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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Pie-grièche migratrice (Lanius ludovicianus excubitorides) au Canada - Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur la
Pie-grièche migratrice
de la sous-espèce excubitorides
Lanius ludovicianus excubitorides
au Canada

Pie-grièche migratrice (Lanius ludovicianus excubitorides)

Espèce menacée 2004

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante.

COSEPAC. 2004. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Pie-grièche migratrice (Lanius ludovicianus) de la sous-espèce excubitorides au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Ottawa. vii + 27 p.

Rapporr précédent

Cadman, M.D. 1986. COSEWIC Status Report on the Loggerhead Shrike (Lanius ludovicianus) in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 100 p.

Note de production

Le COSEPAC remercie David A. Wiggins pour la rédaction de la présente mise à jour du rapport sur la situation de la Pie-grièche migratrice (Lanius ludovicianus) de la sous-espèce excubitorides au Canada. Richard Cannings, coprésident du Sous-comité de spécialistes des oiseaux du COSEPAC, a supervisé cette mise à jour et en a établi la version finale. L’espèce a été dans le passé désignée par le COSEPAC sous le nom de Pie-gièche migratrice (population des Prairies) Lanius ludovicianus excubitorides.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Loggerhead Shrike excubitorides subspecies (Lanius ludovicianus) in Canada.

Illustration de la couverture

Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides – Richard Cannings

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004
PDF : CW69-14/390-2004F-PDF
ISBN 0-662-77093-5
HTML : CW69-14/390-2004F-HTML
ISBN 0-662-77094-3

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2004

Nom commun : Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides

Nom scientifique : Lanius ludovicianus excubitorides

Statut : Espèce menacée

Justification de la désignation : Les populations de ce rapace chanteur ont connu des déclins considérables (plus de 80 p.100) au cours des 35 dernières années. Ces déclins ont été associés à la disparition de la prairie et des pâturages naturels qui constituent l'habitat de l'espèce, et aux résidus de pesticides.

Répartition au Canada : Alberta, Saskatchewan, Manitoba

Historique du statut : L'espèce a été considérée comme une unité et a été désignée « menacée » en avril 1986. Division en sous-espèces en avril 1991. La sous-espèce excubitorides a conservé la désignation « menacée » initiale d'avril 1986. Réexamen et confirmation du statut en mai 2004. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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Résumé

Pie-grièche migratrice
de la sous-espèce excubitorides
Lanius ludovicianus excubitorides

Information sur l’espèce

Nom français : Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides

Nom anglais : Loggerhead Shrike excubitorides subspecies

Nom scientifique : Lanius ludovicianus excubitorides (Swainson)

La Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides est un oiseau chanteur de taille moyenne, d’environ 21 cm de longueur. Les adultes ont un plumage à motif contrasté noir, blanc et gris et sont particulièrement voyants en vol. Sur le terrain, cette espèce se reconnaît surtout à son masque facial noir, qui couvre entièrement les yeux (chez la Pie-grièche grise [Lanius excubitor], espèce similaire, le masque facial noir ne s’étend pas jusqu’au-dessus des yeux). Le bec est noir et la mandibule supérieure se termine par un crochet.

Répartition

La Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides niche depuis l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba jusque dans le nord du Mexique en passant par les Grandes Plaines. Sa répartition en hiver est peu connue, mais on pense qu’elle occupe surtout le centre-sud des États-Unis (Oklahoma, Texas et Missouri) et le Mexique.

Habitat

La Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides habite une grande variété d’habitats ouverts, notamment des prairies, des peuplements d’armoise, des pâturages, des zones agricoles et des boisés peu denses, où de petits arbustes et arbres touffus lui permettent de nicher et de trouver sa nourriture. On comprend encore mal ce qui guide ses choix en matière d’habitat, nombre d’endroits apparemment propices n’étant pas utilisés.

Biologie

La Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides revient en général dans son aire de reproduction au Canada de la fin d’avril au début de juin. Le nid est habituellement construit dans des buissons ou de petits arbres épineux ou denses en milieu ouvert. La ponte, qui compte de 4 à 7 œufs, a lieu de la fin de mai au début de juillet (pic en juin) et cet oiseau n’élève qu’une seule couvée. Les groupes familiaux demeurent unis pendant au moins deux semaines après l’envol des jeunes, mais ils semblent se dissoudre par la suite, la plupart des oiseaux qui migrent vers le sud étant solitaires. Les pies-grièches atteignent leurs quartiers d’hiver à l’automne et y séjournent jusqu’au printemps suivant.

Taille et tendances des populations

Au Canada, on a signalé des populations de 118 individus au Manitoba (en 2002), de 14 000 à 15 000 individus en Saskatchewan (en 1999) et de 6 000 individus en Alberta (1999). Les populations sont fortement en déclin au Manitoba et apparemment stables en Alberta, alors que la tendance demeure incertaine en Saskatchewan. Il est difficile d’évaluer précisément les tendances des populations parce que les relevés visant spécifiquement la pie-grièche et les relevés du BBS (Breeding Bird Survey) effectués à la grandeur du continent donnent des résultats différents. Dans l’aire de répartition des États-Unis, les tendances démographiques sont variables, les populations des parties est (p. ex. au Minnesota et en Iowa) et sud (p. ex. au Kansas, en Oklahoma, au Texas et au Nouveau-Mexique) montrant des déclins, alors que les populations semblent stables dans le nord-ouest (p. ex. au Montana et au Wyoming).

Facteurs limitatifs et menaces

Le principal facteur limitatif et la plus grande menace pour la viabilité des populations serait la conversion des prairies en terres cultivables et la dégradation des prairies restantes. D’autres facteurs auraient contribué au déclin des populations, notamment les suivants : 1) accumulation de toxines (résultant des applications de pesticides) par l’intermédiaire des proies; 2)  collisions avec des véhicules attribuables à la recherche de nourriture (et à la nidification) près des routes; 3) augmentation de la prédation aux sites de nidification à cause de la fragmentation accrue de l’habitat; 4) déclin de l’abondance des proies résultant des applications de pesticides et de la fragmentation de l’habitat. Tous ces facteurs peuvent réduire le succès de la reproduction et le taux de survie des adultes.

Importance de l’espèce

La Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides est étroitement apparentée à la sous-espèce de l’est (L. l. migrans) , qui est disparue d’une bonne partie de son ancienne aire de répartition au Canada et dans le nord-est des États-Unis. Autrefois commune dans toute son aire de répartition, la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides est maintenant une espèce rare et en voie de disparition dans le nord et le sud de son aire de répartition, et l’on a observé peu de signes de ralentissement du déclin des populations ces dernières années.

Protection actuelle ou autres désignations

La Pie-grièche migratrice est protégée à l’échelle internationale (Canada, Mexique, États-Unis) en vertu de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs (1916). Elle est classée G4 (apparemment non en péril à l’échelle mondiale, mais pouvant être très rare dans certaines parties de son aire de répartition, surtout à la périphérie) par NatureServe; à l’échelle provinciale, NatureServe lui a attribué la cote S2S3B au Manitoba, S4B en Saskatchewan et S3B en Alberta. Le taxon figure sur la liste des espèces en voie de disparition (endangered) au Manitoba, sur celle des espèces en péril (species at risk) en Saskatchewan et sur celle des espèces vulnérables (sensitive species) en Alberta; elle est déclarée en voie de disparition (endangered), menacée (threatened) ou espèce préoccupante (species of concern) dans plusieurs États américains.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Mandat du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2004)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n'existe plus.

Espèce disparue du pays (DP) Note de bas de pagea
Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD) Note de bas de pageb
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P) Note de bas de pagec
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP) Note de bas de paged
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI) Note de bas de pagee
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manque de données scientifiques.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Information sur l'espèce

Nom et classification

Nom français

Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides

Nom anglais

Prairie Loggerhead excubitorides subspecies (Prairie Loggerhead Shrike)

Nom scientifique

Lanius ludovicianus excubitorides (Swainson)

Description

La Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides est un passereau de taille moyenne, d’environ 21 cm de longueur. Les adultes ont un plumage à motif contrasté noir, blanc et gris et sont particulièrement voyants en vol. Sur le terrain, cette espèce se reconnaît surtout à son masque facial noir, qui couvre entièrement les yeux (chez la Pie-grièche grise [Lanius excubitor], espèce similaire, le masque facial noir ne s’étend pas jusqu’au-dessus des yeux). Le bec est noir et la mandibule supérieure se termine par un crochet. Les sexes sont semblables, mais les mâles sont légèrement plus gros et leurs plumes primaires sont plus foncées. Les pies-grièches juvéniles ont un plumage brunâtre, avec des rayures grisâtres sur la poitrine et le ventre.

Les pies-grièches sont reconnues pour leur habitude d’empaler leurs proies sur des épines.

Populations importantes à l’échelle nationale

Ne s’applique pas.

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Répartition

Répartition mondiale

La Pie-grièche migratrice occupe une grande aire de reproduction en Amérique du Nord (figure 1). La sous-espèce des Prairies (L. l. excubitorides) niche dans le centre et le sud-est de l’Alberta, le centre et le sud de la Saskatchewan, le sud-ouest du Manitoba, de même qu’au sud au Montana, au Wyoming, dans l’est du Colorado, dans l’est du Nouveau-Mexique et au Texas, ainsi qu’au Sonora et jusque dans le nord du Durango, au Mexique (figure 2; AOU, 1957; Phillips, 1986; Burnside, 1987). Les limites exactes de l’aire de répartition à l’ouest et à l’est ne sont pas clairement définies, parce qu’il semble y avoir de l’hybridation avec les sous-espèces L. l. gambeli et L. l. nevadensis dans la région des Rocheuses, et avec L. l. migrans dans les Grandes Plaines et dans l’est des Prairies canadiennes (centre et est du Manitoba). À cause de l’apparent mélange des sous-espèces, l’aire d’hivernage est mal connue. Dans les parties septentrionales de l’aire de répartition (incluant le Canada), l’espèce est migratrice, tandis que certains oiseaux vivant dans le sud (Texas, Oklahoma) demeurent dans la même région toute l’année. Des adultes et des juvéniles bagués en Alberta et en Saskatchewan ont été retrouvés en hiver dans le sud de l’Oklahoma et le centre du Texas (Burnside, 1987).

Figure 1. Aire de répartition totale de la Pie-grièche migratrice en Amérique du Nord (d’après Yosef, 1996).

Figure 1. Aire de répartition totale de la Pie-grièche migratrice en Amérique du Nord (d’après Yosef, 1996).

Figure 2. Aire de répartition approximative du L. l. excubitorides en Amérique du Nord (d’après Burnside, 1987).

Figure 2. Aire de répartition approximative du L. l. excubitorides en Amérique du Nord (d’après Burnside, 1987).

Répartition canadienne

Au Canada, la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides se reproduit seulement en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba (figure 3). Les observations en hiver sont exceptionnellement rares au Canada, l’aire d’hivernage se trouvant dans le sud des États-Unis et le nord du Mexique (voir la figure 1).

Figure 3. Aire de répartition du L. l. excubitorides au Canada.

Figure 3. Aire de répartition du L. l. excubitorides au Canada.

En Alberta, l’espèce occupait autrefois l’ensemble de la tremblaie-parc et des Prairies (Salt et Wilk, 1958). Au cours des dernières décennies, l’aire de répartition s’est rétrécie vers le sud, et il y a moins de mentions en été dans la région de la tremblaie-parc. Aujourd’hui, l’espèce niche surtout dans la moitié nord de la zone de prairie de la province à l’est de Hanna et de Brooks (R. Bjorge, in litt., 2004). Cependant, des relevés récents dans le centre-est de l’Alberta ont donné un certain nombre de mentions de nidification dans le sud de la région de la tremblaie-parc, à l’est de Stettler (Kiliaan et Prescott, 2002).

L’aire de nidification en Saskatchewan s’est également rétrécie vers le sud. L’espèce est encore largement présente dans la région de la tremblaie-parc et celle des prairies, mais elle ne niche plus dans la plupart des régions du centre de la province (régions du lac Meadow, de Nipawin et de Somme; Smith, 1996). Dans l’aire de répartition actuelle dans le sud de la Saskatchewan, les populations sont réparties par grappes (A. Didiuk, comm. pers.).

Au Manitoba, l’aire de répartition du L. l. excubitorides chevauche celle du L. l. migrans dans le centre de la province et il y a hybridation entre les deux sous-espèces. Le L. l. excubitorides nichait autrefois au nord jusqu’à l’Interlac, mais il est maintenant largement confiné au sud-ouest du Manitoba.

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Habitat

Besoins de l’espèce

La Pie-grièche migratrice préfère les endroits dégagés comme les pâturages, les prairies herbeuses, les peuplements d’armoise et les terres agricoles. Pour la pie-grièche, tous ces habitats doivent être parsemés de petits arbres, d’arbustes ou de haies pouvant servir de perchoirs pour la recherche de nourriture et de lieux de nidification. Prescott et Collister (1993) ont découvert que les pies-grièches nichant en Alberta dans des prairies à graminées courtes relativement arides préfèrent les secteurs où les graminées sont moyennement hautes (15 à 35 cm) ou hautes (> 35 cm) lorsqu’elles sont à la recherche de nourriture. Plus à l’est, elles semblent préférer les secteurs où les graminées sont relativement courtes, apparemment parce elles réussissent mieux à capturer leurs proies dans ce type d’habitat (Gawlik et Bildstein, 1993).

Les sites de nidification préférés sont les petits arbres et les arbustes, particulièrement ceux qui sont épineux ou denses (Porter et al., 1975). D’après certaines indications, les préférences touchant les sites de nidification changeraient pendant la saison, passant de substrats peu élevés (buissons, arbustes) à des substrats plus hauts (arbres décidus), apparemment à cause de changements dans les conditions climatiques extrêmes à l’échelle locale. Bjorge et Prescott (1996) ont constaté une corrélation positive entre la densité de pies-grièches nicheuses dans le sud-est de l’Alberta et la densité d’arbres et arbustes indigènes, de fermes, de brise-vent et d’emprises routières. Il est donc possible que la diversité de la végétation soit un facteur important en ce qui a trait à la qualité de l’habitat.

Il est prouvé qu’il y a une corrélation négative entre la dimension du territoire et l’abondance locale d’arbres et d’arbustes, c’est-à-dire que dans les régions faiblement boisées, les territoires sont beaucoup plus grands que dans les régions fortement boisées (Miller, 1951; Yosef, 1996). Selon Collister (1994), le territoire du L. l. excubitorides en Alberta mesure en moyenne 13,4 ha (fourchette de 6,5 à 23,5; n = 20). Dans d’autres régions de l’Amérique du Nord, le territoire mesure entre 4,6 ha (Missouri) et 8,9 ha (Idaho; Yosef, 1996).

Tendances

La plupart des auteurs ont conclu que la quantité d’habitats favorables pour la reproduction, la migration et l’hivernage a diminué et continue de diminuer (voir les analyses dans Telfer [1992], Yosef [1996], Cade et Woods [1997]). La perte d’habitat est due principalement à la conversion de prairies indigènes en terres agricoles. Au Canada, la perte d’habitat a aussi résulté du fait que les prairies situées en périphérie de la limite nord de l’aire de répartition sont retournées à l’état de forêt (Cadman, 1986).

En Alberta, des relevés des habitats potentiels ont permis de découvrir un certain nombre de pies-grièches nicheuses dans le sud de la région de la tremblaie-parc (Kiliaan et Prescott, 2002).

En Saskatchewan, des relevés semblables réalisés à la grandeur de la province laissent penser qu’il y a rétrécissement de l’aire de la population et peut-être de l’habitat dans le sud-est (A. Didiuk, in litt.; tableau 3).

Au Manitoba, l’aire de la population restante de pies-grièches continue de rétrécir, malgré la présence d’habitats apparemment propices à la nidification dans des endroits occupés par l’espèce dans le passé (K. De Smet, comm. pers.).

Protection et propriété des terrains

L’habitat favorable à la Pie-grièche migratrice au Canada se trouve en majeure partie sur des propriétés privées. Par conséquent, la protection de l’habitat doit s’effectuer surtout dans le cadre de programmes volontaires d’intendance des terres. Ce genre de programmes encourage des mesures comme la construction de clôtures autour de petites zones abritant des arbustes ou des brise-vent, la protection des arbres contre le bétail (au moyen de clôtures ou d’autres types de barrières) et la plantation de plantes ligneuses utilisées par la pie-grièche, comme la shépherdie argentée (Shepherdia argentea), un arbuste épineux. Malgré l’existence de documents et d’expertise à ce sujet, on ne possède pas de données indiquant à quel point ces mesures ont été adoptées par les propriétaires privés.

En Saskatchewan, des efforts sont actuellement en cours (Didiuk, comm. pers.) dans le but de répertorier les secteurs abritant des habitats appropriés pour la pie-grièche ou ses habitats préférés, puis de les protéger. Des activités semblables ont été proposées en Alberta (voir p.ex. Prescott et Bjorge, 1999) et au Manitoba (De Smet, comm. pers.).

En Alberta, un grand nombre de shépherdies (env. 1 400) ont été plantées le long de la voie ferrée du Canadien Pacifique dans le sud-est. En outre, divers projets de propriété foncière sont en cours en Alberta pour protéger les secteurs où la densité de pies-grièches est élevée (voir Prescott et Bjorge, 1999). Le programme Operation Grassland Community sensibilise les propriétaires fonciers à la pie-grièche.

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Biologie

Reproduction

La Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides est présente l’été dans la moitié nord de son aire de reproduction, ce qui comprend le sud des provinces des Prairies, au Canada. Les pies-grièches arrivent dans les lieux de reproduction au Canada d’avril à juin, élèvent en général une seule couvée de 4 à 6 jeunes et entreprennent ensuite leur migration automnale en août ou en septembre.

Les deux parents participent apparemment au choix du site de nidification et rassemblent le matériel nécessaire à la construction du nid, que la femelle construit seule toutefois (Yosef, 1996). La femelle pond un œuf par jour et la ponte compte en moyenne de 5 à 6 œufs. Les femelles incubent les œufs seules et sont largement nourries par leur partenaire pendant la période de ponte et d’incubation. Cette dernière dure environ 16 jours. Les femelles couvent les oisillons pendant les premiers 4 à 5 jours, les mâles fournissant la majeure partie de la nourriture pendant cette période. Le séjour au nid dure en moyenne de 17 à 18 jours, et les parents continuent de nourrir les jeunes pendant la période qui suit l’envol.

Si le premier essai de nidification échoue au début de la saison, le couple tentera en général de construire un nouveau nid à quelques centaines de mètres du premier. Il est rare que l’on observe une seconde couvée (après l’envol réussi d’une première couvée) dans la partie septentrionale de l’aire de répartition (comprenant l’aire canadienne), mais cela est fréquent plus au sud (Yosef, 1996).

Survie

Haas et Sloane (1989) ont observé un taux de retour de 28 p. 100 chez les mâles adultes et de 5 p. 100 chez les femelles adultes au Dakota du Nord. Dans le cadre d’une étude, 1,2 p. 100 des juvéniles et 32 p. 100 des adultes ont été revus l’année suivante en Alberta, les pourcentages étant de 0,85 p. 100 chez les juvéniles et de 16 p. 100 chez les adultes au Manitoba (Collister et De Smet, 1997). Il est évident que ces taux de retour ne reflètent pas les taux de survie, car les adultes et les juvéniles quittent en général leur lieu de reproduction et de naissance pour se disperser (voir « Déplacements et dispersion », ci-dessous). L’absence de mesure précise du taux de survie des adultes et des juvéniles nuit aux tentatives visant à prévoir avec exactitude la viabilité des populations locales.

Il semble que la mortalité chez les juvéniles après l’envol soit élevée, 33 p. 100 à 46 p. 100 des jeunes qui ont pris leur envol mourant dans les 7 à 10 premiers jours qui suivent l’envol selon Yosef (1996). Cependant, d’autres études (voir p. ex. Blumton, 1989) ont montré que le taux de survie des jeunes après l’envol était relativement élevé. Par conséquent, on ne peut déterminer avec certitude si les taux de survie des jeunes après l’envol sont élevés en général, ou si le fait que certains juvéniles parcourent de longues distances au moment de la dispersion après leur envol (Blumton, 1989; Haas, 1995) entraîne une sous-estimation de leurs taux de survie.

Déplacements et dispersion

Collister et De Smet (1997) ont résumé les données sur la dispersion quant aux lieux de reproduction et aux lieux de naissance chez la pie-grièche en Alberta et au Manitoba. En Alberta, ils ont trouvé pour les adultes que la distance moyenne entre les lieux de nidification dans des années successives était de 1,9 km. Dans la même région, des jeunes pies-grièches baguées avant l’envol ont été recapturées en moyenne à 12,4 km de leur lieu de naissance. Au Manitoba, la distance moyenne entre les lieux de nidification successifs était de 3,1 km et la distance moyenne de dispersion par rapport au lieu de naissance était de 15,4 km. Cependant, le taux de fidélité au lieu de nidification était considérable, avec 50 p. 100 (10 sur 20) des mâles adultes et 27 p. 100 (3 sur 11) des femelles adultes se reproduisant dans le même territoire entre les captures. La dispersion pour ce qui est des lieux de reproduction était plus grande chez les femelles dans les deux régions visées, mais la différence entre les sexes n’était significative qu’au Manitoba (fidélité au lieu chez 23 p. 100 des mâles et chez 9 p. 100 des femelles). Il semble que le succès de la nidification jusqu’à l’envol avait eu une incidence sur la fidélité au lieu de reproduction au Manitoba, car 7 p. 100 des adultes qui ont réussi à élever des jeunes sont revenus dans le même territoire, tandis que seulement 2,3 p. 100 de ceux qui avaient échoué sont revenus.

La récupération de pies-grièches baguées au Canada donne à penser que la majeure partie de la population des Prairies hiverne dans le centre-sud des États-Unis (Burnside, 1987). Deux pies-grièches baguées au stade d’oisillons en Alberta ont été récupérées en hiver dans le centre du Texas, et quatre pies-grièches baguées en Saskatchewan ont été retrouvées dans le centre du Missouri (1 oiseau), le sud de l’Oklahoma (1) et au Texas (2).

Interactions interspécifiques

On a observé des pies-grièches pourchassant une grande diversité d’oiseaux, probablement pour défendre leur aire d’alimentation (Cadman, 1985; Collister, 1994; Woods, 1994). Le Moqueur polyglotte (Mimus polyglottos) et la Chevêche des terriers (Athene cunicularia) volent parfois de la nourriture dans les caches des pies-grièches (Yosef, 1996). Les jeunes pies-grièches ayant atteint l’âge de l’envol sont attaquées et harcelées par un certain nombre d’espèces de passereaux (Smith, 1991). Aucune indication ne permet de penser que la compétition interspécifique a contribué aux déclins des populations de Pies-grièches migratrices à l’échelle locale ou à la grandeur de l’aire de répartition.

Les pies-grièches adultes attaquent et pourchassent une grande variété de prédateurs potentiels de leur nid (voir Yosef, 1996). En Alberta, Collister (1994) a observé des chats féraux, des Pies bavardes (Pica pica), des belettes à longue queue (Mustela frenata) et des couleuvres à nez mince (Pituophis melanoleucus) pillant des nids de pie-grièche. Il est possible que ce genre de prédation soit plus commun dans les habitats agricoles fragmentés, mais il n’y a actuellement aucune donnée confirmant l’hypothèse selon laquelle les taux de prédation dans les nids de pie-grièche seraient plus élevés dans ce genre d’habitats.

Comportement et adaptabilité

Perturbations – On suppose en général que la Pie-grièche migratrice tolère les perturbations anthropiques autour de son nid, mais les indications sont contradictoires (Porter et al., 1975; Siegel, 1980; Kridelbaugh, 1983) quant à la fréquence à laquelle les pies-grièches abandonnent le nid à la suite de perturbations. Cependant, les taux d’abandon sont généralement peu élevés. Une seule étude (Campbell, 1975) a évalué l’effet des perturbations sur la recherche de nourriture. La principale découverte de Campbell est que les oiseaux en quête de nourriture sont souvent victimes de collisions avec des véhicules. On pense que ce type de mortalité est particulièrement fréquent en hiver, quand les pies-grièches concentrent leurs activités d’alimentation le long des routes (Miller, 1931; Cadman, 1986).

Alimentation et recherche de nourriture – Opportuniste, la Pie-grièche migratrice s’adapte en général au bassin de proies disponible (Miller, 1931; Craig, 1978). Elle se nourrit principalement d’insectes pendant la saison de reproduction, mais la proportion de vertébrés dans son alimentation augmente pendant les mois d’hiver. Plusieurs études (voir la section « Perturbations » ci-dessus) ont montré qu’en hiver, la pie-grièche s’alimente surtout le long des routes.

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Taille et tendances des populations

Au Canada, on a signalé des populations de 118 individus au Manitoba (en 2002), de 14 000 à 15 000 individus en Saskatchewan (en 1999) et de 6 000 individus en Alberta (1999).

Il semble que la population canadienne de Pies-grièches migratrices de la sous-espèce excubitorides soit en déclin depuis les années 1960 (Cadman, 1985; Telfer, 1993; Cade et Woods, 1997). Comme on l’a constaté dans l’est des États-Unis et du Canada pour la sous-espèce migrans, l’aire de reproduction des populations de Pies-grièches migratrices de la sous-espèce excubitorides s’est rétrécie vers le sud alors que d’anciens pâturages étaient convertis en terres agricoles et que la tremblaie-parc retournait en partie à l’état de forêt.

Tableau 1. Tendances démographiques chez la Pie-grièche migratrice d’après les résultats des Relevés des oiseaux nicheurs (BBS) de l’Amérique du Nord. Les données sont tirées de Sauer et al. (2002) et ont trait à l’aire de répartition du L. l. excubitorides.
La colonne Tendance (Tend.) indique le pourcentage de changement par année.
Région1966 à 2002
N
1966 à 2002
Tendance
1966 à 2002
P
1966 à 1979
N
1966 à 1979
Tendance
1966 à 1979
P
1980 à 2002
N
1980 à 2002
Tendance
1980 à 2002
P
Alberta
22
- 4,0
0,21
7
- 12,6
0,02
19
0,5
0,91
Saskatchewan
33
- 9,4
0,01
15
- 12,3
0,00
25
- 3,0
0,10
Manitoba
10
- 13,1
0,22
-
-
-
8
-3,3
0,76
Canada
75
- 10,0
0,00
32
- 16,6
0,00
54
- 2,5
0,12
Dakota du Nord
28
- 0,6
0,76
12
- 6,0
0,21
27
3,5
0,07
Montana
24
2,6
0,34
10
- 10,5
0,44
23
2,6
0,40
Dakota du Sud
34
- 1,2
0,40
23
4,6
0,21
27
- 2,0
0,22
Nebraska
42
- 2,7
0,07
27
- 10,1
0,03
36
- 0,1
0,96
Wyoming
63
- 2,2
0,19
17
- 2,1
0,63
60
1,3
0,40
Colorado
49
2,5
0,25
10
1,2
0,79
49
0,9
0,67
Kansas
44
-2,8
0,00
34
- 5,0
0,03
43
- 4,3
0,00
Oklahoma
57
- 5,6
0,00
33
- 5,1
0,00
55
- 5,5
0,00
Nouveau-Mexique
54
- 5,4
0,00
21
- 11,1
0,00
51
- 3,1
0,02

D’après les données totalisées des Relevés des oiseaux nicheurs (BBS – Breeding Bird Surveys) pour l‘Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba (Connie Downes, comm. pers.), le déclin annuel serait en moyenne de 4,5 p. 100 depuis 1968, soit un déclin total de 80 p. 100 pendant cette période et de 37 p. 100 sur 10 ans (figure 4). D’après les données récentes du BBS, les populations se stabiliseraient à de faibles niveaux en Alberta (voir le tableau 1) et continueraient de décliner au Manitoba, la tendance demeurant incertaine en Saskatchewan. Il est difficile d’interpréter (statistiquement) les données du BBS au Manitoba à cause de la petite taille des échantillons et de la faible efficacité statistique qui en découle (voir l’analyse dans la section « Manitoba », ci-dessous). Les populations de pies-grièches ont décliné de façon très marquée dans les provinces des Prairies entre 1966 et 1979, et bien que ces déclins se soient atténués ces dernières années, la tendance est encore à la baisse (voir la figure 4). D’après les récentes mises à jour des données du BBS, intégrant les données de 2001 et de 2002, le déclin des populations de pies-grièches a en général augmenté au Canada et aux États-Unis (données inédites; http://www.mp2-pwrc.usgs.gov/bbs/). Les données du BBS comportent un certain degré d’incertitude sur le plan statistique, mais la tendance générale qui s’en dégage est que le déclin des populations de pies-grièches au Canada se poursuit (mais à un rythme moins rapide).

Figure 4. Indices tirés des données des Relevés des oiseaux nicheurs (BBS) sur la Pie-grièche migratrice en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba (données de Connie Downes, Service canadien de la faune, in litt.).

Figure 4.  Indices tirés des données des Relevés des oiseaux nicheurs (BBS) sur la Pie-grièche migratrice en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba (données de Connie Downes, Service canadien de la faune, in litt.).

Alberta

Les données obtenues grâce aux plans de surveillance provinciaux indiquent une situation similaire. En Alberta, où les données du BBS donnent à penser que les populations se seraient stabilisées dans les années 1980, des relevés récents ont permis de trouver des pies-grièches nichant dans la région périphérique méridionale de la tremblaie-parc du centre de la province, région auparavant considérée comme abritant très peu de pies-grièches (Kiliaan et Prescott, 2002). Des relevés effectués dans l’aire albertaine principale de l’espèce en 1993 et 1996 ont montré que la population y est demeurée stable durant cette période, avec respectivement 90 oiseaux et 96 oiseaux observés en 1993 et en 1996. (Bjorge et Kiliaan, 1997). Cependant, des relevés réalisés le long de routes en 1998 et en 2003 laissent penser qu’il y a eu un déclin de 34 p. 100 (de 1,96 à 1,29 couple/km) durant cette période de cinq ans (D. Prescott, comm. pers., 2004). De plus, d’après les données récemment mises à jour sur le site Web du BBS, le nombre de pies-grièches observées le long des parcours du BBS en Alberta aurait diminué de 6,8 p. 100 par année de 1993 à 2002, pourcentage similaire à celui obtenu pour la Saskatchewan dans la même période (voir le tableau 2). Cependant, il y a souvent une incertitude considérable quant à l’exactitude des données du BBS dans le cas des espèces dont les populations sont petites, et la tendance établie pour l’Alberta n’est pas statistiquement significative (voir l’analyse dans la section « Manitoba », plus bas).

Tableau 2. Résultats du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS), par province, pour la Pie-grièche migratrice pendant la dernière décennie, de 1993 à 2002 (www.mp2-pwrc.usgs.gov/bbs/).
ProvinceParcoursTendance (% de changement/année)P
Alberta
16
- 6,81
0,20
Saskatchewan
19
- 6,31
0,02
Manitoba
5
- 2,60
0,85

Saskatchewan

Le tableau 3 résume les données touchant le nombre de pies-grièches nicheuses observées lors de relevés par transects en Saskatchewan. Ces données n’indiquent pas un déclin à long terme des effectifs, mais le déclin observé de 1993 à 2003 est préoccupant (un profil similaire se dégage des résultats pour le Manitoba; voir ci-dessous). Par ailleurs, l’analyse des données du BBS concernant la pie-grièche migratrice pour les dix dernières années (1993 à 2002) montre un déclin statistiquement significatif (P = 0,02) de 6 p. 100 par année en Saskatchewan. D’après ces données, les effectifs de 2002 correspondaient à seulement 54 p. 100 de ceux de 1993.

Tableau 3. Résultats des relevés de pies-grièches nicheuses dans des transects le long de routes en Saskatchewan (tirés de Collister, 1999, et A. Didiuk, in litt., 2004).
RégionParcoursKilomètresCouples par 100 km
1987
Couples par 100 km
1993
Couples par 100 km
1998
Couples par 100 km
2003
Nord-est
6
1 175
1,02
1,11
0,85
0,87
Nord-ouest
8
1 290
3,49
6,05
5,89
5,89
Sud-est
10
1 971
1,47
2,74
1,67
0,36
Sud-ouest
8
1 473
2,58
4,48
3,94
4,89
Totaux
32
5 909
2,10
3,57
3,00
2,90

Manitoba

Au Manitoba, on a effectué des recensements annuels depuis le premier rapport de situation du COSEPAC, présenté en 1986. Le nombre de pies-grièches a augmenté de 1987 (265 couples) à 1993 (327 couples), mais il a diminué par la suite, avec 59 couples seulement en 2002 (K. De Smet, comm. pers.; voir la figure 5). Par contre, d’après les données du BBS pour le Manitoba, il y aurait eu de 1993 à 2002 un déclin de 2,6 p. 100 par année, soit une baisse des effectifs de 327 à 257 couples. Comme on l’a déjà mentionné dans le présent rapport, il faut donc interpréter prudemment les données du BBS, surtout dans le cas de petites populations en déclin, comme celle du Manitoba. En pareils cas, les relevés visant spécifiquement l’espèce fournissent un tableau beaucoup plus exact des tendances des populations que la méthode utilisée pour le BBS.

Figure 5. Résultats des relevés annuels de Pies-grièches migratrices nichant au Manitoba. Rs = coefficient de corrélation de rangs de Spearman.

Figure 5. Résultats des relevés annuels de Pies-grièches migratrices nichant au Manitoba. Rs = coefficient de corrélation de rangs de Spearman.

Aire d’hivernage

Dans les quartiers d’hiver, les effectifs de la Pie-grièche migratrice ont diminué dans les régions couvertes par le Recensement des oiseaux de Noël aux États-Unis. On sait que des populations canadiennes (Alberta et Saskatchewan) de la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides hivernent dans les États du sud des Grandes Plaines (Burnside, 1987). L’analyse des tendances à long terme du nombre de pies-grièches observées lors du Recensement des oiseaux de Noël au Colorado et au Kansas, ainsi qu’en Oklahoma et au Texas (lieux d’hivernage de Pies-grièches migratrices de la sous-espèce excubitorides qui nichent au Canada), montre des déclins statistiquement significatifs, avec des déclins des effectifs d’au moins 50 p. 100 de 1959 à 2002 (voir la figure 6).

Figure 6. Courbe d’abondance de la Pie-grièche migratrice lors du Recensement des oiseaux de Noël dans le centre-sud des États-Unis.

Figure 6. Courbe d’abondance de la Pie-grièche migratrice lors du Recensement des oiseaux de Noël dans le centre-sud des États-Unis.

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Facteurs limitatifs et menaces

On a établi une corrélation entre la conversion et la dégradation de l’habitat, d’une part, et le déclin des populations de pies-grièches dans toute l’Amérique du Nord, d’autre part (Yosef, 1996). Telfer (1993) a signalé un déclin de 39 p. 100 dans des pâturages non améliorés entre 1946 et 1986 dans les régions des provinces des Prairies où la Pie-grièche migratrice a connu les déclins les plus importants. Telfer (loc. cit.) a également étudié l’utilisation de l’habitat par la pie-grièche dans les quartiers d’hiver au Texas et a constaté qu’il ne restait que 17 p. 100 des prairies indigènes. Samson et Knopf (1994) ont signalé une perte considérable de prairies indigènes en Alberta (61 p. 100 des prairies mixtes), en Saskatchewan (81 p. 100 des prairies mixtes et 85p. 100 des prairies à graminées courtes) et au Manitoba (99 p. 100 des prairies à graminées hautes et des prairies mixtes), ainsi que plus au sud le long de la partie occidentale et centrale des Grandes Plaines. Il est donc probable que la perte considérable de prairies indigènes (habitat d’alimentation préféré; Bent, 1950) dans l’ensemble des aires de reproduction, de migration et d’hivernage a également eu une incidence négative importante sur les populations de la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides.

Les causes exactes de la mortalité ne sont pas déterminées, mais il est clair que le taux de mortalité chez les jeunes ayant récemment pris leur envol est élevée. Collister (1994) a constaté en Alberta un taux de mortalité de 33 p. 100 une année et de ≥ 53 p. 100 une autre année chez les jeunes pies-grièches dans les dix premiers jours suivant l’envol. En Indiana, Burton (1990) a trouvé un taux de mortalité de 46 p. 100 chez les jeunes pies-grièches pendant la première semaine suivant l’envol.

On possède beaucoup d’indications concernant les effets négatifs des pesticides sur la Pie-grièche migratrice (voir le compte rendu dans Yosef, 1996). Les déclins des populations de cette espèce ont coïncidé avec l’introduction de composés organochlorés aux États-Unis et au Canada (Yosef, 1996). Deux études ont permis de mesurer des niveaux relativement élevés de pesticides chez les pies-grièches nichant en Illinois (DDE; Anderson et Duzan, 1978) et en Californie (DDT; Rudd et al., 1981), et la dieldrine est considérée comme un facteur ayant contribué au déclin de la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides au Canada (G. Gox dans Cadman, 1985).

Les pesticides peuvent avoir des effets négatifs directs en provoquant une diminution de l’épaisseur des coquilles (Morrison, 1979) qui entraînent une réduction du taux d’éclosion, en altérant le développement du comportement chez les juvéniles ou en causant la mort (Busbee, 1977). De plus, les pesticides peuvent réduire le succès de la reproduction et les taux de survie en amenant une diminution importante de l’abondance des proies. Selon Cadman (1985), il y a une corrélation entre les déclins marqués observés chez la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides au Canada et l’emploi intensif de la dieldrine dans la lutte contre les sauterelles, une des principales sources de nourriture des pies-grièches nichant dans les provinces des Prairies. Cadman a donné des indications montrant l’existence d’un lien entre, d’une part, la diminution de la taille des pontes et des couvées ainsi que du taux d’éclosion et, d’autre part, l’emploi de la dieldrine dans les régions où niche la pie-grièche. Dans les quartiers d’hiver, la récente expansion de la fourmi de feu rouge a entraîné l’utilisation du mirex (un pesticide), qui peut s’accumuler en concentrations relativement élevées dans les pies-grièches (Collins et al., 1974; Lymn et Temple, 1991).

On pense que les collisions avec des véhicules sont une cause majeure de mortalité chez les pies-grièches, jeunes et adultes. La pie-grièche cherche souvent sa nourriture dans les haies et les clôtures de fil barbelé, souvent près des routes, et plusieurs auteurs ont constaté une mortalité importante dans ce genre de contexte (p.ex. Robertson, 1930; Miller, 1931; Luukkonen, 1987; Blumton, 1989).

Il semble que le taux de prédation des adultes, des œufs et des oisillons est plus élevé à proximité des routes et des haies, qui attirent les prédateurs (DeGeus, 1990). On a constaté que les chats féraux faisaient partie des prédateurs (Gawlik et Bildstein, 1990; Scott et Morrison, 1990), de même que les rapaces et les carnivores en général (Bent, 1950).

Dans les prairies à herbes courtes, le bétail peut endommager ou tuer les quelques arbres disponibles pour la nidification de la pie-grièche (D. Wiggins, obs. pers.). Dans le sud-est du Colorado, il semble que les populations de L. l. excubitorides évitent de nicher dans les prairies broutées en été et nichent plutôt dans les arbustes au bord des routes ainsi que dans les secteurs clôturés auxquels le bétail n’a pas accès (D. Wiggins, obs. pers.).

Les conditions météorologiques peuvent avoir une incidence négative importante sur le succès de la reproduction. Porter et al. (1975) ont constaté la destruction de 9 nids sur 12 dans l’est du Colorado pendant de gros orages, et ce genre d’orages entraînent souvent la perte de nids dans les grandes plaines de l’est du Colorado (Susan Craig, comm. pers.). Il est probable que le mauvais temps (froid, humidité) cause encore plus de problèmes à la périphérie de l’aire de répartition de l’espèce (p. ex. au Canada).

Enfin, dans la population du Manitoba, le succès de la reproduction semble diminuer parallèlement aux déclins observés dans la population. L’ensemble de données le plus complet (pour toute l’aire de répartition de l’espèce) concernant le succès de la reproduction a été recueilli au Manitoba, et plusieurs mesures indiquent une diminution du succès de la reproduction depuis 1993, année où les effectifs ont amorcé une chute abrupte (tableau 4).

Tableau 4. Mesures du succès de la reproduction au Manitoba de 1987 à 1993 comparativement à celles de 1994 à 2002
(données de Ken De Smet, comm. pers.).
Facteur1987 à 19931994 à 2002
a) Taille de la ponte
6,18
6,17
b) Taille moyenne de la couvée de 8 à 10 jours
5,28
4,79
c) Succès de la nidification
62,5 %
57 %
d) b x c (nombre de jeunes envolés par nid construit)
3,30
2,73

Le virus du Nil occidental a tué de nombreuses Pies-grièches migratrices gardées en captivité en Ontario en 2002, et un cas de mortalité a été documenté en Alberta en 2003 (R. Bjorge, in litt., 2004).

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Importance de l'espèce

La Pie-grièche migratrice était autrefois une espèce commune dans les habitats ouverts dans la majeure partie des États-Unis et du sud du Canada. Au cours des dernières décennies, les populations de diverses parties de l’aire de répartition de l’espèce ont subi un déclin très marqué. Les populations de l’est (L. l. migrans) sont maintenant en voie de disparition en Ontario et largement disparues dans la majeure partie de leur ancienne aire de répartition dans le nord-est des États-Unis. Les populations de l’ouest n’ont pas connu des déclins aussi marqués, mais certaines populations, comme celles de l’île San Clemente (L. l. mearnsi) et du sud-ouest du Manitoba (L. l. excubitorides), sont maintenant désignées en voie de disparition. Le L. l. excubitorides est également en déclin depuis plusieurs décennies dans la partie sud de l’aire de reproduction en Oklahoma et au Texas, où il était autrefois très commun.

Malgré l’intérêt considérable manifesté à l’égard de ces diverses populations en déclin et en voie de disparition, on n’a pas encore clairement déterminé quels facteurs sont à l’origine du déclin à grande échelle de l’espèce (voir les analyses dans Yosef [1996], Cade et Woods [1997]). On a orienté presque toutes les activités de conservation vers l’inventoriage et la protection des habitats de nidification. Il reste encore à étudier les problèmes potentiels (perte d’habitat, pesticides) dans les quartiers d’hiver, où les populations ont diminué.

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Protection actuelle ou autres désignations

La Pie-grièche migratrice bénéficie d’une protection internationale (Canada, Mexique, États-Unis) en vertu de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs (1916). L’espèce est cotée G4 (apparemment non en péril à l’échelle mondiale, mais pouvant être très rare dans certaines parties de son aire de répartition, surtout à la périphérie) par The Nature Conservances, avec les cotes provinciales S3S4B au Manitoba, S4B en Saskatchewan et S3 en Alberta. La cote S3 renvoie à une espèce qui est soit très rare ou présente localement dans toute son aire de répartition, soit présente localement dans une aire de répartition restreinte. La cote S4 s’applique à une espèce qui ne semble pas en péril, mais qui peut être très rare dans certaines parties de son aire de répartition, surtout à la périphérie. Un exposé complet sur la protection actuelle accordée à la Pie-grièche migratrice et ses statuts juridiques est présenté dans Pruitt (2000).

Au Canada, la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides a été désignée espèce menacée par le COSEPAC en 1986 et 1991 (COSEPAC, 2003). Elle figure sur la liste des espèces en voie de disparition (endangered) au Manitoba (disponible en anglais seulement) et sur celles des espèces vulnérables (sensitive species) et des espèces préoccupantes (species of special concern) en Alberta (anonyme, 2001). En Saskatchewan, elle est considérée comme une espèce en péril (species at risk), nécessitant une attention spéciale en matière de gestion (Saskatchewan Conservation Data Centre, disponible en anglais). Elle est également désignée espèce menacée (threatened) dans l’État voisin du Minnesota (Minnesota Department of Natural Resources, disponible en anglais) et en voie de disparition (endangered) au Wisconsin (Wisconsin Department of Natural Resources, disponible en anglais seulement).

Les principales activités de protection menées sur le terrain en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba visent à répertorier et à protéger l’habitat essentiel de la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides. Ces activités sont en général orientées vers l’intendance privée, les propriétaires fonciers étant encouragés à clôturer et à protéger les secteurs considérés comme des lieux de nidification et d’alimentation importants pour l’espèce.

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Résumé du rapport de situation

La Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides a connu une importante diminution de son aire de répartition et de ses effectifs pendant les dernières décennies. Depuis sa première désignation comme espèce menacée en 1986 (Cadman, 1986), les populations du Manitoba ont continué de diminuer de façon prononcée, celles de la Saskatchewan ont diminué de façon moins marquée, et, en Alberta, l’espèce semble plus ou moins stable. L’un des problèmes associés à l’évaluation des tendances actuelles des populations au Canada est que les populations actuelles sont tellement petites que l’efficacité statistique des données du BBS est faible. Les relevés en cours en Alberta et en Saskatchewan devraient permettre de mieux déterminer la situation et les tendances démographiques de l’espèce dans son aire de répartition principale au Canada. Des données récentes (de 1993 à aujourd’hui) provenant des lieux d’hivernage connus de la population canadienne (centre-sud des États-Unis) donnent également à penser que les effectifs sont encore en déclin.

Les causes du rétrécissement de l’aire de répartition et des déclins d’effectifs ne sont pas encore clairement établies. La perte ou la dégradation de prairies, l’accumulation de pesticides, la prédation dans les lieux de nidification et les collisions avec des véhicules sont toutes mentionnées comme des causes pouvant contribuer au déclin. Récemment, on a déployé des efforts pour améliorer l’habitat de nidification (p. ex. en plantant des arbustes dans les prairies et en clôturant des arbres pouvant servir à la nidification), mais il est trop tôt pour qu’on puisse évaluer les effets de ces mesures.

En plus du déclin des effectifs au Manitoba, on a observé dans la province une baisse dans le succès de la reproduction depuis 1993, facteur qui a contribué à l’effondrement général de la population. Actuellement, on ne possède pas de données à long terme sur la reproduction pour les populations de pies-grièches d’Alberta et de Saskatchewan, mais la collecte de ce genre de données est en cours en Saskatchewan.

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Résumé technique

Lanius ludovicianus excubitorides

Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitoridesLoggerhead Shrike excubitorides subspecies

Zone d’occurrence au Canada :

Alberta, Saskatchewan, Manitoba

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²)

Environ 300 000 km²

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

En déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Non

Superficie de la zone d’occupation (km²)

Env. 5 000 à 10 000 km²

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

En déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Non

Nombre d’emplacements existants

Sans objet

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue)

 

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

 

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

Inconnue

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

2

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

Environ 20 000

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

En déclin

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

37 % sur 10 ans
(83 % depuis 1968)
(données du BBS)

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Non

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

Non

Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

 

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

 

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

 

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Perte de prairies indigènes et de pâturages dans les lieux de reproduction, de migration et d’hivernage.
  • Dégradation de l’habitat due au pâturage.
  • Concentration élevée de pesticides chez la pie-grièche, en particulier de DDT et de dieldrine, utilisés dans la lutte contre des insectes dont elle se nourrit, facteur qui aurait contribué au déclin de la population.
  • Diminution du succès de la reproduction corrélée à l’existence de faibles effectifs.

Effet d’une immigration de source externe

Modéré

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

  • États-Unis : Wisconsin – En voie de disparition
  • Minnesota – Menacée

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?

Oui

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

Stables, en déclin

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Oui

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre à l’endroit en question?

Oui

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants à l’endroit en question?

Oui, mais en déclin

Analyse quantitative

Autres statuts

COSEPAC : espèce menacée (1986)

Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce menacée

Code alphanumérique : A2bc

Justification de la désignation : Les populations de ce rapace chanteur ont connu des déclins considérables (plus de 80 p.100) au cours des 35 dernières années. Ces déclins ont été associés à la disparition de la prairie et des pâturages naturels qui constituent l’habitat de l’espèce, et aux résidus de pesticides.

Application des critères

  • Critère A (Population totale en déclin) : Le critère A2bc correspondant à une espèce menacée s’applique, les résultats du BBS indiquant qu’il y aurait eu un déclin de 37 p. 100 sur 10 ans et les causes de ce déclin étant toujours présentes.
  • Critère B (Aire de répartition peu étendue, et déclin ou fluctuation) : Ne s’applique pas parce que la zone d’occurrence et la zone d’occupation sont trop grandes.
  • Critère C (Petite population totale et déclin) : Ne s’applique pas parce que la population est trop grande.
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition restreinte) : Ne s’applique pas parce que la répartition n’est pas restreinte et que la population est trop grande.
  • Critère E (Analyse quantitative) : Non effectuée.

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Remerciements

David Wiggins remercie tout particulièrement Ken De Smet et Andrew Didiuk qui lui ont fourni beaucoup d’information inédite sur la situation et la biologie de la pie-grièche au Manitoba et en Saskatchewan, respectivement. David Prescott a communiqué les données des relevés effectués en 2003 en Alberta. Susan Craig lui a par ailleurs présenté un compte rendu très utile d’une étude pluriannuelle sur la pie-grièche effectuée dans l’est du Colorado. Enfin, Connie Downes, du Service canadien de la faune (Ottawa), a fourni les données du volet canadien du BBS.

Le financement du présent rapport a été assuré par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

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Ouvrages cités

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

David Wiggins est un ornithologue qui travaille en Suède et en Amérique du Nord. Il a obtenu un diplôme de premier cycle à la University of Oklahoma, une maîtrise à la Brock University (sur les soins parentaux chez la Sterne pierregarin), un doctorat à la Simon Fraser University (sur la génétique quantitative chez l’Hirondelle bicolore) et un post-doctorat à l’Université d’Uppsala, en Suède (sur l’évolution du cycle biologique chez le Gobemouche à collier). Depuis, David Wiggins a travaillé à titre d’écologiste chercheur au ministère de l’Environnement du Danemark, et il agit actuellement comme consultant pour le U.S. Forest Service, travaillant sur des projets de conservation des oiseaux dans l’ouest des États-Unis.

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Experts contactés

Un certain nombre de spécialistes régionaux ont fourni des commentaires directs ou des données publiées ou inédites pour le présent rapport de situation.

Ken De Smet (direction des écosystèmes et des espèces sauvages, ministère de la Conservation du Manitoba) a fourni une foule d’informations sur la situation de la Pie-grièche migratrice au Manitoba. Andrew Didiuk, président de l’équipe de rétablissement de la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides a fourni de l’information sur la situation actuelle et récente de l’oiseau en Saskatchewan. David Prescott a communiqué les données des relevés récents effectués en Alberta et Ron Bjorge a fait part de ses commentaires sur la situation et la répartition de l’espèce dans cette même province. Gilles Seutin (Parcs Canada) a fourni certains rapports inédits. Les autres experts consultés sont entre autres Diane Amirault,
Gord Court, Susan Craig, Theresa Fowler, Gloria Goulet et Gina Schalk.

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