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Mise à jour évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur la Grue blanche au Canada

Biologie générale

Généralités

La seule population sauvage de Grues blanches se reproduit dans le PNWB. La migration entre l’aire de nidification et l’aire d’hivernage dans la réserve ANWR se fait en ligne directe, en direction sud‑est (figure 3). Au printemps, elle commence à la fin de mars et s’achève à la fin d’avril. En règle générale, elle est directe et rapide, ne prenant qu’une dizaine de jours pour les adultes qui ont déjà fait le parcours plusieurs fois (Kuyt, 1992). Les premiers arrivés reprennent souvent le même territoire que les années précédentes. Les couples commencent la construction du nid dès leur arrivée et la femelle pond peu de temps après. La ponte peut durer jusqu’à la mi‑mai. Les œufs éclosent après 30 à 35 jours d’incubation (Kuyt, 1981). Les oisillons, nidifuges, se développent rapidement et sont capables de vol soutenu vers le milieu du mois d’août. Les oiseaux quittent le PNWB pour s’envoler vers leur aire d’hivernage à la mi‑septembre. La migration d’automne est souvent beaucoup plus longue que celle du printemps; elle peut prendre jusqu’à 50 jours, les oiseaux faisant halte de une à cinq semaines dans le centre‑sud de la Saskatchewan (Kuyt, 1992). Ils arrivent à la réserve ANWR au Texas sur la côte du golfe entre la fin d’octobre et la mi‑novembre.

Reproduction

La Grue blanche atteint sa maturité sexuelle vers l’âge de quatre ans et peut se reproduire chaque année par après, mais certains individus ne se reproduisent pas tous les ans (George Gee, comm. pers.). Les couples se forment pour la vie. Les pontes comptent deux œufs, mais il est rare que les parents, qui se partagent les soins à la progéniture, réussissent à élever les deux petits. La saison de reproduction étant courte, les couples n’ont qu’une couvée. La longévité chez les populations sauvages est d’environ 22 à 30 ans (Kuyt et Goossen, 1987; Mirande et al., 1993). En règle générale, les couples s’isolent pour nicher, mais on a vu des nids construits à 500 m de distance les uns des autres dans les régions de nidification de plus forte densité, soit le long de la rivière Klewi et du ruisseau Preble (Brian Johns, comm. pers.). Il semble que les nouveaux reproducteurs qui ont construit leur premier nid loin d’un cours d’eau se rapprochent de l’eau les années suivantes (Kuyt, 1993). On ne connaît pas le rapport des sexes chez la population sauvage.

Survie

Le taux de mortalité global chez la population du PNWB/ANWR est de 9,9 p. 100 par année (Brian Johns, comm. pers.). La reprise d’oiseaux bagués a permis d’établir que la mortalité chez les jeunes est de 26,7 p. 100 avant l’âge de un an et de 9,06 p. 100 entre un an et deux ans (Lewis, 1995). Deux fois plus de mâles que de femelles survivent jusqu’à l’âge de un an. Le taux de survie entre les âges de un et deux ans est le même chez les deux sexes. Chez les individus plus âgés, le taux de survie est en moyenne légèrement inférieur chez les femelles (78 p. 100) que chez les mâles (86 p. 100). La reproduction semble liée à un cycle d’années de sécheresse et d’années de pluie d’une durée d’environ 10 ans; elle est inférieure les années de sécheresse. Le taux de recrutement de la population nichant dans le PNWB a diminué, passant d’une moyenne de 16,1 p. 100 durant la période de 1938 à 1966 à 11,5 p. 100 durant la période de 1967 à 1992, pour une moyenne de 13,9 p. 100 sur l’ensemble de cette période (1938-1992) (Drewien et al., 1995).

Les causes de mortalité sont nombreuses. Les œufs et les oisillons laissés sans surveillance sont exposés à la prédation, surtout en périodes de sécheresse où ils sont plus facilement accessibles aux prédateurs terrestres. Les facteurs de mortalité liés directement à la sécheresse pendant la période de reproduction comprennent la pénurie de nourriture sur une période prolongée (Kuyt, 1976a) et les feux causés par la foudre (Lewis, 1995). L’ours noir (Ursus americanus) et le grand corbeau (Corvus corax) se nourrissent des œufs, et le loup (Canis lupus), le renard roux (Vulpes velox) et le grand corbeau dévorent les jeunes (Kuyt et al., 1981; Johns, comm. pers.). La progéniture de la Grue blanche peut aussi être la proie du coyote (Canis latrans), du carcajou (Gulo luscus) et du lynx (Lynx canadensis).

La mortalité chez les adultes survient principalement lors des migrations et de l’hivernage (Kuyt, 1992) et est essentiellement liée à l’activité humaine. Les lignes de transport d’électricité présentent un danger pour les oiseaux migrateurs par temps de faible visibilité. Elles constituent une des principales causes de mortalité chez la Grue blanche et un des facteurs qui limitent le rétablissement à long terme de la population (Howe 1989). De 1956 à 1999, au moins 21 individus de cette espèce se sont tués ou gravement blessés en heurtant des câbles aériens (Lewis, 1995; Brian Johns, comm. pers.). Le braconnage pose moins de problèmes qu’autrefois, mais quatre Grues blanches ont été tuées par des chasseurs dans la réserve ANWR et peut‑être une cinquième (Lewis et al., 1992), et une autre a subi le même sort en Saskatchewan.

La prédation est un des facteurs naturels de mortalité. On connaît au moins un cas où une Grue blanche de la population des montagnes Rocheuses a été attaquée et tuée par un aigle royal (Windingstad et al. , 1981). Un autre cas d’attaque par un aigle a été signalé en 1997 (Brian Johns, comm. pers.). Kuyt (1992) pense qu’une Grue blanche adulte attaquée et tuée en Saskatchewan a été la proie d’un aigle royal, et qu’une autre dans la réserve ANWR a été tuée par un grand-duc d’Amérique.

La Grue blanche est sensible à un certain nombre de maladies, dont la tuberculose aviaire (Lewis, 1995) et le choléra aviaire (Snyder et al., 1987). On a également trouvé des coccidies, protozoaires parasites pathogènes, dans des déjections de Grues blanches récoltées dans l’aire d’hivernage (Forrester et al., 1978). Ont aussi été signalés des cas d’intoxication par le plomb (Snyder et al., 1992) et un cas où un adulte est mort d’une affection cardiaque à proximité de son nid dans le PNWB (Kuyt, 1992).

Physiologie

Ellis et al. (1991) ont décrit les comportements de régulation thermique de la Grue blanche : elle replie les pattes contre le corps en vol, se tient sur une seule patte lorsqu’il fait froid, ajuste son plumage, halète, frissonne et s’expose au soleil. Le duvet avec lequel naissent les oisillons est assez isolant pour assurer le maintien de leur température interne dans la plupart des conditions (Lewis, 1995).

Les conditions météorologiques ont une très grande incidence sur la migration de la Grue blanche, comme de toute espèce migratrice. Le départ de l’aire d’hivernage se fait à la faveur du passage vers l’est d’un système de haute pression, qui s’accompagne de vents doux du sud, d’une pression barométrique élevée et d’excellentes conditions de visibilité. Des conditions défavorables, comme des vents de travers violents ou de fortes précipitations, ralentissent la progression des grues, qui s’arrêtent pour attendre le retour de conditions plus propices. Une pression barométrique élevée, les vents du nord qui l’accompagnent et des conditions de visibilité favorables déclenchent le départ de l’aire de nidification (Kuyt, 1992).

Déplacements et migrations

Les jeunes quittent l’aire d’hivernage avec les parents et demeurent auprès d’eux durant la majeure partie du retour vers le nord, pour s’en séparer juste avant d’arriver ou en arrivant à l’aire de nidification. Durant la période de 1982 à 1984, 43,7 p. 100 de la totalité des jours de migration de la Grue blanche au printemps ont été écoulés en Saskatchewan (Howe, 1989). On a observé des jeunes qui déjà à cette étape étaient séparés de leurs parents, mais la séparation ne se fait souvent qu’au moment où la famille arrive à l’aire de nidification dans le PNWB (Kuyt, 1992). Stehn (1984) a observé que les parents devenaient plus aggressifs envers leurs jeunes au fil de la migration.

Après l’éclosion des œufs, la famille se déplace au sol sans quitter le territoire de nidification (Kuyt, 1976). Une fois que les oisillons sont capables de voler, la famille commence à sortir de son territoire, mais ne s’en éloigne guère (Howe, 1989). À l’automne, les jeunes adultes non reproducteurs quittent le PNWB avant les familles. Il est possible que le départ des premiers groupes incite les autres à suivre (Lewis, 1995). Lors de la migration d’automne, les grues s’arrêtent de une à cinq semaines dans une région de 85 000 km2 située dans le centre‑sud de la Saskatchewan. Durant la période de 1982 à 1984, 68,4 p. 100 de la totalité des jours de migration de la Grue blanche à l’automne ont été écoulés dans cette région de la Saskatchewan (Howe, 1989).

Une fois rendus dans la réserve ANWR, les couples et les familles établissent leur territoire. Dans les années 1980, la superficie moyenne des territoires d’hivernage était de 117 ha (Stehn et Johnson, 1987), mais elle s’est amoindrie dans les dernières années en raison de l’accroissement de la population. Les jeunes adultes et les adultes non appariés se regroupent à la périphérie de ces territoires (Blankinship, 1976). La population des montagnes Rocheuses n’est pas territoriale en hiver (Lewis, 1995).

Alimentation et interactions interspécifiques

La Grue blanche est omnivore en toutes saisons. Peu de données ont été recueillies sur le régime alimentaire de cette espèce en période de reproduction, mais on sait qu’il comprend divers insectes et crustacés. À l’automne, il est complété par des petits fruits sauvages (Novakowski, 1965). La Grue blanche se nourrit aussi de mollusques, de cyprins, de grenouilles, de serpents et de petits rongeurs (Allen, 1956; Novakowski, 1966). On sait qu’elle peut s’attaquer à des canetons, et on a déjà vu un jeune tenant un oiseau noir vivant dans son bec. Des mentions d’adultes se nourrissant d’un grèbe mort et d’un jeune inapte au vol se nourrissant d’un jeune butor d’Amérique mort laissent croire que cette espèce ne répugne pas à se nourrir de charogne lorsque l’occasion lui est offerte (Cooch et al. , 1988). Les petits sont nourris en grande partie d’invertébrés aquatiques, en particulier de nymphes de libellules (Bergeson et Bradley, sous presse).

Lorsqu’elle fait étape dans le centre‑sud de la Saskatchewan, la Grue blanche se nourrit de grains laissés dans les chaumes (orge, blé) de même que de tubercules, d’insectes (criquets, grillons), de petits rongeurs (Microtus spp., Peromyscus maniculatus) et de serpents (Thamnophis spp.). Les terres cultivées qu’elle rencontre en route entre la Saskatchewan et la réserve ANWR offrent vraisemblablement les mêmes ressources alimentaires.

Dans ses quartiers d’hiver, la Grue blanche se nourrit principalement de crabes bleus (Callinectes sapidus) et de diverses espèces de myes (Tagelus plebius, Ensis minor, Rangia cuneata, Cyrtopleura costada, Phacoides pectinata, Macoma constrica) (Blankinship, 1976). On croit que le niveau de l’eau détermine dans une certaine mesure quelles espèces constituent ses proies. Le crabe bleu est sa principale source de nourriture lorsque la marée est haute ou que les bas‑fonds intertidaux sont inondés par des précipitations abondantes (Nelson et al., 1996). En revanche, en décembre et janvier, lorsque les marées sont plus basses et que les bas‑fonds intertidaux ont tendance à s’assécher, ce sont les myes qui constituent l’essentiel de son régime, car elles deviennent plus facilement accessibles.

La Grue blanche fréquente également les terres hautes des environs où elle trouve à manger des fruits de lyciet (Lycium carolinianum) et des glands (Quercus virginiana), mais elle se nourrit rarement dans les cultures (Bishop et Blankinship, 1982). Font aussi partie de son régime d’hiver diverses espèces de crevettes (Callianassa spp., Penaeus spp., Cragnon spp.), des écrevisses (Cambarus hedgpethi), des escargots (Melampus coffeus) et des racines de scirpe (Scirpus olneyi) et de spartine (Spartina spp.).

Comportement et adaptation

Durant la période de reproduction, la Grue blanche supporte mal les présences étrangères. Ce facteur explique probablement en grande partie la disparition des populations établies dans les prairies et la forêt‑parc à trembles, à l’époque où l’activité humaine s’est accrue dans le voisinage des milieux humides où elle nichait, soit vers la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle. L’aire de nidification actuelle de l’espèce dans le PNWB est isolée et relativement à l’abri des perturbations.

Dans ses quartiers d’hiver, la Grue blanche semble moins méfiante et tolère la circulation des barges et des bateaux d’écotourisme sur la voie maritime GIW. Les barges transportent principalement des produits chimiques. Il y a déjà eu des déversements accidentels de petites quantités de produits chimiques dans cette région, et le risque de déversements plus graves ne peut être écarté (USFWS, 1994). L’activité maritime et les travaux d’entretien auxquels elle oblige ont entraîné une certaine altération du milieu, notamment par l’érosion, et même la perte de certains habitats. Par ailleurs, la réserve ANWR est située dans une région exposée aux ouragans, et bien que la saison où surviennent généralement ces phénomènes atmosphériques est pratiquement passée lorsque la Grue blanche arrive en novembre, il n’en demeure pas moins que le potentiel de dévastation de ces tempêtes est toujours à craindre. Ainsi, en 1940, un ouragan particulièrement violent a emporté sept des 13 dernières Grues blanches de la Louisiane, ce qui a mené à la disparition de cette population en 1948.

Le Service canadien de la faune et le United States Fish and Wildlife Service travaillent en collaboration au rétablissement de cette espèce. De 1967 à 1996, 453 œufs de Grues blanches ont été prélevés dans les nids et utilisés dans des expériences d’élevage en captivité, d’élevage par des Grues du Canada et de réintroduction dans la nature à l’aide d’aéronefs ultralégers. Bien que les pontes de la Grue du Canada comme de la Grue blanche soient de deux œufs, il est rare que les deux oisillons survivent. Les experts ne sont pas tous du même avis quant aux conséquences possibles du prélèvement d’œufs sur la population de Grues blanches. Mirande et al. (1993) prétendent que le fait de retirer un des œufs du nid n’a aucune incidence négative sur la productivité d’une population sauvage. Cannon et al. (sous presse) disent au contraire que le nombre de jeunes dans la population du PNWB/ANWR était sensiblement plus élevé les années où aucun œuf n’a été prélevé. Toutefois, les résultats de ces études sont difficiles à interpréter, vu le manque de contrôles expérimentaux et le nombre de facteurs de confusion (George Gee, comm. pers.).

Le Programme de rétablissement de la Grue blanche convenu entre le Canada et les États-Unis vise la conservation d’au moins 40 couples reproducteurs dans la population du PNWB/ANWR et l’établissement de deux autres populations d’au moins 25 couples reproducteurs chacune (USFWS, 1994; Edwards et al., 1994). Le Canada s’est fixé comme objectif l’établissement d’une nouvelle population d’ici 2020 (Edwards et al., 1994). À cette fin, Lyon et al. (1995) ont évalué trois régions de l’est de la Saskatchewan et de l’ouest du Manitoba, à savoir la région de Yorkton, l’embouchure de la rivière Saskatchewan et la rivière Overflowing. Sur le plan logistique, la région de Yorkton est celle qui se prêterait le plus facilement à la réintroduction de l’espèce, mais c’est aussi celle qui présente le plus de facteurs de risque. Sommerfeld et Scarth (1998) ont évalué, dans la même optique, cinq zones marécageuses dans l’interlac manitobain. Celles‑ci offrent un habitat propice à l’établissement d’une population de 25 couples reproducteurs, mais les risques de perturbation des oiseaux nicheurs qu’entraînerait l’utilisation du territoire dans cette région pourraient compromettre la réussite du projet. En 1998, l’équipe responsable du rétablissement de la Grue blanche a formulé les recommandations suivantes :

1.        Procéder à l’établissement d’une deuxième population migratrice en deux temps : du Wisconsin à la Floride, et du Manitoba à la Floride ou à la Louisiane.

2.        Examiner la possibilité de réintroduire la Grue blanche dans le Wisconsin.

3.        Le premier choix quant à l’aire d’hivernage est Chassahowitzka, en Floride, et le deuxième, l’île Marsh, en Louisiane.

D’autres recommandations ont suivi en 1999 :

1.        Réintroduire une deuxième population migratrice dans l’est des États-Unis, laquelle nicherait dans le Wisconsin et hivernerait dans la Chassahowitzka NWR ou la St. Martins Marsh Aquatic Preserve, en Floride.

2.        Faire les premiers lâchers dans le centre du Wisconsin, sous réserve des conditions suivantes : que les niveaux de pollution auxquels la Grue blanche serait exposée ne soient pas excessifs; que la circulation aérienne au‑dessus de la région considérée ne soit pas une source de perturbation excessive pour les oiseaux nicheurs; que les efforts de réintroduction à l’aide d’aéronefs ultralégers ne soient pas prohibitifs; et que l’expérience de migration guidée de la Grue du Canada du centre du Wisconsin à la Floride au moyen d’aéronefs ultralégers soient prometteurs (Brian Johns, comm. pers.).

Lorsqu’il aura été établi que la voie migratoire et la dispersion de la nouvelle population ne risquent pas d’occasionner une importante interaction entre celle‑ci et la population du PNWB/ANWR, d’autres sites pourront être envisagés pour de nouveaux lâchers, notamment d’autres régions du Wisconsin, la réserve faunique Seney dans le Michigan, l’interlac manitobain, et la réserve faunique de l’île Marsh, en Louisiane, comme aire d’hivernage (Brian Johns, comm. pers.).

Trois populations de Grues blanches sont élevées en captivité par le U.S.  Fish and Wildlife Service (USFWS), le U. S. Geological Survey et le Service canadien de la faune (SCF). La première a été établie en 1966 au Patuxent Wildlife Research Center, dans le Maryland, la deuxième, à l’International Crane Foundation (ICF) à Baraboo, dans le Wisconsin, et la troisième, au zoo de Calgary, par le SCF. En 1999, la population de Patuxent comptait 44 individus, celle de l’ICF en comptait 31, et celle du zoo de Calgary, 21 (annexe 4). Le jardin zoologique de San Antonio au Texas garde 4 adultes en captivité, et le Audubon Institute en Louisiane en garde 2 (Brian Johns, comm. pers.).

La Grue blanche est un oiseau territorial aussi bien dans son aire d’hivernage que dans son aire de reproduction. C’est généralement le mâle qui défend le territoire. Dans l’aire de reproduction, les familles n’ont pas d’interaction sociale directe avec leurs congénères; c’est pourquoi les territoires de nidification sont le plus souvent assez espacés les uns des autres. Kuyt (1993) a observé que les territoires de nidification des couples nichant isolément avaient une superficie comprise entre 12,0 km2 et 18,9 km2, et ceux des couples nichant dans une région plus densément occupée, entre 3,2 km2 et 4,2 km2. La superficie moyenne des territoires des 13 couples étudiés était de 4,1 km2.

On sait que la Grue blanche peut s’adapter dans ses habitats d’hiver à une fluctuation du niveau de l’eau, qui s’accompagne d’un changement de proies disponibles pour son alimentation (Blankinship, 1976). Et bien que l’espèce soit omnivore, la place prédominante qu’occupe le crabe bleu dans son régime d’hiver donne à croire que les facteurs influant sur la population de crabes bleus peuvent par voie de conséquence avoir une incidence considérable sur la population de Grues blanches (Johns, 1998). Aucune étude n’a été consacrée aux effets de la sécheresse sur les ressources alimentaires de cette espèce dans son aire de reproduction. Le faible nombre de jeunes élevés les années de sécheresse donne à penser que la reproduction est influencée par un cycle d’années pluvieuses et d’années de sécheresse.