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Programme de rétablissement : Épaulard populations résidentes du nord et du sud

Résumé

Deux populations distinctes d’épaulards (Orcinus orca), appelés les résidents du Nord et les résidents du Sud, vivent au large de la côte Ouest de la Colombie‑Britannique. En 2001, le COSEPAC a désigné les populations d’épaulards résidents du Sud et du Nord au titre de populations « en voie de disparition » et « menacée » respectivement. Les deux populations sont inscrites à l’Annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) et sont par ailleurs acoustiquement, génétiquement et culturellement distinctes.

Actuellement, les chercheurs considèrent que les populations d’épaulards résidents de la Colombie‑Britannique sont en péril, et ce, en raison de leurs faibles effectifs, de leur bas taux de reproduction et de l’existence de diverses menaces anthropiques susceptibles d’empêcher le rétablissement ou de causer d’autres déclins de la population. Parmi ces menaces, on remarque principalement la contamination du milieu, les réductions de la disponibilité ou de la qualité des proies ainsi que des perturbations physiques et acoustiques. Même selon le scénario le plus optimiste (les activités humaines n’entraînant pas d’augmentation de la mortalité ou de diminution de la reproduction), le faible taux de croissance intrinsèque de l’espèce fait en sorte que la période de rétablissement prendra plus d’une génération (25 ans).

La population d’épaulards résidents du Sud a connu des diminutions de 3 % par année entre 1995 et 2001 et a augmenté depuis, se situant à 85 membres en 2003[1]. Pendant l’été et l’automne, on trouve les résidents du Sud dans les eaux transfrontalières du détroit de Haro, du passage Boundary, de la portion Est du détroit de Juan de Fuca et des portions Sud du détroit de Georgia. Cette zone est désignée comme « habitat essentiel » en raison de son occupation saisonnière constante et prolongée. Certains membres de la population demeurent d’ordinaire dans la même zone générale à l’hiver et au printemps; d’autres, par contre, semblent parcourir des distances beaucoup plus grandes et ont été rapportés au sud, aussi loin que Monterey Bay (Californie) et au nord, aussi loin que Haida Gwaii (aux îles de la Reine-Charlotte). On n’a noté aucun habitat essentiel pour l’hiver et le printemps pour ce dernier groupe. Pendant l’été et l’automne, les principales proies des épaulards résidents du Sud semblent être le saumon quinnat et le saumon kéta (Onorchynchus tshawytscha et O. keta). On en sait peu sur leur régime alimentaire en hiver et en automne. Ce manque d’information au sujet de l’alimentation et de la répartition hivernales des épaulards résidents du Sud constitue une lacune importante qui nuit à notre compréhension des principales menaces pesant sur la population.

La population d’épaulards résidents du Nord a diminué de 7 % entre 1997 et 2003, et comme pour les résidents du Sud, a ensuite augmenté, se situant à 205 membres en 2003. La population semble passer la majeure partie de son temps entre la rivière Campbell et le passage Alberni au nord-ouest de l’entrée Dixon, mais elle a été observée au sud, aussi loin que Grays Harbor dans l’État de Washington et au nord, aussi loin que la baie Glacier en Alaska (C.M. Gabriele, communication personnelle). Pendant l’été et l’automne, on trouve régulièrement une partie de la population dans le détroit de Johnstone et dans les portions sud-est du détroit de la Reine‑Charlotte (et des canaux adjacents) et cette zone est désignée comme habitat essentiel en raison de cette occupation saisonnière stable. D’autres zones sont vraisemblablement importantes pour les résidents du Nord pendant cette période, mais il reste encore à les identifier clairement. De même, on ne connaît pas encore les zones qui peuvent constituer un habitat essentiel pendant l’hiver et le printemps. Les résidents du Nord semblent cibler, eux aussi, le saumon quinnat et le saumon kéta au cours de l’été et de l’automne. Néanmoins, comme pour les résidents du Sud, les chercheurs en savent peu sur leur répartition et leur alimentation pendant l’hiver et on doit combler cette lacune afin de comprendre entièrement les menaces pesant sur la population.

Le but de la stratégie de rétablissement des épaulards résidents est le suivant :

Assurer la viabilité à long terme des populations résidentes d’épaulards en obtenant et en maintenant des conditions démographiques qui permettent de soutenir leur potentiel reproductif, leur diversité génétique ainsi que leur continuité culturelle[2] .

Afin d’atteindre ce but, quatre objectifs principaux ont été définis :

Objectif 1 : Veiller à ce que les épaulards résidents bénéficient de disponibilités alimentaires adéquates et accessibles afin de permettre leur rétablissement.

Objectif 2 : S’assurer que les polluants chimiques et biologiques n’empêchent pas le rétablissement des populations d’épaulards résidents.

Objectif 3 : Veiller à ce que la perturbation découlant des activités humaines n’empêche pas le rétablissement des épaulards résidents.

Objectif 4 : Protéger l’habitat essentiel proposé pour les épaulards résidents et définir d’autres zones de concentration potentielles pour la désignation et la protection de l’habitat essentiel.

Diverses mesures générales visant l’atteinte de ces objectifs sont décrites brièvement dans le présent document. Cependant, s’il reste des lacunes importantes dans la connaissance des épaulards, on a défini bon nombre des moyens à utiliser pour les combler et pour déterminer d’autres orientations susceptibles de favoriser le rétablissement. On recommande la formation de six groupes de mise en œuvre du rétablissement ayant pour mandat l’étude des menaces et des problèmes suivants : 1) les lacunes concernant la dynamique et la répartition démographique de la population d’épaulards résidents; 2) la disponibilité réduite des proies; 3) les contaminants environnementaux; 4) les perturbations physiques; 5) les perturbations acoustiques; 6) l’habitat essentiel. Ces groupes élaboreront un plan d’action pertinent dans les deux années suivant l’acceptation de la stratégie de rétablissement par le ministre concerné.



[1] Il convient de noter que, dans la littérature, il existe aussi de faibles écarts dans les dénombrements de la population d’épaulards résidents du Sud parce que les méthodes utilisées pour enregistrer le moment où l’on considère que les épaulards entrent ou quittent la population diffèrent. Ainsi, Krahn et al., (2004) ont signalé 83 épaulards résidents du Sud en 2003.

[2] Par culture, on renvoie à l’ensemble des informations et des caractéristiques comportementales qui sont transmises au sein d’une génération, de même qu’entre les générations, par l’apprentissage social.