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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Phlox de l'Ouest (Phlox speciosa) au Canada

COSEPAC Résumé

Phlox de l’Ouest
Phlox speciosa

Information sur l’espèce

Une seule sous-espèce de phlox de l’Ouest, Phlox speciosa ssp. occidentalis, est présente au Canada. Elle est donc désignée simplement Phlox speciosa dans le présent rapport. Le phlox de l’Ouest est une herbacée vivace au pied modérément arbustif. Les tiges, longues de 15 à 40 cm et dressées, partent d’une racine pivotante ligneuse. Le haut de la plante est de glanduleux à glanduleux-pubescent alors que le bas est pubescent. Les feuilles, linéaires à lancéolées, sont opposées et séparées par des entre-nœuds bien développés; elles peuvent atteindre une longueur de 7 cm et une largeur de 1 cm. Les fleurs, gamopétales et gamosépales, sont regroupées en inflorescences terminales à bractées foliacées. Leur couleur varie du rose au blanc. Le tube de la corolle (de 1 à 1,5 cm de longueur) s’évase en formant cinq grands lobes (de 1 à 1,5 cm de longueur) émarginés. Le calice, glanduleux, est formé de segments plats et transparents séparés par cinq nervures vertes. Les styles ont de 0,5 à 2 mm de longueur.

Répartition

L’espèce est historiquement présente dans la vallée de l’Okanagan depuis Summerland au nord jusqu’au lac Skaha (ancien lac Dog) vers le sud et aux Twin Lakes vers le sud-ouest. Les populations retrouvées ou découvertes lors des relevés de terrain sont regroupées dans la région avoisinant le lac Yellow et les Twin Lakes, entre les villes de Keremeos et de Penticton. L’aire de répartition connue de l’espèce en Colombie-Britannique est d’environ 57 km². La superficie de la zone d’occupation connue est d’environ 0,9 à 1,4 km².

Habitat

Le Phlox speciosa semble nécessiter un milieu présentant les caractéristiques suivantes : climat de type continental, très chaud et sec; forêt de douglas (Pseudotsuga menziesii) et/ou de pin ponderosa (Pinus ponderosa), arbustaie ou prairie d’armoise (Artemisia tridentata) clairsemées; altitude comprise entre 700 et 1 100 m; plateaux ou pentes moyennement exposés.

Biologie

Il existe peu d’information sur la biologie du Phlox speciosa. L’espèce est vivace et se reproduit par les graines.

Taille et tendances des populations

On connaît neuf populations et vingt sous-populations de Phlox speciosa au Canada. Quatre populations et plusieurs sous-populations ont été découvertes en 2003. Deux ou trois populations historiques n’ont pas été retracées et pourraient être disparues. On estime qu’il existe au Canada entre 6 400 à 57 000 individus reproducteurs. On ne dispose de presque aucune information antérieure à 2003 sur la taille des populations; par conséquent, il est impossible de dégager les tendances démographiques du taxon.

Facteurs limitatifs et menaces

L’absence de protection des communautés végétales naturelles dans la majeure partie de l’aire de répartition canadienne de Phlox speciosa constitue une menace pour l’espèce. Quarante-et-un pour cent de la zone d’occurrence actuelle de l’espèce sont de tenure privée et sont donc particulièrement menacés par le développement et les changements d’affectation, notamment le réensemencement. L’intensification de l’aménagement des terres à des fins récréatives constitue la principale menace pour l’habitat de l’espèce. La population canadienne de Phlox speciosa est d’autant plus vulnérable que la superficie qu’elle occupe est restreinte. Les activités de désherbage exigées par la Weed Control Act constituent une autre menace pour l’espèce. Les herbicides à large spectre qui éliminent les plantes latifoliées seraient probablement mortels pour le Phlox speciosa.

Importance de l’espèce

Les populations canadiennes de Phlox speciosa occupent la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce. Bien qu’on accorde généralement une moindre importance à la conservation des populations dites « périphériques », on reconnaît de plus en plus l’importance des populations situées aux limites de l’aire de répartition de l’espèce. Quiconque a observé un spécimen de Phlox speciosa a pu constater qu’il s’agit d’une plante magnifique. Cette plante est cultivée en Amérique du Nord partout où le climat le permet.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

À l’heure actuelle, aucune disposition juridique ne protège explicitement le Phlox speciosa dans aucune partie de son aire de répartition. La cote S1 attribuée à l’espèce à l’échelle de la Colombie-Britannique signifie qu’elle est fortement menacée en raison de son extrême rareté ou parce qu’un ou plusieurs facteurs la rendent particulièrement sujette à disparaître. Une population pousse en partie sur des terres fédérales administrées par le Nature Trust. Les autres populations se trouvent sur des terres privées ou des terres de la couronne provinciale non protégées.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)1
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)2
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)3
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)4 5
Espèce sauvage pour laquelle l’information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Footnotes

Footnote 1

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Footnote 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Footnote 3

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Footnote 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Footnote 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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