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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Pie-grièche migratrice (Lanius ludovicianus excubitorides) au Canada - Mise à jour

Résumé

Pie-grièche migratrice
de la sous-espèce excubitorides
Lanius ludovicianus excubitorides

Information sur l’espèce

Nom français : Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides

Nom anglais : Loggerhead Shrike excubitorides subspecies

Nom scientifique : Lanius ludovicianus excubitorides (Swainson)

La Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides est un oiseau chanteur de taille moyenne, d’environ 21 cm de longueur. Les adultes ont un plumage à motif contrasté noir, blanc et gris et sont particulièrement voyants en vol. Sur le terrain, cette espèce se reconnaît surtout à son masque facial noir, qui couvre entièrement les yeux (chez la Pie-grièche grise [Lanius excubitor], espèce similaire, le masque facial noir ne s’étend pas jusqu’au-dessus des yeux). Le bec est noir et la mandibule supérieure se termine par un crochet.

Répartition

La Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides niche depuis l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba jusque dans le nord du Mexique en passant par les Grandes Plaines. Sa répartition en hiver est peu connue, mais on pense qu’elle occupe surtout le centre-sud des États-Unis (Oklahoma, Texas et Missouri) et le Mexique.

Habitat

La Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides habite une grande variété d’habitats ouverts, notamment des prairies, des peuplements d’armoise, des pâturages, des zones agricoles et des boisés peu denses, où de petits arbustes et arbres touffus lui permettent de nicher et de trouver sa nourriture. On comprend encore mal ce qui guide ses choix en matière d’habitat, nombre d’endroits apparemment propices n’étant pas utilisés.

Biologie

La Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides revient en général dans son aire de reproduction au Canada de la fin d’avril au début de juin. Le nid est habituellement construit dans des buissons ou de petits arbres épineux ou denses en milieu ouvert. La ponte, qui compte de 4 à 7 œufs, a lieu de la fin de mai au début de juillet (pic en juin) et cet oiseau n’élève qu’une seule couvée. Les groupes familiaux demeurent unis pendant au moins deux semaines après l’envol des jeunes, mais ils semblent se dissoudre par la suite, la plupart des oiseaux qui migrent vers le sud étant solitaires. Les pies-grièches atteignent leurs quartiers d’hiver à l’automne et y séjournent jusqu’au printemps suivant.

Taille et tendances des populations

Au Canada, on a signalé des populations de 118 individus au Manitoba (en 2002), de 14 000 à 15 000 individus en Saskatchewan (en 1999) et de 6 000 individus en Alberta (1999). Les populations sont fortement en déclin au Manitoba et apparemment stables en Alberta, alors que la tendance demeure incertaine en Saskatchewan. Il est difficile d’évaluer précisément les tendances des populations parce que les relevés visant spécifiquement la pie-grièche et les relevés du BBS (Breeding Bird Survey) effectués à la grandeur du continent donnent des résultats différents. Dans l’aire de répartition des États-Unis, les tendances démographiques sont variables, les populations des parties est (p. ex. au Minnesota et en Iowa) et sud (p. ex. au Kansas, en Oklahoma, au Texas et au Nouveau-Mexique) montrant des déclins, alors que les populations semblent stables dans le nord-ouest (p. ex. au Montana et au Wyoming).

Facteurs limitatifs et menaces

Le principal facteur limitatif et la plus grande menace pour la viabilité des populations serait la conversion des prairies en terres cultivables et la dégradation des prairies restantes. D’autres facteurs auraient contribué au déclin des populations, notamment les suivants : 1) accumulation de toxines (résultant des applications de pesticides) par l’intermédiaire des proies; 2)  collisions avec des véhicules attribuables à la recherche de nourriture (et à la nidification) près des routes; 3) augmentation de la prédation aux sites de nidification à cause de la fragmentation accrue de l’habitat; 4) déclin de l’abondance des proies résultant des applications de pesticides et de la fragmentation de l’habitat. Tous ces facteurs peuvent réduire le succès de la reproduction et le taux de survie des adultes.

Importance de l’espèce

La Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides est étroitement apparentée à la sous-espèce de l’est (L. l. migrans) , qui est disparue d’une bonne partie de son ancienne aire de répartition au Canada et dans le nord-est des États-Unis. Autrefois commune dans toute son aire de répartition, la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides est maintenant une espèce rare et en voie de disparition dans le nord et le sud de son aire de répartition, et l’on a observé peu de signes de ralentissement du déclin des populations ces dernières années.

Protection actuelle ou autres désignations

La Pie-grièche migratrice est protégée à l’échelle internationale (Canada, Mexique, États-Unis) en vertu de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs (1916). Elle est classée G4 (apparemment non en péril à l’échelle mondiale, mais pouvant être très rare dans certaines parties de son aire de répartition, surtout à la périphérie) par NatureServe; à l’échelle provinciale, NatureServe lui a attribué la cote S2S3B au Manitoba, S4B en Saskatchewan et S3B en Alberta. Le taxon figure sur la liste des espèces en voie de disparition (endangered) au Manitoba, sur celle des espèces en péril (species at risk) en Saskatchewan et sur celle des espèces vulnérables (sensitive species) en Alberta; elle est déclarée en voie de disparition (endangered), menacée (threatened) ou espèce préoccupante (species of concern) dans plusieurs États américains.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Mandat du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2004)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n'existe plus.

Espèce disparue du pays (DP) Note de bas de pagea
Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD) Note de bas de pageb
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P) Note de bas de pagec
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP) Note de bas de paged
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI) Note de bas de pagee
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manque de données scientifiques.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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