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Programme de rétablissement : Épaulard populations résidentes du nord et du sud

1.3 Taille de la population et tendances

1.3.1 Vue d’ensemble

On en sait peu sur l’abondance historique des épaulards, si ce n’est qu’ils étaient « peu nombreux » (Scammon, 1874). Depuis le début des années 1970, les études par identification photographique ont permis de fournir des estimations raisonnables de la population d’épaulards dans les eaux du littoral du Pacifique du Nord‑Est (Washington, Colombie-Britannique, Alaska et Californie) et une étude semblable est en cours dans plusieurs autres régions côtières, p. ex. dans le golfe de la Californie, en Extrême‑Orient russe, en Nouvelle‑Zélande, en Patagonie, en Islande et en Norvège. Dans d’autres régions, on a effectué des relevés le long de transects pour fournir des estimations sur la population. Ainsi, la population de l’Antarctique a été estimée à 25 000 individus (Branch et Butterworth, 2001) et celle de l’est du Pacifique tropical à 8 500 individus (Wade et Gerodette, 1993). Comme telle, l’abondance mondiale d’épaulards se chiffre probablement entre 40 000 et 60 000 individus (Forney et Wade, sous presse). L’information sur les tendances relatives aux épaulards n’est généralement pas disponible, sauf pour les populations d’épaulards résidents de la Colombie‑Britannique (voir ci‑après) et du sud de l’Alaska (population en hausse, Craig Matkin, North Gulf Oceanic Society, communication personnelle, novembre 2005) et pour une petite population d’épaulards migrateurs dans le détroit du Prince Williams (groupe AT1, actuellement en déclin, rétablissement peu probable, Saulitis et al., 2002).

1.3.2 Colombie-Britannique

Antérieurement à 1960, il n’existe pas d’estimation sur la population d’épaulards en Colombie-Britannique. Les recensements de la population d’épaulards sont maintenant effectués annuellement au moyen de l’identification photographique des individus. Les tendances relatives à la population varient selon les communautés et les clans. Aux fins de la Stratégie de rétablissement, les données du Centre for Whale Research (CWR), à Friday Harbor, dans l’État de Washington, ont été utilisées pour tracer l’état de la population d’épaulards résidents du Sud et les tendances qui les caractérisent. Les données du programme de recherche sur les cétacés (PRC‑MPO), Nanaimo (C.‑B.) ont été utilisées pour décrire la population d’épaulards résidents du Nord. Les méthodes de recensement des épaulards diffèrent légèrement pour chaque groupe de recherche.

Les nombres d’épaulards résidents du Sud comprennent tous les épaulards observés au cours d’une année civile, et les mortalités sont incluses selon le moment où elles ont lieu. Par exemple, un épaulard qui n’a pas été vu depuis le mois de mars est présumé mort. Il est moins certain qu’un épaulard qui n’est pas vu en novembre ou en décembre soit mort, et il peut être inclus dans le calcul. Dans les récentes années, comme l’effort d’observation a été important et que les membres de la communauté d’épaulards résidents du Sud ont été photographiés annuellement, le dénombrement est raisonnablement précis.

Les nombres d’épaulards résidents du Nord comprennent tous les épaulards qu’on sait vivants au 1er juillet de chaque année. Néanmoins, ce ne sont pas tous les membres de la communauté d’épaulards résidents qui sont vus chaque année; par conséquent, les données du dénombrement sont généralement moins précises que celles obtenues pour les résidents du Sud.

En 2003, on comptait en tout 290 épaulards résidents du nord et du sud (données non publiées, CWR et PRC-MPO). En comparaison, il existe environ 220 épaulards migrateurs et 200 épaulards océaniques, quoique ces chiffres soient moins précis que les dénombrements des épaulards résidents, car ce ne sont pas tous les individus qui sont observés chaque année (Ford et al., 2000).

Résidents du Sud

La taille de la communauté d’épaulards résidents du Sud est connue depuis le premier recensement par identification photographique mené en 1976 et a été estimée pour les années antérieures à cette date (Olesiuk et al., 1990, données non publiées, CWR). La figure 2 montre la taille de chaque groupe familial ainsi que la fluctuation observée dans la population totale de la communauté d’épaulards résidents du Sud de 1974 à 2003.

Figure 2 : Taille de la population et tendances observées chez les résidents du Sud de 1974 à 2003. Source : données non publiées provenant du Centre for Whale Research.

Figure 2 : Taille de la population et tendances observées chez les résidents du Sud de 1974 à 2003. Source : données non publiées provenant du Centre for Whale Research.

Bien que la communauté d’épaulards résidents du Sud augmentait vraisemblablement en taille au début des années 1960, le nombre d’épaulards dans la communauté a chuté dramatiquement à la fin des années 1960 et au début des années 1970 en raison de la capture d’animaux vivants destinés à des aquariums (Bigg et Wolman, 1975). Un total de 47 spécimens qu’on sait avoir été ou qu’on présume avoir été des résidents du Sud ont été capturés et retirés de la population (Bigg et al., 1990). La population a augmenté de 19 % (3,1 % par année) à partir d’un faible niveau de 70 individus après la fin des captures d’animaux vivants en 1973 jusqu’à 83 individus en 1980, quoique le taux de croissance ait varié selon les groupes (figure 2). De 1981 à 1984, la population a diminué de 11 % (-2,7 % par année) pour se situer à 74 épaulards, en raison d’un faible taux de naissance, d’une mortalité plus élevée chez les femelles adultes et les jeunes (Taylor et Plater, 2001) et d’un petit nombre d’animaux matures, de mâles en particulier, conséquence d’un prélèvement sélectif survenu dans les années antérieures (Olesiuk et al., 1990). De 1985 à 1995, le nombre de résidents du Sud a augmenté de 34 % (2,9 % par année) pour totaliser 99 individus. Un accroissement subit du nombre d’individus matures, une hausse des naissances et une baisse des mortalités ont contribué à la croissance de la population. Le plus récent déclin a débuté en 1996, accompagné d’une période prolongée de bas taux de survie (Taylor et Plater, 2001, Krahn et al., 2002) et d’une fécondité peu élevée (Krahn et al., 2004), entraînant ainsi une diminution de 17 % (-2,9 % par année) du nombre d’individus, qui atteignait 81 en 2001. Depuis, le nombre de résidents du Sud s’est légèrement accru pour atteindre 85 individus en 2003[4] (données non publiées, CWR). La hausse s’est produite dans les groupes J et K, tandis que le nombre d’individus du groupe L a continué de décroître.

On a utilisé des analyses de viabilité de la population (AVP) pour estimer le risque d’extinction des résidents du Sud (Taylor et Plater, 2001, et Krahn et al., 2002, 2004). Comme on pourrait s’y attendre, le risque d’extinction s’accroît lorsque la fréquence et l’ampleur de catastrophes comme les déversements d’hydrocarbures et les épidémies sont élevées. Selon le modèle, s’il y a persistance des taux de mortalité et de reproduction observés dans les années 1990, la probabilité que la population disparaisse d’ici 100 ans est de 6 à 100 % et le risque que l’extinction se produise d’ici 300 ans est de 68 à 100 %. Dans ces scénarios, l’extinction de la population d’épaulards résidents du Sud peut être considérée comme inévitable selon les hypothèses d’analyses, et les événements catastrophiques ne font que hâter cette fatalité. Cependant, lorsqu’on utilise les taux de mortalité et de reproduction de toute la période comprise entre 1974 et 2000, le risque d’extinction de la population diminue (0 à 55 % sur 100 ans et 2 à 100 % sur 300 ans).

En plus des analyses centrées uniquement sur les résidents du Sud, Krahn et al. (2002) ont mené des simulations en prenant pour hypothèse que la population d’épaulards résidents du Sud faisait partie d’une plus grande population de reproduction comprenant des résidents du Nord et des résidents du sud de l’Alaska, ce qui a grandement atténué les risques d’extinction. Par contre, ce scénario ne reflète pas les preuves actuelles, qui semblent indiquer que les résidents du Sud sont isolés génétiquement des autres populations (Barrett-Lennard, 2000; Barrett-Lennard et Ellis, 2001).

Résidents du Nord

Selon toute vraisemblance, la communauté d’épaulards résidents du Nord a augmenté en taille durant le début des années 1960 mais a fait l’objet de prélèvements dans le cadre de la capture d’animaux vivants entre 1964 et 1973, période pendant laquelle au moins 14 individus ont été prélevés. On sait que douze d’entre eux provenaient d’un même groupe familial (A5, Bigg et al., 1990). Lors du premier recensement en 1974, on a estimé que la communauté d’épaulards résidents du Nord était composée d’environ 120 individus. Quoique les estimations de l’abondance des résidents du Nord soient moins précises que celles des résidents du Sud, parce que les lignées maternelles ne sont pas toutes observées chaque année, il semble que la communauté d’épaulards résidents du Nord a connu une croissance constante pendant la période entre 1974 et 1991 (environ 3,4 % par année, figure 3). La méthode de recensement utilisée pour les résidents du Nord consiste à estimer la taille de la population en fonction du nombre d’animaux qu’on sait être vivants au 1er juillet de chaque année. La population a augmenté pour atteindre un sommet de 220 individus en 1997 (une croissance de 3,0 % par année, données non publiées, PRC-MPO). Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer le succès des résidents du Nord par rapport aux résidents du Sud au cours de cette période : la plus grande taille de la population a pu amortir les changements dans les taux de naissance et de mortalité, moins d’individus ont été capturés lors de la capture d’animaux vivants (Olesiuk et al., 1990) et, en général, ils sont exposés à moins de perturbations et de contaminations du milieu. Entre 1997 et 2003, la communauté d’épaulards résidents du Nord a connu une baisse de 7 %, se situant à 205 individus en 2003 (données non publiées, PRC-MPO, figure 3). Comme pour les résidents du Sud, on ignore la ou les causes du déclin. Aucune analyse de la viabilité de la population n’a encore été menée uniquement pour les résidents du Nord.

Figure 3 : Taille de la population et tendances observées chez les résidents du Nord entre 1974 et 2003. Les valeurs reflètent le nombre minimal, maximal et estimé d’animaux vivants au 1er juillet de chaque année. Source : données non publiées, PRC-MPO, Nanaimo.

Figure 3: Taille de la p opulation et tendances observées chez les résidents du Nord entre 1974 et 2003. Les valeurs reflètent le nombre minimal, maximal et estimé d’animaux vivants au 1er juillet de chaque année. Source : données non publiées, PRC-MPO, Nanaimo.



[4] Cette estimation comprend L98 ou Luna (voir la section 3.2.2 Organisation sociale).