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Cahier de consultation de la baleine à bec commune

Information sur l'espèce

Baleine à bec commune – population du plateau néo-écossais

La baleine à bec commune est un animal de 6 à 9 mètres de long qui appartient à la famille des baleines à bec. Chez la femelle adulte, le front bulbeux s'amorce abruptement à partir du bec court; chez les mâles, jeunes ou vieux, le front est moins protubérant et paraît plat. La couleur de la baleine à bec commune varie, allant d’une teinte noirâtre chez les jeunes, au brun clair chez les individus plus vieux et au brun jaunâtre ou au gris (avec du blanc au niveau du bec et de la tête) chez les mâles d'âge très avancé. La petite nageoire dorsale se situe à peu près aux deux-tiers de la longueur du corps. Les femelles adultes mettent bas tous les deux ans, au terme d’une gestation d’un an.

La baleine commune n’est présente que dans le nord de l’océan Atlantique, où on la trouve rarement à des profondeurs de moins de 800 mètres. Bien qu’il y ait peu de relevés systématiques des mammifères marins dans les eaux au large de la côte du Canada atlantique, on sait que ces animaux se concentrent dans plusieurs zones, dont deux sont situées au large du Canada, soit le bord du plateau néo-écossais et le détroit de Davis.  La population du plateau néo-écossais est décrite comme étant largement ou entièrement distincte de celle du Labrador.  Ainsi, les baleines du plateau néo-écossais ont environ 0,7 m de moins en longueur que celle de la population du nord du Labrador. Sur le bord du plateau néo-écossais, des baleines à bec ont été observées régulièrement dans trois canyons sous-marins : le Gully et les canyons Shortland et Haldimand.  Ces zones représentent l’« habitat principal » des baleines à bec et on les y observe à l’année longue. Le plateau néo-écossais représente la limite méridionale des eaux où l’on retrouve régulièrement  la baleine à bec commune dans l’Atlantique Nord.

La baleine à bec commune se nourrit principalement de calmars des grandes profondeurs du genre Gonatus. Le calmar semble représenter l’essentiel de son alimentation, quoiqu’elle mange aussi d’autres animaux. Les baleines à bec communes observées dans le Gully passent apparemment la plupart de leur temps à de grandes profondeurs en quête de nourriture. 

Une fois qu’elles ont plongé à des profondeurs que n’atteint pas la lumière du soleil, la vision est d’une piètre utilité aux baleines à bec communes pour naviguer. Elles possèdent, toutefois, des facultés vocales et auditives très développées, qui leur permettent de communiquer, de naviguer et de repérer leurs proies dans les canyons et autres zones profondes.

La baleine à bec commune est un animal social. On la voit le plus souvent en petits groupes réunissant tout au plus quatre individus et, à l’occasion, en grandes concentrations comptant jusqu’à vingt individus. C’est un animal curieux, qui peut s’approcher pour examiner les navires lents ou immobiles. 

Évaluation du COSEPAC

Le COSEPAC justifie ainsi la désignation de la baleine à bec commune comme espèce en voie de disparition :

Cette population compte environ 130 individus et semble stable à l'heure actuelle. Les exploitations pétrolières et gazières à l'intérieur et autour de l'habitat principal de cette population représentent les plus grandes menaces et réduiront probablement la qualité de l'habitat. Cependant, il existe peu de renseignements sur la façon dont l'espèce est touchée ou non par les activités de l'exploitation pétrolière et gazière.

Menaces qui pèsent contre la baleine à bec commune - population du plateau néo-écossais

La population de baleines à bec communes du plateau néo-écossais a été ciblée par les chasseurs de baleine dans les années 1960, ce qui aurait occasionné un déclin de la population.

On connaît mal les menaces auxquelles est exposée actuellement la baleine à bec commune. Toutefois, compte tenu du faible effectif de sa population, toute activité qui risque de nuire ne serait-ce qu’à un ou deux de ses individus représente une menace pour l’ensemble de la population.  

Le bruit

 Il y a dans les eaux du plateau néo-écossais diverses activités anthropiques qui produisent des bruits sous-marins se situant dans la gamme des fréquences perceptibles par la baleine à bec commune. C’est le cas de la navigation commerciale, de la prospection et de la  mise en valeur du pétrole et du gaz, des opérations militaires, des détonations sous-marines, de la pêche et de la recherche scientifique. D’après des expériences réalisées ailleurs dans le monde avec d’autres mammifères marins, la réaction à de hauts niveaux de bruits anthropiques varie et peut comprendre l’accoutumance, des changements de comportement (dont le déplacement), une perte auditive temporaire ou permanente et la mort. Ces effets sur les mammifères marins retrouvés dans la nature sont mal documentés. On sait, toutefois, que d’autres espèces de baleine à bec ont subi des effets néfastes dûs à des bruits puissants, ce qui donne à croire que la baleine à bec commune pourrait, elle aussi, être particulièrement vulnérable à cet égard. Les effets cumulés d’une exposition à des bruits multiples pourraient nuire à long terme à une population de mammifères marins comme celle de la baleine à bec commune.

Prospection sismique

L’industrie du pétrole et du gaz utilise des canons à air comprimé émettant des pulsations sonores pour détecter les gisements d’hydrocarbures sous-marins. Les géologues recourent aussi à des canons à air pour étudier le fond marin. On ne sait pas quelles sont les réactions physiques et comportementales de la baleine à bec commune au bruit de ces canons, mais on pense que les relevés sismiques sont une menace pour l’espèce. Ils pourraient, par exemple, provoquer l’éloignement des baleines à bec communes de leur habitat de prédilection. La probabilité d’effets biologiques découlant de l’exposition à des bruits sismiques et la gravité de tels effets varieraient, croit-on, selon la durée et l’intensité de l’exposition. Ces dernières années, il y a eu des activités de prospection sismique près de « l’habitat principal » de la baleine, et il se pourrait que de telles activités se poursuivent à l’avenir dans ces zones ou près d’elles.

Le forage exploratoire et la production de pétrole et de gaz sont aussi source de bruit, mais on n’en connaît pas les effets sur la baleine à bec commune. 

Sonars

Les sonars ont été conçus à des fins militaires, scientifiques et commerciales (p. ex. pour détecter les bancs de poisson). Ailleurs dans le monde, on a signalé ces dernières années des cas d’échouage et de mortalité chez plusieurs espèces de baleine à bec après l’utilisation de sonars militaires. On ne sait pas quels sont les mécanismes précis qui peuvent causer l’échouage de ces animaux, mais, de l’avis de certains, les sonars pourraient provoquer chez les baleines une désorientation qui les amèneraient à remonter à la surface trop rapidement.

Explosifs

Les explosifs, tels que ceux qui sont utilisés pour creuser les puits et pour d’autres opérations sous-marines de démolition, peuvent causer des dommages physiologiques aux baleines et aux organismes marins proches de la source de l’explosion. Les dommages auditifs représentent un problème dans le cas des baleines qui utilisent les sons pour naviguer ou rechercher leur nourriture. Quant aux explosions distantes, elles risquent de provoquer des changements dans le comportement des baleines.

Navigation commerciale

Les hélices des grands navires commerciaux peuvent produire des sons relativement forts. Ceux-ci risquent de perturber les baleines à bec communes et d’occasionner leur éloignement ou encore de réduire l’efficacité de leur quête de nourriture tant que les navires d’où ils émanent sont dans les alentours.

Empêtrement dans des engins de pêche

Un petit nombre debaleines à bec communes ont été trouvées empêtrées dans des engins de pêche ou vues en train d’interagir avec des engins de pêche. De plus, on a observé sur le bec et le dos de baleines à bec communes des cicatrices et marques qui ressemblent à celles qu’occasionne chez d’autres baleines l’empêtrement dans des engins de pêche. Ces marques donnent à croire que les interactions avec les engins, en particulier avec ceux comportant des lignes, sont peut-être plus fréquentes que ce qu’on a pu observer jusqu’ici.

Collisions avec des navires

De nombreux navires traversent les zones fréquentées par les baleines à bec communes. Les collisions avec les navires sont une source de blessure et de mortalité chez certaines espèces de baleine en voie de disparition ou menacées et elles pourraient l’être aussi pour la baleine à bec commune. Certaines des cicatrices ou marques que portent ces baleines peuvent avoir été causées par des collisions avec des navires, mais aucun cas de blessure ou de mortalité n’a été signalé.

Contaminants

Une hausse des concentrations de contaminants dans les eaux généralement fréquentées par les baleines peut se traduire par une teneur accrue en substances organochlorées et en métaux lourds dans les tissus de ces baleines.  Les fortes concentrations de contaminants associées au développement industriel ont eu une influence négative sur la santé de certaines populations de baleines au Canada, par exemple la population de bélugas du fleuve Saint-Laurent. Toutefois, il n’y a pas d’information publiée concernant spécifiquement les contaminants chez la baleine à bec commune.

On s’est inquiété de ce que les éventuels contaminants qui émaneraient des installations pétrolières et gazières et du trafic maritime puissent avoir des effets sur les baleines à bec communes.  L’ingestion de débris marins, comme le plastique, peut aussi être source d’inquiétude.

Protection de la baleine à bec commune (population du plateau néo-écossais)

Le Règlement sur les mammifères marins (DORS 93-56) découlant de la Loi sur les pêches régit de nombreux aspects de la gestion de la baleine à bec commune.

Plusieurs autres mesures de gestion protégeant cette espèce sont aussi en place. Ainsi, en 1994, le ministère des Pêches et des Océans a désigné le Gully comme étant une « réserve naturelle » pour la baleine à bec commune dans les Avis aux navigateurs et fourni des directives connexes à l’intention de tous les navires évoluant dans cette zone. 

Au milieu des années 1990, le ministère des Pêches et des Océans a entrepris des consultations et des études visant la désignation du Gully comme zone de protection marine.  Des mesures provisoires de protection ont été prises alors, notamment des restrictions sur les activités pétrolières dans la région. De plus, des exigences accrues en matière d’évaluation environnementale ont été instaurées dans le but de cerner et de réduire les effets éventuels des activités susceptibles de toucher les baleines à bec communes.

Certaines entreprises pétrolières et gazières ont établi leur propre code de bonne pratique en vue de réduire les effets de leurs activités sur les baleines du Gully.

En mai 2004, le Gully a été désigné zone de protection marine (ZPM) aux termes de la Loi sur les océans. Le règlement connexe limite le genre d’activités permises dans le Gully. La désignation comme ZPM permet de protéger pleinement l’écosystème de la partie centrale du canyon, zone connue comme étant importante pour la baleine à bec commune. Aucune activité d’extraction n’est permise dans cette partie de la ZPM, mais des activités scientifiques peuvent y être autorisées.

Conséquences possibles pour les intervenants

Une fois ajoutée à la liste des espèces en péril, la population de baleines à bec communes du plateau néo-écossais sera protégée. Si certaines activités sont jugées menaçantes pour la survie et le rétablissement d’une espèce figurant sur la liste, des mesures de gestion seront prises pour limiter ces activités et voir à la protection des espèces en péril.

Les mesures précitées sont susceptibles d’avoir des répercussions diverses sur les intervenants, notamment d’entraîner pour eux des frais supplémentaires. La liste suivante n’est pas exhaustive et elle est susceptible d’être étoffée pendant le processus de planification du rétablissement, en consultation avec d’autres ministères et le public. Nous vous invitons à profiter de la présente consultation pour signaler les omissions qu’elle comporte.

Autochtones

 Les peuples autochtones seront invités à participer à l’élaboration d’un programme de rétablissement de la baleine à bec commune. Des stratégies de gestion pourraient être envisagées, qui auraient des répercussions sur les peuples autochtones pêchant des espèces commerciales dans des eaux fréquentées par la baleine à bec commune.

Industrie de la pêche

 Si une activité de pêche particulière est jugée menaçante pour la survie et le rétablissement d’une espèce inscrite sur la liste, des mesures de gestion seront prises pour éliminer la menace. Il pourrait notamment s’agir d’accroître la présence d’observateurs dans certaines zones, de fermer des zones à la pêche, de faire modifier les engins ou d’adopter d’autres mesures élaborées en collaboration avec l’industrie pour éliminer ou réduire les cas éventuels  d’empêtrement dans des engins de pêche ou l’interaction avec ces derniers.

 Industrie du pétrole et du gaz

 Certaines activités de l’industrie du pétrole et du gaz, comme la prospection sismique, sont considérées comme des menaces possibles pour le rétablissement de la baleine à bec commune. Après examen, ces activités pourraient être interdites dans les zones considérées comme faisant partie de l’habitat essentiel (si celui-ci a été défini). Le processus de rétablissement pourrait aboutir à diverses exigences opérationnelles et lignes directrices concernant les activités de prospection. Ces lignes directrices pourraient notamment prévoir des zones et des périodes d’exclusion, l’obligation d’avoir des observateurs des mammifères marins ou toute autre mesure jugée pertinente. Les projets d’activités pétrolières et gazières visés par la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (LCEE) devront, conformément à cette loi, tenir compte des effets de ces activités sur les espèces inscrites sur la liste de la LEP.

Activités militaires

 Il est possible qu’on demande aux Forces maritimes de l’Atlantique d’établir des lignes directrices pour leurs exercices et pour la restauration du milieu sous-marin dans les eaux faisant partie de l’habitat de la baleine à bec commune. Il se pourrait aussi qu’on leur demande de ne pas procéder à certains types d’exercice dans les secteurs où ils risqueraient d’empiéter sur l’habitat essentiel de l’espèce (si celui-ci a été défini). Tel qu’il est indiqué dans la LEP, ces exigences pourraient être levées en cas d’urgence ou pour des motifs de sécurité nationale.

Activités scientifiques

Il est possible que les personnes qui veulent effectuer des recherches sur les baleines à bec communes ou dans les zones faisant partie de leur habitat essentiel aient à se conformer à des lignes directrices plus strictes. Il pourrait s’agir de limiter encore davantage le type de recherche autorisée sur la baleine à bec commune et d’accroître les délais de planification des projets de recherche. Toute activité scientifique sera assujettie à un processus d’examen rigoureux. Aux termes du règlement sur la ZPM,

les activités scientifiques menées dans le Gully nécessitent des autorisations supplémentaires.

Transport maritime

L’industrie et les responsables de la réglementation du transport maritime pourront être appelés à élaborer des lignes directrices sur la circulation des navires comparables à celles qui sont déjà en place dans le Gully. L’industrie pourra être appelée à surveiller et à signaler les mouvements des navires dans les zones fréquentées par des baleines à bec communes.

Écotourisme/observation des baleines

Quoique l’écotourisme ait été limité jusqu’ici dans les eaux du large, il est possible qu’à l’avenir on veuille visiter régulièrement des zones fréquentées par la baleine à bec commune. C’est une activité qui pourrait nécessiter des lignes directrices précises ou qui pourrait être interdite ou limitée dans les zones constituant l’habitat essentiel de l’espèce.