ha) et au ruisseau Railroad (population n° 27; 329,6 ha), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones (unités) en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 1.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km x 1 km superposé sur la carte est un système de quadrillage national de référence qui indique les zones géographiques générales dans lesquelles se trouve de l'habitat essentiel au Canada. Les zones à l'extérieur des polygones en jaune ne renferment pas d'habitat essentiel.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 4

La figure 4 montre l'habitat essentiel de l'hespérie rurale de sous-espèce vestris au mont Currie, au ruisseau Blackwater et au ruisseau Railroad, en Colombie-Britannique. L'habitat essentiel a été établi conformément aux critères et à la méthodologie énoncés à la section 1.1 et est montré à l'aide d'un quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km superposé sur la carte. Il y a huit carrés au mont Currie et huit aussi au ruisseau Blackwater, et neuf au ruisseau Railroad.

Figure 5. L'habitat essentiel de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris au sud de Lytton (population n° 25; 724,0 ha) et à Boston Bar (population n° 16; 3 063,7 ha), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones (unités) en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 1.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km x 1 km superposé sur la carte est un système de quadrillage national de référence qui indique les zones géographiques générales dans lesquelles se trouve de l'habitat essentiel au Canada. Les zones à l'extérieur des polygones en jaune ne renferment pas d'habitat essentiel.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 5

La figure 5 montre l'habitat essentiel de l'hespérie rurale de sous-espèce vestris au sud de Lytton et à Boston Bar, en Colombie-Britannique. L'habitat essentiel a été établi conformément aux critères et à la méthodologie énoncés à la section 1.1 et est montré à l'aide d'un quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km superposé sur la carte. Il y a 18 carrés dans la région de Kanaka Bar, 9 carrés juste à l'est du parc provincial du lac Nahatlatch, 46 carrés dans la région de Boothroyd et 9 carrés juste au sud de Boston Bar.

Figure 6. L'habitat essentiel de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris au mont Dog (population n° 17; 664,9 ha) et à Yale (population n° 24; 329,6 ha), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones (unités) en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 1.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km x 1 km superposé sur la carte est un système de quadrillage national de référence qui indique les zones géographiques générales dans lesquelles se trouve de l'habitat essentiel au Canada. Les zones à l'extérieur des polygones en jaune ne renferment pas d'habitat essentiel.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 6

La figure 6 montre l'habitat essentiel de l'hespérie rurale de sous-espèce vestris au mont Dog et à Yale, en Colombie-Britannique. L'habitat essentiel a été établi conformément aux critères et à la méthodologie énoncés à la section 1.1 et est montré à l'aide d'un quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km superposé sur la carte. Il y a 12 carrés dans la zone du mont Dog et 9 carrés dans la région de Yale.

Figure 7. L'habitat essentiel de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris à l'île Salt Spring (population n° 19; 666,0 ha), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones (unités) en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 1.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km x 1 km superposé sur la carte est un système de quadrillage national de référence qui indique les zones géographiques générales dans lesquelles se trouve de l'habitat essentiel au Canada. Les zones à l'extérieur des polygones en jaune ne renferment pas d'habitat essentiel.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 7

La figure 7 montre l'habitat essentiel de l'hespérie rurale de sous-espèce vestris à l'île Salt Spring, en Colombie-Britannique. L'habitat essentiel a été établi conformément aux critères et à la méthodologie énoncés à la section 1.1 et est montré à l'aide d'un quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km superposé sur la carte. Il y a neuf carrés près de la baie Burgoyne et huit carrés près du lac Weston.

Figure 8. L'habitat essentiel de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris à la tourbière Burns (population n° 20; 454,3 ha), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones (unités) en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 1.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km x 1 km superposé sur la carte est un système de quadrillage national de référence qui indique les zones géographiques générales dans lesquelles se trouve de l'habitat essentiel au Canada. Les zones à l'extérieur des polygones en jaune ne renferment pas d'habitat essentiel.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 8

La figure 8 montre l'habitat essentiel de l'hespérie rurale de sous-espèce vestris à la tourbière Burns, en Colombie-Britannique. L'habitat essentiel a été établi conformément aux critères et à la méthodologie énoncés à la section 1.1 et est montré à l'aide d'un quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km superposé sur la carte. Il y a dix carrés tout juste au nord du Sunshine Woods Golf Centre.

Figure 9. L'habitat essentiel de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris à l'ouest du lac Morris (population n° 22; 659,2 ha) et à la réserve indienne Soowahlie 14 (population n° 23; 329,6 ha), en Colombie-Britannique, est représenté par les polygones (unités) en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 1.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km x 1 km superposé sur la carte est un système de quadrillage national de référence qui indique les zones géographiques générales dans lesquelles se trouve de l'habitat essentiel au Canada. Les zones à l'extérieur des polygones en jaune ne renferment pas d'habitat essentiel.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 9

La figure 9 montre l'habitat essentiel de l'hespérie rurale de sous-espèce vestris à l'ouest du lac Morris et à la réserve indienne Soowahlie 14, en Colombie-Britannique. Il y a deux groupes de carrés dans la région du lac Morris, l'un de huit carrés et l'autre de neuf carrés. Il y a neuf autres carrés dans la région de la réserve indienne Soowahlie 14.

3.2 Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel

La présente section remplace la section « Études requises afin de décrire l'habitat de survie/rétablissement » (section 7.2) du plan de rétablissement provincial.

Le calendrier des études suivant (tableau 3) indique l'activité requise pour compléter la désignation de l'habitat essentiel de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestrisNote 7 de bas de page.

Tableau 3. Calendrier des études pour la désignation de l'habitat essentiel supplémentaire.
Description de l'activitéRésultat/JustificationCalendrier
Effectuer des relevés ciblés exhaustifs dans les zones d'habitat convenable à proximité du lieu d'observation de l'espèce pour la population n° 11 afin d'identifier la population de cette mention et de vérifier si la population y est toujours existante.L'habitat essentiel n'a pas pu être désigné pour cette population en raison de son statut « inconnu ». Sans autres données sur le statut et l'emplacement de cette population, on ne peut pas déterminer si l'habitat essentiel désigné pour l'hespérie rurale est suffisant.2017-2022

3.3 Désignation de l'habitat essentiel de l'espece

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l'habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de cet habitat. La destruction est déterminée au cas par cas. Il y a destruction si une partie de l'habitat essentiel est dégradée, de manière permanente ou temporaire, à un point tel que l'habitat essentiel n'est plus en mesure d'assurer ses fonctions lorsque exigé par l'espèce. La destruction peut être causée par une seule ou plusieurs activités à un moment donné, ou résulter des effets cumulatifs d'une ou de plusieurs activités au fil du temps. Le tableau 4 donne des exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris; il peut toutefois exister d'autres activités destructrices.

Tableau 4. Activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris. Les numéros de menaces de l'UICN sont fondés sur le système unifié de classification des menaces proposé par l'IUCN-CMP (Union internationale pour la conservation de la nature-Partenariat pour les mesures de conservation; CMP, 2010 [en anglais seulement]).
Description de l'activitéDescription de l'effet sur les caractéristiques biophysiques (ou autres) relatif à la perte de fonctionMenaces connexes et information supplémentaire
Conversion de paysages naturels pour créer des aménagements humains (p. ex. aménagement de zones résidentielles et urbaines, de zones commerciales et industrielles et de zones touristiques et récréatives; agriculture; exploitation de mines et de carrières; expansion des corridors de transport et de service)Perte directe d'habitat essentiel par élimination et remplacement de la végétation, dépôt de débris, ou autres effets indirects connexes, qui endommagent ou détruisent des caractéristiques biophysiques nécessaires à l'hespérie rurale. La perte indirecte d'habitat essentiel peut aussi découler de la modification des conditions locales du microsite (notamment les conditions de lumière et d'humidité) à tel point que l'habitat n'est plus convenable pour les plantes hôtes des chenilles de l'hespérie rurale et/ou les plantes nectarifères exploitées par les adultes.

Menaces connexes de l'UICN : 1.1, 1.2, 1.3, 2.1, 3.2, 4.1, 4.2

La principale menace pesant sur l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris est la perte cumulée, la dégradation et la fragmentation de l'habitat convenable. Plusieurs projets de développement résidentiel en zone urbaine et de développement commercial et d'installations récréatives (p. ex. terrain de golf) sont en cours ou devraient commencer dans l'immédiat. Des activités d'extraction de gravier pourraient être effectuées à l'emplacement de la population n° 16 (Boston Bar). Des projets plus nombreux d'aménagement de routes de sentiers et de corridors sont en cours ou sont proposés aux emplacements de plusieurs populations.

Activités de construction et d'entretien le long des corridors de transport et de services publics (p. ex. installation ou réparation de conduites de gaz naturel, nivellement, travaux d'entretien des fossés visant à éliminer les débris érodés et à reconfigurer les pentes des fossés, élimination de la végétation ou épandage d'herbicides contre les mauvaises herbes, élimination de la végétation susceptible de servir de combustible en cas d'incendie et/ou épandage de pesticides contre les invertébrés ravageurs). Cela peut comprendre des activités réalisées sur place et/ou dans des zones adjacentes (p. ex. dérive de pesticides).

Perte temporaire ou permanente des caractéristiques biophysiques nécessaires à l'hespérie rurale, y compris de l'habitat requis pour les plantes hôtes des chenilles de l'hespérie rurale et/ou les plantes nectarifères exploitées par les adultes (directement ou indirectement par la réduction de la rétention d'humidité dans l'habitat).

La lutte chimique (pesticides ou herbicides) ou physique contre les ravageurs invertébrés ou les espèces végétales envahissantes peut entraîner la destruction de l'habitat essentiel, car elle peut dégrader ou détruire les plantes hôtes des chenilles de l'hespérie rurale et/ou les plantes nectarifères exploitées par les adultes, nécessaires à la survie de l'espèce (en raison de l'enlèvement des mauvaises herbes), ou rendre le microhabitat toxique (application de pesticides et/ou d'herbicides).

Menaces connexes de l'UICN : 4.2, 7.1, 7.3, 8.1

Selon la fréquence et le calendrier des travaux, le fauchage et le débroussaillage peuvent, dans certains cas, avoir un effet neutre ou bénéfique sur l'hespérie rurale, parce qu'ils réduisent l'empiètement végétal. Bien qu'on ne puisse pas déterminer les seuils d'effet, il est essentiel de mener les activités au moment opportun (c.-à-d. en dehors de la période de vol, qui va de mai à août) et de manière appropriée (c.-à-d. en évitant d'entraîner la perte de plantes hôtes des chenilles et de perturber le substrat) afin d'éviter la destruction de l'habitat. Les herbicides sont utilisés pour contrôler la végétation en bordure des routes et dans les emprises aux emplacements de plusieurs populations. L'hespérie rurale se rencontre à l'intérieur de l'aire d'introduction de la spongieuse (Lymantria dispar), et de nombreuses zones ont été pulvérisées pour éradiquer cette dernière dans l'aire de répartition de l'hespérie rurale.

Suppression des incendies et/ou incendies d'origine humaine qui entraînent la destruction des caractéristiques biophysiques de l'habitat essentiel.La lutte active et continue contre les incendies entraîne la perte à long terme des milieux dégagés en raison de l'empiètement par les arbres (succession) et de la modification de la composition des communautés végétales, de sorte que ces milieux ne constituent plus les types d'habitats nécessaires à l'hespérie rurale. Cependant, dans les endroits où ces caractéristiques biophysiques existent, les incendies d'origine humaine peuvent entraîner leur destruction.

Menaces connexes de l'UICN : 4.1, 4.2, 7.1, 7.3, 8.2

La suppression des incendies dans les écosystèmes du chêne de Garry et les milieux dégagés connexes a entraîné un déclin des milieux degagés dont l'hespérie rurale a besoin. Les incendies représentent une menace, particulièrement dans les grandes étendues naturelles ainsi qu'à côté des routes et des emprises et dans les zones récréatives, où le brûlage de broussailles peut être effectué comme activité de suppression des incendies.

Introduction délibérée d'espèces exotiques envahissantes attribuable, par exemple, à des activités qui ne sont pas conformes aux pratiques exemplaires de gestion provinciales pour l'utilisation d'équipement propreg dans les transports/l'entretien des corridors de services publics.Les espèces exotiques envahissantes pourraient détruire l'habitat de l'hespérie rurale, car elles peuvent faire disparaître les caractéristiques nécessaires de l'habitat, en raison de leur ocupation physique de l'espace et de leur utilisation des ressources et/ou indirectement en raison des effets sur la végétation connexe.

Menace connexe de l'UICN : 8.1.

Bon nombre des sites où l'hespérie rurale a été observée se sont détériorés et/ou sont aujourd'hui dominés par des espèces introduites, comme des graminées agricoles et des mauvaises herbes non graminoïdes et aussi le genêt à balais (Cytisus scoparius) et la ronce discolore (Rubus armeniacus).

g Voir le document « Best Management Practices for Invasive Plants in Parks and Protected Areas of British Columbia (PDF ; 15.4 Mo) [en anglais seulement] ».

4 Mesure des progrès

La présente section remplace la section 8 du plan de rétablissement provincial, intitulée « Mesure des progrès ».

Les mesures prioritaires visant l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris sont indiquées au tableau 4 du plan de rétablissement provincial. Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l'atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.

  • La répartition et l'abondance de toutes les populations existantes de l'hespérie rurale de la sous-espèce vestris (y compris toutes les populations nouvellement découvertes) ont été maintenues, c.-à-d. que la taille de la population et la zone d'occurrence ou la zone d'occupation à chaque site sont stables et/ou augmentent naturellement.

5 Énoncé sur les plans d'action

Un ou plusieurs plans d'action visant l'hespérie rurale seront publiés dans le Registre public des espèces en péril d'ici 2022.

6 Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement élaborés en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L'objet de l'EES est d'incorporer les considérations environnementales à l'élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l'environnement, et d'évaluer si les résultats d'un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l'environnement ou tout objectif ou cible de la la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l'EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.

Le plan de rétablissement provincial visant l'hespérie rurale renferme une section décrivant les effets des activités de rétablissement sur les espèces non ciblées (section 9). Environnement et Changement climatique Canada adopte cette section du plan de rétablissement provincial à titre d'énoncé sur les effets des activités de rétablissement sur l'environnement et les espèces non ciblées. La répartition de l'hespérie rurale chevauche celle de plusieurs autres espèces inscrites sur la liste fédérale des espèces en péril présentes en Colombie-Britannique dans les basses terres côtières du sud-est de l'île de Vancouver, les îles Gulf et la vallée du bas Fraser. Les activités de planification du rétablissement de l'hespérie rurale seront mises en œuvre en considérant toutes les espèces en péril se trouvant dans le même habitat, de façon à éviter ou à réduire autant que possible les impacts négatifs sur ces espèces ou leur habitat. Certaines mesures de gestion visant l'hespérie rurale (p. ex. inventaire et suivi, atténuation des menaces, conservation de l'habitat, éducation et recherche) pourraient favoriser la conservation d'autres espèces en péril dont la répartition chevauche celle de l'hespérie rurale et qui ont des besoins similaires en matière de caractéristiques de l'habitat.

7 Références

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Knopp, D., L. Larkin et J. Heron. 2009. Surveys for Dun Skipper (Euphyes vestris) in the Lower Fraser Valley, B.C., B.C. Min. Environ., Ecosystems Branch, Wildlife Science Section, Vancouver, BC. 53 pp.

Layberry, R.A., P.W. Hall, J.D. Lafontaine (planches par J.T. Fowler). 1998. The butterflies of Canada. Univ. Toronto Press, Toronto, Buffalo and London. 280 pp.

Marschalek D.A. et D.H. Deutschman. 2015. Initial investigation of critical biological uncertainties for Harbison's dun skipper (Euphyes vestris harbisoni) on conserved lands in San Diego County. 23 pages + app.

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Runquist, E. 2004. Workshop on the ecology and status of the Mardon skipper (Polites mardon): An unusual Pacific Northwest butterfly. Ashland, OR.

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Note de bas de page

Note 1 de bas de page

Ces zones protégées par le gouvernement fédéral sont les suivantes : un parc national du Canada dénommé et décrit à l'annexe 1 de la Loi sur les parcs nationaux du Canada, le parc urbain national de la Rouge créé par la Loi sur le parc urbain national de la Rouge, une zone de protection marine sous le régime de la Loi sur les océans, un refuge d'oiseaux migrateurs sous le régime de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs ou une réserve nationale de la faune sous le régime de la Loi sur les espèces sauvages du Canada. Voir le paragraphe 58(2) de la LEP.

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Note 2 de bas de page

Les populations sont basées sur les paramètres biologiques du papillon (p. ex. la distance de dispersion et la connectivité de l'habitat entre les occurrences connues, et mélange ou non entre individus). Les désignations de population utilisées dans la présente addition fédérale sont fondées sur les désignations fournies dans le plan de rétablissement provincial.

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Note 3 de bas de page

Voir les mesures prioritaires décrites dans le tableau de planification du rétablissement (tableau 4) du plan de rétablissement provincial.

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Note 4 de bas de page

Une occurrence est définie comme étant une parcelle d'habitat occupée dans laquelle un ou plusieurs individus de l'espèce ont été observés. Une occurrence peut concerner de multiples individus observés sur plusieurs années dans un site spatialement distinct durant des relevés ou des projets de recherche. Les zones d'occurrence incluent l'incertitude potentielle associée aux appareils de positionnement géographique (GPS), celle-ci pouvant atteindre jusqu'à 25 m selon l'exactitude de l'appareil GPS.

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Note 5 de bas de page

L'hespérie rurale est un lépidoptère appartenant à la sous-famille des Hespériinés.

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Note 6 de bas de page

Introduite (non indigène) en Colombie-Britannique.

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Note 7 de bas de page

Pour obtenir plus de détails sur les travaux de recherche visant à combler les lacunes dans les connaissances, voir les mesures prioritaires décrites dans le tableau de planification du rétablissement (tableau 4) du plan de rétablissement provincial.

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