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Addenda à la version finale du Programme de rétablissement du Pluvier siffleur (Charadrius melodus circumcinctus) au Canada portant sur la désignation de l'habitat essentiel (version finale)


1.0 : Une approche hiérarchique a été utilisée pour la désignation de l'habitat essentiel

La LEP définit l'habitat essentiel comme suit : « l'habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d'une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d'action élaboré à l'égard de l'espèce ».

Une approche hiérarchique a été utilisée pour désigner l'habitat essentiel du Pluvier siffleur de la sous-espèce circumcinctus. Un premier ensemble plus général de « Critères relatifs aux bassins » (énumérés à la section 1.1 ci-dessous) a été appliqué afin de déterminer lesquels des bassins de l'aire de répartition du Pluvier siffleur de la sous-espèce circumcinctus contiennent vraisemblablement de l'habitat essentiel de cette sous-espèce.

Même si un bassin peut contenir de nombreux sites d'habitat essentiel, il peut également comprendre des aires ne convenant pas au Pluvier siffleur de la sous-espèce circumcinctus. Un deuxième critère ou ensemble de critères doit donc être appliqué dans les bassins qui incluent vraisemblablement de l'habitat essentiel afin de déterminer précisément les portions de rivage de chacun des bassins qui constituent de l'habitat essentiel. Le « critère relatif aux quarts de section » (présentés à la section 1.2 ci-dessous) a donc été appliqué en deuxième lieu afin de désigner l'habitat essentiel dans les 20 bassins où l'habitat essentiel est actuellement identifié. Les portions du rivage qui constituent de l'habitat essentiel sont désignées à l'échelle du quart de section.

1.1 : Critères relatifs aux bassins

L'application des « critères relatifs aux bassins » permet de cerner globalement les bassins susceptibles de contenir de l'habitat essentiel du Pluvier siffleur de la sous-espèce circumcinctus. Les critères suivants, tels qu'ils apparaissent dans le programme de rétablissement du Pluvier siffleur de 2006 (Environnement Canada, 2006), ont été appliqués pour déterminer les bassins de l'aire de répartition du Pluvier siffleur de la sous-espèce circumcinctus (Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario) qui contiennent vraisemblablement de l'habitat essentiel :

  1. un nombre moyen de ≥ 4 pluviers adultes en Alberta et en Saskatchewan et de ≥ 2 adultes au Manitoba et en Ontario recensés à tous les relevés, ou 5 % de la cible du rétablissement de la province pendant une année de la période couverte;
  2. un minimum de trois relevés par site pendant la saison de reproduction, tous menés au cours d'années différentes;
  3. une période flottante d'au moins 15 ans (débutant en 1991) pour déterminer le statut du site (terre humide, lac, lit de rivière). La période de 15 ans est fondée sur trois recensements internationaux se déroulant tous les cinq ans.

En d'autres termes, pour qu'un bassin soit considéré comme incluant vraisemblablement de l'habitat essentiel, le nombre moyen de pluviers adultes enregistré lors de tous les relevés réalisés dans le bassin au cours des 15 dernières années doit être supérieur ou égal à quatre (Alberta et Saskatchewan) ou à deux (Manitoba et Ontario). Pour chaque bassin, l'ensemble des relevés retenus utilisés doit comprendre au moins trois relevés réalisés pendant la saison de reproduction, et peuvent inclure tout relevé réalisé dans un bassin particulier en plus de ceux menés dans le cadre du recensement international du Pluvier siffleur. On estime qu'un bassin contient vraisemblablement de l'habitat essentiel si, au cours d'une des quinze dernières années, le nombre de pluviers adultes recensés lors d'un relevé réalisé dans le bassin est supérieur ou égal à 5 % du but du rétablissement de la province où le bassin se trouve. Les buts provinciaux de rétablissement fixés pour le Pluvier siffleur de la sous-espèce circumcinctus dans le programme de rétablissement du Pluvier siffleur de 2006 sont de 300 pour l'Alberta, de 1 200 pour la Saskatchewan, de 120 pour le Manitoba et de six pour l'Ontario (lac des Bois) (Environnement Canada, 2006). Il importe de prendre note du fait que la cible de 6 oiseaux pour l'Ontario s'applique seulement au lac des Bois, situé dans le nord de l'Ontario; il serait prématuré pour le moment de fixer une cible en matière de population pour le sud de l'Ontario car le Pluvier siffleur ne s'y est pas reproduit pendant les trois décennies précédant 2007, et la qualité et le caractère convenable de l'habitat sont incertains et requièrent une évaluation.

Le critère de ≥ 4 adultes pour tous les relevés réalisés en Alberta et en Saskatchewan et celui de ≥ 2 adultes pour tous ceux réalisés en Ontario et au Manitoba ont été choisis comme limites inférieures pour l'occurrence du Pluvier siffleur dans les bassins par consensus entre les membres de l'équipe de rétablissement du Pluvier siffleur des Prairies sur la base des connaissances historiques sur la taille de la population et sur l'utilisation de l'habitat. L'équipe de rétablissement accueille des membres qui possèdent une expertise en biologie, en conservation, en dynamique des populations et en gestion du Pluvier siffleur de la sous-espèce circumcinctus. Une limite inférieure plus inclusive a été fixée pour le Manitoba et l'Ontario car la population du Manitoba est petite et celle de l'Ontario n'est qu'une population relique. La limite plus stricte établie pour l'Alberta et la Saskatchewan reconnaît que les populations de ces provinces sont plus grandes et qu'un plus grand nombre de pluviers risquent par conséquent d'être observés lors des relevés réalisés dans les bassins de ces provinces.

Le nombre minimum de trois relevés apporte une constance dans la localisation des sites en assurant que les fluctuations ponctuelles du nombre d'individus ou de l'utilisation d'un bassin n'entraînent pas nécessairement l'exclusion d'un bassin. La fenêtre flottante de 15 ans assure que la sélection des bassins contenant vraisemblablement de l'habitat essentiel soit réalisée en tenant compte des données sur la reproduction provenant d'un minimum de trois recensements internationaux du Pluvier siffleur, lesquels sont réalisés tous les cinq ans.

Le recensement international du Pluvier siffleur est un inventaire exhaustif des Pluviers siffleurs mené aux États-Unis, au Canada, au Mexique, à Cuba, aux Bahamas, aux Caraïbes et à Saint-Pierre et Miquelon (France). Le but du recensement est d'effectuer le suivi des progrès réalisés vers l'atteinte des buts du rétablissement ainsi que de déterminer les changements dans la répartition de l'espèce et d'en effectuer le suivi (Haig et al., 2005). La méthodologie du recensement a été établie par l'équipe de rétablissement du Pluvier siffleur des Grands Lacs américains et des Grandes Plaines du nord, et comprend deux volets principaux : un recensement mené dans les lieux d'hivernage et un autre dans les lieux de reproduction. Seules les données sur la reproduction sont considérées pour la désignation de l'habitat essentiel de la population canadienne du Pluvier siffleur de la sous-espèce circumcinctus, cette sous-espèce n'hivernant pas au Canada. Chacun des recensements sur la reproduction se déroule au cours des deux premières semaines de juin.

1.2 : Critère relatif aux quarts de section

Tel que mentionné ci-dessus, les critères relatifs aux bassins ont été appliqués en premier lieu afin de cerner les bassins susceptibles de contenir de l'habitat essentiel. Un deuxième critère (critère relatif aux quarts de section) a ensuite été appliqué afin de déterminer quels quarts de section, ou unité comparable, du rivage contiennent l'habitat essentiel du Pluvier siffleur de la sous-espèce circumcinctus :

  • Les quarts de section (ou les unités comparables) contenant de l'habitat essentiel sont ceux où l'utilisation a été documentée pour ≥ 2 couples ou ≥ 2 nids de Pluviers siffleurs, ou ≥ 4 adultes lors de ≥ 2 saisons de reproduction au cours d'une fenêtre flottante de 15 ans.

En d'autres termes, pour que l'habitat essentiel soit désigné dans un quart de section (ou une unité comparable), les données recueillies dans ce quart de section lors d'au moins deux relevés effectués pendant la saison de reproduction au cours des 15 dernières années doivent avoir montré un nombre supérieur ou égal à deux couples, à deux nids ou à quatre pluviers adultes. Cette méthodologie a pour résultat une désignation de l'habitat essentiel correspondant à des territoires qu'on sait avoir été utilisés au cours d'une période raisonnable, et elle est semblable à celle adoptée par l'équipe de rétablissement du Pluvier siffleur de l'Alberta (Alberta Piping Plover Recovery Team, 2006).

Dans les quarts de section désignés grâce à ce critère, l'habitat essentiel est défini comme étant la bande de rivage située entre la ligne des hautes eaux ordinaires et le bord de l'eau. La limite supérieure de l'habitat est définie par la ligne des hautes eaux ordinaires, comme que le mentionne le programme de rétablissement du Pluvier siffleur de 2006 (Environnement Canada, 2006).

Les structures anthropiques (p. ex. quais, bâtiments, marinas, équipement d'irrigation, etc.) ne sont pas considérées comme de l'habitat essentiel.

Tel que mentionné à la section 1.1 ci-dessus, les populations de Pluviers siffleurs de la sous-espèce circumcinctus de l'Ontario et du Manitoba sont plus petites que celles de l'Alberta et de la Saskatchewan. Par conséquent, pour l'Ontario et le Manitoba, la détermination des bassins contenant vraisemblablement de l'habitat essentiel s'appuie sur des critères relatifs aux bassins où la limite inférieure du nombre de pluviers adultes observés est plus inclusive. Il faudra peut-être également établir des exigneces plus inclusive a l'échelle du quart de section (ou d'une unité comparable) si l'on veut désigner suffisamment d'habitat essentiel pour atteindre les cibles provinciales du rétablissement du Pluvier siffleur de la sous-espèce circumcinctus qui ont été fixés dans le programme de rétablissement du Pluvier siffleur de 2006 pour les populations de l'Ontario et du Manitoba (Environnement Canada, 2006). De la même façon, les critères relatifs aux bassins et le critère relatif aux quarts de section peuvent être révisés, précisés et mis à jour, si cela s'avère approprié.