Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Loi sur les espèces en péril - Cahier de consultation au sujet de l'inscription sur la liste officielle, brochet vermiculé, région du Québec

Informations de base sur le brochet vermiculé

Statut : Espèce préoccupante

Dernière évaluation du COSEPAC :mai 2005

2.1. Description de l’espèce

Le brochet vermiculé (Esox americanus vermiculatus, Lesueur, 1846), de la famille des Esocidae, est une sous-espèce du brochet d’Amérique (Esox Americanus). Le brochet vermiculé a une petite taille (moins de 30cm) mais possède néanmoins les caractéristiques principales de sa famille : forme allongée, corps plutôt cylindrique, queue fourchue, nageoires dorsale et anale loin à l’arrière du corps, rostre proéminent et denté. Ses particularités sont : une coloration variant du vert au brun sur laquelle se dessinent de 12 à 24 rayures verticales irrégulières et des bandes noires perpendiculaires autour de l’œil.

2.2. Distribution de l’espèce

Au Canada, le brochet vermiculé ne se retrouve qu’au Québec et en Ontario, de façon discontinue. Il existe plusieurs populations relativement concentrées dans des zones séparées. La distribution ontarienne englobe le lac Ontario et ses affluents, le Saint-Laurent et ses tributaires (incluant les rivières Upper Canada et Welland); La rive nord du lac Érié; la portion amont du lac St. Clair et ses tributaires ainsi que la ligne de partage des eaux du lac Huron. L’absence observée du brochet vermiculé dans certains cours d’eau de zones intermédiaires qui conviendraient à l’espèce (entre deux lieux d’occupation) est cependant notée.

Au Québec, le brochet vermiculé a été observé dans 3 sections du fleuve Saint-Laurent: dans le Lac Saint-François, à Coteau-du-Lac (dans le tronçon fluvial immédiatement en aval du lac Saint-François) et dans le lac Saint-Louis (île Perrot, ruisseau Saint-Jean et Lachine). On soupçonne la pollution dans la région de Montréal d’être responsable de l’absence du brochet vermiculé entre Contrecœur et Lachine.

2.3. Biologie du brochetvermiculé

2.3.1. Particularités

La nature des habitats occupésen relativement grand nombre par le brochet vermiculé laisse croire en sa grande capacité d’adaptation. Le brochet vermiculé a élargi son aire de distribution au-delà de l’aire initiale pour trois raisons : son adaptabilité, les introductions accidentelles et artificielles. Il supporte de faibles taux d’oxygène dans l’eau ce qui lui permet de survivre dans de petites étendues d’eau, sans écoulements estivaux et couvertes de glace en hiver.

2.3.2. Reproduction et fraye

Le brochet vermiculé atteint sa maturité sexuelle vers deux ans et se reproduirait au moins deux fois par année. La principale période de fraye a lieu dès le dégel (fin mars-début mai) dans la végétation nouvelle. La seconde aurait lieu entre la fin de l’été et l’hiver. Les mâles semblent se déplacer vers les sites propices à la fraye situés en amont, avant les femelles. Les adultes ne procurent aucun soin ni aux œufs ni aux jeunes. Le brochet vermiculé est connu pour produire des hybrides avec le brochet d’Amérique, le brochet maillé et le grand brochet.

2.3.3. Déplacements et dispersion

Mise à part des lieux propres à la ponte, le brochet vermiculé est observé près des rives ou sur le pourtour de regroupements de végétaux. Selon la profondeur du plan d’eau il pourrait y avoir une distribution verticale des individus : les jeunes près de la surface et les adultes en eau plus profonde. Surtout influencés par les fluctuations du niveau d’eau, les brochets vermiculés se concentrent dans les zones les plus profondes, même dans des fosses isolées.

2.3.4. Régime alimentaire

Le régime alimentaire varie tout au long de la croissance de l’animal. La diète se compose d’abord d’une variété d’insectes pour progressivement intégrer poissons et écrevisses.

2.3.5. Taille de la population

En Ontario, la taille de la population varie d’un endroit à l’autre selon les conditions de l’eau. De plus, le nombre d’individus semble plutôt élevé compte tenu de la nature de l’habitat. Ailleurs la population semble stable tandis qu’à certains endroits on enregistre un déclin.

Au Québec, le brochet vermiculé est devenu une espèce rare et en déclin. Des échantillonnages pratiqués de 1988 à 2003 dans le lac Saint-Louis, autour de l’île Perrot, de l’archipel des îles de la Paix et de l’île Dowker n’ont permis de récolter qu’un seul spécimen en 1988.

2.3.6. Habitat

L’habitat typique du brochet vermiculé est caractérisé par une eau claire, ou légèrement teintée, plutôt neutre ou légèrement alcaline avec un débit très faible ou absent. Souvent moins profond que 2 mètres, le plan d’eau doit être peuplé d’une abondante et dense végétation. Généralement le fond est vaseux. Exceptionnellement, le brochet vermiculé peut occuper des plans d’eau au fond rocailleux. Il peut aussi survivre dans des fosses isolées de cours d’eau temporaires et saisonniers suffisamment oxygénées.

Le brochet vermiculé est très sensible aux modifications de son habitat : activités de drainage, brusques modifications du climat et de la température, aménagement des zones humides pour la récréation, canalisation et fragmentation causées par la construction de routes. Les groupements de brochets vermiculés dans des fosses isolées sont très vulnérables à la surpêche (incluant prédation, récolte à des fins scientifiques, pêche à l’appât et pêche à la ligne).

Un inventaire exhaustif de l’habitat historique et actuel du brochet vermiculé n’a pas encore été fait ni sur le plan provincial, régional ou local. Il est cependant réalisable d’évaluer l’habitat potentiel disponible pour l’espèce  pour chaque affluent si l’on considère que le brochet
vermiculé est invariablement associé à des cours d’eau comprenant des zones humides à forte
teneur en nutriments organiques (organic based wetland streams).

2.4. Pourquoi le COSEPAC a-t-il désigné le brochet vermiculé comme une
 espèce préoccupante ?

Voici les raisons de la désignation du brochet vermiculé par le COSEPAC :

La sous-espèce distincte qu’est le brochet vermiculé est localisée dans 10 emplacements au Canada, entre le lac Saint-Louis au Québec et le lac Huron en Ontario, pour une superficie totale approximative de 683 km². Un déclin global observé d’environ 22% dans la zone d’occupation est la résultante d’une perte d’habitat et d’une dégradation causée par les activités humaines liées au développement urbain (canalisation et dragage).

2.5. Quelles menaces pèsent sur cette espèce ?

2.5.1. Modifications et altérations d’habitat

Les modifications apportées à l’habitat par le développement urbain le rendent moins propice au maintien du brochet vermiculé. Dans les zones entourant les populations connues, l’extirpation et le défrichage de la végétation aquatique des cours d’eau, des étangs qui y sont liés ou des baies tranquilles réduit le nombre d’habitats propices et les possibilités d’expansion de la distribution.

Les plus grandes menaces restent cependant la destruction et la dégradation des zones humides. Dans certains cas, une augmentation de l’opacité de l’eau aurait un impact négatif sur l’alimentation du brochet vermiculé.

2.5.2. Activités agricoles

L’envasement des cours d’eau provoqué par l’effondrement des berges dû à l’activité du bétail ainsi l’utilisation d’herbicides et d’insecticides peuvent rendre l’habitat moins propice pour l’espèce.

Dans plusieurs milieux, notamment le milieu agricole, le besoin de retirer du sol un excédant d’eau oblige l’aménagement de canaux de drainage. Étant le plus souvent des fossés à découvert ces drains prennent vite l’allure de cours d’eau naturels colonisés par la végétation et la faune. L’entretien des drains est néfaste pour le brochet vermiculé parce qu’il entraîne généralement une baisse du niveau d’eau. Partout où des canalisations sont produites (creusement de fossés, dragage, etc.) on note un déclin ou l’extirpation de l’espèce.

Une baisse trop importante du niveau de l’eau dans une aire d’alevinage peut occasionner la mort des alevins (1 an) et des adultes. Une même baisse, l’hiver venu, peut se traduire par un trop faible taux d’oxygène dans l’eau ce qui entraîne de la mortalité.

2.5.3. Hybridation

Au Québec, le brochet d’Amérique occupe certains habitats près de Contrecoeur à environ 57 km du lac Saint-Louis. Si le brochet d’Amérique atteignait ce lac et qu’il se trouvait en sympatrie avec le brochet vermiculé, on peut envisager un fort taux d’hybridation et même le remplacement de E. americanus vermiculatus.