Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Sterne de Dougall (Sterna dougallii)

Rétablissement

Le but et les objectifs du rétablissement, de même que les approches proposées pour y parvenir, ont fait l’objet d’une révision en profondeur depuis la publication du premier Plan national de rétablissement de la Sterne de Dougall (Lock et al., 1993). Les relevés aériens et au sol effectués après la publication de ce plan ont permis d’obtenir de meilleures données sur la répartition de la Sterne de Dougall au Canada. Durant la même période, les programmes canadiens et américains d’aménagement ont mené à l’élaboration de nouveaux modèles de rétablissement, et les recherches intensives menées dans plusieurs grandes colonies des États‑Unis ont fourni une quantité appréciable de données nouvelles sur la biologie de l’espèce (Nisbet et Spendelow, 1999).Toutes ces nouvelles données ont été intégrées dans le plan américain de rétablissement du United States Fish and Wildlife Service (USFWS) lors de sa mise à jour (USFWS, 1998), de même que dans le manuel exhaustif du USFWS sur la gestion des sternes (Kress et Hall, 2004). Ces documents fournissent des renseignements clés à l’appui des mesures proposées dans le présent programme.

Le Programme de rétablissement de la Sterne de Dougall au Canada s’appuie sur ces nouvelles données et vient compléter le plan américain de rétablissement qui a été mis à jour.Ce programme, qui définit le but et les objectifs canadiens qui contribueront au rétablissement de la Sterne de Dougall des deux côtés de la frontière, a été préparé conformément aux exigences de la Loi sur les espèces en péril (LEP) relatives à l’élaboration de programmes de rétablissement pour les espèces en péril (articles 37 à 46).

But du rétablissement

Haut de la page

Le but global est d’empêcher le déclin de la population canadienne de la Sterne de Dougall.

Plus précisément, le but du programme est d'avoir pas moins de 150 couples de Sternes de Dougall nichant dans au moins trois colonies au Canada d'ici 2014. Aucune de ces trois colonies ne devrait compter moins de 15 couples de Sternes de Dougall (>10 % de la population canadienne). Ce but est fondé sur : a) le nombre maximal de Sternes de Dougall ayant niché au Canada au cours d’une année depuis la publication du premier rapport de situation en 1986 (149 couples en 1999); b) le nombre maximal de colonies ayant accueilli plus de 15 couples de Sternes de Dougall au cours d’une année (Service canadien de la faune, données inédites). Au Canada, les premiers relevés exhaustifs de l’espèce ont été effectués en 1970‑1971, et le nombre de couples nicheurs au pays avait alors été évalué à 200 (Lock, 1971). De l’avis de certains, il pourrait s’agir là d’une surestimation, car les données pour l’île de Sable (Nouvelle-Écosse) avaient été extrapolées à partir des ratios des différentes espèces de sternes piégées après la saison de nidification (Lock, 1971). Lors de la préparation du premier rapport de situation, en 1986, le nombre estimatif de Sternes de Dougall nichant au pays se situait entre 100 et 121 couples (Kirkham et Nettleship, 1986); ce rapport a été mis à jour en 1999, et le nombre de couples atteignait alors entre 87 et 137 couples, selon les estimations (Whittam, 1999). De 1999 à 2003, le nombre moyen de couples de Sternes de Dougall nichant au Canada s'élevait à 134 couples (Leonard et al., 2004). Il est donc difficile de fixer un but de rétablissement approprié, car la population canadienne de sternes est demeurée relativement stable au cours des 30 dernières années, et rien n’indique qu’elle ait déjà été beaucoup plus importante qu’elle ne l’est actuellement. Cependant, si l’on se fie à l’accroissement de la portion de la population observé depuis 1988 aux États-Unis (croissance annuelle de 4,6 % à 5,8 % – voir la section 2.3, Taille et tendances de la population), il est possible que la population canadienne puisse atteindre plus de 200 couples d’ici 2015.

Moins de 5 % des Sternes de Dougall de la population du nord-est de l’Amérique du Nord nichent au Canada, de ce fait, le rétablissement de l’ensemble de la population dépend fortement du rétablissement de la portion de la population nichant aux États-Unis. Le plan américain de rétablissement (USFWS, 1998) recommande de reclasser la population parmi les espèces menacées lorsque la population du Nord‑Est atteindra 5 000 couples et de la radier de la liste des espèces en péril lorsque seront atteints les niveaux historiques observés au cours des années 1930 (8 500 couples). Les auteurs du plan sont d’avis que les 5 000 couples nécessaires au reclassement dans la catégorie des espèces menacées devraient être répartis dans au moins six colonies accueillant 200 couples nicheurs ou plus chacune. En 2002, la population de Sternes de Dougall du nord‑est de l’Amérique du Nord comptait environ 3 600 couples.


Objectifs du rétablissement

Haut de la page

D’ici 2010, les objectifs à court terme du Programme de rétablissement de la Sterne de Dougall au Canada sont les suivants :

  1. Maintenir un nombre élevé de couples nicheurs à l’île Country (Nouvelle‑Écosse) (45° 06,096' de latitude N. et 61° 32,544' de longitude O.;>40 couples) et aux îles Brothers (Nouvelle‑Écosse) (île Brother Nord [43° 38,191' de latitude N. et 65° 49,406' de longitude O.]; île Brother Sud [43° 37,798' de latitude N. et 65° 49,530' de longitude O.]; >80 couples).
  2. Accroître la productivité des colonies gérées (c.‑à‑d. atteindre un taux d’envol de 1,1 jeune par couple; Nisbet et Spendelow, 1999).
  3. Aménager une aire de répartition plus vaste par l’établissement d’au moins une autre colonie gérée.
  4. Atténuer, voire éliminer, les menaces qui pèsent sur la Sterne de Dougall et son habitat.
  5. Assurer la conservation de petites colonies périphériques de Sternes de Dougall nichant à l’île de Sable (Nouvelle‑Écosse) (43° 55,839' de latitude N. et 59° 54,467' de longitude O.) et aux îles de la Madeleine (Québec) (île Paquet [47° 24,492' de latitude N. et 61° 50,162' de longitude O.]; Deuxième Îlet [47° 30,153' de latitude N. et 61° 43,837' de longitude O.]; île du Chenal [47° 33,927' de latitude N. et 61° 32,847' de longitude O.].

 

Mesures proposées pour atteindre les objectifs du rétablissement

Haut de la page

Les mesures de rétablissement proposées dans le tableau qui suit reposent largement sur les deux prémisses suivantes :

  1. Les Sternes de Dougall du Canada sont menacées à cause de leur faible productivité à certains sites particuliers -- souvent imputable à la prédation -- et de la concentration des oiseaux en un nombre réduit de colonies qui, au Canada du moins, peuvent changer d’emplacement d’une année à l’autre.
  2. Les Sternes de Dougall nichent de préférence au sein de grandes colonies de Sternes pierregarins et de Sternes arctiques, deux espèces plus abondantes que la Sterne de Dougall, mais exposées à des menaces similaires. L’aménagement des colonies de Sternes de Dougall est donc tributaire de l’établissement et de la conservation de colonies aux effectifs nombreux (>100 couples) et bien portants de ces autres espèces.
Tableau 1.  Résumé des approches en matière de rétablissement.À moins d’indication contraire, chaque approche englobe l’ensemble des objectifs.Les priorités indiquées se définissent comme suit :urgente = mesure hautement prioritaire, sans quoi il y aura déclin de la population; nécessaire = approche nécessaire pour évaluer et orienter les mesures de rétablissement; secondaire = approche utile si les mesures urgentes sont déjà en œuvre.
Approche en matière de rétablissementPrioritéObjectifDémarches précisesEffet
Effectuer le suivi de la taille, de la répartition, des déplacements et de la productivité de la populationNécessaireTous·   Dénombrer les adultes, mesurer la productivité.
·   Instaurer un programme de baguage et de recapture / repérage des oiseaux bagués.
·   Effectuer un recensement de la population.
Permet d’évaluer le succès des activités de rétablissement.
Mettre en valeur l’habitat de nidificationUrgente1,2,4,5·   Gérer les prédateurs.
·   Mettre en valeur l’habitat de nidification.
Maintient et accroît la productivité.
Gérer d’autres coloniesUrgente3·   Établir d’autres colonies exemptes de prédateurs.Rétablit la répartition.
Désigner l’habitat essentielNécessaireTous·   Identifier l’habitat de nidification, d’alimentation, de transit et de repos.
·   Désigner l’habitat essentiel.
Oriente les activités de mise en valeur, d’aménagement et de protection de l’habitat.
Protéger l’habitatNécessaireTous·   Désigner et protéger les sites de colonie.
·   Protéger les sites contre les perturbations anthropiques.
·   Appliquer les dispositions législatives en matière de protection.
Maintient et accroît la productivité.
Relever les facteurs limitatifs dans les colonies géréesSecondaireTous·   Mener des recherches dans les sites gérés.Oriente les mesures de rétablissement.
Effectuer le suivi des menacesSecondaireTous

Effectuer le suivi :

·   de la mortalité hivernale,
·   des populations de mouettes et goélands,
·   des activités récréatives,
·   des sources d’alimentation,
·   des incidents particuliers.

Oriente les mesures de rétablissement.
Améliorer la prise de décisions et la planificationSecondaireTous·   Adopter une approche préventive en matière de développement du territoire.
.   Déterminer les processus de prise de décisions et de planification qui peuvent avoir une incidence sur les sternes.
·   Faire participer l’équipe de rétablissement à ces processus.
Détermine les mesures de rétablissement.
Créer des liens de coopération et les entretenirNécessaireTous

Encourager et promouvoir :

·   la coopération internationale pour la protection des sites de reproduction,
·   la coopération internationale à l’égard des sites d’hivernage
·   l’élaboration et la mise en œuvre de plans et de programmes de gestion de la conservation des zones côtières et marines.

Étend les mesures à l’ensemble de la population.
Agir sur le plan sociopolitiqueNécessaireTous

Mettre en œuvre des programmes axés sur :

·      l’intendance,
·      l’éducation et la sensibilisation.

Favorise et coordonne les mesures de rétablissement.

Effectuer le suivi de la taille, de la répartition, des déplacements et de la productivité de la population

Au moment de l’élaboration du précédent Plan de rétablissement (Lock et al., 1993), on connaissait peu de choses sur la répartition et la productivité de la Sterne de Dougall au Canada. Un seul relevé aérien et au sol complet avait été effectué et aucune information n’avait été publiée sur la productivité de l’espèce. Depuis, trois relevés aériens, des relevés au sol plus exhaustifs et la collecte de données sur la productivité ont fourni des renseignements forts utiles pour concevoir et évaluer les mesures de rétablissement définies dans le présent programme (Whittam, 1999; Leonard et al., 2004).

Mesures terminées ou en cours

En 1995, 1999 et 2003, on a procédé à des relevés aériens des sites de colonie de toutes les espèces de sternes sur la côte de la Nouvelle‑Écosse (Leonard et al., 2004). Ces relevés comportaient également des visites au sol dans les colonies comptant plus de 100 Sternes pierregarins ou Sternes arctiques, de même que dans quelques colonies plus petites où l’on soupçonnait la présence de la Sterne de Dougall (Leonard et al., 2004). Ces relevés ont permis d’obtenir des données essentielles sur la taille et la répartition de la population (voir la section 2.3, Taille et tendances de la population) et devraient être poursuivis.

Le nombre de nids, la taille des couvées et le succès d’envol ont été l'objet d'un suivi régulier dans une seule colonie depuis le milieu des années 1990, soit celle de l’île Country (Whittam, 1999).Malgré les nombreuses années de travail à l’île Country, nous ne disposons toujours pas d’une estimation précise de la productivité des Sternes de Dougall parce qu’il est difficile d’exercer un suivi des oisillons jusqu’à l’envol. Depuis 1990, le nombre de nids est également surveillé aux îles Brothers, où l’on tente d’établir une estimation qualitative de la productivité de l’espèce. Depuis au moins le milieu de la décennie 1990, des relevés sont effectués chaque année à trois endroits où se poursuivent des programmes de recherche continus sur les sternes, mais qui comptent chacun moins de cinq couples de Sternes de Dougall (île de Sable, île Machias Seal et îles de la Madeleine) (ACTWoG, 2000); toutefois, le succès de la reproduction y a rarement été mesuré, et la nidification n’a pas toujours été confirmée. Par ailleurs, des naturalistes recueillent chaque année des données sur les sites de nidification dans certaines régions (voir p. ex. D’Eon, 2001). Les activités visant à regrouper, à intégrer et à diffuser ces renseignements, notamment dans le cadre du projet de conservation des îles côtières à la baie Mahone, en Nouvelle‑Écosse (Boyne, 1999), s’annoncent très prometteuses et devraient être encouragées. De plus, certaines années, des naturalistes ou des employés du Department of Natural Resources de la Nouvelle-Écosse ou du Service canadien de la faune ont visité plusieurs autres colonies. Dans tous les cas, le succès de la reproduction a été jugé principalement en fonction de l’abandon ou du non abandon de la colonie une fois commencée la saison de reproduction.

Avant 2002, l’île Country était le seul endroit du Canada doté d’un programme de baguage. Cependant, même ce programme a dû être restreint durant certaines années afin de limiter la perturbation.En 2002 et en 2003, les efforts ont été intensifiés en vue d’accroître le baguage à l’île Country et aux îles Brothers. Le baguage et le repérage systématique des oiseaux munis de bagues lisibles sur le terrain sont essentiels (Nisbet et Spendelow, 1999; Spendelow et al., 2002), notamment pour suivre les déplacements des adultes d’un site de colonie à un autre et pour déterminer si les changements dans les effectifs recensés sont imputables à des changements dans la taille ou dans la répartition de la population (Leonard et al., 2004).

Mesures à mettre en œuvre

Dénombrement des sternes nicheuses et mesure de leur productivité

Dans les colonies faisant l’objet d’une gestion intensive (à l’heure actuelle, celles de l’île Country et des îles Brothers), le nombre de couples reproducteurs et leur productivité (idéalement, le nombre de jeunes atteignant l’âge de l’envol) seront mesurés pendant toute la saison de reproduction. Ces mesures devraient le plus possible être étendues à toutes les espèces de sternes afin d’accroître la taille et la sensibilité des échantillons, mais il faudrait tenir compte des différences éventuelles entre les espèces au moment de l’analyse et de l’interprétation des données. Il est recommandé de mesurer les taux de croissance pour évaluer la productivité de l’espèce (Nisbet et al., 1999), et les activités de baguage des jeunes et des adultes devraient être maintenues, voire étendues, aux fins du suivi du recrutement et des déplacements au sein des colonies. Durant les années où les adultes de l’île Country ont semblé s’être déplacés vers des îles avoisinantes, les efforts visant à suivre leurs allées et venues et à évaluer le succès de la reproduction n’ont que partiellement réussi. Ces recherches sont problématiques du fait qu’elles font concurrence aux activités de gestion menées dans les sites de colonie d’origine et qu’elles nécessitent le recours à des moyens de transport coûteux (bateau ou aéronef). Il faudrait donc prévoir des fonds additionnels pour appuyer ces efforts. La présence des chercheurs ne cause pas de perturbation lorsque ces derniers sont expérimentés et font en sorte que les sternes s’adaptent graduellement à leurs activités (Nisbet, 2000). Il faudrait élaborer des protocoles pour les activités menées dans ces colonies et les revoir chaque année (voir p. ex. Boyne, 1998a).

Dans les colonies moins étudiées (p. ex. celles qui font actuellement l’objet de visites occasionnelles par le personnel du Service canadien de la faune ou des naturalistes de la région), il faudrait utiliser des méthodes uniformes pour dénombrer les adultes de toutes les espèces de sternes nicheuses vers la fin de la période d’incubation. Idéalement, de tels dénombrements devraient être exécutés chaque année, mais pour assurer une surveillance régulière, il se pourrait qu’on doive plutôt recourir aux relevés décrits ci‑après, lesquels ne peuvent réalistement être effectués qu’une fois tous les cinq ans.

Recensements complets de la population

Comme les sternes changent souvent de site de colonie de nidification dans le Canada atlantique, des relevés aériens de l’ensemble du littoral (incluant la Nouvelle‑Écosse, le Nouveau‑Brunswick, l’Île-du‑Prince‑Édouard, le Québec et l’île de Terre‑Neuve) devraient être effectués au moins une fois tous les cinq ans. Chaque relevé aérien devrait être suivi de recherches au sol dans les colonies où la Sterne de Dougall a déjà niché, de même que dans toutes les colonies situées dans l’aire de répartition actuelle de la Sterne de Dougall et qui comptent plus de 100 Sternes pierregarins ou Sternes arctiques (Leonard et al., 2004).Même si la Sterne de Dougall niche principalement en Nouvelle‑Écosse, on sait qu’elle niche aussi au Québec et au Nouveau‑Brunswick (Whittam, 1999). Dans toutes les colonies de sternes de ces provinces, les chercheurs devraient être incités à vérifier avec soin si la Sterne de Dougall est présente, car ces endroits pourraient constituer des sites d’aménagement prometteurs, sans compter que la Sterne de Dougall pourrait facilement passer inaperçue. Idéalement, il faudrait aussi déterminer si chaque colonie a réussi à produire au moins quelques jeunes sternes, car l’échec de la reproduction dans une colonie pourrait permettre d’expliquer les changements dans la répartition de l’espèce tout autant que de choisir des sites à aménager. Enfin, il faudrait évaluer régulièrement la sensibilité des méthodes utilisées pour détecter les changements dans la population et, au besoin, revoir ces méthodes à la lumière des résultats obtenus (Kress et Hall, 2004).

Mettre en valeur l’habitatde nidification

Mesures terminées ou en cours

Les nouvelles connaissances acquises sur les exigences particulières de la Sterne de Dougall en matière d’habitat ont mené à augmenter l'importance que le présent programme accorde à la mise en valeur de l’habitat et ce, dans le but de maintenir et d’accroître la productivité dans les sites actuellement gérés et d’augmenter les chances de succès de l’aménagement. Jusqu’à maintenant, la mise en valeur de l’habitat a reposé principalement sur la gestion des prédateurs et sur l’aménagement d’abris pour les nids.

Des mesures locales de gestion des mouettes et goélands ont été mises en œuvre à l’île Country et aux îles Brothers (pour plus de détails sur les mesures à l’île Country, voir la section 1.3.3, Gérer d’autres colonies). Aux îles Brothers, la destruction des nids construits à l’occasion par les mouettes et goélands semble avoir contribué à prévenir une importante prédation par ceux-ci (D’Eon, 2003). Toujours aux îles Brothers, on a réussi à mettre un terme à la prédation par les corneilles en 1998 grâce à des mesures de lutte létales, et ce prédateur n’est pas revenu (D’Eon, 2003). Par ailleurs, à l’île Country, les mesures d’éloignement non létales prises à l’égard des corneilles en 1999 ont échoué, mais il en a été de même avec les tentatives de lutte létales (Paquet et al., 1999).Le vison a également posé des problèmes : il a été responsable de la mort d’adultes à l’île Mash (Nouvelle‑Écosse) en 1999 (A.W. Boyne, comm. pers.) et de la mort d’adultes et d’oisillons aux îles Brothers en 2003 (D’Eon, 2003). Dans les deux cas, des tentatives ont été faites pour piéger le prédateur, tentatives qui ont échoué en 1999, mais réussi en 2003. Parmi les autres prédateurs, mentionnons le Faucon pèlerin (Falco peregrinus), les grands strigidés, les chats, les chiens, les renards et d’autres mammifères (qui s’attaquent aux adultes et aux jeunes), de même que les fourmis, le Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax) et les corvidés (qui s’attaquent aux œufs et aux jeunes); on trouvera une liste complète des prédateurs dans Kress et Hall (2004). Aux États‑Unis, il est probable que les prédateurs nocturnes (comme les visons, les strigidés et les bihoreaux) aient une incidence plus grande que la prédation diurne par les mouettes et goélands.

À plusieurs des sites de colonie de nidification connus de la Sterne de Dougall (notamment aux îles Grassy, Country et Westhaver, en Nouvelle‑Écosse, ainsi qu’à l’île Paquet, au Deuxième Îlet et à l’île du Chenal, au Québec), des abris pour les nids ont été mis en place, mais ce n’est qu’aux îles Brothers que ces abris ont été utilisés par les oiseaux et maintenus régulièrement (Whittam, 1999; D’Eon, 2001).La mise en valeur de l’habitat de nidification n’est efficace que si les mesures sont combinées à des activités visant à éloigner les mouettes et goélands et à contrôler les visites du public à proximité des colonies.

Mesures à mettre en œuvre

Gestion des prédateurs

Mouettes et goélands. L’expérience acquise au Canada et aux États‑Unis montre qu’une certaine forme de lutte contre les mouettes et goélands constitue un volet important dans le rétablissement de la Sterne de Dougall (Leonard et al., 2004). Il est probable, toutefois, que les mesures d’éloignement des mouettes et goélands ne seront efficaces que dans les colonies gérées (actuellement dans l’île Country et les îles Brothers), car de telles mesures exigent une présence humaine pendant toute la saison de reproduction. Sur les îles choisies à des fins d’aménagement, celles que fréquentent les mouettes et goélands doivent faire l’objet de rondes de surveillance quotidiennes visant les sites de colonie et leur périphérie; ces rondes doivent commencer avant même l’arrivée des sternes et se poursuivre pendant toute la durée de la saison de reproduction. Il faudrait utiliser des effaroucheurs acoustiques pour empêcher les mouettes et goélands de s’installer dans les colonies et détruire leurs nids s’ils tentent malgré tout de nicher. Là où des individus isolés persistent à s’attaquer aux sternes malgré les mesures non létales mises en œuvre, des mesures de lutte létales devraient être envisagées. La mise en œuvre de mesures de lutte non létales contre les mouettes et goélands exige des efforts ciblés et soutenus. Même si ces mesures ont pour effet de réduire d’année en année le nombre de mouettes et goélands qui reviennent et, de ce fait, les efforts de lutte requis, il faut parfois les maintenir pendant plusieurs années avant que les sternes ne reviennent en grand nombre (Kress, 1997; Leonard et al.,2004). Idéalement, ces programmes d’éloignement devraient inclure des relevés visant à déterminer si les mouettes et goélands continuent de s’attaquer aux sternes à l’endroit visé ou s’ils s’attaquent aux sternes d’autres colonies, ce qui ne ferait que déplacer le problème au lieu de le corriger.

Enfin, on devrait également encourager la mise en œuvre de mesures à long terme ayant pour but de réduire les populations de mouettes et goélands à proximité des colonies de sternes, par exemple par la fermeture de décharges et la gestion des déchets dans les usines de transformation du poisson et à bord des bateaux de pêche, et aussi en demandant aux gens de ne pas nourrir ces oiseaux.

Autres prédateurs.Les plus gros mammifères prédateurs (comme les animaux féraux et les renards) peuvent être tenus à l’écart des petites colonies au moyen de clôtures électriques (F. Shaffer, comm. pers.).Sinon, les prédateurs devraient être, si possible, capturés vivants et déplacés ou devraient être tués (pour des méthodes spécifiques de déplacement des prédateurs, voir Kress et Hall, 2004). Le personnel présent à chaque colonie gérée devrait détenir des permis valides les autorisant à éliminer les prédateurs, afin que des mesures immédiates puissent être prises au besoin. Un seul prédateur peut détruire rapidement une colonie (Nisbet et Spendelow, 1999).

Mettre en valeur l’habitat de nidification

Contrairement aux autres espèces de sternes, la Sterne de Dougall privilégie les endroits de nidification plus abrités, qui semblent protéger plus efficacement ses œufs et ses oisillons contre les prédateurs (Whittam, 1999). Il faudrait donc conserver la végétation privilégiée par la Sterne de Dougall à certains endroits précis, et en accroître la superficie, si possible, sans pour autant réduire indûment l’habitat de la Sterne pierregarin ou de la Sterne arctique. La Sterne de Dougall niche souvent dans les abris artificiels qui lui sont fournis; le succès de nidification est alors plus élevé (Whittam, 1999). Il faudrait évaluer les modèles d’abris qui se sont avérés efficaces ailleurs et en aménager là où cela semble approprié (voir p. ex. Spendelow, 1996).

Gérer d’autres colonies

Mesures terminées ou en cours

Le précédent Plan de rétablissement de la Sterne de Dougall visait surtout l'aménagement d'un site particulier, soit l'île de Sable, en Nouvelle‑Écosse (Lock et al., 1993). Aucune mesure d’aménagement n’a été mise en œuvre à l’île de Sable et, depuis, seulement un couple ou deux de Sternes de Dougall y ont niché chaque année. En outre, les coûts associés à la conduite de relevés au sol à cet endroit ont augmenté, ce qui en diminue l’attrait comme site d’aménagement. Plus important encore, le succès des programmes de lutte non létale contre les mouettes et goélands aux États‑Unis et au Canada (Leonard et al., 2004) laisse entrevoir des solutions de rechange à l’élimination à grande échelle des mouettes et goélands qu’aurait nécessité le projet d’aménagement de l’île de Sable.

Un programme de lutte non létale contre les mouettes et goélands, amorcé à l’île Country en 1998, a permis d’y rétablir les effectifs et le succès de la reproduction de la Sterne de Dougall, après que la prédation par les oiseaux ait décimé la colonie en 1996 et en 1997 (Leonard et al., 2004). En 2001, toutefois, un seul couple de Sternes de Dougall a niché à cet endroit, peut-être parce qu’un prédateur ou une tempête a perturbé l’établissement d’une colonie (Boyne et al., 2001a). Soulignons que de tels reculs sont caractéristiques des programmes d'aménagement (voir p. ex. Kress, 1997). En 2003, 43 couples de Sternes de Dougall ont niché à l’île Country, ce nombre se rapprochant du sommet historique (53 couples) atteint en 2000 (Chisholm et al., 2002). Plusieurs autres tentatives d’aménagement des colonies de sternes, par l’installation d’abris pour les nids ou encore l’utilisation de fils de nylon ou d’effaroucheurs acoustiques automatisés pour éloigner les mouettes et goélands, ont échoué (voir p. ex. Boyne, 1998b; Gregoire, 2000; D. Currie, comm. pers.).

L’échec de ces dernières tentatives et le succès du programme visant l’île Country montrent qu’une présence humaine constante, tout au long de la saison de reproduction et année après année, est nécessaire pour éloigner efficacement les mouettes et goélands et assurer la gestion fructueuse des colonies de sternes (Kress et Hall, 2004).

Mesures à mettre en œuvre

Établissement d’au moins une autre colonie exempte de prédateurs

En 2003, les colonies de sternes de l’île Country et des îles Brothers, en Nouvelle-Écosse, toutes deux dotées de programmes de gestion des prédateurs, ont accueilli 129 des 130 couples de Sternes de Dougall nichant au Canada (Leonard et al., 2004). Cependant, la concentration des Sternes de Dougall à ces deux endroits rend la population extrêmement vulnérable à la maladie, aux perturbations météorologiques majeures, aux déversements d’hydrocarbures et autres événements aléatoires. Afin d’atténuer ces menaces, il est nécessaire d’établir au moins un autre site protégé pour les Sternes de Dougall qui nichent au Canada.Les programmes visant à inciter la Sterne de Dougall à revenir dans des colonies jadis occupées sont souvent lents à donner des résultats, mais ils semblent avoir porté des fruits dans quelques cas (Nisbet et Spendelow, 1999). Cependant, compte tenu des efforts qu’exigent de tels programmes, il importe de choisir les sites avec soin, non seulement quant à leur pertinence et à leur côté pratique, mais aussi de manière à éviter qu'ils n'amènent les sternes nichant déjà dans des colonies sécuritaires vers des sites où la reproduction est plus risquée. Sur la base de ces critères, la région des baies Mahone et St. Margarets, en Nouvelle‑Écosse, qui se trouve à des centaines de kilomètres de la colonie sécuritaire la plus proche où la Sterne de Dougall a tenté régulièrement de nicher (Whittam, 1999), pourrait être prometteuse pour un programme d'aménagement. Lorsque des sites éventuels sont repérés, il faudrait les classer selon leur pertinence pour les sternes et leur côté pratique comme sites potentiels d’aménagement. L’équipe américaine de rétablissement a ébauché des critères d’évaluation de l’habitat (voir l’annexe A), qui comprennent des mesures provisoires relatives à la pertinence des sites, et qui peuvent servir de base à l’établissement de critères propres aux sites canadiens. Les révisions de ces critères devraient être faites en collaboration avec l’équipe américaine. Les techniques d’aménagement sont définies dans Kress (1997), Leonard et al.(2004) et Kress et Hall (2004).

Plutôt que d’établir de nouvelles colonies, on pourrait attirer davantage de Sternes de Dougall dans les grandes colonies de Sternes pierregarins ou de Sternes arctiques qui sont déjà exemptes de mouettes et goélands et où des Sternes de Dougall nichent déjà en petit nombre ou ont déjà niché. Pour ce faire, on pourrait utiliser des leurres de sternes et des enregistrements imitant le cri de la Sterne de Dougall. Parmi les colonies qui pourraient être utilisées à cette fin, mentionnons celle de l’île Machias Seal et la colonie située au phare de l’Est, à l’île de Sable.Par ailleurs, les nombreuses sternes d’autres espèces présentes à ces endroits n’ont pas réussi à attirer la Sterne de Dougall, il semble donc peu probable que des moyens artificiels réussissent à l'attirer, et ce, particulièrement parce que la Sterne de Dougall ne se joint habituellement pas à des colonies situées au large des côtes (J. A. Spendelow, comm. pers). Par contre, si ces méthodes réussissaient, elles offriraient un moyen de rétablissement peu coûteux.

Les activités d’aménagement, y compris l’aide financière et le soutien logistique, devront se poursuivre pendant plusieurs années avant que la Sterne de Dougall ne choisisse un endroit pour nicher, et il faudra ensuite assurer la protection active de la colonie (Kress, 1997; Leonard et al., 2004).

Désigner l'habitat essentiel

Dans le précédent Plan de rétablissement, on présumait que l'habitat de reproduction propice était de dimension illimitée (Lock et al., 1993). Les recherches ont toutefois montré que la Sterne de Dougall a des exigences bien précises en matière d’habitat, exigences auxquelles ne satisfont pas la plupart des habitats côtiers apparemment convenables aux États‑Unis (Nisbet et Spendelow, 1999). Il est possible que l’emplacement de l'habitat d’alimentation constitue, pour la Sterne de Dougall, un facteur limitatif plus important que la qualité de l'habitat de nidification. Au Canada, les données d'un relevé récent laissent croire que la Sterne de Dougall n’utilise qu’un sous‑ensemble restreint et variable des îles côtières où nichent les sternes (Leonard et al., 2004).

La Sterne de Dougall s’alimente généralement dans les eaux peu profondes du littoral, près des hauts-fonds et des rides de marée (Gochfeld et al., 1998), mais on possède peu d’information sur l’écologie de son alimentation au Canada. Après leur envol, au début d’août, les Sternes de Dougall juvéniles de la population du Nord-Est se dispersent avec leurs parents vers les aires de rassemblement. On possède également peu d’information sur les habitats de rassemblement des oiseaux au Canada, mais en 2002, deux Sternes de Dougall, qui avaient été baguées sur les îles Brothers (Nouvelle‑Écosse) alors qu’elles étaient des oisillons, ont été observées à l’île Great Gull (État de New York), dans le mois qui a suivi leur envol (H. Hays, comm. pers.). Les Sternes de Dougall migrent vers le sud à la fin d’août ou au début de septembre. Dès octobre, elles arriventen Amérique du Sud, où elles ont déjà été observées et capturées le long de la côte septentrionale depuis l’ouest de la Colombie jusqu’à l’est du Brésil, entre 11° et 18° de latitude S. (Hays et al., 1997).

L’habitat essentiel n’est désigné que partiellement dans le présent document et couvre l’emplacement actuel des sites de nidification (colonies) de la Sterne de Dougall.

Le calendrier des études (section 1.3.6) pourrait mener à une désignation plus complète de l’habitat essentiel de la Sterne de Dougall en termes :

  • d’habitat de nidification potentiel;
  • d’habitat d’alimentation;
  • d’aires de transit et de repos autres que les colonies.

Désigner l’habitat de nidification essentiel

La Loi sur les espèces en péril (LEP) (Gouvernement du Canada, 2002) définit l’habitat essentiel comme étant « l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce. ». Des renseignements sur les incidences de la désignation de l’habitat essentiel sont présentés à l’annexe C du présent document.

La survie de la population actuelle exige, à tout le moins, le maintien des colonies actuellement gérées aux îles Brothers (île Brother Nord [43o 38,191'de latitude N. et 65° 49,406'de longitude O.]; île Brother Sud [43° 37,798' de latitude N. et 65° 49,530' de longitude O.]; >80 couples) et à l’île Country (45°06,096' de latitude N. et 61° 32,544' de longitude O.; >40 couples), en Nouvelle-Écosse.

Le rétablissement de l'espèce exigera la présence de plusieurs colonies insulaires largement dispersées et comportant un habitat de nidification abrité (végétation, roches ou abris artificiels), qui sont exemptes de mouettes et goélands, de mammifères prédateurs et de perturbations anthropiques et qui offrent un accès à de bonnes aires d’alimentation. Des Sternes de Dougall ont déjà niché dans bon nombre de sites aujourd’hui occupés par les mouettes et goélands, sites qui pourraient être remis en état aux fins du rétablissement de l’espèce.Il est possible également que les sites actuels offrent suffisamment d’espace pour d’autres nids, mais cette possibilité n’a pas été étudiée à fond.

Il est recommandé de désigner comme habitat essentiel les lieux suivants :

1.          Les sites qui accueillent actuellement plus de 15 couples de Sternes de Dougall (>10 % de la population canadienne) :

  • îles Brothers (Nouvelle‑Écosse) (île Brother Nord [43° 38,191' de latitude N. et 65° 49,406' de longitude O.]; île Brother Sud [43° 37,798' de latitude N. et 65° 49,530' de longitude O.]) – l’habitat terrestre entier des deux îles, de même que l’habitat aquatique jusqu’à 200 m vers le large, à partir de la ligne de marée haute moyenne de chacune des îles;
  • île Country (Nouvelle-Écosse) (45° 06,096' de latitude N. et 61° 32,544' de longitude O.) – l’habitat terrestre entier de l’île, de même que l’habitat aquatique jusqu’à 200 m vers le large, à partir de la ligne de marée haute moyenne.

2.          Les colonies de sternes dans des aires qui ont accueilli des effectifs peu élevés mais stables de Sternes de Dougall nicheuses sur plus de 30 ans :

  • île de Sable (Nouvelle-Écosse) (43° 55,839' de latitude N. et 59° 54,467' de longitude O.) – les polygones englobant en entier chacune des colonies nicheuses de sternes sur l’île et une zone tampon de 200 m autour de chaque polygone;
  • îles de laMadeleine (Québec) (île Paquet [47° 24,492' de latitude N. et 61° 50,162' de longitude O.]; Deuxième Îlet [47° 30,153' de latitude N. et 61° 43,837' de longitude O.]; île du Chenal [47° 33,927' de latitude N. et 61° 32,847' de longitude O.]) – l’habitat terrestre entier de ces îles, de même que l’habitat aquatique jusqu’à 200 m vers le large, à partir de la ligne de marée haute moyenne de chacune des îles.

Les 200 m sont fondés sur les zones tampons recommandées autour des colonies de sternes. Dans leur examen des effets de la perturbation anthropique des oiseaux aquatiques nichant en colonies, Carney et Sydeman (1999) recommandent d’établir une zone tampon de 100 à 400 m autour des colonies de Sternes pierregarins pour réduire cette perturbation. Des études ponctuelles fondées sur la réaction d’envol des Sternes pierregarins ont recommandé l’établissement de zones tampons de 100 m (Burger, 1998), de 180 m (Rodgers et Smith, 1995) et de 200 m (Erwin, 1989) autour des colonies pour réduire les effets de la perturbation anthropique. Il n’y a pas eu d’études publiées spécifiquement sur la Sterne de Dougall, mais cette dernière niche presque toujours dans des colonies de Sternes pierregarins. Reconnaissant l’importance des Sternes pierregarins et la variabilité des réactions aux perturbations selon la colonie et les circonstances, on a résolu qu’une zone tampon de 200 m autour des colonies fournirait une protection adéquate à l’habitat de nidification des Sternes de Dougall.

L’équipe de rétablissement examinera la possibilité de recommander qu’un site particulier ne soit plus désigné comme habitat essentiel s’il n’est pas occupé par des Sternes de Dougall nicheuses pendant trois années consécutives. Elle envisagera de recommander que tout site supplémentaire où la Sterne de Dougall a niché soit désigné spécifiquement comme habitat essentiel au titre du critère 1 ou 2 s’il est occupé pendant trois années consécutives. Par ailleurs, si un nouveau site abrite un pourcentage notable de la population nationale (>10 %), une modification dans la désignation de l’habitat essentiel devrait être envisagée afin que la nouvelle colonie soit également désignée spécifiquement comme habitat essentiel. Tout nid de Sterne de Dougall, qu’il se trouve à l’intérieur ou à l’extérieur de l’habitat essentiel, est protégé en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs et à titre de résidence en vertu de la LEP (une description de la résidence de la Sterne de Dougall se trouve à l’adresse http://www.registrelep.gc.ca/plans/showDocument_f.cfm?id=597).La LEP interdit également à quiconque de tuer, de blesser ou de harceler les Sternes de Dougall.

L’habitat essentiel proposé devrait permettre d’atteindre le but fixé pour le rétablissement de l’espèce, soit pas moins de 150 couples de Sternes de Dougall nichant dans au moins trois colonies au Canada. L’habitat essentiel proposé a accueilli 139 couples en 2002 et 129 couples en 2003 (Leonard et al., 2004). Si les efforts déployés pour établir une troisième colonie de Sternes de Dougall exempte de prédateurs sont fructueux (voir la section 1.3.3, Gérer d’autres colonies), l’habitat essentiel sera suffisant pour atteindre le but du rétablissement de l'espèce.

Exemples d’activités susceptibles de mener à la destruction de l’habitat essentiel

À titre d'exemple, les activités susceptibles de mener à la destruction de l’habitat essentiel sont les modifications des attributs physiques de l’habitat essentiel (topographie, géologie, condition du sol, végétation, composition chimique de l’air ou de l’eau, hydrologie des eaux de surface ou souterraines, microclimat ou environnement sain).

Les activités anthropiques, ou conséquences de ces activités, qui perturberaient les oiseaux utilisant l'habitat essentiel au point de les rendre incapables de réussir à s'acquitter de leurs activités essentielles (p. ex. l’accouplement, la ponte, l’élevage de la progéniture, l’entrée ou la sortie de la colonie, ou même simplement le repos) sont interdites en vertu des articles 32 et 33 de la LEP.

La section 1.3.7 indique comment l’habitat essentiel sera protégé et géré.