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Programme de rétablissement de la castilléjie des rochers (Castilleja rupicola) au Canada - 2017

Partie 2 – Programme de rétablissement de la castilléjie des rochers (Castilleja rupicola) en Colombie-Britannique, préparé par l'Équipe de rétablissement de la castilléjie des rochers pour le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique. - Mars 2009

Programme de rétablissement de la castilléjie des rochers (Castilleja rupicola)
en Colombie-Britannique

Photo : Castilléjie des rochers

Préparé par l'Équipe de rétablissement de la castilléjie des rochers

Ministère de l'environnement - C.B

Mars 2009


Information sur le document

À propos de la série de Programmes de rétablissement de la Colombie-Britannique

La présente série réunit les programmes de rétablissement visant à conseiller le gouvernement de la Colombie-Britannique quant à l’approche stratégique générale à adopter pour le rétablissement des espèces en péril. Le gouvernement provincial prépare les programmes de rétablissement pour respecter ses engagements relativement au rétablissement des espèces en péril dans le cadre de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.

Qu'est-ce que le rétablissement?

Le rétablissement des espèces en péril est le processus visant à arrêter ou à inverser le déclin des espèces en voie de disparition, menacées ou disparues de la province ainsi qu’à éliminer ou à réduire les menaces auxquelles elles sont exposées, de façon à augmenter leurs chances de survie à l’état sauvage.

Qu'est-ce qu'un programme de rétablissement?

Le programme de rétablissement fait appel aux meilleures connaissances scientifiques disponibles pour déterminer ce qui doit être réalisé afin de rétablir une espèce ou un écosystème. Il indique ce qu'on sait et ce qu'on ignore à propos de l'espèce ou de l'écosystème visé; il décrit en outre les menaces qui planent sur l'espèce ou l'écosystème et ce qu'il faut faire pour atténuer ces menaces. Le programme fixe les buts et les objectifs du rétablissement de l'espèce ou de l'écosystème et recommande des approches à privilégier à cet égard.

En général, la préparation du programme est confiée à une Équipe de rétablissement composée de membres des organismes responsables de la gestion de l'espèce ou de l'écosystème, d'experts issus d'autres organismes, de chercheurs universitaires et de représentants des groupes de conservation, des Autochtones et des autres parties intéressées, s'il y a lieu.

Prochaines étapes

Dans la plupart des cas, on procède à l'élaboration d'un ou de plusieurs plans d'action pour préciser et orienter la mise en œuvre du programme de rétablissement. Les plans d'action renferment des renseignements plus détaillés sur les mesures à prendre pour atteindre les objectifs du programme de rétablissement. Cependant, les programmes de rétablissement fournissent de l'information précieuse sur les menaces et les mesures concourant au rétablissement. Cette information peut servir aux particuliers, aux collectivités, aux propriétaires fonciers et aux protecteurs de l'environnement qui s'intéressent au rétablissement des espèces en péril.

Pour de plus amples renseignements

Pour en savoir davantage sur le rétablissement des espèces en péril en Colombie-Britannique, consulter le site Web du ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique portant sur la planification du rétablissement (en anglais seulement).

Programme de rétablissement de la castilléjie des rochers (Castilleja rupicola) en Colombie-Britannique

Préparé par l’Équipe de rétablissement de la castilléjie des rochers

Mars 2009

Référence recommandée :

Équipe de rétablissement de la castilléjie des rochers. 2009. Programme de rétablissement de la castilléjie des rochers (Castilleja rupicola) en Colombie-Britannique. Préparé pour le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique, Victoria, Colombie-Britannique, 20 p.

Illustration/photographie de la couverture

Ross Vennesland

Exemplaires supplémentaires

On peut télécharger le présent document à partir de la page Web du ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique portant sur la planification du rétablissement (en anglais seulement).

Le contenu du présent document (à l'exception des illustrations) peut être utilisé sans autorisation, mais en prenant soin d'indiquer la source.

Avis

Le présent programme de rétablissement a été préparé par l’Équipe de rétablissement de la castilléjie des rochers. Il vise à conseiller les autorités responsables et les organisations susceptibles de participer au rétablissement de l’espèce. Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique a reçu ces conseils dans le cadre des engagements pris en vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l’Accord Canada - Colombie-Britannique sur les espèces en péril.

Ce document présente les stratégies de rétablissement jugées nécessaires pour rétablir les populations de castilléjies des rochers en Colombie-Britannique, à la lumière des meilleures connaissances scientifiques et traditionnelles dont nous disposons. Les mesures de rétablissement à adopter pour atteindre les buts et les objectifs exposés dans le présent plan sont assujetties aux priorités et aux contraintes budgétaires des organismes participants. Ces buts, objectifs et approches pourraient être modifiés de manière à tenir compte de nouveaux objectifs et de nouvelles conclusions.

Les autorités responsables et tous les membres de l’équipe de rétablissement ont eu l’occasion d’examiner ce document. Malgré tout, le contenu ne reflète pas nécessairement la position officielle des organismes concernés ou les opinions personnelles de tous les particuliers qui siègent à l’équipe de rétablissement.

Le succès du rétablissement de cette espèce dépend de l’engagement et de la coopération d’un grand nombre d’intervenants qui participent à la mise en œuvre des orientations exposées dans le présent plan. Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique invite tous les citoyens de la province à participer au rétablissement de la castilléjie des rochers.


Membres de l'Équipe de rétablissement

Kym Welstead, ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique
Brenda Costanzo, ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique
Kathleen E. Wilkinson, entrepreneure

Ancien membre de l'Équipe de rétablissement :

Ted Lea (retraité), ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique


Auteurs

Équipe de rétablissement de la castilléjie des rochers


Autorités responsables

Le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique est responsable de l'élaboration d'un programme de rétablissement de la castilléjie des rochers en vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril au Canada. Le Service canadien de la faune d'Environnement Canada a participé à l'élaboration du présent programme de rétablissement.


Remerciements

La première version du programme de rétablissement a été préparée par Kathleen Wilkinson pour le compte de l'Équipe de rétablissement de la castilléjie des rochers. Les membres de l'Équipe souhaitent remercier les personnes suivantes pour leur aide dans la préparation du programme de rétablissement : Josh Brokaw (conservateur adjoint, Marion Ownbey Herbarium, Washington State University); Adolf Ceska (botaniste et consultant en environnement, Victoria, C.-B.); Brenda Costanzo (biologiste spécialiste des plantes en péril, Direction générale des écosystèmes, ministère de l'Environnement de la C.-B., Victoria, C.-B.); Mark Egger (botaniste, Seattle, WA); Matt Fairbarns (botaniste et consultant en environnement, Victoria, C.-B.); Lisa Fox (Fraser Valley Conservancy, Abbotsford, C.-B.); David Giblin (gestionnaire des collections d'herbier, University of Washington, Seattle, WA); Tanya Harvey (botaniste, Eugene, OR); Ted Lea (écologiste de la végétation, Direction générale des écosystèmes, ministère de l'Environnement de la C.-B., Victoria, C.-B.; Frank Lomer (botaniste et consultant en environnement, New Westminster, C.-B.); Lucy Reiss (biologiste des espèces en péril, Service canadien de la faune, Environnement Canada, Delta, C.-B.); Shyanne Smith (coordonnatrice de la mise en œuvre, Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry, Victoria, C.-B.); Katrina Stipec (Conservation Data Centre de la C.-B., Victoria, C.-B.); Ross Vennesland (spécialiste du rétablissement des espèces en péril, Parcs Canada, Vancouver, C.-B.); Sue Vrilakas (gestionnaire des données en botanique, Oregon Natural Heritage Information Center, Portland, OR) et Kym Welstead (biologiste des espèces en péril, ministère de l'Environnement de la C.-B., Surrey, C.-B.).


Sommaire

La castilléjie des rochers est actuellement inscrite comme espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Oncompte 15 populations connues de l'espèce au Canada, confinées au sud-ouest de la Colombie-Britannique, dont deux mentions historiques – la première dans la chaîne Côtière et la deuxième dans le bassin de la rivière Chilliwack, dans la chaîne des Cascades. En 2005, le nombre d'individus de l'espèce dans la province a été estimé à moins de 250. La castilléjie des rochers croît également dans l'État de Washington et en Oregon, où l'espèce est plus commune et répandue.

La castilléjie des rochers est une petite herbacée vivace qui pousse en haute altitude, dans des crevasses de rochers, sur des crêtes et des pentes rocheuses ainsi que des talus d'éboulis et des éboulis, dans les zones de végétation subalpine à principalement alpine. L'espèce est probablement un parasite facultatif qui peut avoir différentes espèces d'hôtes. On croit que la castilléjie des rochers est pollinisée par les colibris et les abeilles. La reproduction est assurée exclusivement par les graines, qui sont probablement dispersées par le vent, les oiseaux et les petits mammifères.

Les menaces potentielles établies pour l'espèce sont l'extraction de ressources, les activités récréatives et le changement climatique.

Le but visé à long terme est d'assurer la persistance et le maintien de populations autosuffisantes de castilléjie des rochers dans la zone d'occurrence limitée de l'espèce dans la chaîne des Cascades de la Colombie-Britannique.

Les objectifs établis sont les suivants :

  1. Confirmer la présence et l'abondance des populations dans toutes les localités actuellement connues de l'espèce et déterminer s'il existe d'autres populations dans la chaîne des Cascades d'ici 2012.
  2. Déterminer le niveau de menace qui pèse sur les populations d'ici 2012 et établir des mesures d'atténuation, au besoin.
  3. Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie de l'espèce, particulièrement en ce qui concerne son succès de reproduction et ses besoins en matière d'habitat, et déterminer les tendances des populations au moyen d'activités de suivi d'ici 2013.

Il n'est pas possible, à ce stade-ci, de désigner l'habitat essentiel de la castilléjie des rochers au Canada. On s'attend à pouvoir mener à bien cet exercice une fois qu'on aura achevé les travaux requis pour quantifier l'habitat et les besoins spatiaux de l'espèce, les études sur la biologie de l'espèce et les travaux de suivi permettant de déterminer les tendances des populations. Il faudra également consulter les propriétaires fonciers et les organismes concernés.

Un plan d'action sera établi d'ici 2013.


Contexte

Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation :
Mars 2005
Nom commun français :
Castilléjie des rochers
Nom commun anglais :
Cliff Paintbrush
Nom scientifique :
Castilleja rupicola
Statut selon le COSEPAC :
Espèce menacée
Justification de la désignation :
Il s'agit d'une plante vivace à occurrence limitée géographiquement aux falaises, aux affleurements rocheux et aux crêtes situées en haute altitude. Les petites populations fragmentées sont composées d'individus dispersés, probablement moins de 250 plants, qui sont exceptionnellement vulnérables aux événements stochastiques.
Présence au Canada :
Colombie-Britannique
Historique du statut selon le COSEPAC :
Espèce désignée « menacée » en mai 2005. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

Description de l'espèce

La castilléjie des rochers est une herbacée vivace à souche légèrement ligneuse qui atteint 10 à 20 cm de hauteur (figure 1). Les nombreuses tiges de la plante ne sont pas ramifiées et sont couvertes d'une pubescence clairsemée constituée de poils longs, souples et recourbés. Les feuilles, alternes, sont pour la plupart divisées en 3 ou 5 (parfois 7) lobes étroits, plutôt étalés. Les feuilles situées près de la base sont parfois entières. Les fleurs, verdâtres et relativement peu nombreuses, forment des groupes compacts au sommet des tiges. Chaque fleur compte quatre étamines et mesure 25 à 45 mm de longueur. Elle comporte une lèvre supérieure en forme de bec, à pubescence courte, d'une longueur égale ou supérieure à celle du tube, ainsi qu'une lèvre inférieure beaucoup plus courte, épaissie et tridentée. Les fleurs sont sous-tendues par des bractées beaucoup plus courtes d'un rouge écarlate ou cramoisi, qui comportent habituellement cinq lobes séparés par des échancrures profondes et portent des poils courts ainsi que des poils longs. Le calice porte de longs poils, mesure 15 à 25 mm de longueur et comporte deux lobes primaires se divisant chacun en deux segments courts (1 à 5 mm de longueur), arrondis ou pointus. Le fruit est une capsule contenant de nombreuses graines réticulées.

Deux autres espèces de castilléjie sont présentes dans la même région. Cependant, la castilléjie à petites fleurs (Castilleja parviflora) présente généralement des bractées violettes à rosâtres ou blanches comportant trois lobes partant au-delà de la moitié supérieure du limbe, au lieu de cinq lobes séparés par des échancrures profondes, tandis que les bractées cramoisies de la castilléjie à feuilles de rhéxie (Castilleja rhexiifolia) ne sont pas lobées.

Figure 1. Illustration de la castilléjie des rochers. Dessin : Elizabeth Stephen, in Pojar, 2000, reproduit avec permission. Source : COSEWIC, 2005.
Illustration de la castilléjie des rochers (voir description longue ci-dessous).
Description longue pour la figure 1

La figure 1 est une illustration de la castilléjie des rochers. Un seul individu, d'environ 10 cm de hauteur, portant des racines et une tige non ramifiée couverte de longs poils frisottés, est illustré. Les feuilles, alternes, sont divisées en 3 ou 5 lobes étroits. Les feuilles situées près de la base sont parfois entières. La tige porte une inflorescence au sommet. La fleur compte 4 étamines et mesure de 25 à 45 mm de longueur. La figure 1 comprend aussi une illustration d'une fleur, dont la lèvre supérieure est en forme de bec, à pubescence courte, d'une longueur égale ou légèrement supérieure à celle du tube, et dont la lèvre inférieure est beaucoup plus courte, épaisse et tridentée.

Populations et répartition

À l'exception d'une mention historique de castilléjie des rochers dans la chaîne Côtière de la Colombie-Britannique, les seules localités connues de l'espèce se trouvent dans la chaîne des Cascades, depuis le centre de l'Oregon jusqu'au sud-ouest de la Colombie-Britannique, en passant par l'État de Washington (figure 2).

Dans l'État de Washington, la castilléjie des rochers est actuellement cotée SNR (statut non encore évalué) par NatureServe (NatureServe, 2008), mais l'espèce est considérée comme commune dans l'ouest de la partie nord de la chaîne des Cascades (Douglas, 1971; Taylor et Douglas, 1995) et est considérée comme peu commune mais non rare dans cet État (Egger, comm. pers., 2007; Giblin, comm. pers., 2007). L'espèce est largement répartie dans l'État de Washington; les menaces y sont minimes et la population, probablement stable (Egger, comm. pers., 2007; Giblin, comm. pers., 2007).

Figure 2. Aire de répartition nord-américaine et mondiale de la castilléjie des rochers, indiquée en gris. Source : COSEWIC, 2005.
Aire de répartition nord-américaine et mondiale de la castilléjie des rochers (voir description longue ci-dessous)
Description longue pour la figure 2

La figure 2 est une carte de l'aire de répartition mondiale de la castilléjie des rochers en Amérique du Nord. La plante se trouve dans la chaîne des Cascades, depuis le centre de l'Oregon jusqu'au sud-ouest de la Colombie-Britannique, en passant par l'État de Washington.

En Oregon, la castilléjie des rochers est moins rare qu'on l'avait d'abord cru; le niveau de menace est faible, et les populations semblent stables (Vrilakas, comm. pers., 2007). L'espèce suscite des préoccupations en matière de conservation, mais n'est pas considérée comme menacée ou en voie de disparition à l'heure actuelle. La castilléjie des rochers est cotée S3 (vulnérable à la disparition ou à l'extinction; NatureServe, 2008) par NatureServe en Oregon.

Environ 15 % de l'aire de répartition mondiale de l'espèce se trouve au Canada, en Colombie-Britannique. Les populations canadiennes connues sont confinées aux bassins des rivières Chilliwack et Skagit. On compte également une occurrence historique de l'espèce, dans la chaîne Côtière, près de Lions Bay (tableau 1; figure 3). Cette population n'a pas été revue depuis l'année où elle a été observée pour la première fois, en 1912, et pourrait avoir disparu. La zone d'occurrence totale des populations existantes de l'espèce au Canada a été estimée à moins de 1 000 km2 et leur zone d'occupation, à 200–300 m2. Les effectifs de l'espèce dans la province ont été estimés à moins de 250 individus (COSEWIC, 2005).

Figure 3. Localités hébergeant la castilléjie des rochers en Colombie-Britannique.
Carte ; Colombie-Britannique (voir description longue ci-dessous)
Description longue pour la figure 3

La figure 3 est une carte illustrant les localités où se trouve la castilléjie des rochers dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. Des symboles différents sont utilisés pour les localités existantes et historiques; l'emplacement des parcs et des aires protégées est également indiqué. Le pic Tomyhoi et un site de la chaîne Côtière surplombant la baie Lion's constituent deux localités historiques de la castilléjie des rochers. Les localités où la plante existe encore sont les suivantes : 1 au mont Cheam, 2 dans le parc provincial du lac Chilliwack, 4 dans le parc provincial de la vallée de la rivière Skagit, 1 sur le mont Klesilkwa, 1 sur le pic Thompson, 1 sur le mont McGuire, 1 sur le mont Liumchen, 1 sur le mont Church, et 1 sur le pic Foley.

Tableau 1. Mentions connues de castilléjie des rochers en Colombie-Britannique.
Population noLocalitéDate d'observationAbondance de la population/
sous-population
HabitatAltitudePropriété des terres
1Pic Tomyhoi1901 (mention historique)InconnueInconnuInconnueInconnue
2Mont Brunswick, chaîne Côtière1912 (mention historique)InconnueInconnuInconnueParc provincial Cypress?
3Mont Cheam1954InconnueVersant sud; habitat rocheux, ouvert1 829 – 2 100 mTerres de la Couronne provinciale
3Mont Cheam1981InconnueCrevasses exposées dans des affleurements sur un flanc de montagne1 829 – 2 100 mTerres de la Couronne provinciale
3Mont Cheam2006Au moins 20 individusPente rocheuse abrupte et exposée, orientée vers le sud1 829 – 2 100 mTerres de la Couronne provinciale
4Pic Finlayson1975Quelques individusVersant montagneux, sous le pic2 150 – 2 200 mParc provincial Skagit Valley
4Pic Whitworth1988Quelques individusVersants sud-est2 150 – 2 200 mParc provincial Skagit Valley
4Montagne sans nom1988InconnuePic et crête rocheux en zone alpine2 150 – 2 200 mParc provincial Skagit Valley
5Mont Lindeman1984Quelques individusInconnu1 981 mParc provincial Chilliwack Lake
6Mont Marmot20031 individu/1 m2Éboulis humide à végétation clairsemée, pente de 20 %, orientation sud-ouest
Crête rocheuse en zone alpine
2 020 – 2 032 mParc provincial Skagit Valley
7Mont Bryce20033 individus/5 m2Pic rocheux à végétation clairsemée, affleurements rocheux abrités, pente de 40 %, orientation nord-ouest2 120 – 2 167 mParc provincial Skagit Valley
8Mont Rideout20032 individus/2 m2Éboulis/talus de texture fine en zone alpine, pente de 5 %, orientation sud-ouestInconnueTerres de la Couronne provinciale
9Mont Klesilkwa1992Quelques individusÉboulis/talus de texture fine en zone alpine, versant nord1 950 mTerres de la Couronne provinciale
10Mont Church1984Quelques individusFalaise de calcaire en zone subalpine, orientation sudInconnueTerres de la Couronne provinciale
11Pic Thompson1984Quelques individusInconnuPlus de 2 000 mTerres de la Couronne provinciale
12Mont Liumchen19741 individuSol graveleux au-dessous d'une crête de calcaire1 700 – 1 800 mTerres de la Couronne provinciale
12Mont Liumchen1984Quelques individusBase de falaises, pentes orientées vers le sud-est1 700 – 1 800 mTerres de la Couronne provinciale
13Mont McGuire1984Quelques individusPentes orientées vers le sud-est; éboulis et base de falaises1 600 – 2 000 mTerres de la Couronne provinciale
13Mont McGuire1997Présence occasionnelleTalus d'éboulis au-delà de la limite des arbres1 600 – 2 000 mTerres de la Couronne provinciale
13Mont McGuire1999Espèce abondante à l'échelle localeCrête rocheuse abrupte; crevasses rocheuses1 600 – 2 000 mTerres de la Couronne provinciale
14Pic Foley1999Quelques individusPente rocheuse sèche et exposée en zone alpine; pente de 40 %, orientation sud-ouest1 800 – 2 200 mTerres de la Couronne provinciale
15Pic Macdonald2006 – nouvelle observation depuis le rapport de situationPetite colonie de 30 × 30 cm; individus éparsFalaise avec dalles de granit, corniche rocheuse en zone subalpine d'altitude élevée, versant nord1 848 – 1 878 mParc provincial Chilliwack Lake

Depuis la publication du rapport de situation du COSEPAC en 2005, la castilléjie des rochers a été trouvée dans une nouvelle localité, au pic Macdonald, et l'espèce a été retrouvée dans une localité historique située au mont Cheam (voir le tableau 1).

On ne dispose pas de données détaillées sur les populations de castilléjie des rochers pour la plupart des occurrences signalées. D'après les mentions connues de l'espèce, il semble toutefois que les populations de la Colombie-Britannique comptent très peu d'individus. Dans les notes fournies sur toutes les populations, à l'exception de deux, on peut lire que le nombre d'individus par population varie de un à trois, que les individus sont épars ou qu'il n'y a que quelques individus présents. Pour les deux populations restantes, on a indiqué que l'espèce était « abondante à l'échelle locale » ou qu'il y avait « au moins 20 individus » (CDC, 2006). Les habitats alpins occupés par l'espèce sont quelque peu isolés et éloignés des grandes perturbations anthropiques qui ont eu des effets néfastes sur de nombreuses espèces rares. On croit donc que les populations de castilléjie des rochers de la province sont relativement stables, comme c'est le cas dans l'État de Washington et en Oregon. Il est toutefois impossible de déterminer le taux de changement de la répartition géographique et/ou la tendance des populations en Colombie-Britannique, compte tenu du caractère limité des données existantes.

La situation actuelle de l'espèce est résumée au tableau 2. La castilléjie des rochers est une espèce de priorité 3 en vertu des buts 1 et 3 du cadre de conservation de la Colombie-Britannique.

Tableau 2. Cotes attribuées à la castilléjie des rochers.
LieuCoteSource
Échelle mondialeG3Nature Serve, 2008
États-UnisN2N3Nature Serve, 2008
WashingtonSNRNature Serve, 2008
OregonS3Nature Serve, 2008
CanadaN2N3BC CDC, 2008
Colombie-BritanniqueS2, liste rougeBC CDC, 2008

Besoins de la castilléjie des rochers

Besoins en matière d'habitat

L'information qui suit provient essentiellement du rapport de situation du COSEPAC publié en 2005.

La castilléjie des rochers se rencontre dans la zone biogéoclimatique de toundra alpine et la zone biogéoclimatique à pruche subalpine de la Colombie-Britannique (Province of B.C., 1991). Elle pousse à une altitude moyenne à élevée (d'environ 1 600 m à 2 300 m), dans les zones subalpines et alpines, sur les crêtes et les affleurements rocheux, dans les crevasses et sur les pentes exposées, les falaises sèches à mésiques, les éboulis et les talus d'orientations diverses.

La castilléjie des rochers pousse généralement dans des sols graveleux ou rocheux issus de roches ignées volcaniques (figure 4); le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique a toutefois signalé deux occurrences de l'espèce dans des pierres calcaires ou à proximité (B.C. Conservation Data Centre, 2006). Parmi les espèces associées à la castilléjie des rochers figurent l'antennaire laineuse (Antennaria lanata), la castilléjie à feuilles de rhéxie (Castilleja rhexiifolia), la vergerette dorée (Erigeron aureus), le penstémon de Menzies (Penstemon davidsonii var. menziesii), le phlox diffus (Phlox diffusa), la potentille villeuse (Potentilla villosa), le saxifrage à pétales ponctués (Saxifraga bronchialis), le toneste de Lyall (Tonestus lyallii), le saule des neiges (Salix nivalis), le silène acaule (Silene acaulis) et le trisète à épi (Trisetum spicatum).

Les conditions climatiques régionales sont caractérisées par des étés chauds et secs et des hivers humides et très neigeux en altitude.

L'espèce ne semble pas manquer d'habitat convenable à l'échelle de son aire de répartition en Colombie-Britannique, mais ses préférences en matière de microhabitat n'ont pas encore été déterminées.

Figure 4. Habitat alpin de la castilléjie des rochers.
Photo ; Habitat alpin de la castilléjie des rochers
Droits d'auteur, Mark Egger
Besoins biologiques

La castilléjie des rochers est probablement un parasite facultatif, mais ses hôtes ne sont pas connus. De nombreuses espèces de castilléjie parasitent d'autres plantes appartenant à une large gamme d'espèces (Heckard, 1962; Ceska, comm. pers., 2007; Egger, comm. pers., 2007), ce qui donne à penser que certaines plantes herbacées pourraient servir d'hôtes dans certaines localités de la Colombie-Britannique. Selon les observations portant sur l'ensemble des espèces du genre Castilleja, les individus semblent plus vigoureux et fleurissent plus tôt lorsqu'ils parasitent une autre plante (Heckard, 1962; Egger, comm. pers., 2007). Cependant, dans le cas de nombreuses occurrences observées, notamment dans les crevasses rocheuses, la castilléjie des rochers ne semble pas parasiter d'autres plantes.

Comme il est indiqué dans le rapport du COSEPAC publié en 2005, la castilléjie des rochers exige probablement une pollinisation croisée, assurée par les abeilles ou les colibris. Selon Egger (comm. pers., 2007), l'espèce est probablement pollinisée par le colibri roux (Selasphorus rufus) dans l'État de Washington, ce qui pourrait aussi être le cas en Colombie-Britannique. La reproduction de l'espèce semble se faire exclusivement par les graines, qui sont probablement dispersées par la gravité, le vent, les oiseaux et les petits mammifères.

Rôle écologique

On ne connaît pas le rôle écologique joué par la castilléjie des rochers. Compte tenu du petit nombre d'individus de l'espèce en Colombie-Britannique, il est peu probable qu'elle constitue une source importante de nourriture pour les insectes pollinisateurs ou les herbivores, ou qu'elle soit une espèce colonisatrice importante dans les sites nouveaux ou perturbés.

Facteurs limitatifs

On ne possède aucune information définitive sur les facteurs limitatifs d'ordre biologique liés à la castilléjie des rochers.

Le caractère isolé des occurrences de l'espèce et le nombre extrêmement faible d'individus recensés à de nombreux sites (B.C. CDC, 2006) pourraient limiter le succès de la reproduction. Bien que la plupart des individus observés en Colombie-Britannique aient été jugés sains (Ceska, comm. pers., 2007; Lomer, comm. pers., 2007; Smith, comm. pers., 2007), on ne possède presque aucune donnée quantitative sur le nombre de tiges florifères, la production de fruits et de graines, le taux de germination des graines et le taux de survie des semis. Le faible nombre d'individus peut entraîner une diminution de la diversité génétique de la population et de sa viabilité (Schaal et Leverich, 2004). Selon les recherches effectuées par Ellstrand et Elam (1993), les espèces dont les populations sont depuis longtemps petites seraient toutefois moins sensibles à ce phénomène. Par ailleurs, les petites populations sont également exposées aux pertes catastrophiques d'individus liées aux phénomènes naturels aléatoires.

Comme la castilléjie des rochers se trouve à l'extrême limite nord de son aire de répartition dans le sud de la Colombie-Britannique, les températures froides et les saisons de croissance parfois écourtées par des gelées inopportunes peuvent contribuer à maintenir les effectifs de l'espèce à un bas niveau. Tel que mentionné précédemment, l'espèce est plus abondante dans l'État de Washington et en Oregon. Elle peut y produire de nombreuses graines (Hitchcock et al., 1984), ce qui n'est peut-être pas le cas en Colombie-Britannique. Même si c'était le cas, il est possible que les taux de germination des graines et/ou de survie des semis soient faibles en Colombie-Britannique.

La présence de pollinisateurs au moment opportun pourrait être un facteur limitatif pour la castilléjie des rochers, mais on croit que c'est peu probable, du moins dans l'État de Washington (Giblin, comm. pers., 2007).

Parmi les autres facteurs limitatifs possibles figurent l'herbivorie et la perte de populations due aux avalanches, car l'espèce pousse sur des pentes abruptes en zones alpines et subalpines.

Menaces

Rien n'indique que les populations de castilléjie des rochers et l'habitat de l'espèce soient actuellement exposés à des menaces importantes, car l'espèce pousse dans des localités relativement isolées, situées dans des zones subalpines et des zones alpines d'altitude élevée. Certaines menaces potentielles ont toutefois été déterminées et sont décrites ci-après.

Extraction de ressources

Les sites rocheux de haute altitude relativement isolés où pousse la castilléjie des rochers ne peuvent pas subir les effets directs des activités d'exploitation forestière; les terres de la Couronne où se trouve l'espèce pourraient cependant faire l'objet de travaux d'exploitation minière ou d'extraction de gravier à l'avenir. Si l'accès aux sites était amélioré, le niveau de menace pourrait changer. Ce serait le cas, par exemple, si des chemins forestiers étaient prolongés et passaient à proximité de l'endroit où poussent des individus de l'espèce ou si des travaux d'exploitation minière étaient réalisés en altitude.

Activités récréatives

Bien que toutes les populations répertoriées de castilléjie des rochers se trouvent dans des zones utilisées à des fins récréatives (dont quatre populations dans le parc provincial Skagit Valley, deux dans le parc provincial Chilliwack Lake et peut-être une dans le parc provincial Cypress), plusieurs localités de l'espèce ne sont accessibles que par hélicoptère. L'accès à d'autres populations n'est possible que par des sentiers de randonnée difficiles présentant un dénivelé considérable. Il est donc peu probable pour l'instant que les amateurs de plein air puissent constituer une menace importante pour la castilléjie des rochers en piétinant des individus de l'espèce, en cueillant ses fleurs ou en perturbant son habitat.

Changement climatique

La seule menace déterminée dans le rapport de situation publié par le COSEPAC sur la castilléjie des rochers (COSEWIC, 2005) était le changement climatique, qui peut modifier l'habitat de l'espèce. Il semble que les étés tendent à être plus chauds et plus secs à l'échelle de l'aire de répartition de la castilléjie des rochers. Avec le prolongement de la saison de croissance, les populations pourraient augmenter et/ou l'aire de répartition de l'espèce pourrait se prolonger vers le nord. Il est difficile de prévoir les effets sur l'espèce et son habitat de l'augmentation des précipitations sous forme de pluie en hiver et de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes (prévue dans les régions côtières de la Colombie-Britannique). Les effets du changement climatique sur les espèces pollinisatrices probables (colibris et abeilles) sont également inconnus.

Mesures déjà achevées ou en cours

Une Équipe de rétablissement a été formée pour la castilléjie des rochers, et l'espèce fait partie du South Coast Conservation Program, initiative de conservation à l'échelle du paysage visant la côte sud de la Colombie-Britannique. Comme aucune menace importante ne pèse sur la castilléjie des rochers, aucune mesure de protection ciblant l'espèce n'a été mise en œuvre en Colombie-Britannique.

Lacunes dans les connaissances

On possède peu d'information sur la castilléjie des rochers en Colombie-Britannique. La présence de l'espèce a été signalée dans seulement 13 localités existantes, et de nombreuses mentions ne comportent pas d'information, ou en comportent peu, sur le nombre d'individus présents, l'habitat, les espèces associées ou les facteurs ayant une incidence sur l'espèce dans le site.

Par conséquent, les lacunes suivantes dans les connaissances actuelles sur l'espèce ont été déterminées :

  • présence de populations additionnelles;
  • besoins en matière de microhabitat et de microclimat;
  • capacité de reproduction des populations;
  • tendances des populations;
  • plans d'utilisation des terres à court et à long terme pour les sites abritant la castilléjie des rochers;
  • espèces pollinisatrices – besoins en matière d'habitat et tendances des populations;
  • degré de parasitisme et espèces hôtes;
  • si l'accroissement des populations par multiplication ex situ est envisagé à l'avenir, il serait utile de connaître les besoins liés à la multiplication de l'espèce. Ces besoins ont été décrits pour d'autres espèces de Castilleja (Guppy, 1997), mais pas pour la castilléjie des rochers.

Rétablissement

Caractère réalisable du rétablissement

Le rétablissement de la castilléjie des rochers est considéré comme réalisable, selon des considérations d'ordre technique et biologique.

Tableau 3. Caractère réalisable du rétablissement.
CritèresCommentaires
1. Des individus capables de se reproduire sont-ils actuellement disponibles pour augmenter le taux de croissance ou l'abondance de la population?Oui. Des observateurs ont indiqué qu'au moins une partie des individus observés semblaient sains et produisaient des graines (Ceska, comm. pers., 2007; Lomer, comm. pers., 2007).
2. De l'habitat convenable suffisant est-il disponible pour soutenir l'espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l'habitat?Oui. Il semble y avoir suffisamment d'habitat actuellement pour soutenir l'espèce.
3. Les menaces importantes pesant sur l'espèce ou son habitat peuvent-elles être évitées ou atténuées par des mesures de rétablissement?Oui. Aucune menace importante connue ne pèse actuellement sur l'espèce. Les menaces potentielles peuvent être évitées ou atténuées.
4. Les techniques de rétablissement nécessaires existent-elles, et leur efficacité a-t-elle été démontrée?Oui. Les techniques de rétablissement nécessaires existent pour cette espèce, et elles sont efficaces.

But du rétablissement

Le but visé à long terme est d'assurer la persistance et le maintien de populations autosuffisantes de castilléjie des rochers dans la zone d'occurrence limitée de l'espèce dans la chaîne des Cascades de la Colombie-Britannique.

Justification du but du rétablissement

La castilléjie des rochers forme de petites populations isolées en Colombie-Britannique, où elle se trouve à la limite nord de son aire de répartition. Selon les connaissances actuelles, l'espèce serait naturellement rare dans cette province. Comme l'occurrence historique du mont Brunswick (chaîne Côtière) n'a pas été retrouvée, cette localité n'est pas visée par les efforts de rétablissement. Le maintien de multiples populations contribuera à atténuer les effets des pertes catastrophiques pouvant se produire à un site, notamment en raison de facteurs tels qu'un effondrement démographique, une avalanche ou l'herbivorie. Il semble possible de maintenir la plupart des populations existantes là où elles se trouvent actuellement, simplement en s'assurant qu'elles ne sont pas menacées par des activités humaines. Les techniques de manipulation active, comme la multiplication ou la transplantation d'individus de l'espèce, ne sont pas recommandées pour l'instant.

Objectifs de rétablissement

Les objectifs établis visent à permettre la réalisation du but à long terme concernant la persistance et le maintien de l'espèce dans sa zone d'occurrence limitée dans la chaîne des Cascades de la Colombie-Britannique.

  1. Confirmer la présence et l'abondance des populations dans toutes les localités actuellement connues de l'espèce et déterminer s'il existe d'autres populations dans la chaîne des Cascades d'ici 2012.

    Justification : De nombreux sites abritant la castilléjie des rochers ont été visités une seule fois, parfois il y a de nombreuses années, et l'information sur l'abondance des populations et/ou les conditions de l'habitat est incomplète ou manquante (voir le tableau 1). Pour assurer la persistance des populations, il faut déterminer si elles sont existantes.

  2. Déterminer le niveau de menace qui pèse sur les populations d'ici 2012 et établir des mesures d'atténuation, au besoin.

    Justification : Il faudrait déterminer l'utilisation prévue des terres à tous les sites connus de l'espèce afin de voir si des menaces futures pourraient peser sur l'espèce à cause d'activités telles que le prolongement de chemins forestiers et l'exploration minière. Si de telles menaces existaient, des mesures d'atténuation des menaces adaptées au régime foncier devraient être mises en œuvre.

  3. Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie de l'espèce, particulièrement en ce qui concerne son succès de reproduction et ses besoins en matière d'habitat, et déterminer les tendances des populations au moyen d'activités de suivi d'ici 2013.

    Justification : Cette information facilitera la mise à jour des objectifs en matière de population et de répartition et, combinée aux résultats des relevés, pourrait entraîner une modification du statut de l'espèce au Canada. Elle servira également à l'évaluation des effets possibles du changement climatique sur la castilléjie des rochers et sur son potentiel de survie à long terme au Canada.

Approches recommandées pour l'atteinte des objectifs de rétablissement

Le tableau 4 résume les approches recommandées pour l'atteinte des objectifs de rétablissement.

Tableau de planification du rétablissement
Tableau 4. Tableau de planification du rétablissement de la castilléjie des rochers.
PrioritéObj. noMenace ou besoin cibléStratégie généraleApproches recommandées pour l'atteinte des objectifs de rétablissement
Nécessaire1Lacune dans les connaissancesInventaire
  • Examiner les sites connus pour déterminer si la castilléjie des rochers y est toujours présente; consigner les conditions de l'habitat et l'abondance des populations.
  • Effectuer un inventaire ciblé de l'habitat potentiel pour voir si l'espèce pousse à d'autres endroits dans la chaîne des Cascades.
Nécessaire2Extraction de ressources, activités récréativesDétermination du niveau de menace
  • Déterminer l'utilisation proposée des terres et les menaces potentielles qui pourraient avoir une incidence sur l'espèce et son habitat, et suggérer diverses mesures d'atténuation appropriées.
Nécessaire2Extraction de ressources, activités récréativesCommunication et coordination
  • Explorer les options réglementaires en vue de la protection de l'espèce sur les terres de la Couronne.
  • S'assurer que les ministères et les organismes gouvernementaux compétents (p. ex., ministère de l'Environnement, ministère de l'Agriculture et des Terres, ministère des Forêts et des Pâturages, ministère de l'Énergie, des Mines et des Richesses pétrolières et District régional de la vallée du Fraser) sont au courant de l'emplacement des localités de l'espèce et de la nécessité de les protéger.
  • Dans le cas des populations se trouvant dans des parcs provinciaux, veiller à ce que les stratégies de protection de l'espèce soient intégrées aux plans de gestion des parcs.
  • Fournir des affiches indiquant la présence d'espèces rares pour les sites auxquels les amateurs de plein air ont accès.
Nécessaire3Lacune dans les connaissances,
effondrement démographique
Suivi, recherche
  • Effectuer des relevés tous les 2 à 5 ans sur une période de 10 ou 15 ans pour établir la viabilité de la population et contribuer à déterminer les tendances des populations.
  • Déterminer les caractéristiques du microhabitat (sol et conditions climatiques).
  • Déterminer les niveaux de parasitisme et identifier les plantes hôtes potentielles.

Mesures de rendement

Le tableau 5 présente les mesures de rendement recommandées pour l'évaluation des progrès réalisés en vue de l'atteinte des objectifs de rétablissement.

Tableau 5. Mesures de rendement recommandées pour l'évaluation des objectifs de rétablissement.
ObjectifApproche généraleMesures de rendement
1Inventaire
  • Des populations additionnelles sont trouvées ou des localités sont considérées comme ayant un faible potentiel.
  • La présence de populations connues est confirmée et l'abondance des populations est connue.
2Communication et coordination
  • La protection des populations connues est assurée, au besoin.
  • Les ministères (ministère des Forêts et des Pâturages, ministère de l'Énergie, des Mines et des Richesses pétrolières) et les organismes gouvernementaux compétents sont au courant de l'emplacement des localités de l'espèce et de la nécessité de les protéger, et des mesures de protection ont été mises en place.
  • Des stratégies visant la protection de l'espèce dans les parcs provinciaux sont intégrées aux plans de gestion des parcs.
  • Des affiches indiquant la présence d'espèces végétales rares sont installées dans les sites auxquels les amateurs de plein air ont accès.
  • L'utilisation proposée des terres est connue pour toutes les populations de l'espèce, et les menaces potentielles ont été déterminées.
3Inventaire
  • La présence ou l'absence de toutes les populations connues est confirmée dans le cadre du relevé.
  • On dispose de renseignements plus détaillés sur les conditions de l'habitat et l'abondance des populations.
  • L'information ci-dessus est utilisée pour prédire les sites à potentiel élevé en vue de la réalisation d'autres relevés.
3Recherche
  • On en sait davantage sur la viabilité des populations connues.
  • Un suivi normalisé permet d'obtenir de l'information sur la biologie de l'espèce et ses besoins en matière de microhabitat.
  • Grâce à l'information provenant de l'inventaire, des activités de suivi et des résultats communiqués, on peut dégager une tendance concernant les populations de castilléjie des rochers.

Habitat essentiel

Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

Il n'est pas possible, à ce stade-ci, de désigner l'habitat essentiel de la castilléjie des rochers au Canada. On s'attend à pouvoir mener à bien cet exercice une fois qu'on aura achevé les travaux requis pour quantifier l'habitat et les besoins spatiaux de l'espèce, les études sur la biologie de l'espèce et les travaux de suivi permettant de déterminer les tendances des populations. Il faudra également consulter les propriétaires fonciers et les organismes concernés.

On connaît les caractéristiques générales de l'habitat de la castilléjie des rochers (pentes rocheuses, crêtes, crevasses, éboulis, sol graveleux situés en zone alpine de haute altitude). Cependant, de nombreux sites abritant la castilléjie des rochers ont été visités une seule fois, parfois il y a de nombreuses années ou durant une saison de croissance particulièrement défavorable (BC CDC, 2006), et l'information sur la zone d'occurrence des populations et/ou les conditions particulières de l'habitat est incomplète ou manquante (voir le tableau 1). De plus, il est fort possible que d'autres populations soient présentes dans la chaîne des Cascades.

Calendrier recommandé des études visant à désigner l'habitat essentiel

Le tableau 6 indique les activités requises pour délimiter de manière plus complète l'habitat essentiel de l'espèce ainsi que les résultats attendus de ces activités. On trouvera au tableau 4 des renseignements détaillés sur les méthodes utilisées pour ces activités.

Tableau 6. Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel.
ActivitéJustification/résultatsÉchéancier
1. Effectuer un nouveau relevé des populations existantes.Déterminer la zone d'occurrence et combler les lacunes dans les données concernant l'abondance des populations et les conditions de l'habitat à l'aide des formulaires de relevés des plantes rares du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique.2012
2. Trouver de nouvelles populations grâce à des relevés ciblés réalisés dans les habitats à potentiel élevé.Déterminer la zone d'occurrence et enrichir les connaissances sur l'abondance des populations totales et les conditions de l'habitat.2012
3. Caractériser les conditions du microhabitat au cours des relevés mentionnés précédemment.Enrichir les connaissances sur les conditions du sol, le microclimat et l'hydrologie pour déterminer la tolérance physiologique de l'espèce.2012
4. Évaluer les besoins biologiques de l'espèce.Acquérir des connaissances sur le cycle vital de l'espèce, y compris sur sa capacité de dispersion.2012
5. Cartographier l'habitat essentiel de chaque population existante.Les résultats des activités 1 à 4 ci-dessus permettent de délimiter de manière plus quantitative l'habitat essentiel.2012
6. Effectuer un suivi pour évaluer la viabilité et les tendances des populations.Les résultats obtenus permettent d'identifier les populations qui sont susceptibles d'être viables à long terme, et l'habitat essentiel est modifié en conséquence, au besoin.2012

Approches existantes et recommandées en matière de protection de l'habitat

Toutes les populations connues de castilléjie des rochers se trouvent sur des terres de la Couronne provinciale : quatre populations se trouvent dans le parc provincial Skagit Valley et deux populations, dans le parc provincial Chilliwack Lake. L'administration des parcs provinciaux relève de la Park Act de la Colombie-Britannique (Queens Printer, 1996). Dans les parcs provinciaux, il est interdit d'enlever, d'endommager ou de perturber des ressources naturelles, y compris des plantes, sauf en vertu d'un permis d'utilisation du parc. Des stratégies visant la protection de la castilléjie des rochers devraient être intégrées aux plans de gestion des parcs.

Aucune des autres populations n'est actuellement protégée, mais l'espèce pourrait être ajoutée à la liste des espèces à protéger en vertu de la Wildlife Amendment Act (2004) de la province.

Si la protection de toutes les populations n'est pas jugée réalisable, on pourrait adopter une approche consistant à classer par ordre de priorité les localités à protéger en fonction de critères comme le nombre d'individus de l'espèce présents, la connectivité de la population avec d'autres localités de l'espèce, la productivité de l'habitat et l'importance de la localité pour le maintien de la répartition de l'espèce.

Les ministères provinciaux compétents – le ministère de l'Environnement, le ministère de l'Agriculture et des Terres, le ministère des Forêts et des Pâturages, le ministère de l'Énergie, des Mines et des Richesses pétrolières – et le District régional de la vallée du Fraser devraient être informés de l'emplacement des localités de l'espèce, de la nécessité de les protéger ainsi que des mesures de protection qui sont proposées ou qui ont été mises en place.

Effets sur les espèces non ciblées

Les activités de rétablissement recommandées ne devraient avoir aucun effet négatif sur les espèces non ciblées, les communautés naturelles ou les processus écologiques. La protection des sites au moyen d'outils législatifs pourrait avoir un effet bénéfique en favorisant la préservation de l'habitat d'autres espèces, de communautés naturelles et de processus écologiques. De plus, les relevés effectués pour confirmer les populations existantes de castilléjie des rochers et en repérer de nouvelles pourraient avoir un effet positif en permettant de repérer des localités additionnelles abritant d'autres espèces en péril. La liste des espèces en péril qu'on pourrait trouver dans un habitat semblable à celui de la castilléjie des rochers est fournie à l'annexe A.

Considérations socioéconomiques

Les localités alpines de haute altitude où pousse la castilléjie des rochers ne sont pas visées à l'heure actuelle par une forme quelconque de développement industriel. Les objectifs de rétablissement recommandés ne devraient donc pas avoir d'incidence sur le plan socioéconomique pour l'instant. Si les localités connues de l'espèce sont protégées et qu'aucune activité récréative n'y est permise, l'effet sur les personnes utilisant les lieux à des fins récréatives devrait être faible à modéré.

Approche recommandée pour la mise en œuvre du rétablissement

Il pourrait être possible de combiner la planification du rétablissement de la castilléjie des rochers aux efforts déployés dans le cadre du South Coast Conservation Program pour le rétablissement d'autres espèces végétales en péril occupant un habitat semblable dans la chaîne des Cascades. Ces espèces sont énumérées à l'annexe A. Pour l'instant, nous recommandons toutefois une approche monospécifique pour le rétablissement de la castilléjie des rochers.

Pour que l'espèce en péril puisse être adéquatement protégée, il faudra amener les intervenants à adopter des pratiques d'intendance sous divers régimes fonciers. L'intendance suppose la coopération volontaire de propriétaires fonciers qui choisissent de protéger les espèces en péril et les écosystèmes dont celles-ci dépendent. On reconnaît, dans le préambule de la Loi sur les espèces en péril (LEP), que « les activités d'intendance visant la conservation des espèces sauvages et de leur habitat devraient bénéficier de l'appui voulu ». De même, dans l'Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique, il est reconnu que « l'intendance par les propriétaires de terres et de plans d'eau, ainsi que par leurs utilisateurs, est essentielle afin d'éviter que des espèces ne deviennent en péril et pour protéger et rétablir les espèces qui sont en péril » et que « des mesures coopératives et volontaires sont les premières approches pour assurer la protection et le rétablissement des espèces en péril ».

Énoncé sur les plans d'action

Un plan d'action de rétablissement sera établi d'ici 2013.


Références

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British Columbia Conservation Data Centre (BC CDC). 2006. Element occurrence records for Cliff Paintbrush. B.C. Min. Environ. Victoria, BC.

Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada (COSEWIC). 2005. COSEWIC assessment and status report on the Cliff Paintbrush Castilleja rupicola in Canada. Ottawa, ON. 18 pp. www.sararegistry.gc.ca/status_e.cfm (Également disponible en français : Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). 2005. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la castilléjie des rochers (Castilleja rupicola) au Canada, COSEPAC, Ottawa (Ontario), vii + 20 p.)

Douglas, G.W. 1971. The alpine-subalpine flora of the North Cascade Range, Washington. Wasmann J. Bot. 29:129–168.

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Hitchkock, C.L., A. Cronquist, M. Ownbey et J.W. Thompson. 1984. Vascular plants of the Pacific Northwest. Part 4: Ericaceae through Campanulaceae. Univ. Washington Press, Seattle, WA.

Mussio, R., W. Mussio et T. Ernst. 2005. Backroad mapbook road and recreational atlas: Southwestern British Columbia, 4th ed. Backroad Mapbooks, Coquitlam, BC.

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Province of British Columbia. 1991. Ecosystems of British Columbia. Res. Br., B.C. Min. For. Victoria, BC. Spec. Rep. Ser. 6. 330 pp.

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Taylor, R.J. et G.W. Douglas. 1995. Mountain plants of the Pacific Northwest. Mountain Press, Missoula, MT. 457 pp.

Communications personnelles

Adolf Ceska, janvier 2007. Consultant privé et botaniste, Victoria, Colombie-Britannique.

Mark Egger, janvier 2007. Botaniste, Seattle, Washington.

David Giblin, janvier 2007. Gestionnaire des collections d'herbier, University of Washington, Seattle, Washington.

Frank Lomer, janvier 2007. Consultant privé et botaniste, New Westminster, Colombie-Britannique.

Shyanne Smith, janvier 2007. Botaniste, Victoria, Colombie-Britannique.

Susan Vrilakas, 12 janvier 2007. Gestionnaire des données en botanique, Oregon Natural Heritage Information Program.


Annexe a

Espèces en péril ayant de fortes chances de se trouver dans des localités similaires à celles de la castilléjie des rochers.
Nom scientifiqueNom communCote provincialeListe de la C.-B.Désignation du COSEPACCadre de conservation de la C.-B.
Priorité
Cadre de conservation de la C.-B.
But
Anemone drummondii var. drummondiiAnémone de DrummondS2S3Bleues.o.33
Cryptogramma cascadensisCryptogramme des CascadesS2S3Bleues.o.33
Draba lonchocarpa var. thompsoniiDrave de ThompsonS2S3Bleues.o.33
Elmera racemosa var. racemosaElmérie à grappesS2S3Bleues.o.33
Epilobium glaberrimum ssp. fastigiatumÉpilobe fastigiéS2S3Bleues.o.33
Polemonium elegansPolémoine éléganteS2S3Bleues.o.33
Smelowskia ovalisSmélowskie ovaleS2S3Bleues.o.33
Viola purpurea var. venosaViolette veinéeS1S3Rouges.o.23
Asplenium adulterinumDoradille bâtardeS2S3Bleues.o.21
Papilio indra(papillon)S1Rouges.o.13
Aplodontia rufaAplodonteS3BleueEspèce préoccupante42
Gulo gulo ssp. luscusCarcajou, ssp. luscusS3BleueEspèce préoccupante22
Ursus arctosGrizzliS3BleueEspèce préoccupante22