Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Programme de rétablissement de la dysnomie ventrue jaune, l’épioblasme tricorne, le pleurobème écarlate, la mulette du Necturus et al villeuse haricotau Canada [Proposition]

II. Rétablissement

1. But du rétablissement

Voici les buts à long terme de la présente programme de rétablissement.

  1. Empêcher la disparition du Canada de la dysnomie ventrue jaune, de l’épioblasme tricorne, du pleurobème écarlate, de la mulette du Necturus et de la villeuse haricot.
  2. Assurer le retour de populations de dysnomies ventrues jaunes en santé et autosuffisantes dans les rivières Ausable, Grand, Sydenham et Thames ainsi que dans le delta de la rivière Sainte-Claire.
  3. Assurer le retour de populations d’épioblasmes tricornes en santé et autosuffisantes dans les rivières Ausable, Grand, Sydenham et Thames ainsi que dans le delta de la rivière Sainte-Claire.
  4. Assurer le retour de populations de pleurobèmes écarlates en santé et autosuffisantes dans les rivières Sydenham, Thames et Grand ainsi que dans le delta de la rivière Sainte-Claire.
  5. Assurer le retour de populations de mulettes du Necturus en santé et autosuffisantes dans les rivières Sydenham et Thames ainsi que dans le delta de la rivière Sainte-Claire.
  6. Assurer le retour de populations de villeuses haricot en santé et autosuffisantes dans les rivières Sydenham et Thames ainsi que dans le delta de la rivière Sainte-Claire.

On considérera que ces populations seront rétablies seulement lorsqu’elles auront regagné leur aire de répartition et/ou atteint leurs densités historiques estimées et qu’elles montreront des signes de reproduction et de recrutement.

2. Objectifs de rétablissement(sur 5 ans)

  1. Déterminer l’étendue, l’abondance et la démographie des populations actuelles.
  2. Déterminer quels sont les poissons hôtes ainsi que leur répartition et leur abondance.
  3. Définir les principales exigences en matière d’habitat afin d’identifier l’habitat essentiel.
  4. Élaborer un programme de surveillance à long terme pour toutes les espèces, leurs hôtes et leurs habitats respectifs.
  5. Déterminer quelles sont les menaces pesant sur les espèces, évaluer leur importance relative et mettre en œuvre des mesures correctives afin de limiter leurs effets.
  6. Examiner la faisabilité des relocalisations, des réintroductions et de l’établissement de refuges gérés.
  7. Accroître la sensibilisation au sujet de la répartition et du rétablissement de ces espèces ainsi que des menaces pesant sur elles.

3.Approches pour atteindre les objectifs de rétablissement

On a divisé les approches retenues pour atteindre les objectifs de rétablissement en quatre catégories distinctes – recherche et surveillance; gestion; intendance; sensibilisation. La réussite du rétablissement nécessitera la prise en considération des approches de toutes les catégories. On a ajouté une explicitation après chaque tableau, au besoin.

a)Recherche et surveillance
PrioritéNuméroObjectif viséApproche/stratégie généraleMesures particulièresEffet prévuMenace traitée
URGENT1-1ii, v

Recherche –

Poisson hôte

Continuer l’analyse des poissons hôtes de l’épioblasme tricorne, de la dysnomie ventrue jaune, du pleurobème écarlate et de la villeuse haricot.

Aidera à déterminer si l’abondance des hôtes constitue un facteur limitatif pour les quatre espèces de moules.

Aidera à identifier l’habitat essentiel.

Poissons hôtes
URGENT1-2ii, v

Relevés –

Poisson hôte

Déterminer la répartition et l’abondance des espèces hôtes.Aidera à déterminer si l’abondance des hôtes limite la présence des cinq espèces de moules.Poissons hôtes
URGENT1-3iii

Recherche –

Habitat essentiel

Déterminer les exigences en matière d’habitat à tous les stades de développement.Aidera à définir l’habitat essentiel de la mulette du Necturus, de la dysnomie ventrue jaune, du pleurobème écarlate, de la villeuse haricot et de l’épioblasme tricorne. 
URGENT1-4iii, vi

Relevés –

Habitat essentiel

Établir une carte de la répartition des habitats adéquats.Aidera à identifier l’habitat essentiel et les zones de réintroduction potentielles. 
URGENT1-5vi

Recherche –

Refuges gérés

Étudier la faisabilité de l’établissement de refuges activement gérés dans le delta de la rivière Sainte-Claire.Déterminera si la dysnomie ventrue jaune et le pleurobème écarlate présents dans le delta de la rivière Sainte-Claire peuvent être protégés des effets des moules zébrées.Espèces exotiques
URGENT1-6viAugmentation des populationsExaminer la faisabilité des transferts et des réintroductions.Permettra de déterminer si l’on peut faire accroître les petites populations ou si l’on peut réintroduire des espèces dans leurs aires de répartition antérieures. 
NÉCESSAIRE1-7i, iv

Surveillance –

Populations de moules et de poissons

hôtes

Établir un réseau de stations de surveillance permanentes dans toutes les aires de répartition antérieures et actuelles.Permettra de suivre les populations, d’analyser les tendances et d’évaluer les mesures de rétablissement. 
NÉCESSAIRE1-8iv, v

Surveillance –

Habitat

Établir des sites de surveillance permanents pour suivre les changements relatifs à l’habitat.Fournira des données sur les tendances relatives aux principaux habitats et aidera à évaluer la menace relative de disparition de l’habitat. 
NÉCESSAIRE1-9v

Recherche –

Menaces

Déterminer et évaluer les menaces à tous les stades de développement.Aidera à déterminer les raisons des déclins et à élaborer des mesures correctives.Toutes les menaces
NÉCESSAIRE1-10vi

Recherche –

Génétique de conservation

Comparer la variabilité génétique au sein des populations canadiennes et entre elles. Déterminer si les populations affichent une structure génétique en comparant la variabilité entre les populations dans les cours d’eau canadiens et américains.Aidera à déterminer si le transfert ou l’augmentation d’une population est appropriée. 

1-1 et 1-2– La nécessité d’une période d’enkystement peut réduire le cycle de vie des moules. Les recherches et les mesures de rétablissement axées sur les périodes précédent ou suivant l’enkystement peuvent se révéler inefficaces si la présence du poisson hôte est limitée. Pour que l’on puisse déterminer si ces espèces ont un nombre limité d’hôtes, il faut d’abord identifier les espèces hôtes, puis confirmer si le chevauchement spatial et temporel entre les aires de répartition des moules et celles de leurs hôtes permet la réussite de l’enkystement. La détermination de la spécificité des hôtes de certaines espèces de moules nécessite l’identification des hôtes chez les populations locales, dans la mesure du possible. Selon de nombreux documents, le necture tacheté est l’hôte spécifique de la mulette du Necturus. En outre, on a identifié les espèces hôtes des populations canadiennes de dysnomies ventrues jaunes, de villeuses haricot et d’épioblasmes tricornes; cependant les recherches doivent se poursuivre, puisque les résultats concernant la dysnomie ventrue jaune et l’épioblasme tricorne évoluent encore (McNichols et Mackie, 2004). On s’est appuyé sur des résultats obtenus aux États-Unis pour identifier les espèces hôtes des populations canadiennes de pleurobèmes écarlates. Une fois que les hôtes seront confirmés, il faudra s’assurer que les aires de répartition des espèces hôtes chevauchent celles des moules. Comme les moules adultes sont essentiellement sessiles, on devra donc vérifier que des individus des espèces hôtes fréquentent les tronçons où se trouvent des moules femelles adultes, et ce, au moment où elles renferment des glochidies adultes.

1-3 et 1-4– L’identification de l’habitat essentiel est un composant fondamental pour le rétablissement de ces espèces. Bien que la répartition des moules adultes soit relativement passive, on peut l’associer à des types d’habitat distincts, ce qui laisse croire que la survie est liée à l’état de l’habitat local. L’état de l’habitat peut également se révéler important au cours du stade juvénile, et l’on doit se pencher sur les préférences des hôtes en matière d’habitat. L’identification de l’habitat essentiel sera un processus comportant plusieurs étapes. Pour obtenir de plus amples renseignements au sujet des mesures requises, consulter les sections Habitat essentiel de chaque espèce.

1-5 – Malgré la présence de moules zébrées, on peut trouver des populations reliques de dysnomies ventrues jaunes et de pleurobèmes écarlates dans le delta de la rivière Sainte-Claire. Metcalfe-Smith et al.(2004) ont rapporté une infestation de moules zébrées s’étendant de <1 à 36 moules zébrées/unionidés dans cette zone en 2003. Même si ce nombre est inférieur aux limites mortelles rapportées ailleurs (Ricciardi et al.,1995), il peut entraîner des effets chroniques à long terme causant des déclins prolongés. Selon les comparaisons entre les prélèvements menés en 2001 et ceux de 2003, l’abondance de tous les unionidés a diminué d’environ 14 %, tandis que les déclins ont été beaucoup plus importants chez certaines espèces (par ex., un déclin de 80 % de l’obovarie ronde) (Metcalfe-Smith et al.,2004). Bien que les tendances relatives aux densités d’unionidés soient généralement à la baisse, on a observé des abondances globales stables à quelques sites. On a associé ces sites à de faibles taux d’infestation par les moules zébrées et à une grande diversité d’unionidés; ils peuvent donc représenter des refuges potentiels. Puisque ces sites sont encore affectés par les moules zébrées, il est probable que l’on doive mener une gestion active des unionidés en retirant régulièrement ces moules et en relocalisant de façon les dysnomies ventrues jaunes et d’autres espèces de moules en péril fréquentant les sites les plus gravement infestés dans ces refuges potentiels.

1-7 et 1-8 – On doit établir un réseau de stations de surveillance bien équipées et permanentes dans toutes les aires de répartition actuelles et antérieures des cinq espèces de moules. Avec ces sites de surveillance, on doit être en mesure :

  • d’assurer un suivi quantitatif des changements observés dans l’abondance ou la démographie des moules (répartition selon la taille, structure selon l’âge, etc.) ou de leurs hôtes;
  • de mener des analyses détaillées sur l’utilisation de l’habitat; de suivre les changements apportés à l’utilisation ou à la disponibilité de l’habitat;
  • de détecter la présence d’espèces exotiques (par ex., moules zébrées). Les moules zébrées se reproduisent probablement dans les bassins des rivières Grand, Thames, Sydenham et Ausable. On devrait donc établir les sites de surveillance dans ces bassins ou près de ceux-ci afin de permettre une détection précoce des moules zébrées au cas où elles envahiraient ces systèmes. La surveillance des espèces exotiques dans le delta de la rivière Sainte-Claire sera probablement menée en parallèle avec celle des sites de refuge gérés.