Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Programme de rétablissement de la dysnomie ventrue jaune, l’épioblasme tricorne, le pleurobème écarlate, la mulette du Necturus et al villeuse haricotau Canada [Proposition]

7. Habitat: Dysnomie ventrue jaune

Identification de l’habitat– La dysnomie ventrue jaune fréquente principalement les eaux très oxygénées des bancs des rivières (Clarke, 1981; Cummings et Mayer, 1992). Comme substrat, elle privilégie les fonds rocheux et sableux composés de gravier (de fin à grossier) et de sable très compact. Les récentes observations menées dans la rivière Sydenham l’ont d’ailleurs confirmé. La dysnomie ventrue jaune vit dans des cours d’eau de toutes tailles, et sa présence dans le bassin ouest du lac Érié est apparemment attribuable aux vagues qui font continuellement bouger l’eau (USFWS, 1994). On ne dispose d’aucune donnée sur la tolérance thermale de la dysnomie ventrue jaune; cependant, les températures de l’eau dans les rivières Sydenham et Ausable variaient de 18 à 27 °C aux sites où des spécimens vivants ont été trouvés en 1997 et en 1998. Le substrat de son habitat privilégié est relativement diversifié dans le tronçon de 50 km du bras est de la rivière Sydenham, où cette espèce est toujours présente. En outre, cet habitat est formé de bancs et de fosses bien définis, ce qui en fait un lieu exceptionnel pour les moules indigènes (Dextrase et al., 2003).

Habitat présentement occupé – On a effectué la localisation géospatiale de l’habitat de chacune des cinq espèces de moules devant faire l’objet de mesures de conservation à l’aide des méthodes élaborées par McGoldrick et al. (en cours d’impression) (figures 16 et 17). Ces derniers recommandent l’utilisation du système d’inventaire des milieux aquatiques du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (ALIS, version 1) (Stanfield et Kuyvenhoven, 2005) comme unité de base pour définir les habitats importants dans des systèmes riverains. Le système ALIS utilise une méthode de classification des vallées pour recenser les tronçons de rivière présentant des habitats semblables ainsi qu’une continuité sur le plan de l’hydrographie, de la géologie des dépôts meubles, des pentes, de la position, de la zone d’égouttement en amont, du climat, de la couverture terrestre et de la présence d’obstacles dans le cours d’eau même. Dans le cas des populations des Grands Lacs pour lesquelles on ne peut pas utiliser les tronçons du système ALIS, McGoldrick et al. (en cours d’impression) recommandent l’utilisation d’une zone tampon de 5 km autour des zones d’occurrence connues des espèces. On a choisi cette solution en fonction de l’étendue spatiale de l’échantillonnage mené dans le lac Sainte-Claire. Dans tous les segments de cours d’eau identifiés, la largeur de l’habitat est définie comme étant la zone s’étendant du milieu du chenal jusqu’à la limite de débordement des rives, des deux côtés du cours d’eau.

Description géospatiale – L’habitat actuel de la dysnomie ventrue jaune se limite à un tronçon de 50 km de la rivière Sydenham est (figure 16) où l’on trouve actuellement des spécimens vivants de cette espèce, à un tronçon de 55 km dans la rivière Ausable (figure 16) et dans une petite partie du delta de la rivière Sainte-Claire (figure 17).

Description fonctionnelle – Parmi les zones définies dans la section Habitat présentement occupé, on considère que seules celles qui affichent les caractéristiques décrites ci-après constituent un habitat qui doit faire l’objet de mesures de conservation :

·    zones humides permanentes;

·    parties de cours d’eau d’un ordre supérieur à 2 (population riveraine seulement);

·    zones composées de fonds de sable compact ou de gravier (de fin à grossier);

·    zones où les débits sont de constants à modérés (populations riveraines seulement);

·    zones contenant des bancs bien oxygénés;

·    zones côtières composées de substrat sableux ferme (populations des Grands Lacs).

Activités susceptibles d’avoir un impact sur l’habitat présentement occupé

Diverses activités pourraient avoir des impacts négatifs sur l’habitat présentement occupé par la dysnomie ventrue jaune. Les activités pratiquées dans les cours d’eau telles que le dragage, l’installation de ponts et de pipelines ou la construction de barrages pourraient notamment causer la destruction directe de cet habitat. Les activités terrestres qui influent sur la qualité de l’eau ou sur la quantité d’eau disponible pourraient également nuire à cet habitat. Ces activités comprennent, entre autres, toute activité provoquant l’apport d’éléments nutritifs, de sédiments et de substances toxiques par l’intermédiaire de l’eau de pluie incorrectement traitée; la culture des terres riveraines; l’accès libre des animaux d’élevage à la rivière; les travaux de canalisation et de drainage; le prélèvement d’eau; l’extraction d’agrégats; le rejet d’eaux usées incorrectement traitées.

En ce qui concerne les moules d’eau douce, il faut prendre en considération les composants physiques et chimiques de l’habitat, mais également les composants biologiques. Toute activité qui perturbe les liens entre les populations de dysnomies ventrues jaunes et leurs espèces hôtes (voir la section portant sur la reproduction) peut entraîner la destruction de l’habitat. Parmi ces activités, mentionnons, entre autres, l’aménagement de digues, les travaux d’assèchement et la pêche sportive ou commerciale. Il est à noter que les activités ayant lieu à l’extérieur de l’habitat présentement occupé peuvent quand même affecter la population hôte dans la zone (p. ex., l’aménagement de digues en aval peut empêcher la circulation des poissons dans la zone pendant la période de reproduction des moules (du 1er mai au 1er décembre). Il faut donc évaluer toute activité qui influe sur une population hôte dans une zone où l’habitat est présentement occupé afin de s’assurer que le cycle de reproduction n’est pas perturbé.

Habitat occupé autrefois–L’habitat occupé autrefois par la dysnomie ventrue jaune comprend une partie du cours inférieur de la rivière Ausable, la rivière Detroit et le bassin ouest du lac Érié.

Figure16

Figure 16 – Habitat présentement occupé par la dysnomie ventrue jaune dans les rivières Sydenham et Ausable

 Figure17

Figure 17 – Habitat présentement occupé par la dysnomie ventrue jaune dans le delta de la rivière Sainte-Claire