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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Paruline orangée (Protonotaria citrea) au Canada – Mise à jour

Résumé

Paruline orangée

Protonotaria citrea

Information sur l’espèce

La Paruline orangée est l’un des oiseaux chanteurs les plus flamboyants de l’Amérique du Nord. Les mâles et les femelles se ressemblent, mais les couleurs des mâles sont plus vives. Ils ont tous deux la tête et la poitrine jaunâtres, le dos vert olive ainsi que les ailes et la queue bleu-gris. Les taches blanches de la queue sont assez visibles. Les Parulines orangées sont de petits oiseaux qui pèsent environ 14 g et mesurent environ 14 cm de long.

Répartition

La Paruline orangée se reproduit dans une grande partie de l’est des États-Unis, la limite septentrionale de l’aire se trouvant dans le sud-ouest de l’Ontario. Elle est abondante dans le sud-est des États-Unis. Les populations canadiennes sont petites et dispersées; elles se trouvent surtout le long de la rive nord du lac Érié. Son aire d’hivernage s’étend des basses terres côtières du sud du Mexique jusqu’aux régions côtières du nord de l’Amérique du Sud vers le sud.

Habitat

Au cours de la saison de reproduction, les Parulines orangées occupent de vastes forêts marécageuses décidues matures et semi-matures et des plaines inondables riveraines. Les bassins permanents et semi-permanents d’eaux libres sont caractéristiques, et les nids sont généralement situés au-dessus d’eaux stagnantes ou à faible courant. L’espèce niche dans des cavités naturelles ou excavées par d’autres espèces, et utilise de petites cavités peu profondes situées à de faibles hauteurs. Les nichoirs bien conçus sont également acceptés sans difficulté. Les mâles construisent souvent un ou plusieurs nids incomplets. Les densités de nidification sont au moins partiellement restreintes par l’existence de cavités propices. Les mangroves côtières de l’Amérique centrale et du nord de l’Amérique du Sud constituent le principal habitat d’hivernage de la Paruline orangée. Cette dernière hiverne également dans les marécages et les régions boisées humides, principalement à moins de 1 300 m d’altitude.

Biologie

La Paruline orangée a un comportement extrêmement territorial pendant la période de reproduction, mais non sur les territoires d’hivernage. La taille du territoire (environ 1 à 2 ha) est influencée par la qualité et la configuration de l’habitat ainsi que par la densité de la population. En général, les couvées comptent 4 à 6 œufs. Dans le sud des États-Unis, l’espèce produit généralement 2 couvées, alors que les populations septentrionales (y compris celles du Canada) produisent habituellement une seule couvée. Le succès de la nidification est très variable et dépend en grande partie des taux de prédation. La destruction d’œufs et d’oisillons par les Troglodytes familiers constitue un facteur important dans l’échec de la reproduction aux sites où ceux-ci sont nombreux. Pour une espèce nichant dans des cavités, la Paruline orangée montre un taux exceptionnellement élevé de parasitisme des nids par le vacher (27 p. 100 en Ontario). En Ontario, le succès de nidification annuel sur une période de 7 ans était de 44 p. 100 à 67 p. 100. La durée de vie moyenne des mâles est d’environ 2,5 ans. Les estimations de probabilité relativement à la survie annuelle des adultes se situent à environ 53 p. 100 pour les mâles et à 47 p. 100 pour les femelles. Au Canada, en moyenne, environ 37 p. 100 de tous les mâles territoriaux ne s’accouplent pas au cours de la période de reproduction. Un apparent manque de femelles dans la population canadienne restreint le potentiel reproducteur. En outre, la population canadienne favorise fortement les oiseaux plus âgés, ce qui indique un recrutement ou une immigration faibles.

Les Parulines orangées sont insectivores et se nourrissent surtout de chenilles, de mouches, de moucherons et d’araignées.

Taille et tendances des populations

La population continentale de Parulines orangées est estimée à environ 900 000 couples, dont plus de 99 p. 100 résident aux États-Unis, principalement dans les États du sud-est. Au cours des dernières années, le Canada a abrité un maximum de 20 couples et plusieurs mâles territoriaux non accouplés. Actuellement (2005), la population canadienne est estimée à 28 à 34 individus, y compris les mâles non accouplés.

Les résultats du Relevé des oiseaux nicheurs indiquent que la population continentale de Parulines orangées a connu un déclin à long terme important d’une moyenne de 1,3 p. 100 par année de 1966 à 2005 (40 p. 100 en tout). Au Canada, les données des relevés intensifs ciblant les Parulines orangées donnent à penser que la population estimée est passée de 40 couples, en 1995, à 8 couples, en 2005, ce qui représente une diminution de 80 p. 100 de la taille de la population au cours des 10 dernières années.

Malgré le déclin de la population, les résultats de l’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario indiquent que la répartition générale de l’espèce au Canada est demeurée inchangée au cours des 20 dernières années.

Facteurs limitatifs et menaces

Au Canada, la répartition de la Paruline orangée semble principalement limitée par le climat et l’habitat. Les menaces suivantes ont été cernées : la perte et la dégradation de l’habitat de reproduction de forêt marécageuse dans toute l’aire de répartition; la perte de l’habitat d’hivernage, en particulier la destruction généralisée de mangroves; la perturbation de l’habitat qui accroît la compétition pour l’obtention de sites de nidification et qui réduit la productivité de la reproduction (surtout en raison de la destruction interspécifique d’œufs par les troglodytes ou du parasitisme des nids par le vacher); les insectes envahissants (p. ex. l’agrile du frêne) qui risquent de provoquer de graves perturbations de l’habitat; les plantes envahissantes (p. ex. le roseau commun et l’aulne glutineux) qui rendent l’habitat inapproprié; les catastrophes météorologiques et les modifications des modèles de précipitations liées aux changements climatiques.

Importance de l’espèce

Dans son aire de reproduction, la Paruline orangée pourrait représenter un indicateur utile de la qualité des terres humides forestières. Au cours de la migration printanière au Canada, elle entraîne des avantages socioéconomiques locaux, grâce à son immense popularité auprès des observateurs d’oiseaux.

Protection actuelle

La Paruline orangée est actuellement réglementée comme une espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada et de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Une protection générale est également prévue par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs. D’autres politiques et règlements provinciaux, qui encouragent la protection de son habitat de reproduction en Ontario, sont également bénéfiques pour l’espèce. En outre, la majorité de la population reproductrice qui reste actuellement en Ontario se trouve sur des terres publiques protégées.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce àl’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.