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Mise à jour évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur la Grue blanche au Canada

Résumé

Grue blanche

Grus americana

 

Description 

La Grue blanche adulte porte un plumage tout blanc, sauf pour les rémiges primaires, qui sont noires, et des marques noires et rouges sur la face. Ses longues pattes et son long bec sont noirs ou gris très foncé. Chez les jeunes, le plumage est d’un blanc grisâtre mêlé de brun rougeâtre, et la face est dépourvue de marques colorées.

 

Répartition 

La Grue blanche nichait autrefois dans la majeure partie des prairies du centre et du nord de l’Amérique du Nord (une petite population nichait en Louisiane) et migrait vers le sud pour l’hiver, du New Jersey jusqu’au nord du Mexique. Toutefois, elle est pratiquement disparue de ces régions sous la pression de la colonisation au début du 20e siècle, et son aire de nidification se limite aujourd’hui à une région comprise entre les cours supérieurs des rivières Nyarling, Sass, Klewi et Little Buffalo dans le parc national Wood Buffalo (PNWB). Cette aire s’est récemment étendue vers le sud jusqu’en Alberta, toujours dans le parc. La Grue blanche quitte le PNWB à l’automne et parcourt au‑delà de 4 000 km pour aller hiverner dans la région de la réserve faunique Aransas National Wildlife Reserve (ANWR) au Texas, sur la côte du golfe du Mexique.

En 1975, une deuxième population sauvage, pour laquelle une population locale de Grues du Canada a joué le rôle de parents adoptifs, a été établie dans le sud‑est de l’Idaho. Celle‑ci passe l’hiver au centre de la vallée du Rio Grande au Nouveau Mexique.  Une troisième population sauvage a été établie en 1993 à Kissimmee Prairie en Floride. Cette dernière est sédentaire.

 

Habitat

L’aire de nidification de la Grue blanche, au centre du PNWB, est un complexe de marais, de tourbières et de lacs peu profonds séparés par d’étroites bandes de terre surélevées dont le couvert végétal est dominé par l’épinette noire, l’épinette blanche, le mélèze et diverses espèces de saules et, à l’étage inférieur, le bouleau glanduleux, le lédon du Groenland et le raisin‑d’ours. Les grues construisent leur nid parmi les peuplements de scirpe, de roseau, de carex, de chara et d’autres espèces aquatiques.

Lors de ses migrations, la Grue blanche se pose dans des milieux humides et des terres agricoles pour se nourrir et se reposer. Elle montre une préférence pour les sites où elle peut se percher à moins de un kilomètre du lieu où elle se nourrit. Les familles recherchent davantage les milieux humides pour se nourrir que les autres groupes.

Les habitats où la Grue blanche hiverne, dans la réserve ANWR sur la côte du Texas, comprennent des marais estuariens peuplés de distichlis dressé, de batis, de spartine, de salicorne et de borrichie, et des bas‑fonds intertidaux où règne une autre espèce de spartine. Les hautes terres servant de refuge aux grues et autres espèces animales sont peuplées de chêne, de laurier bourbon et d’andropogon.

 

Biologie générale

La migration de la Grue blanche vers son aire de nidification se fait entre la fin de mars et la fin d’avril. La seule population sauvage de Grues blanches se reproduit dans le PNWB et les environs. Cette espèce atteint sa maturité sexuelle vers l’âge de quatre ans et se reproduit chaque année par après. Les couples se forment pour la vie. Ils commencent la construction du nid dès leur arrivée, et la femelle pond peu de temps après. Les pontes comptent habituellement deux œufs, mais le plus souvent un seul oisillon survit. Les œufs éclosent après 28 jours environ d’incubation, et les oisillons nidifuges se développent rapidement et sont capables de vol soutenu vers la mi‑août. La reproduction semble liée à un cycle d’années de sécheresse et d’années pluvieuses d’une durée d’environ 10 ans; elle est inférieure les années de sécheresse. La superficie moyenne du territoire des 13 couples étudiés était de 4,1 km2. La migration vers les sites d’hivernage a lieu à la mi‑septembre. Elle est d’assez longue durée, les oiseaux faisant souvent halte durant une à cinq semaines dans le centre‑sud de la Saskatchewan, pour arriver à la réserve ANWR entre la fin octobre et la mi-novembre.

La longévité chez les populations sauvages est d’environ 22 à 30 ans. Le taux de mortalité global chez la population du PNWB/ANWR est de 9,9 p. 100 par an. Les œufs et les oisillons laissés sans surveillance sont exposés aux prédateurs terrestres, en particulier en périodes de sécheresse. La mortalité chez les adultes survient principalement lors des migrations et de l’hivernage et est essentiellement liée à l’activité humaine. À l’automne, les jeunes adultes non reproducteurs quittent le PNWB avant les familles. Durant la période de 1982 à 1984, 68,4 p. 100 de la totalité des jours de migration de la Grue blanche à l’automne ont été écoulés en Saskatchewan. Une fois rendus dans la réserve ANWR, les couples et les familles établissent leur territoire. Dans les années 1980, la superficie moyenne des territoires d’hivernage était de 117 ha, mais elle s’est amoindrie dans les dernières années. Au printemps, les jeunes quittent les quartiers d’hiver avec les parents et demeurent auprès d’eux durant la majeure partie du retour vers le Nord, pour s’en séparer juste avant d’arriver ou en arrivant au site de nidification. Durant la période de 1982 à 1984, 43,7 p. 100 de la totalité des jours de migration de la Grue blanche au printemps ont été écoulés en Saskatchewan.

La Grue blanche est omnivore en toutes saisons. Durant la période de reproduction, elle se nourrit d’insectes, de crustacés, de cyprins, de grenouilles, de serpents, de petits rongeurs, de graines et de petits fruits. Lorsqu’elle fait halte sur son parcours migratoire, elle se nourrit de grains laissés dans les chaumes, de tubercules, d’insectes et de petits rongeurs. Au site d’hivernage, le crabe bleu et diverses espèces de myes constituent sa principale source de nourriture, à laquelle s’ajoutent des glands et des fruits de lyciet glanés dans les hautes terres environnantes.

La disparition des populations de Grues blanches qui habitaient autrefois les prairies et la forêt‑parc à trembles est attribuée principalement à la transformation de l’habitat, la chasse et la sensibilité des nicheurs aux dérangements. L’aire de nidification actuelle dans le PNWB est isolée, et les grues y sont peu dérangées. Dans l’aire d’hivernage, elles sont moins méfiantes et tolèrent la présence des barges circulant sur la voie maritime GIW (Gulf Intracoastal Waterway) et des bateaux d’écotourisme.

Dans le PNWB, il est peu probable que la Grue blanche ait à disputer les territoires de nidification à la Grue du Canada, et la compétition pour les autres ressources est probablement négligeable. En revanche, elle doit partager les ressources des habitats côtiers où elle hiverne avec un grand nombre d’oiseaux de plusieurs espèces. 

 

Taille et tendances de la population 

La Grue blanche n’a jamais été très abondante; son effectif n’a en fait probablement jamais dépassé les 1 500 individus. En 1999-2000, on a dénombré 260 individus vivant à l’état sauvage (187 dans la population du PNWB/ANWR, 2 dans la population des montagnes Rocheuses et 87 dans la population de la Floride). À ce nombre s’ajoutent 106 individus vivant en captivité, ce qui porte le nombre total de Grues blanches à 382. La population du PNWB/ANWR a augmenté de 36,6 p. 100 au cours des dix dernières années (1989-1999), pour un taux d’accroissement annuel de 3,7 p. 100.

 

Facteurs limitants et menaces 

La Grue blanche niche dans une aire très restreinte du PNWB. La qualité de l’habitat et, par suite, les ressources alimentaires de cette région constituent le principal facteur limitant cette population. Les dangers qui guettent ces oiseaux sur leur parcours migratoire et, plus encore, les conditions qui règnent dans la région de l’ANWR où ils passent l’hiver semblent plus limitants pour cette population que les caractéristiques de son aire de nidification dans le PNWB. Sa seule concentration dans la région d’hivernage la rend vulnérable aux désastres tels que les ouragans et les déversements accidentels de produits chimiques. 

 

Protection

Le Programme de rétablissement de la Grue blanche convenu entre le Canada et les États-Unis vise la conservation d’au moins 40 couples reproducteurs dans la population du PNWB/ANWR et l’établissement de deux autres populations d’au moins 25 couples reproducteurs chacune. Le centre du Wisconsin a été recommandé comme site de choix pour l’introduction d’une nouvelle population migratrice. Plusieurs sites en Saskatchewan et au Manitoba ont également été évalués en vue de futurs lâchers de Grues blanches. Au Canada, la Grue blanche est protégée en vertu de la Convention concernant les oiseaux migrateurs, de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs, de la Loi sur les parcs nationaux, de la Loi sur la faune du Canada et de diverses lois provinciales et territoriales sur la faune. Aux États-Unis, cette espèce est protégée en vertu de la Endangered Species Act

 

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

 

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

 

DÉFINITIONS

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

*        Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
**      Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
***    Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
****  Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

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Canadian                       Service canadien
Wildlife Service             de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.